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Edtrail75
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5,0
Publiée le 24 septembre 2020
Film frugal, en noir et blanc, collant parfaitement à la période grise soviétique. En 1949 dans la campagne polonaise, un trio composé d’un musicien, d’une musicologue, et d’un bureaucrate du parti ont pour mission de raviver le patrimoine et de préserver la culture populaire polonaise méprisée par les élites. Mais, par un enchainement de situations faites d’ellipses, ce trio est en passe d’intégrer ces élites en faisant des représentations à Berlin, Paris, Zagreb avec la naissance de l’amour entre la musicien et une jeune chanteuse. Une première partie mettant très bien en scène le contexte politique et historique, la seconde partie soulignant l’amour impossible, contrarié par le mur, entre le musicien et la chanteuse jusqu’au début des années 60. Un film d’une extrême pudeur.
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5,0
Publiée le 10 août 2020
Pour 88 minutes Cold War est un court métrage et c'est dans un beau noir et blanc subtil. Il n'y a pas d'effets fantaisistes, les scènes se succèdent avec un bref écran blanc entre elles et pourtant le film saisit du début à la fin. Les performances de l'ensemble sont fortes, les deux rôles principaux sont magnifiques et le sens du lieu et de la période est parfait. Ce qui est extraordinaire c'est la façon dont le film crée un rappel puissant de la manière dont l'esprit et l'amour humains peuvent survivre au pire qu'un État totalitaire puisse infliger à son peuple. À notre époque alors que la politique d’extrême droite fait l’objet d’une horrible tête dans le monde il y a aussi un avertissement opportun dans cette réalisation extraordinaire du cinéma européen...
Après Ida, Pawel Pawilowski reprend les mêmes thèmes qui lui sont chers : la malédiction de l'être humain. Après avoir mis en scène ce fameux "passé qui ne passe pas" avec son précédent long métrage, il nous est donné à voir cet amour difficile à vivre, porté comme un fardeau, alourdi par le poids de l'Histoire (la guerre froide). Film lent, contemplatif, où tout se lit sur le visage de l'actrice principale, y compris lors des interludes musicaux, Pawilowski n'a de cesse de nous montrer ses héros en perdition, faisant souvent passer la raison avant la passion, sans jamais ignorer cette dernière. Une mise en scène somptueuse également, toujours en noir et blanc, qui sublime le film sans jamais le supplanter. C'est du cinéma, et du beau !
Cela n’avait pourtant pas bien commencé, mais au final ce film m’a plutôt plu. J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dedans. C’était en partie due à son format peu habituel. Il a été tourné en 1.33 (quasi-carré), ce qui est une signature du réalisateur. Si on additionne ça au noir & blanc, cela fait beaucoup pour accentuer le côté antique et dramatique de cette romance. Mais après un premier tier peu palpitant, l’histoire prend tout son sens et sa beauté dans la relation entre Tomasz Kot et Joanna Kulig. La folie et la passion de ce dernier contraste de belle manière avec le sérieux de son amant. Comme on dit, les opposés s’attirent. Alors que le contexte politique est très dur en temps de guerre froide, leur passion va être déchirée par leur destinée individuelle. Ce n’est donc en aucun cas un film politique. L’époque sert juste de contexte afin de mettre en scène cette idylle. Tournons-nous maintenant vers une des pièces maitresses de ce long-métrage, la musique. Elle est la passion de nos deux amoureux, c’est donc logiquement qu’elle aura une place prépondérante. Entre musiques des campagnes Polonaises, et styles plus occidentaux, elle sera belle et variée. Elle évoluera au rythme des personnages en grandissant et se modernisant. J’ai tout de fois préféré la partie traditionnelle qui m’a fait vibrer. Des chants qui m’étaient inconnus mais qui m’ont fait vivre véritablement cette histoire. Au vu de sa beauté et de sa qualité, c’est logiquement que COLD WAR a été sélectionné par la Pologne pour la représenter à l'Oscar du meilleur film étranger.
