2525 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
216 critiques spectateurs
5
35 critiques
4
64 critiques
3
66 critiques
2
33 critiques
1
11 critiques
0
7 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Sylvain M.
13 abonnés
169 critiques
Suivre son activité
2,0
Publiée le 30 octobre 2018
L'image est belle mais le film reste superficiel. On a envie de plus, mais si le film est indéniablement beau. On se perd peut-être dans cette recherche permanent de beauté ...
Un début ahurissant, des plans magnifique et un noir et blanc aussi appréciable et discret que dans Ida. Une histoire extravagante, pourquoi pas, une tranche de vie d'après guerre, intéressante. Hélas, l’histoire d'amour (malgré tout), devient collante, envahissante et tourne pathos à l'américaine. Le carnage, dommage.
Le cinéaste polonais qui nous a donné le superbe Ida nous revient avec une œuvre auréolée d’un prix de la mise en scène à Cannes et des critiques globalement très favorables. Certes, le moindre plan (en format carré, très à la mode mais très surfait) est superbe et témoigne d’un sens du cadre remarquable. Toutefois, le réalisateur oublie un peu trop souvent d’y faire pénétrer la vie. Ainsi, son film d’amour passionnel entre deux êtres que tout oppose, y compris la géopolitique, est d’une extrême froideur, au point de figer les sentiments sur place. On a du mal à se passionner pour ces deux personnages dont on ne sait jamais s’ils sont vraiment amoureux ou s’ils se servent l’un de l’autre. Leurs mésaventures sont contées avec un vrai sens de l’ellipse, au risque de faire paraître anecdotique leurs tribulations. Au final, le film se regarde sans déplaisir, mais on reste un peu extérieur à tout cela, comme devant une belle vitrine que l’on est invité à contempler, mais dont le contenu nous serait systématiquement substitué. Un peu frustrant.
Je ne vais pas y aller par quatre traversées de frontières, «Cold War » est un chef d’œuvre. Une fois de plus, Pawel Pawlikowski nous livre - avec une maestria qui lui est propre – un film en format 4/3 au noir et blanc qui explore toutes les nuances de gris possibles : de la plus claire à la plus profonde en jouant sur les contrastes marqués mais aussi une luminosité diaphane. Chaque cadrage est soigné au plus haut point, qu’il soit fixe ou en traveling, rien n’est laissé au hasard, preuve en est l’utilisation des miroirs où bien souvent, le plus important se situe dans la réflexion. D’emblée, nous avons le sentiment de regarder un grand et beau film classique, épuré et minimaliste, des années 50. Ça n’est d’ailleurs pas la minutieuse reconstitution historique qui contredira le propos. Le prix de la Mise en Scène à Cannes est amplement justifié, un tel niveau est à la fois rare et d’autant plus savoureux. Si le visuel est sans reproche, fort heureusement, le jeu d’acteurs l’est aussi. Que ça soit Joanna Kulig en femme fatale, capable de vous embraser à la folie comme dans un sauna surchauffé puis de vous refroidir tel un bain dans un lac gelé, ou bien le dandy nonchalant et patient incarné par Tomasz Kot, en passant par les seconds rôles tous parfaits, le casting ne souffre d’aucun reproche et aurait même mérité des prix d’interprétation. Le cœur du film (c’est le cas de le dire) se cristallise autour de la relation houleuse entre Zula et Wiktor (inspiré par les parents du réalisateur), durant la guerre froide. L’oppositions des caractères qui les mènent dans des pays différents (lui en exil, elle en tournée avec l’ensemble folklorique Mazowsze qui utilise l’art comme outil de propagande) permet de brosser rapidement les horreurs du communisme qui semblent bien loin du Paris bohème des années 50. Si le film parvient à faire de nombreuses ellipses sans jamais faillir à la partition, c’est certainement parce que la musique est un élément majeur qui est omniprésent tout au long du film. Les chassés-croisés des deux côtés du rideau de fer se font sur fond de Jazz (musique alors interdite à l’Est) et de chants traditionnels déjà datés. Cette division musicale et d’autant plus touchante quand le couple se retrouve à Paris et compose un morceau de musique mélancolique empreint de culpabilité. Sentiments qui uniront et diviseront un couple dont la pureté et l’intensité des émotions est en parfaite opposition au système Polonais qui tente de broyer tout émoi. Une histoire d’amour à la fois atypique et commune, portée par un élan salvateur et destructeur, qui évite des poncifs du genre et qui offre une note finale absolument magnifique.
Un très beau film qui rappelle en noir et blanc les films de kieslowski.
Tout est beau et gracieux dans ce film,. La mise en scène et l utilisation de tableau très réussi à.
Les acteurs jouent très bien.
