NOLAN FAIT JOUJOU AVEC LA MÉTAPHYSIQUE
J’ai regardé Tenet car il se trouvait vaguement sur la liste de films « Si ça se trouve, y’a moyen c’est pas mal… ». Par curiosité. N’oublions pas que Nolan reste l’auteur de l’excellent Inception et du brillantissime Memento. Réputé pour ses intrigues complexes et son absence d’émotions.
Mais là, c’est comme manger une entrecôte cuisson saignante avec de la sauce au roquefort… froide. Le film est vide de sentiments et d’attachement pour les personnages. Et l’intrigue ne m’a pas intrigué le moins du monde. C’est un problème. Passons.
Nolan nous a habitué à des systèmes de narrations créatifs et réfléchis. Le jeu sur la mémoire de Memento, les rêves imbriqués de Inception et la physique du trou de ver d’Interstellar. Nolan s’attaque ici au temps.
Moi producteur : « Ok pourquoi pas. »
Que l’humain du futur réussisse à nous faire parvenir une technologie permettant d’inverser le ressenti de la temporalité, bon admettons. En plus, ça inverse le rapport cause à effet… ok… si tu veux, pourquoi pas, après tout.
Mais qu’un personnage puisse faire un aller retour vers l’arrière, implique que ce personnage se croisera lui du passé, et que celui-ci ira aussi repartir en arrière, et se recroisera dans le passé, et ainsi de suite, jusqu’à obtenir une infinité grandissante du même personnage. Ça ne fonctionne pas !
Nolan, entre nous, on sait que tu le sais. Mais là tu nous a pris pour des jambons.
« Uuuuuiii… mais dans Retour vers le futuuuur, c’est pareeeeeeil, noooon ? »
Oui, mais dans Retour vers le futur, déjà ça ne corrompt pas tout le scénario, ensuite ça se voit pas donc c’est gagné. (Le cinéma, c’est de la manipulation.)
Et si ça n’était pas suffisant : si une balle tirée en inversé fait revenir la balle dans le calibre à partir de l’impact. D’OÙ VIENT L’IMPACT ?! Allez y, je vous écoute. Et on pourrait dire que l’impact était là depuis le début de lexistence du temps ? Cela signifierait que lorsque se mur s’est fabriqué, il avait dejà un impact de balle, et durant tout ce temps, personne ne s’est dit : « Tiens ? C’est pas catholique, ça. ». C’est aussi improbable que çe scénario passe toutes les relectures des producteurs sans que personne ne soulève le problème.
Tout ça pour avoir le plaisir de filmer des explosions à l’envers. C’est un peu trop gros. De plus, la première partie du film m’a semblée inutilement longue et les touches d’humour font plus tâches que touches. C’est pas sérieux, Nolan. C’est pas sérieux.
Après ! Je suis volontaire pour remonter le film et en faire un truc cohérent de 30 minutes !