Vers la lumière
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Ninideslaux
Ninideslaux

105 abonnés 284 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 janvier 2018
Naomi Kawase perpétue l'une des deux traditions japonaises, celle d'un cinéma contemplatif, introverti, lent, poétique, où la présence de la nature est très forte, où la parole est rare.... L'autre tradition, c'est au contraire celle du cinéma flamboyant à la manière des Kurosawa, Kurozawa l'ancien, le maître, mais aussi Kurozawa le jeune en plus gore, en plus "coréen" en somme.

          Vers la lumière est certainement le film le plus ardu de Naomi Kawase. Il traite de l'obscurité et de la lumière, du présent et de la mémoire, du réel et de l'imaginaire.... avec subtilité mais aussi un certain hermétisme. D'une façon plus terre à terre, il traite de la cécité, de la vision des non-voyants, et de la façon dont les voyants interprètent cette vision.

          Misako (la ravissante Ayame Misaki dont le charme ferait fondre un iceberg!) est audio-descriptionniste. Elle "raconte" les films qui seront projetés à l'usage des aveugles. Evidemment, la mise au point de ce texte n'est pas simple: elle se fait progressivement avec un groupe de non-voyants. Misako n'en dit pas assez; puis, Misako en dit trop: il n'y a plus de place pour l'imagination. Mais que peuvent imaginer ceux qui sont aveugles de naissance? Qu'est ce que cela dit pour eux, la mer, une dune (ils peuvent toucher le sable, la vague) et surtout les nuages, ces merveilleux nuages impossibles à appréhender. Quelles représentations peuvent bien  tourner dans la tête d'un non-voyant? Cet aspect du film m'a passionnée, parce qu'elle m'a amenée à réfléchir sur cet aspect des choses....

          Petit à petit, d'ajouts en retraits, le texte se met en place. Mais dans le groupe, il y a Masaya (Masatoshi Nagase) dont l'attitude est agressive. Il était photographe, et même un photographe coté; une maladie dégénérative lui fait perdre la vue. spoiler: Au début du film, il lui reste une très petite part de champ visuel, à la fin: plus rien.
Il s'accroche à son vieux Rollex, continuant à photographier des sujets qu'il ne peut plus mettre au point, pour retenir, pour garder, quelque part, des images... Misako, spoiler: qui dans sa vie privée est très seule (son père est mort, sa mère s'enfonce dans la démence)
est blessée par cette hostilité, et attirée en même temps par cet homme si différent.

         Le film dans le film lui même n'est pas très gai: réalisé par un très vieux metteur en scène (Tatsuya Fuji), il  parle du dernier amour d'un vieil homme qui à la fin du film, gravit péniblement une dune pour voir le soleil disparaître derrière l'océan....

         C'est un film qui se mérite. Qui s'adresse à ceux qui considèrent que le cinéma est un art exigeant.
dominique P.

904 abonnés 2 027 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 14 janvier 2018
C'est rare que je n'aime pas un film car en général j'aime beaucoup de styles de films, aussi bien les films intelligents et sérieux, que les films plus amusants, plus funs.
En général j'adore les films asiatiques, les films sensibles et délicats et c'est le cas de celui-ci.
Notamment j'avais beaucoup apprécié le précédent film de cette réalisatrice (Les délices de Tokyo).
Mais avec ce film là, j'ai malheureusement eu du mal.
En effet, je reconnais volontiers que cette histoire est sensible, délicate, intelligente mais le souci c'est que c'est particulièrement ennuyeux du début à la fin.
C'est un film parfait pour s'endormir.
J'ai eu du mal à lutter pour ne pas m'assoupir.
De plus, l'histoire est assez pénible dans son ensemble.
abcdetc
abcdetc

4 abonnés 38 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 janvier 2018
Après Les Délices de Tokyo, qui réjouissait jusqu'à nos papilles, Naomi Kawase nous éblouit les pupilles, avec un film sur le regard, la vision, le simple spectacle d'un coucher de soleil, l'au-delà de la vision, peuplé de personnes non ou mal voyantes qui vivent les films à travers le récit qu'on leur fait. Et l'on se sent comme eux, avec un regard en gros plan et comme une petite voix qui nous conseillerait de regarder plus loin.
Une mention spéciale pour les acteurs dont le jeu précis est capté dans ces gros plans et pour la musique d'Ibrahim Maalouf qui réussit une bande son impeccable, sans même un souffle de trompette.
Magnifique !
Christian J.
Christian J.