Petit pounr négatif: l histoire est prévisible et l histoire d amour passionnée un peu surfaite. Mais l ambiance générale, les images sublimes compensent largement.
Un très très grand film sur la passion amoureuse. D'une beauté inouïe. La musique est un personnage à elle seule. Un film organique qui prend aux tripes. Pawel Pawlikowski est décidément un très grand cinéaste. Merci à lui!
J'attendais beaucoup de ce film, influencé par les critiques qui semblaient bonnes. Quelle deception !!!! Une impression de déjà vu, une version noir et blanc qui n'apporte rien au film, une histoire d'une banalité à pleurer, une nième description de la guerre froide à la fin de la seconde guerre mondiale qui n'a rien d'original, une bande musicale qui n'a rien d'enthousiasmant. Je suis resté jusqu'à la fin, par principe, histoire de laisser une éventuelle chance au film mais j'ai vraiment eu l'impression de perdre 1h30 , heureusement le film n'était pas trop long !!!
Après le très grand succès de « Ida », Pawel Pawlikowski surfe sur une lancée très poétique et parvient de nouveau à nous émouvoir sur un nouveau front. Le conflit sentimental est pour beaucoup quelque chose de banaliser, notamment lorsqu’on en parle. Mais lorsqu’on le vit, il s’agit d’une toute autre histoire qu’il convient de resituer dans son contexte. Les bras de la passion s’accrochent au cou d’un amant, comme des menottes ligoteraient les mains d’un artiste. On y voir du noir et du blanc dans cette escapade amoureuse et pas seulement dans l’esthétique d’une œuvre qui en dit long sur l’impact du Rideau de Fer. Le contraste entre l’Est et l’Ouest est exploité à souhait, mettant en scène des individus qui ne cesseront de se chercher, jusqu’à ce qu’un couple réussisse là où les précédentes aventures ont échoué.
Et c’est en découvrant une Pologne d’après-guerre qu’on ouvre ce récit qui évoque avant tout la nostalgie et les souvenirs froids. Le drame traverse ces terres et y est resté gravé dans le cœur d’habitants qui cherchent dorénavant à s’épanouir dans une nouvelle ère, une nouvelle vie. Le folklorique s’empare alors rapidement de l’intrigue comme le tremplin qui aligne les personnages dans une danse sensorielle, tout en distinguant le patriotisme, vu comme les principales causes de ruptures dans un monde qui ne demande plus qu’à s’aimer. Zula (Joanna Kulig), au passé trouble, cherche continuellement à aller de l’avant et est prête à tout afin de changer sa condition de paysanne sans intérêt. Et sans pour autant chercher le succès, elle finir par s’ancrer dans un esprit de suffisance qui ne la saisit que dans des instants éphémères, comme si le mal-être la rattrapait dans sa quête d’évasion.
On prend alors soin d’introduire le directeur musical, Wiktor (Tomasz Kot), qui lance ainsi la troupe folklorique Mazowsze. Fruit de sa Pologne natale, le réalisateur y trouve les cicatrices d’une société qui a souffert de la pression communiste. En observant avec attention, on se laisse entraîner dans cette poésie du peuple qui vient affirmer, avec dynamisme, sa liberté et son côté révolutionnaire. L’amour qui découle de ce constat montre bel et bien ce qu’il existe des difficultés dans ce concept encore abstrait, encore inaccessible pour Wiktor et Zula. Elle-même vit dans cette crainte perpétuelle des représailles. Elle trahit pour survivre. De l’autre côté du rideau, le musicien finit par se dépayser, dépassé par son exil et ce qu’il tente de fuir. Tout ceci est induit dans les diverses ellipses que l’on éparpille tout le long de l’intrigue. On en retient le jazz et les scènes intimes qui lient ces deux êtres exceptionnels, où la photographie noir et blanc cristallise leur passage à l’écran.
Si le réalisateur s’est inspiré de ses parents comme squelette dramaturgique, il aura tout de même fait naître des instants magistraux dur les écrans. « Cold War » est pour lui une sorte d’hommage, dont la mise en scène perfectionne ses dires et son discours poétique, portée sur l’instabilité d’un couple et du changement de tempérament, suivant l’environnement qui l’entoure. Et le génie dans l’Histoire, parvient à transmettre un amas d’informations en l’instant d’une image ou d’une courte scène. La mise en scène en dit long et la récompense qui lui est due n’est pas déméritée. Nous avons à faire à un très grand cinéma, qui se veut subtil, sensoriel et universel.
Après Ida, Pawlikowski reste fidèle au Noir et Blanc. Une très belle photo qui, associée à une bande-son magnifique, ponctuée par des moments de silence assourdissants, nous fait vivre intensément cette histoire d'amour contrarié.
