L'Affaire Collini
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Dois-Je Le voir ?

411 abonnés 1 862 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 mai 2022
Marco Kreuzpaintner adapte le roman du même nom écrit par Ferdinand von Schirach. Le scénario a été écrit par Christian Zübert, Robert Gold et Jens-Frederik Otto.



En pleine introspection sur leur passé, les Allemands vont nous livrer avec L'Affaire Collini un excellent drame judiciaire. Même si les bases juridiques de ce film sont correctes et donc nous pouvons analyser les propos qui vont en ressortir, l’histoire de ce Fabrizio Collini n’est pas vraie. Même si ces événements ne sont pas déroulés dans la réalité, cela ne va pas empêcher de se poser cette fameuse question : pourquoi Fabrizio Collini a tué cet homme de manière froide et violente.

Ce film est tout simplement passionnant à regarder. Il y a une intensité qui s’installe et augmente au fur à mesure que l’affaire se déroule. Plus le sujet va être exploré plus on va se passionner. La construction est très judicieuse, car elle arrive à nous embarquer dans les différents axes possibles. En tout, il y aura trois niveaux de temporalité. La majorité du temps, on sera dans le “présent” avec le procès. Ensuite, nous allons avoir des flash-back de l’enfance de l’avocat afin de mieux cerner celui-ci et de comprendre ses agissements. Puis un troisième niveau temporel avec cette fois-ci l'enfance de Fabrizio Collini qui va nous expliquer pourquoi son geste. Ces trois paliers temporels qui s’accordent parfaitement en se complétant sans jamais s’embrouiller l’un l’autre.

Attention avant d'aborder cette partie, il est important de dire que pour parler du fond nous allons devoir développer un minimum l’intrigue du pourquoi l’a-t-il assassiné. Au passage, on remercie l’affiche qui spoil une des révélations. C’est le moment donc de parler de la raison de l’assassinat de cet homme d’affaires et en quoi cela a des répercussions avec le passé allemand. Comme le suggère l'affiche du film avec son drapeau nazi, cela est lié à ces dramatiques événements. Si cet homme a voulu se faire justice lui-même, c’est que la justice allemande a été défaillante à ce niveau. Le film va donc revenir sur une loi de 1982 qui a à enrayer la machine judiciaire. En effet ce texte de loi créé par un homme ayant eu du pouvoir sous l’ère nazie, a permis à beaucoup d’anciens criminels de guerre de s’en sortir grâce à un délai de prescription. Une ignominie qui est souligné par L’affaire Collini de manière brillante. Toute la fin va lui être consacrée notamment avec les différents échanges d’avocats. C'est très efficace.

Que dire de la prestation d'Elyas M'Barek dans le rôle de l’avocat. Au départ discret et maladroit, il monte rapidement qu'il a les épaules pour endosser ce rôle capital. Même si autour de lui les acteurs secondaires vont être plus discrets, ils arrivent cependant à apporter beaucoup à l’image d'Alexandra Maria Lara, Heiner Lauterbach et Franco Nero.
Jean-Jacques Altman
Jean-Jacques Altman

1 abonné 46 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 6 mai 2022
L'affaire Collini
Du nom d'un vieil italien qui tue sans raison apparente un magnat allemand. En partie vrai, écrit par un juge qui présida de nombreuses cours d'assises appelées à juger d'anciens nazis. En plus grande partie encore romancé, source d'invraisemblances et d'impossibilités: l'avocat du criminel a été élevé avec affection par l'assassiné et il a une histoire d'amour avec sa fille, too much. C'est un film sur la repentance allemande qui n'a pas tellement convaincu le public cible, donc probablement encore moins les français. Franco Nero a maintenant plus de 80 ans. Il a été le héros flamboyant et récurrent de presque tous les westerns italiens d'il y a plusieurs décennies en particulier Django et Trinidad. Il a toujours le même regard infiniment bleu qui a tant séduit Fassbinder pour Querelle où il parlait très peu et ici encore moins ce qui le rend terriblement énigmatique, mais c'est tout. 2/5
Laura Da Silva Lopes
Laura Da Silva Lopes

1 critique Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 mai 2022
Très beau film qui reprend explicitement les faits historiques durant les guerre mondiales.
Le personnage principal Caspar Leinen L’avocat et l’accusé Fabrizio Collini deviennent attachants au fur et à mesure de l’histoire, c’est remarquable!
L’accusé devient très vite une victime et cela est très touchant dès lors on ou comprend son histoire.
Christophe L.
Christophe L.