1 abonné 1 critique Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 janvier 2018
Excellent. J’ai songé au Blow Up de Michelangelo Antonioni. Mais aussi à certaines choses très contemporaines de Jim Jarmusch et d’Olivier Assayas. Très émouvante scène où le photographe devenu aveugle va récupérer son vieux Rolleiflex qu’un ami lui a volé
Fabien D
Fabien D

216 abonnés 1 270 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 14 janvier 2018
Décidément le cinéma de Naomi Kawase n'est pas fait pour moi. Peut-être moins agaçant que le désolant still the water, vers la lumière est un mélo convenu bourré de clichés et d'un ennui abyssale. Tout est creux, attendu, l'émotion ne filtre jamais et la pseudo romance sur laquelle s'achève le film arrive sans que l'on comprenne bien pourquoi. Il n'y a ni psychologie ni nuance dans cette histoire digne d'un mauvais téléfilm américain. Kawase réussit quelques plans, il y a des idées de mise en scène mais le tout accumule les clichés sur ce que doit être un film japonais au point de paraître totalement dénué d'identité. Vraiment sans grand intérêt.
Vergnus
Vergnus

12 abonnés 149 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 janvier 2018
Une fois de plus Naomi Kawase nous touche en plein cœur par la beauté et la sensualité de ses plans que ce soit les paysages ou les gros plans serrés sur les acteurs...sur le sujet difficile de l’expression des sentiments pour ceux qui perdent un sens...les 2 acteurs principaux sont sublimés par la caméra..
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 13 janvier 2018
Film très profond qui parle sur l'invisible... à des aveugles. Il y est question d'intériorité, d'amour, de souffrance, de perte, de mort, de renaissance, de vie et de lumière! Les comédiens sont remarquables...je me lasse pas du visage d'Ayame Misaki... Pour le reste il s'agit d'un film japonais, et forcément on est dépaysé... il faut accepter la lenteur, les silences...
Bref encore une fois il vaut mieux avoir l'âme contemplative et une intériorité riche...
dejihem
dejihem

155 abonnés 709 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 janvier 2018
Très bon film avec une réelle poésie des sentiments et de la photographie (justement...). L'histoire est très délicate, des gros plans sur les visages en pleine lumière, un peu de caméra tremblé. Et aussi de belles citations philosophiques pour couronner le tout. Touché !
Anne M.
Anne M.

85 abonnés 658 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 janvier 2018
Misako est « audiodescriptrice », avec l’aide d’un groupe de personnes malvoyantes, elle prépare le texte d’un film. Elle rencontre Masaya, un photographe qui perd la vue progressivement. Misako passe régulièrement à la campagne chez sa mère atteinte de la maladie d’Alzheimer.

Traduire des images par des mots pour nourrir l’imagination d’une personne malvoyante, c’est la travail inverse de l’adaptation cinématographique d’un livre. Pour l’audiodescription la précision est essentielle, trop de subjectivité rend le texte intrusif.

Le film dans le film est bien choisi, parce court et complexe à la fois.

Mais reproduire un film par le langage, c’est aussi autre chose que juste mettre des mots sur des images. Il y a toute une immersion à créer et une atmosphère à rendre palpable.

Naomi Kawase pointe ces difficultés dans un film aux multiples gros plans sur les visages et les regards et aux belles photos campagnardes.

Le personnage de Misako dégage une certaine ingénuité, la délicatesse devient de la naïveté. Le film ressemble parfois à un dessin animé japonais pour enfants. Cela peut un peu rebuter.

J’ai apprécié le film mais sans plus.

Mon blog : larroseurarrose.com
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 12 janvier 2018
Le précédent film de Naomi Kawase «Les délices de Tokyo » marque par sa grande sensibilité et humanité . Plusieurs choses nous empêchent d’être aussi chamboulés dans celui-ci… et de s’y intéresser.
Les acteurs, pourtant doués, sont sérieusement bloqués par le sous-développement des personnages. Leurs intentions sont flous et leurs raisonnements sont aléatoires.
L’histoire d’amour naissante entre une audio-descriptrice de films et d’un ancien photographe à succès qui pert drastiquement la vue avait beaucoup de potentiel, un potentiel gâché par son évolution précipitée et forcée. Leur relation débute comme n’importe quel amour-haine et « évolue » sous nos yeux avec peu de compréhension.
Les subplots, bien que portant sur des thèmes universels, sont également mal exploités et nous laissent sur notre faim. Il est évident que le film essaye désespérément de nous sentir concerner. Toutefois, l’utilisation fréquente (et lassante) du gros plan ne réussit jamais à nous rapprocher suffisamment des personnages.
Le film ne brille que faiblement par son écriture fine et piquante. La cinématographie contemplative et romanesque ne fait que nous distraire d’un scénario incomplet et décevant.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 12 janvier 2018
J'éprouve toujours des scrupules à dire du mal d'un film de Naomi Kawase, tellement la personne m'est sympathique et ses intentions louables.

Le début de Vers la lumière est par exemple parfaitement brillant. L'idée de donner au personnage principal du film la profession d'audio-descriptice est un coup de maître.

Cela donne des premières séquences délicieuses dans lesquelles la bande-son prend une saveur très particulière, et qui suscitent chez le spectateur de stimulantes réflexions sur le sens de l'image, les choix des créateurs et bien d'autres sujets.