Le sujet est intéressant mais le film souffre d'une froideur certaine et d'un ennui diffus. Aussi tout s'enchaîne trop vite, les 15 années passent à la vitesse de l'éclair, ce n'est pas approfondi. On a l'impression d'avoir un résumé vite fait et vite expédié d'une histoire d'amour contrariée sur ces 15 années. Mais bon, cela reste un film tout à fait regardable parlant d'un amour sincère.
Un Prix de la mise en scène à Cannes, ça ne fait hélas pas (plus) une référence. Tourné en noir et blanc, on se demande bien pour quelle raison valable ? Et dans un format d’image inhabituel qui laisse donc à son tour interrogatif. Cela dit, une note moyenne de 4 étoiles pour l’heure ça donne envie de se faire sa propre opinion. Elle est faite ! Les spectateurs amateurs de chants populaires d'Europe de l'Est seront sans doute ravis car bien servis. Ceux qui ont des aïeuls polonais auront peut-être le cœur touché par la nostalgie. Mais les autres vont s'ennuyer. Si on traduit le titre, ça donne : "Guerre froide". On s'attend donc logiquement à quelques développements sur le contexte historique. Mais las, trois fois rien : quelques dialogues seulement qui soulignent que le régime affectionne un certain type de musique et de chanson pour servir les masses populaires. Mais rien ou pas grand chose sur l'Histoire avec un grand H. Et une facilité déconcertante semble-t-il à passer d'un côté à l'autre du Rideau de fer.
Le film précédent de Pawel Pawlikowski, Ida, m'avait déplu par son formalisme excessif, qui tuait les émotions. Cold war me réconcilie de ce point de vue avec le cinéaste polonais : la caméra est plus agile, les superbes effets de style beaucoup plus au service de la narration.
Après une entame austère et très belle, le film nous entraîne dans une balade désabusée dans l'Europe de la guerre froide. L'histoire d'amour contrariée de Wiktor et Zula, qui parcourt joliment les décennies, est empreinte d'une triste nostalgie. La brièveté du film (1h27) contraste avec l'ampleur du récit. Pawlikowski s'oblige à la concision et parfois même à l'ellipse euphémistique : c'est souvent très beau (par exemple la scène de concert lorsque Zula reconnaît Wiktor dans le public).
Les deux acteurs principaux sont sublimes et la façon dont le temps transforme leur visage est très émouvante. Joanna Kulig, en particulier, irradie littéralement. Sa force de caractère et ses dérèglements la rendent magnétique à l'écran. On ne n'oubliera pas de sitôt certaines de ses répliques ("Mon père m'a confondu avec ma mère, le couteau lui a expliqué la différence") jusqu'à la toute dernière scène, magnifique ("Tu es plus lourd que moi, prends-en plus").
Cold war a obtenu prix de la mise en scène au Festival de Cannes 2018, et c'est mérité.
Réalisateur polonais qui a commencé sa carrière cinématographique par des documentaires, Pawel Pawlikowski, né à Varsovie en 1957, a vécu en Allemagne, en Italie, en Angleterre et à Paris, avant de revenir s’établir en Pologne. En 2013, "Ida" a été son premier film réalisé dans ce pays depuis son retour. Sélectionné dans de nombreux festivals en 2013 et en 2014, sorti dans notre pays en février 2014, ce film en noir et blanc a obtenu, entre autres, l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2015, ainsi que le César du meilleur film étranger la même année. Cette année, "Cold War" était en compétition au Festival de Cannes et il en est reparti avec le Prix de la mise en scène. Pawel Pawlikowski fait partie de ces réalisateurs, aujourd’hui de plus en plus rares, qui sont capables de raconter énormément de choses dans un film dont la durée ne dépasse pas 90 minutes. C’est ainsi que "Cold War" nous plonge dans les tourments d’une histoire d’amour épisodique tout en offrant une belle reconstitution de l’après guerre dans trois pays, sur une durée d’une quinzaine d’années : la Pologne, la France et la Yougoslavie. En effet, après la naissance en Pologne de l’histoire d’amour entre Wiktor et Zula et le départ de Wiktor vers l’ouest, Zula restant en Pologne, les deux amants vont se retrouver et se séparer à plusieurs reprises, en particulier dans le Paris des clubs de jazz des années 50 que fréquente Wiktor avec succès. Par contre, malgré son titre, "Cold War" n’aborde que très marginalement les problématiques de la « guerre froide ». Après le succès remporté par "Ida", Pawel Pawlikowski reste fidèle au noir et blanc. Même celles et ceux qui avaient trouvé excessif le succès remporté par "Ida" ne pourront pas rester insensibles à "Cold War", un film beaucoup plus abouti, beaucoup plus passionnant et même esthétiquement beaucoup plus beau grâce à un noir et blanc plus contrasté, plus travaillé au niveau de la lumière.