Grosse déception pour ce film après les excellents Barbara et Phœnix. Je ne suis jamais entré dans ce nouveau film de Christian Petzold qui, en développant une forme atypique - la transcription de l'Occupation à notre époque - se perd un peu en affèteries et bizarreries. Le talent de l'acteur principal ne suffit pas à donner du corps et de l'esprit à cette fable intemporelle.
Ah... que j'ai ce sentiment confus d'être passé à côté, de n'avoir pas tout pigé. J'avais pourtant beaucoup aimé Phoenix & Barbara mais là . . . Inverser les rôles : les allemands qui fuiraient un fascisme français... Européen, éviterant ainsi les camps et autres ignominies, pourquoi pas oui. Mais alors sans toutes ces incohérences scénaristiques, car ici rien ne tient vraiment debout, en commençant par ce type qui usurpe tout de même une fausse identité durant les 4/5èmes du film, sans jamais être inquiété dans les 2 Consulats (quelles billes tout de même....) ou par tous ces flics hargneux mais juste aveugles :-( Projeter cette allégorie des sans-papiers & migrants, mais pourquoi cette amourette idiote et toutes ces scènes qui n'amènent rien, à part une désagréable distorsion du récit. Bref, je ne suis pas rentré dedans et je lui préfère mille fois la " La Lune de Jupiter " de Kornél Mundruczó qui tirait dans le même sens, juste en plus Fantastique. Bref, ce film est pour moi d'un certain ennui avec le sentiment d'un beau ratage.
Un film qui est composé comme un livre. cette sensation étant renforcée par la voix off bien sûr qui nous guide tout le long de l'histoire. Mais même les personnages sont vraiment haut en couleur et magnifiquement joues. Surtout l'acteur principal qui possède l'adaptabilité de Joaquim Phoenix et la fragilité/force de Case Affleck. Entendre de l'allemand mélangé au français donne une sensation vraiment de modernité. On se croirait un peu dans un conte intemporel et inconnu. Comme s'il n'y avait que le téléspectateur qui faisait naître Georg. Bref un film qui donne énormément à réfléchir et donne envie de le revoir. Dommage que la musique ne soit pas superbe que certaines scènes soient trop attendues aussi ou trop classiques.
Dans "Phoenix", Christian Petzold avait manipulé les thèmes du mensonge, de la délation, du fascisme, de l'identité et de l'amour perdu avec tellement de subtilité et de délicatesse qu'il avait transformé toutes les pièces de ce puzzle en un tableau fascinant. Mais, probablement qu'à trop avoir été félicité, l'enfant aveuglé par la vanité s'est mis en tête de composer une nouvelle oeuvre magistrale en reprenant les mêmes pièces et en posant un bandeau sur ses yeux. Quelle catastrophe ! L'histoire librement inspirée du roman d'Anna Seghers n'a ni queue ni tête, la réalisation est sans saveur et le jeu des acteurs aussi pénible que Daroussin racontant l'action en voix-off. Tant de talent ainsi gâché, quelle déception ! Il ne faut pas flatter les gosses excessivement, ça leur fait perdre la tête !