Une famille heureuse
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P.  de Melun
P. de Melun

79 abonnés 1 224 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 septembre 2025
« Une famille heureuse » est un film intellectuel autour du thème central, la société patriarcale géorgienne en pleine mutation. Bel euphémisme dans le titre, le réalisateur dresse le portrait sensible d’une mère désabusée, d’une femme au bord de la crise de nerfs, qui réapprend le bonheur de la liberté au travers des gestes simples de la vie : respirer, lire, écouter de la musique et contempler, depuis le balcon, la nature au printemps. Le poids de la famille, dans un pays à fortes traditions nous interpelle et ce long métrage intelligent appelle à remettre en cause le principe de la norme d’un couple, broyé par une famille omniprésente. Les malentendus, les colères, les regrets, les fâcheries et les réconciliations alimentent cette tragédie sourde, magnifiquement portée par la justesse de l’interprétations des protagonistes. C’est beau et dévastateur à la fois et on ne reste pas insensible à cette femme admirable qui rompt avec la famille traditionnelle en refusant de se laisser dicter ses choix par les convenances sociétales.
Jean-luc G
Jean-luc G

89 abonnés 901 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 août 2025
Un film géorgien, voilà qui change, co-dirigé par un jeune couple de réalisateurs
La première partie, pas dénuée d’intérêt nous esquisse le quotidien d’une famille et permet l’appréhension de cette communauté de trois générations cohabitant tant bien que mal sous le même toit. La mère intrusive et envahissante pourrait être juive ! On ne sait pas tout : le mari Soso travaille-t-il et dans quoi ? La mère se barre et le groupe est dans l’ébahissement. Comment est-ce possible, et pourquoi ne donne-t-elle pas de raison. La caméra est mobile, on s’ennuie un peu, mais n’est-ce pas le sujet du film : la comédie jouée par chacun sans résoudre les questions de fond dans la cohabitation collective.
Heureusement, le film décolle dans la deuxième partie et nous offre quelques très belles scènes. Le conseil familial d’abord, durant lequel la jeune génération s’oppose à la perpétuation de traditions dépassées. Puis l’accélération lors de la soirée de retrouvailles entre étudiants de la même promo. Ponctuée de sublimes chants choraux d’hommes, le scénario s’emballe soudainement pour éclairer la fadasse vie de couple d’épisodes inattendus. Le visage de Manana va enfin quitter le masque d’impassibilité qu’elle nous a offert depuis le début. La fin reste ouverte comme dans un film de Farhadi. On n’est pas au même niveau d’analyse des caractères mais on a passé un bon moment dans une culture forte et dont la découverte nous fait sortir des films courants.
cinéma juin 2017
Christoblog

922 abonnés 1 805 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 juin 2020
Une famille heureuse est bâti sur presque rien.

Une femme dans la cinquantaine, Manana, souhaite habiter seule. Elle ne divorce pas, n'a pas rencontré quelqu'un, n'est fâchée avec personne. Elle veut simplement un peu de temps à elle, préparer tranquillement ses cours, écouter de la musique classique en buvant du thé.

Sa famille ne comprend évidemment pas, et tout le monde essaye de la dissuader. L'affaire ne vire pas au thriller car personne n'est violent et tout le monde l'aime.

Les réalisateurs, l'allemand Simon Gross et la géorgienne Nana Ekvtimishvili, parviennent à nous faire parfaitement ressentir le désir de repos et de liberté de l'héroïne principale. Pour cela il usent merveilleusement bien du contraste entre l'excitation perpétuelle régnant dans la maison familiale et le calme de l'appartement dans lequel se réfugie Manana. La sérénité du lieu est parfaitement rendue, notamment par un admirable travail sur la lumière (le directeur de la photo, Tudor Vladimir Panduru, est celui du Baccalauréat de Cristian Mungiu).

L'actrice Ia Shugliashvili est admirable, et sa prestation au chant, lors d'une soirée décisive, est mémorable.

Un très joli film à découvrir.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 7 août 2017
Un très très bon film. Ça fait du bien. Des personnages forts. Un scénario rondement menée. L'histoire de cette héroïne qui n'en peut plus des membres de sa famille bien trop envahissants et qui prend une décision radicale en quittant son foyer. Une petite perle.
isakkk
isakkk

17 abonnés 212 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 juillet 2017
Un film excellent qui fait découvrir un pays, sa modernité et ses racines... le rôle de la femme aujourd'hui, qui se doit de se sacrifier. On ne voit pas venir le tournant du film mais tous les personnages sont attachants et c'est une très belle découverte!
In Ciné Veritas
In Ciné Veritas

