Un crocodile qui chante, c’est mignon. Mais ça fait pas un film.
Enzo le Croco a tout du film familial bien intentionné : un animal adorable en image de synthèse, des chansons pleines de bonne humeur, une grande ville (New York) comme terrain de jeu, et une jolie morale sur l’amitié et l’acceptation. Et pourtant, malgré tout ça, la magie n’opère qu’à moitié.
L’idée de base est farfelue comme il faut : un crocodile qui parle (ou plutôt qui chante) caché dans un grenier, adopté par un petit garçon et son beau-père un peu trop stressé. Enzo est charmant, bien animé, et doublé avec douceur. Il a ce truc attachant, façon . musical. Mais dès qu’on sort de cette dynamique centrale, le film a du mal à tenir debout.
L’histoire manque de consistance. L’intrigue est ultra balisée, les personnages secondaires sont caricaturaux (le voisin méchant, le père rigide, l’artiste raté un peu loufoque), et surtout : le scénario n’arrive jamais à vraiment surprendre. Tout est cousu de fil blanc, avec des séquences musicales pas toujours bien intégrées à l’action.
Heureusement, il y a de la tendresse. Le message sur la différence, l’accueil de l’inattendu dans une famille, ou encore la peur de s’exposer au monde, fonctionne sur les enfants. Et l’esthétique est propre, colorée, lumineuse — même si un peu trop lisse. Mais pour les adultes, l’ensemble peut vite paraître creux, trop sage, trop “safe”.
Enzo le Croco, c’est une bluette pour petits spectateurs, douce mais oubliable. Pas désagréable, mais pas marquant. Un film qui se regarde gentiment, puis s’évapore aussi vite qu’un chant de crocodile dans Central Park.