Précédé d’une polémique déb.ile et inutile à propos d’héros black sans cesse transformés en animaux par Disney, soit l’expression de la contrition excessive devenu le mode de pensée obligatoire désormais… Ça et l’habituelle sous-représentation du genre, alors qu’on pouvait se réjouir plutôt d’en voir toujours plus sans que l’histoire se force à les intégrer…
Bref la masse qui part en controverses futiles sans savoir ni apprécier, sauf qu’à force ça risque d’en dissuader certains. Pourtant ce serait dommage, même si le cliché « jazz-N.Y.-black » est tellement banal que là on pourrait discuter, enfin on verra dans 80 ans… On pourrait également se lamenter du style graphique épuré (d’autres diraient « pauvre ») notamment dans le monde des âmes. Là encore c’est très actuel mais on peut se demander si cela traversera les âges comme les classiques de Disney. Quand on voit les souvenirs laissés par « le monde secret des émojis » et « Vice Versa », ou les jeux vidéo « Gris » ou « Sayonara Wildhearts », on peut en douter. Enfin la fin justement, un peu bâclée, le rythme s’accélère, on passe sur le devenir des persos, la flamme de 22 et son envie de vivre pourtant contradictoire à fond avec sa mentalité (même si ça évolue le retournement se fait vite).
Hormis ça c’était un bon film, les dessins et l’animation sont sympas malgré leur modernité, le thème abordé est inhabituel (surtout pour des enfants) mais intéressant, pas mal d’humour efficace, une VO de qualité sans ambages, une musique jazzy qui colle forcément même si j’aurai apprécié un peu de soul (ça restait dans le thème aussi), le rythme est bien géré tantôt lent pendant les moments contemplatifs tantôt rapide dans le monde humain (comme pour dénoncer la suractivité incessante), ce monde de rêve change des habituelles productions et malgré qu’il soit moins important il est davantage captivant que celui des hommes. Enfin j’ai particulièrement apprécié la façon d’amener la réflexion sur comment donner un sens à sa vie, des questions métaphysiques qui ne sont pas rébarbatives ni ennuyeuses c’est franchement fort.
Bon on est toujours sur du Disney bien-pensant, avec une trame très classique de sale gosse sauvé par un moyen inattendu mais qui apporte quelque chose par son inconvenance. Cependant, le fait de critiquer l’uniformisation de la société, le capitalisme et les mauvais traits de caractère devenus trop fréquents, sont des atouts rares et non négligeables de ce long métrage. Si les gens abordaient ces thèmes à la place de polémiquer pour rien on avancerait déjà plus, et ce film serait plébiscité par tous.