108 abonnés 922 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 2 juillet 2017
Dans une société géorgienne patriarcale et orthodoxe, l’héroïne, incarnée par Ia Shugliashvili, rompt les barreaux de la sacrosainte cellule familiale. L’impersonnalité du titre surprend alors que cette mère de famille est l’invariable centre de gravité du récit.
La mise en scène des plans-séquences privilégie les cadres serrés alternativement dédiés à l’héroïne ou surpeuplés. L’agencement de ces derniers nous rappelle ceux de Sieranevada (2016, Cristi Puiu). Notons également l’attention particulière portée aux bruits d’ambiance notamment dans cette scène où, sous l’effet du vent, des feuilles d’arbres semblent battre la mesure d’un grand air de musique classique.
Nana Ekvtimishvili et Simon Gross ne jugent aucun de leurs personnages, ne motivent aucun de leurs actes ou décisions, et dénuent Une famille heureuse de tout psychologisme. Le parcours buissonnier de leur héroïne, professeure en réapprentissage de la vie, paraît alors aussi libre que le scénario, ténu et sans surprise, du film.
Yves G.

1 856 abonnés 4 064 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 juin 2017
Manana est professeure de lettres dans un lycée de Tbilissi. Elle fête son cinquante-deuxième anniversaire dans l'appartement qu'elle partage avec son père grabataire, sa mère envahissante, son époux taiseux, sa fille et son gendre éperdument amoureux, son fils amorphe. Une famille ordinaire ? Sans doute. Une famille heureuse ? Pas si sûr. Car devant toute sa famille attablée, Manana annonce son intention de quitter le foyer et de s'installer seule ailleurs.

Un film en forme d'oxymore. Nana & Simon, un couple à la ville, filme à l'écran les apories d'une famille heureuse. Comme on les connaît, comme on les aime. Bruyantes, hautes en couleurs. Vivant au rythme de dîners pantagruéliques où tout le monde parle, se coupe la parole, s'admoneste - la mise en scène est admirable qui réussit à rendre parfaitement lisible ces scènes excessivement confuses .... et on ne peut s'empêcher une pensée solidaire pour l'auteur des sous-titres qui a dû avoir bien du mal pour décider ce qu'il fallait retranscrire de ces voix enchevêtrés.

"Une famille heureuse" est à la fois un film terriblement exotique et absolument universel.
Un film terriblement exotique. L'action se déroule en Géorgie. Je ne l'avais pas compris en en voyant la bande-annonce et, faute de reconnaître le géorgien et ses intonations, hésitais : Turquie ? Arménie ? Bosnie ? Pour qui comme moi maîtrise mal sa géographie, la Géorgie est un espace d'autant plus fascinant qu'on le situe mal. Pas tout à fait méditerranéen. Pas vraiment européen. De moins en moins soviétique. Toujours un peu slave. "Une famille heureuse" porte la trace de cet atavisme. Il documente le poids de la famille dans la société géorgienne patriarcale, la difficulté de s'en affranchir, le regard toujours envahissant des parents et des amis qui limitent sinon interdisent l'autonomie, surtout celle des femmes.

Un film absolument universel. Mais pour autant, "Une famille heureuse" traite d'un sujet universel : la crise de la quarantaine au féminin. C'est un pont-aux-ânes du film français : "Aurore", "Marie-Francine" pour ne citer que deux films sortis ces dernières semaines. Mais, ce qui est intéressant est qu'en France, la cinquantenaire déprime car elle vit seule et cherche éperdument à refaire sa vie. Alors que la cinquantenaire géorgienne déprime parce qu'elle vit dans un appartement trop bruyant au milieu d'une famille envahissante dont elle veut se séparer.
mat niro

467 abonnés 2 170 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 24 juin 2017
Ce film sur l'émancipation de la femme en Géorgie m'a laissé pour le moins perplexe. Ce portrait de Manana qui décide de quitter le domicile familial se résume bien souvent à un brouhaha entre les membres de ce "clan" qui en devient presque insupportable (mention spéciale pour la grand-mère). Malgré quelques scènes bien senties, le film s'étire en longueur sans que l'on sache si cette séparation est bénéfique. Une déception au vu des nombreux prix raflés par ce film dans divers festivals.
Didier L
Didier L

38 abonnés 222 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 6 juin 2017
Film sur l'émancipation de la femme géorgienne engluée dans une famille trop présente et une société patriarcale étouffante. Malheureusement, en dehors de quelques scènes fortes par leur économie de moyens, une infinie pudeur dans les non dits et la justesse de leur ton, le film déroule son programme pendant deux heures sans que l'on parvienne à savoir si l'héroïne est plus heureuse seule que mal accompagnée. A moins que le dernier regard échangé avec son mari..........Enfin, pourquoi avec traduit le titre original "MY happy family" par "UNE famille heureuse" ? La suppression du possessif change le ton du film. Dommage !
cosette2010
cosette2010