5 abonnés 41 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 mai 2022
On ne s'ennuie pas une minute

Même si on peut deviner l'histoire, celle est mise en scène de façon magistrale. Le jeu de tous les acteurs est parfait.
Très émouvant.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 4 mai 2022
Au début des années 2000, en Allemagne, un vieil homme, Fabrizio Collini, assassine froidement Hans Meyer, un homme d'affaires grabataire et connu.
Défendu par un jeune avocat commis d'office, le procès de cet italien qui s'est rendu immédiatement à la police après les faits en refusant de parler ....
Un thriller haletant, une histoire bouleversante, des temps forts, des rebondissements, des acteurs brillants,
La réalisation image et bande-son sont également à la hauteur de cette œuvre vraiment très aboutie.
Si vous aimez l'assemblage justice / histoire, vous serez transporté dans ce drame remarquable et surprenant.
A voir sans hésitation.
Francois Descols
Francois Descols

14 abonnés 58 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 mai 2022
Film de facture très classique sur la culpabilité allemande face aux horreurs perpétrées durant la guerre.
Procès suite à un assassinat très brutal pour nuancer les points de vue sur l'état de droit face aux crimes nazis.
islander29

1 028 abonnés 2 663 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 mai 2022
Allez voir ce film, tellement bien écrit qu'on croit à une histoire vraie de la seconde guerre mondiale....Les faits décrits tout fait réalistes font penser que tout cela a bien pu exister....C'est un procès hors norme, sans tapage, devant un tribunal allemand sur des faits de guerre....Quelle réalisation qui vous tient en haleine pendant deux courtes heures....UNe histoire de massacre de civils comme il du en arriver des dizaines en 1944...Le film est intelligent, avec va et vient entre la Toscane (Montecatini) et une ville allemande où siège le procès...Cela ravive l'histoire avec passion et l'on peut répéter que la guerre est la pire des inventions, où l'on tue sans raison , parce que quelqu'un a décidé que;..Que d'innocents dans ce film....Le scénario a plusieurs rebonds et le spectateur est surpris jusqu'au bout...De l'émotion, de l'histoire, de l'intelligence, beaucoup d'alibis pour ce film sur la guerre, donc d'actualité hélas.....
PLR
PLR

556 abonnés 1 770 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 mai 2022
Un film allemand de 2019, dans la langue de Goethe sinon rien (pas de version française), qui n’arrive sur nos écrans que maintenant en 2022. Ce n’est pas forcément le meilleur format pour attirer un très grand public. Et pourtant, quelle erreur ce serait pour n’importe quel spectateur, pas forcément cinéphile, pas forcément féru d’histoire de la Seconde Guerre Mondiale et ses cicatrices dans la société notamment allemande, que de passer à côté. Il ne s’agit pas d’une reconstitution de ce qui va bien au-delà du fait divers mais d’une fiction. Mais elle est tellement imbriquée dans une réalité historique que chacun se verra comme témoin légitime et impliqué de cette joute judiciaire. D’aucuns auront reproché à l’affiche d’ouvrir très grand une porte sur le déroulement de l’intrigue. Il est certain que ça conditionne le spectateur qui se doute bien immédiatement de ce qu’il va découvrir. Mais, d'une certaine façon aussi, cette information préserve l’attention du spectateur qui sera ainsi davantage réceptif à tous les ressorts. Seront tour à tour posés le devoir d’un avocat, le poids de l’histoire sur l’institution judiciaire, le regard lucide sur le présent qui ne peut encore faire abstraction d’un passé historique somme toute récent. Les octogénaires d’aujourd’hui sont les enfants de cette époque. Dix ans de plus et ce sont les acteurs de ce passé. Ils sont bien sûr encore nombreux autour de nous, parmi nous (l’action se déroule en 2001). Le genre de film qui tétanise le spectateur. Qui le rend sans doute meilleur au fond de lui-même. « Les morts n’ont pas besoin de vengeance », « On ne peut pas revenir sur le passé »... des sentences qui rythmeront l’appel à la réflexion. Le devoir de mémoire. On imagine comment c’est encore difficile dans la société allemande. Le jeune avocat joué (avec une très grande crédibilité) auquel il sera dit par un adversaire de la cause de l’accusé qu’il défend qu’il a « le privilège de l’âge de ne pas avoir vécu ces années-là » sera le passeur de cette mémoire collective impossible à enfouir.
Michel C.

