"L'Effet Miroir !"
En 2010, avec “Inception”, Christopher Nolan propulsait des cambrioleurs dans les rêves de certains individus pour une “extraction” de secrets enfouis, servant surtout le monde opaque de l’espionnage industriel. Le plus talentueux d’entre eux, un certain Dom Cobb (Leonardo DiCaprio) devenu un fugitif traqué dans le monde entier, pouvait s’en tirer grâce à un procédé du nom d’Inception. Plutôt que d’entrer dans la tête d’une personne pour lui subtiliser son rêve, l’inception permettait d’implanter une idée dans l’esprit d’un individu, autrement dit, de faire l'effet inverse. Dix ans plus tard, l'inversion servira le récit de “Tenet”, sa nouvelle réalisation. Cette fois-ci, les rêves laisseront place à une réalité inversée nommée renversement temporel, de quoi faire marcher ses méninges ! Le temps et sa relativité, ses distorsions, ses dimensions, cher à Nolan - souvenez-vous de “Interstellar”- seront le fil conducteur du long-métrage. Avec un canevas vintage et plutôt classique de film d’espionnage "James Bondesque" à base de terrorisme, de Guerre froide, de risque de conflit mondial dans lequel un agent de la CIA (John David Washington) traque Sator, un trafiquant d’armes russe (Kenneth Branagh), on se dit que le spectacle ne sera pas si compliqué. Mais lors de l’impressionnant prologue dans l'hémicycle de l’Opéra de Kiev durant une prise d’otage, l’agent de la CIA infiltré est sauvé de la mort par une “balle inversée”, un procédé appelé aussi “entropie inversée des objets”. A cet instant là, la machine Nolan se met en route avec toute la virtuosité et la complexité qui font sa marque de fabrique. Contacté et testé par une société secrète du nom de Tenet, l’agent de la CIA aura pour mission de sauver le monde d’une annihilation totale, rien que cela ! Durant 2h30, de l’Inde, à l’Italie, de la Norvège à la Slovénie, en passant par l’Angleterre, le Vietnam et la Sibérie, le réalisateur et scénariste britannique va offrir à son auditoire des maux de têtes et des sueurs froides. En cause, un récit science-fictionnel dans lequel les scènes d’action les plus hallucinantes côtoient sans transition des moments de réflexions intimes. Comme quoi, les deux ne sont pas incompatibles au sein d’un blockbuster. ! Pour conclure, si vous ne rechignez pas à la réflexion quantique voire philosophique tout en kiffant les spectacles pyrotechniques bluffants - à base de gunfights, de crash, de courses-poursuites et d’infiltrations - alors, “Tenet” est fait pour vous !