Une autre vision du travail de paysan. Quelques jours après avoir vu « petit paysan », ici on parle d’amour en même temps que de la solitude des hommes parmi les bêtes. Le garçon est sauvage, en colère contre son sort, il fait l’amour brutalement et puis il devient sensuel et sensible avec cet homme arrivé pour peu de temps de Roumanie. L’amour se révèle aussi par les images. Les corps se dénudent laissant apparaître les sexes attirants comme une délicatesse partagée avec le spectateur
Johnny, un jeune fermier anglais peine à gérer les besognes éreintantes dans l'élevage de vaches et de moutons de son père handicapé par un AVC récent. Hormis l'aide de sa grand-mère autoritaire, il ne peut compter que sur lui-même, perdu dans ce désert de champs verts et froids s'étendant à perte de vue. Noyant sa solitude dans l'alcool des pubs et les aventures sans lendemain, il est au bord du gouffre. Son père engage alors Gheorghe, un éleveur roumain pour l'aider dans son travail. Optimiste et doux-rêveur, Gheorghe ré-enchante le quotidien de Johnny et tout deux deviennent de plus en plus proches. Ayant vécu à la campagne, le film a un rendu terriblement vrai de la vie des agriculteurs d'aujourd'hui. Le désert vert, le silence et pourtant énormément d'émotions. Relationnel glacial et torride à la fois.
Film qualifié de version anglaise de Brokeback Mountain par la presse. On retrouve bien deux acteurs charismatiques au milieu de beaux paysages et un scénario de mélo plutôt sobre sur la difficulté à accepter son homosexualité en milieu rural. Pour le reste, le rapprochement relève de la formule marketing. Elle a quand même le mérite de révéler le principal défaut de Seule la Terre: une impression de déjà-vu.
"Seule la terre" ne peut pas vous laisser indifférent. C'est une histoire d'amour profonde entre deux hommes, une histoire d'amour entre un réalisateur et les splendides paysages du Yorkshire. La qualité du cadrage, de l'image, de la lumière sont exceptionnelles. Les sentiments sont justes ; le jeu des acteurs est remarquable. Alec Secareanu, charismatique dans ce rôle, donne une force remarquable au personnage de Gheorge. Il prend un peu le rôle protecteur du père biologique qui décline et il est, avec la Terre, l'un des deux personnages principaux du film dont Josh O'Connor dépend étroitement en définitive. On attend avec impatience la fin de l'histoire qui ne comporte pas de temps mort, qui vous fait obligatoirement rêver et qui m'a tiré des larmes.
Le réalisateur, Francis Lee, déclare « que ce serait-il passé si j’étais resté [...] ». Une chance que certains réalisateurs/rices nous présentent des films aussi achevés, soigné et réfléchi, inspirés par des questions dont tous avons eu à l’esprit à un moment donné dans nos vies... Les réponses ne sont pas toujours évidentes, mais celle que nous propose Seule la Terre est sincère, sombre, difficile et aimante grâce à l’espoir et l’amour qui font traverser des paysages hostiles et nous permettent de nous réaliser. La réponse de Francis Lee est bien évidemment romancée et c’est tout à son honneur, car elle est porteuse d’espoir. L’histoire de Johnny et Gheorghe ne sera pas sans nous rappeler une certaine histoire se déroulant en plein cœur des montagnes Brokeback. En résumé, un premier long métrage aussi brut qu’une pierre précieuse au moment où on l’extrait de sa terre d’appartenance. Bravo.
Mes attentes à voir un second Brokeback Mountain étaient justifiées ; l'ambiance générale, l'histoire, le traitement des images, les paysages, la temporalité, certaines scènes majeures, etc., le rapprochement est aisé et plutôt évident.
Cependant, le film parvient à exister pour lui-même, et à pousser un peu plus loin le thème d'un amour homo dans un milieu très rural. God's own country a le mérite d'inscrire son histoire dans un contexte peut-être plus comparable à "notre" milieu rural du début du 21ème siècle, et pour ma part j'ai pu, pour certains aspects, m'identifier plus aisément à certains éléments du film que je n'ai pu le faire avec Brokeback Mountain.