Comme relativement peu de leurs films arrivent jusqu’aux salles de cinéma belges, on a tendance à réduire les cinématographies de l’est à quelques clichés superficiels : les Hongrois font des films dérangeants et surréalistes, les Roumains des histoires de familles qui s’engueulent façon “qualité roumaine” et les Polonais...hé bien, chez eux, c’est souvent gris, froid et immobile, comme un bocal de cornichons oublié sur un appui de fenêtre un soir de novembre. Pourtant, cette fois, ça parle d’amour, d’amour passionnel même : quinze ans d’une romance tragique ballotée entre l’Est et l’Ouest, entre la soif de liberté et l’obéissance forcée à une idéologie à laquelle on ne croit même pas, tiraillée entre la nécessité normative et la passion libre. La tragédie amoureuse, au cinéma, est aussi vieille que le cinéma lui-même, et on pourrait se dire, à raison, que le contexte de la Guerre froide en constitue un écrin idéal mais pas vraiment inattendu. Pourtant, ‘Cold war’ transcende les espoirs somme toute très modérés que j’avais placé en lui : C’est que tout y est absolument magnifique. Ce noir-et-blanc splendide, ces plans fixes beaux comme des photographies de Doisneau, ces mouvements de caméra légers, qu’on remarque à peine mais où rien n’est laissé au hasard, le regard, à la fois documentaire et esthétique porté sur les danses folkloriques slaves et le jazz enfiévré des cabarets parisiens de l’après guerre, les sentiments dévastateurs éprouvés par le couple, jamais du côté du mélodrame et de la sensiblerie complaisante. Et Joanna Kulig. Qu’est ce qu’elle est magnifique, Joanna Kulig ! Et c’est ainsi que la pureté de la mise en scène de Pawlikowski transcende le plus évident des gestes cinématographiques.
Expérience artistique à couper le souffle. Entre une bande-son rythmée par des chants traditionnels chamboulants et des silences bien placés, des jeux d'acteurs véritablement bons, et des plans photographiques, distants, d'une beauté calme et apaisante, qui contrastent avec cette époque pourtant ébranlante de guerre froide. L'histoire d'amour centrale n'est pas complètement convaincante, elle semble manquer de poids, être trop en surface. Les raisons historiques et temporelles rendant leur romance impossible ne sont abordées qu'en filigrane, peu claires, si bien que la fin, même si puissante et bien amenée, nous prend de court et nous surprend. Pawlikowski semble avoir fait le choix de l'esthétique du film, nous plongeant dans une ambiance douce et unique à base de dialogues réduits, d'importance placée sur les regards, les corps, les plans merveilleux, faisant de l'ombre à l'histoire elle-même, qui semble s'estomper devant l'art que dégage cette œuvre, magnifique malgré tout.
Les histoires d'amour impossible sont l'archétype même du cinéma. La romance avec fracas au sortir de la seconde guerre mondiale l'est encore plus. Pawel Pawlikowski délivre un récit romanesque sur sa Pologne passée. Le noir et blanc plastiquement irréprochable, combiné à la fougue de Julia Konig et son caractère d'affranchi sont les réels bonnes idées du film. Le reste, un peu trop classique pour nous retrousser le coeur.
Très belle réalisation servie par un noir et blanc aussi somptueux que son actrice principale! Mais la beauté de l'ensemble ne suffit pas à éclipser une langueur trop lancinante et des digressions folkloriques qui plombent la narration et finissent par provoquer ennui et désintérêt... Dommage!
Dieu que c'est triste, ennuyeux et long, long, long. Impossible de rentrer dans l'histoire et de ressentir la moindre émotion. Le noir et blanc peut-être ? La froideur volontaire des images ? Le format ? Bref j'ai souffert à regarder ce film et j'ai dû lutter pour ne pas l'arrêter et passer à autre chose.
Avec une mise en scène trés réfléchie, un travail sur la lumière et la texture impressionnant, et des scènes très courtes, qui cherchent à chaque fois à aller à l'essentiel, en un plan, un regard, un dialogue, Cold War ressemble à un travail impressionniste. Le film pose sa palette et esquisse une histoire anodine au regard du monde, une histoire d'amour envoutante, à moindre trait. Sans rien surligner, le film évoque tout un contexte, dit beaucoup de tout un monde sans en parler. Puissant. Le cinéma comme une œuvre d'art. Avec une actrice magnétique.
Une belle histoire d'amour dans le contexte ultra sensible qu'est la guerre froide est ici magnifié par la musique parfaite et ce film est une franche réussite.
Un film où tout est parfait. L’histoire, les comédiens, la mise en scène, la photo, la musique... Cate Blanchett aurait dit que grâce à ce film elle a enfin compris ce qu’était vivre derrière le rideau de fer sous le communisme.
C'est un film simple mais très efficace. Deux raisons majeurs à cela. Une mise en scène des plus réussies est un duo d'acteurs en priorité de très grande qualité et qui crée une alchimie au film. Le sujet du film est aussi intéressant à travers cette amour impossible de deux personnes n'étant pas de la même époque ni du même statut.