369 abonnés 1 798 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 mai 2022
Un film que je pensais historique, sans avoir rien lu, ni bien entendu le roman dont il est tiré. Comment dire..... je me lâche : oeuvre phénoménale, magnifiquement réalisée, filmée, montée !! Les images sont d'une qualité irréelle, le scénario précis addictif, les personnages excellents et un choix des morceaux musicaux éblouissants ( le phono sur la place de cette ville de Toscane - on se croirait plazza del campo - distillant une musique classique dans l'horreur absolue sous les yeux de cet enfant !), des paysages de Toscane d'une beauté inouïe....le hasard s'introduisant dans le récit, par ce jeune avocat commis d'office - Caspar Leinen (Elyas M'Barek) très proche de la famille Meyer, notamment de cette jeune femme Johanna (Alexandra Maria Lara) l'amie prodigieuse. C'est tellement bien rendu, depuis le drame, et tout au long de la recherche de la vérité qui fera froid dans le dos, quand on pense à cette loi Dreher de 1968 qui n'est pas du "cinéma", mais une aberration de l"histoire et un manque de respect humain.... quel miroir que nous offre ici Marco Kreuzpaintner, alors qu'une facette de celle-ci se joue à quelques encablures à l'est de celle ci, 70 ans après. Au delà d'une émotion - largement partagée - ce film abouti et puissant trouvera sa place au sommet de la pile de mes commentaires parmi les tous meilleurs d' entres eux... !!**
Arthur Brondy
Arthur Brondy

300 abonnés 1 440 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 mai 2022
Très beau film qui raconte le procès de Fabrizio Collini qui a assassiné Hans Meyer. On y suit les investigations de son avocat commis d’office qui tient là sa première affaire et qui va tout faire pour comprendre le mobile du crime. Il va alors découvrir l’origine du conflit qui remonte à la seconde guerre mondiale… Une histoire incroyable et très bien racontée.
Ninideslaux
Ninideslaux

105 abonnés 284 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 mai 2022

         Un film remarquablement intéressant, qui nous rappelle les grands films à thèse, prétoire et histoire, du temps où le cinéma américain était flamboyant. Las! D'après les BA, il ne filme plus que des culturistes en babygros occupés à écraser un tank d'une seule main.
         Malheureusement, Marco Kreuzpainter n'est pas Sydney Lumet et son film est entaché de pas mal de facilités et  d'incohérences, censées peut être le rendre plus commercial, plus grand public; il y a en particulier une histoire sentimentale dont on se serait bien passée... Mais ça nous donne envie de lire le livre de Ferdinand von Schirach, dont il est tiré.
     Le jeune avocat d'origine turque Caspar Leinen (Elyas M'Barek) se trouve commis d'office pour une première très grosse affaire. Jean-Baptiste Meyer (Manfred Zapatka), gros industriel, est assassiné sauvagement (après sa mort, son visage est démoli à coups de pied) par un italien anonyme, qui attend qu'on l'arrête, et ne dit rien, absolument rien. Mutique, absent, il refuse la cigarette, le verre d'eau que son avocat lui propose. C'est un roc, un bloc d'absence. Franco Nero est impressionnant dans le rôle de Fabrizio Collini.
       Où ça se complique pour Caspar.... c'est que Meyer, c'est l'homme qui l'a aidé dans son enfance, lui le petit immigré dont la mère faisait des ménages, et dont le père avait disparu; il l'a accueilli chez lui, avec son propre petit fils, lui a permis de faire ses études de droit... Alors, défendre son assassin....  Quand je vous parlais d'incohérences! dans la vraie vie, ce lien révélé lui aurait aussitôt valu d'être déchargé de l'affaire.
   Pourquoi? Peut être quelqu'un le sait il. Le brillantissime professeur de droit Heiner Lauterbach (Richard Mattinger) qui représente la fille de Meyer, Johanna (Alexandra Maria Lara)
        Alors, il va falloir remonter dans le passé pour trouver le lien, et c'est là que le film est passionnant puisqu'il nous fait découvrir la loi Dreher, dont je n'avais jamais entendu parler. Conçue par un ancien procureur nazi, revenu tout benoitement aux affaires, promulguée en douceur en octobre 1968, elle permettait de requalifier de meurtres, et non plus d'assassinats, les crimes commis contre les civils en temps de guerre -donc d'être prescrits au bout de 20 ans.... Un certain nombre d'officiers de la Wehrmacht et de SS se sont alors dit: ouf! ça y est! on peut dormir tranquilles!
    La fin du film, outre le fait d'être instructive, est très belle  et très émouvante. C'est à voir absolument pour tous ceux qui aiment l'histoire, qui se passionnent pour la justice. Pour moi il reste une question en suspens: peut on être à la fois un salopard et un bon type? Autrement dit, en temps de guerre, portés par la propagande, endoctrinés, enivrés par le climat de haine, certains ont ils pu commettre des horreurs dont jamais, dans une période normale, ils n'auraient été capables??