Les premières bonnes idées du film s'essoufflent cependant rapidement. L'histoire entre l'héroïne et le photographe devenant aveugle n'échappe pas à la mièvrerie. La subtilité du début disparaît au profit d'une succession de scènes irréaliste, de coïncidences incroyables (les rencontres fortuites des personnages, le paysage récurrent), d'élans très peu sensuels et de larmes creuses.

La médiocrité du film dans le film (la statue de sable) aggrave la sensation de déception et d'ennui qui grandit au fil de la projection. Comme parfois chez Kawase, on est triste de voir tant de sensibilité gâchée.
Ufuk K

617 abonnés 1 721 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 27 janvier 2018
" vers la lumière " présente lors du dernier festival de cannes au vu du synopsis avait tout pour me plaire hélas ce fut une grosse déception. En effet malgré une magnifique photographie et certains moments poétique j'ai trouvé que les acteurs étaient mal dirige, le rythme est trop lent et le film manque cruellement d'émotions pour un film d'amour.
dagrey1
dagrey1

107 abonnés 655 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 janvier 2018
Misako est une jeune audiodescriptrice pour non voyants qui travaille sur la description du monde qui l'entoure. Parmi ses patients, Masaya Nakamori est un photographe d'une cinquantaine d'années qui devient irrémédiablement aveugle. Misako est aussi la fille unique d'une mère qui avec les années commence à souffrir de sénilité. Ces 2 personnages fragiles dont les relations sont conflictuelles vont se rapprocher.

Vers la lumière est un film de Naomi Kawase (Les délices de Tokyo...) sorti en 2018. Avec Vers la lumière vu en AP au MK2 Beaubourg, la réalisatrice parvient de nouveau à raconter une histoire forte et très émouvante à partir de choses de la vie fort ordinaires. Les cours d'audiodescription que Misako dispense avec passion devant un public de non voyants souvent difficile et exigeant font l'objet de critiques incessantes de Masaya, rendu aigri par sa maladie qu'il sait irréversible. Masaya est un homme seul et divorcé dont le métier de photographe est tout ce qui lui reste.

Alors que Misako a tout pour être heureuse, un physique de rêve et un travail qu'elle adore, elle est elle même fragilisée par la mort de son père et l'état de santé mentale de sa mère qui se dégrade irrémédiablement.

Misako va puiser en elle le supplément d'âme nécessaire pour emmener l'ex photographe de nouveau vers la lumière. Le film est ponctué de dialogues forts, de scènes émouvantes notamment celle où, face au soleil couchant, le photographe jette dans le vide, devant une Misako médusée, son appareil photo favori, considérant pourtant celui ci "comme son coeur". Et celle ci de dire: " Se séparer de ce qui nous est le plus cher est insoutenable".

Le film alterne les plans serrés sur les visages et les soleils couchants sur les collines, l'ensemble qui se termine sur une très belle conclusion, m'a vraiment captivé et profondément ému.
Avec ce film que les spectateurs sensibles devraient apprécier, Naomi Kawase confirme, comme Kore Eda (Notre petite soeur, Tel père tel fils...), tout son talent pour ce genre de cinéma non spectaculaire et quasiment documentaire.

Chapeau aux 2 acteurs Ayame Misaki (Cette femme est lumineuse, je suis amoureux...) et Masatochi Nagase pour leur interprétation émouvante et forte.

Excellent Bande originale d'Ibrahim Maalouf en prime.
Cinephille
Cinephille

174 abonnés 634 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 janvier 2018
Naomi Kawase ne revient de Cannes qu'avec des prix de consolation. Sans doute parce que femme et discrète. Or, Naomi Kawase est une très grande cinéaste qui de film en film trace son sillon sensible, pudique, ô combien personnel. Ce film là est légèrement bancal entre un début basé sur le factuel, le précis,. et une fin plus bouleversé, plus allégorique. Mais la pudeur est toujours immense, la sagesse est présente à chacun des plans qui nous conduit vers les questions essentielles de la perte, de la lumière dans nos vies
chas
chas

38 abonnés 180 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 janvier 2018
Vu à Cannes au cœur d’un maelstrom d’images, l’histoire d’un photographe qui perd la vue, se remarque. Il rencontre une belle dont le métier d’audio descriptrice va bien au-delà des heures de bureau.
Comment décrire un film à des aveugles, comment trouver les mots justes, comment ne pas envahir les têtes et laisser de l’espace à l’imagination ? Tant de questions passionnantes, plus tourmentées dans ces situations extrêmes, mais au cœur des relations sociales quand les mots cherchent la vérité, la lumière, les accords, l’amour, la poésie.
Le récit délicat d’une perte et de retrouvailles, se dilue parfois en de trop ostensibles postures romantiques.
J’ai préféré ses « Délices de Tokyo » plus modestes mais continue à être enchanté par ses images de la nature et de ses cadrages serrés.
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