En comparaison, j'ai préféré le timing de God's own country qui propose un rythme plus soutenu tout en maintenant la juste dose de moments de contemplation.
Les personnages sont convaincants et attachants. J'ai été particulièrement séduit par la"sensibilité rustre" de la famille du héros. Et puis, l'accent anglais a un charme qui a toujours su m'attendrir !
Un film un peu plus "cru" également dans ce qui est montré, mais fait preuve d'autant de pudeur dans les dialogues.
J'ai kiffé, je pense que ce film fait désormais partie de mon "top 5 LGBT". 珞
"Seule la terre" traite un sujet original : une romance gay dans le monde agricole. Johnny (Josh O'Connor) voit débarquer dans la ferme qu'il tente de maintenir à flot un ouvrier roumain (Alec Secareanu), qui va bouleverser sa vie de débauche. C'est un film qui n'hésite pas à mettre en scène les ébats amoureux de ses protagonistes sans tabou et malgré la justesse du jeu des deux acteurs, le scénario est faiblard. Les paysages du Yorkshire ne suffisent pas toujours à sublimer cette oeuvre dont on ne ressort pas indemne tant elle est à la fois forte et dérangeante parfois.
On ne peut être que touché par la sensibilité de ce film. À la fois très brut et tendre à la fois. Peu de dialogues donc forcément une interprétation d’une grande qualité. On s’attache à ces deux personnages et à la sincérité de leur attachement. Âmes prudes s'abstenir
Pas mal ce petit film qui raconte l'histoire d'amour entre deux hommes en milieu rural. Les acteurs jouent tres bien par contre le scénario est sans surprise.
"Seule la terre" est une oeuvre naturaliste qui sent le crottin, le lait chaud et le mouton à chaque plan. Le bain dans l'atmosphère de la campagne anglaise profonde est donc réussi. Les personnages qui ne pourraient pas faire carrière dans la diplomatie, sont plus vrais que nature. La réalisation elle plus classique déroule une intrigue téléphonée. La force du film se situe dans la transformation intérieure du héros principal. Du garçon profondément malheureux pour diverses raisons, et non pas à son homosexualité mal assumée comme on pourrait l'imaginer, il se transforme sous nos yeux en rencontrant le véritable amour. Sans guimauve et sans ostentation, c'est la grande qualité de ce long métrage.
Indépendamment des orientations sexuelles le vrai amour se niche partout et est universel. Ce n'est pas une nouvelle révélation, mais ce film en est une très belle illustration aboutie.
Film avec une histoire d'amour improbable entre deux hommes. Les plans de la nature sont magnifiques. On voit la puissance de l'amour qui peut transformer une vie. L'amour y est montré par la relation de ce couple et par l'amour de ces animaux. Il y a une véritable fusion de ces personnages avec la nature.
Il est très réducteur et inexact de faire un parallèle entre ce film et le "cultissime" Brokeback Mountain . Là ou il y avait un (magnifique) désespoir il y a dans ce film un (magnifique)espoir et la victoire de l'amour. Ce film est porté par des acteurs justes et habités par leur rôle et par un exceptionnel premier rôle :le Yorkshire . Issu du monde paysan je n'ai pu que constater l'exactitude et le soin que James Lee met à filmer les tâches quotidiennes et harassantes du fermier, le poids des ainés. Film brillant qui touche en plein coeur. A signaler un film allemand qui traitait du monde agricole et de l'homosexualité avec également beaucoup de justesse et d'espoir:La clé des champs(Stadt Land Fluss)
Difficile d'imaginer un village où l'homosexualité est si partagée et vécue au vu du pourcentage réel de cette minorité au sein de la population occidentale. Ou alors le réalisateur prend trop au sérieux l'angle ou le parti pris comme un journaliste pourrait les rendre siens afin de déterminer les grands axes de son article.On pourrait regretter une insistance trop marquée sur les corps mais le spectateur prend conscience que la campagne et le travail agricole indui un rapport à la chair plus abrupt et rude. Cette tendance circonscrit une stylistique peut-être un peu opportune et l'originalité d'une oeuvre artistique devrait éviter ce genre de syllogisme pour marquer plus profondément.