58 abonnés 114 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 juin 2017
Ce film est la peinture de la société géorgienne, mélange d'une certaine modernité puisque le divorce est possible et les jeunes semblent relativement libres de gérer leurs relations amoureuses et de traditions tribales intrusives à la bienveillance toute relative. Une femme de 52 ans, professeur de littérature décide de quitter l'ambiance étouffante d'un appartement miteux exiguë et surpeuplé pour reprendre sa liberté. On la voit goûter la tranquillité de sa solitude nouvelle. Cependant que fait elle de cette pseudo nouvelle liberté? rien. À quoi bon alors ? 2 heures pour ça ? Le jeu des acteurs est très inégal et la note générale de ce film clairement surcotée. Une déception.
Éric De Larmor
Éric De Larmor

20 abonnés 96 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 juin 2017
Génial ! Tout le film j'étais Manana et pourtant je suis un homme. .. Oui, il faut qu'elle se sorte de cette satanée famille. .. Que ces acteurs sont magnifiques, la réalisation est parfaite. Un immense bonheur.
Roger O.
Roger O.

15 abonnés 37 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 juin 2017
Sur les affiches, les réalisateurs sont désignés par leurs seuls prénoms Nana et Simon: il s'agit de Nana Ekvtimishvili et Simon Gross. Une famille heureuse est un film géorgien, donc rare.
Le point de départ de l'intrigue se retrouve dans de nombreux films contemporains: une mère de famille, professeur, décide, le jour de son anniversaire, de ne pas le fêter et de quitter le domicile où s'entassent plusieurs générations, des grands-parents aux petits-enfants adolescents. Scandale dans la famille! Tous vont tenter de retenir la femme indigne, celle qui ne respecte pas les traditions, la soumission à l'ordre patriarcal, le jeu de rôles imposé par la société.
Têtue, indifférente aux reproches de sa mère qui, elle, n'a jamais quitté sa cuisine, laissant ses enfants se débrouiller avec leur propre vie, elle va s'installer seule dans un petit logement, où elle peut, enfin, écouter de la musique et le bruissement des feuilles d'arbres, tout en continuant de corriger ses copies.
Un film qui réserve des moments vrais de bonheur égoïste, où les autres sont oubliés parce qu'ils ont trop empiété sur le jardin privé de l'héroïne; un film où, finalement on se sent bien, car les Géorgiens ont le sens de la fête et du chant; ; un film où l'on rit parfois des hommes qui se veulent protecteurs mais où les femmes osent s'exprimer et évoquer leur sexualité subie; un film où la caméra ne fait pas les pieds au mur, mais où on respire la vie et la ville.
Un film incarné.
La famille n'est évidemment pas le refuge du bonheur, comme le titre nous l'a ironiquement indiqué: elle est l'endroit du mensonge, de l'hypocrisie. Le dernier plan laisse planer un doute sur le pardon accordé à celui qui a trompé cette femme.
Gfa Cro
Gfa Cro

60 abonnés 576 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 mai 2017
Vu et avis le 20170530

Fin, intelligent, intéressant, bien fait. Je ne vois pas trop ce que je pourrais espérer de plus. Ne manque que de pouvoir le regarder en boucle.

Ce film me parle dans ce qu il dit, sa façon de le dire. Il a une dose de mystère, il y a assez de choses que je ne comprend pas, pour pouvoir le revoir même rapidement. Et ces choses sont suffisamment accessoires, peu nombreuses, pour que je n en ai pas pour autant le désir. Une famille heureuse à un tes juste équilibre bien rare. Il dégage une grande sérénité discrète qu'il transmet bien. Je pense même qu il peut aider ses spectateurs.
Shinny
Shinny

42 abonnés 248 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 30 mai 2017
Sympa pour découvrir la société géorgienne et le poids de la tradition familiale... mais sinon on a vite fait de comprendre où le film veut en venir en 5minutes.
Daniel C.
Daniel C.

172 abonnés 732 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 mai 2017
Une femme décide de vivre seule. Manana est professeure, vit avec son mari, ses enfants et ses parents. Au lendemain de son anniversaire, elle ne part pour personne, ni à cause de personne, elle va habiter seule pour aucun autre motif que pour faire ce qu'elle a décidé pour elle-même. Position déstabilisante pour la famille élargie, qui cherche la raison de ce départ. Le saura-t-elle a postériori ? Ce serait réducteur de chercher une cause explicative. Ce qui est étonnant, c'est comment tant ses enfants (un garçon et une fille), que son mari, respectent son choix. Personne ne lui demande de se justifier, dès lors qu'il est entendu que personne ne lui a fait de mal. Les choix parentaux ou les non choix ont-ils des incidences sur le devenir conjugal de leurs enfants, sur la possibilité d'une descendance, sur le respect de soi et de l'autre ? Telle est peut-être l'une des thèses , que l'on pourrait soutenir à partir de ce film si astucieusement intitulé "Une famille heureuse".
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