Victor-Emmanuel
Victor-Emmanuel

10 abonnés 14 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 mai 2022
Adapté du roman de Ferdinand von Schirach, le film de Marco Kreuzpaintner est déjà sortie en 2019 dans les salles allemandes. La traduction française fût aussi longue que pour le livre, mais elle a su trouver un public.

Ce thriller policier de 123 minutes a tous les ingrédients pour ne jamais prendre une ride. Dans 10 ans, il sera étudié par les scolaires et pour cause, il nous questionne sur le rôle de la justice. "La vengeance est un plat qui se mange froid" soulignait Pasquale Squitieri en 1971.
Entre la grande Histoire, celle du passé nazi et de la justice (post-guerre), et l'histoire d'amour entre les deux héros (Maître Leinen et Johanna Mayer), le spectateur ne sait pas trop qui croire. Faut-il avoir de l'empathie pour l'assassin italien ? Faut-il soutenir l'industriel allemand qui a éduqué le jeune avocat ?
L'écrivain, lui même avocat est également petit-fils d'un dirigeant nazi condamné au procès de Nuremberg. Il a su concilier deux mondes inconciliables, portés dans les salles obscures aujourd'hui. Von Schirach confie au Spiegel en septembre 2011 "C'est un livre qui porte sur les crimes dans notre Etat, sur la vengeance, sur la faute et toutes ces choses pour lesquelles, aujourd'hui encore, nous trainons le poids de l'échec". Tout est réuni pour faire un best-seller de littérature et de cinéma.
La question que pose ce film est la suivante : Comment sait-on que nous lisons (ou regardons) un bon roman (ou film) ? Car la fin incite à le relire (ou le revoir). C'est exactement ce qui se passe ici. L'intrigue haletante est digne d'un roman d'Agatha Christie ou de Bernhard Schlink.
ourouty
ourouty

12 abonnés 144 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 mai 2022
Film qui mérite incontestablement d'être vu
Certes , il s'agit d'une fiction , mais la résonnance avec l'actualité Ukrainienne et a définition des crimes de guerre est évidente.
La superbe interprétation ( magnifique Franco Néro!) ainsi qu'une belle photographie et Bande Originale font défiler les 123 minutes sans temps mort.
Un final très émouvant parachève ce magnifique film de procès.
Seul bémol : l'affiche qui spoile une partie du scénario.
thierry H
thierry H

1 abonné 4 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 2 mai 2022
un bon sujet bien joué mais le scénario n'est pas à la hauteur. trop d'invraisemblances, de longueurs. le Spectateur a toujours un temps voire plus d'avance.
tupper
tupper

190 abonnés 1 570 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 mai 2022
L’HISTOIRE a parfois besoin de petites histoires pour être transmise, comprise, pérennisée. L’affaire Collini est une de ces “petites histoires”. Et si sur la forme ce n’est pas un chef d’oeuvre, se montrant même par moment rébarbatif, c’est éclipsé par son utilité, sa remarquable construction, son didactisme, sa crédibilité, l’émotion suscitée et sa capacité à imprimer la mémoire. 1ère dose ou piqûre de rappel bienvenue à l’heure au l’actualité en Ukraine nous démontre que l’horreur peut ressurgir partout et à n’importe quel moment.
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