Si certaines scènes frôlent le cliché, les engagements cinématographiques sont ambitieux et les plans sont magnifiques. L'esthétique prime, nous sommes transportés en Italie, l'été, hors du temps, Olivier y lit Armance, Elio fait de la musique, la musique, la littérature et la danse, l'idée de l'artiste, la beauté du geste, le surgissement d'images, de sons, de couleurs, des éléments disparates qui veulent tous dire une chose "y'a-t-il un amour heureux"?
La neige et d'autres bruits, le feu, une chemise fleurie et c'est reparti. un coup de téléphone, le visage déchiré, la beauté des parents et leur mine mi-figue mi-raisin, le choix ( qui disait déjà qu'on ne sait si le fruit défendu est une pomme ? ), le changement, les déceptions, un grand film en cela qu'il peint les émotions avec les mots, avec les gens. Et ces gens qui sont-ils sinon la réduplication d'émotions contradictoires, le choix rare mais infiniment grand, le contre-choix, le contre-don du spectateur qui n'existe pas, sinon les larmes, qui surgissent, qui immitent sans limiter l'impact de ce grand film à un champ d'action, à un chant d'inaction. La réconciliation, quelque chose se brise, un départ, loin des yeux, loin du coeur, un départ salvateur, un questionnement et une réponse. Elio, Elio crie la mère.
Il n'y a pas d'amour heureux