Harvest
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Yves G.

1 845 abonnés 4 016 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 juin 2025
Où sommes nous ? En Ecosse peut-être. Quand ? Au Moyen-Âge ou bien quelques siècles plus tard. La quiétude d'un village éloigné de tout est brusquement interrompue par une succession d'événements malheureux. Une nuit, la grange prend feu, sans doute par la faute de quelques freluquets insouciants. Deux hommes et une femme qui passaient par là servent de boucs émissaires à la colère de la populace. Les deux hommes sont cloués au gibet ; la  femme accusée de sorcellerie est abandonnée à son sort dans les bois environnants. Le maître des lieux est de passage avec un homme, noir de peau, chargé d'en dresser la cartographie. Il annonce une mauvaise nouvelle : la terre va revenir à son cousin qui entend la consacrer à l'élevage intensif du mouton et en chasser les habitants.

"Harvest" est un film déconcertant. Sa première séquence donne le la. On y voit (un flashback ? un flash forward ?) Walt, le principal protagoniste, errer seul et hagard dans la nature, le corps répugnant de crasse. On se demande dans quel film on est tombé : une réflexion esthétisante sur l'impossible symbiose de l'homme et de la nature façon Terrence Malick ? un film historique ? un folk horror movie façon "The Wicker Man" ou "Midsommar" ?

"Harvest", adapté d'un roman à succès de l'auteur britannique Jim Crace, est un peu tout cela. C'est ce qui fait sa richesse. C'est ce qui fait aussi son originalité. Son affiche est intéressante, qui a peut-être été dessinée par une intelligence artificielle et qui rappelle les foisonnantes compositions de Brueghel l'ancien. Certains plans d'ailleurs sont de purs émerveillements qui dépeignent un Eden supralapsaire (!), des paysans vêtus des étoffes qu'ils tissent semant, labourant et moissonnant au rythme des saisons, dans une concorde fraternelle que rien n'obscurcit.

"Harvest" a un défaut : il dure plus de deux heures. Car sa réalisatrice, la Grecque Athina Rachel Tsangari, a voulu y faire entrer tous les rebondissements - et ils sont nombreux - du roman. Son autre défaut est que son enjeu - l'expropriation décrétée par le nouveau maître - ne se dévoile que très tardivement. mais ce défaut-là n'en est pas un ; car le principal intérêt du film réside précisément dans son indétermination et dans le flou laissé pendant toute sa première moitié sur son réel sujet.
traversay1

4 479 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 19 avril 2025
Que Harvest se révèle souvent insolite ne doit pas surprendre car la cinéaste grecque Athina Rachel Tsangari est plutôt du genre à cultiver l'art du bizarre, comme dans Attenberg, son long métrage le plus connu. Faut-il voir absolument dans son dernier film un miroir à notre monde moderne, dans lequel les termes de Liberté, égalité, fraternité semblent de plus en plus inadaptés et où le capitalisme dévore tout sur son passage ? Oui, si l'on veut, mais c'est d'abord l'ambiance intemporelle que l'on retient, presque médiévale, comme un tableau de Brueghel qui prendrait vie. Une nature somptueuse et des hommes et des femmes qui vivent avec elle en harmonie, sans strates sociales, cela ne peut durer bien longtemps, même quand on se méfie des "étrangers." Si la mise en scène de la réalisatrice peut-être louée, même avec des aspects maniéristes, de même que la prestation de l'étonnant Caleb Landry Jones, le côté choral de l'ensemble distrait l'attention alors que la voix off s'avère superfétatoire. La longueur est excessive aussi et dilue largement les enjeux. Athina Rachel Tsangari, comme elle l'a déjà montré, dans ses œuvres antérieures, introduit sa patte très personnelle dans ce presque western aux allures de fable. Mais dommage qu'elle contribue à nous laisser sur une impression globale plus que mitigée.
ynnkel
ynnkel

11 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 21 avril 2025
un des pires films que j’ai vu récemment... tout est mauvais, l’image est hideuse, les cadrages aléatoires, on dirait qu’il n’y a ni opérateur ni éclairagiste, les dialogues sont insipides, la bande-son grotesque, le montage est catastrophique, et ça dure deux heures à monter et descendre cette coline minable, avec un tunnel interminable au milieu du duo près des tombes où la caméra, fatiguée d’avoir gigoté sans cesse, est posée n’importe où le temps pour les “acteurs�, qui s’emmerdent visiblement, de délivrer les bribes d’info dont le scénariste s’est rendu compte qu’elles manquaient à la compréhension de cettre trame simpliste. on n’a meme pas pris la peine de montrer à ces prétendus paysans comment utiliser le moindre outil (ha ! le labourage à l’araire poussée du pied !) et ces miséreux autarciques qui n’ont jamais vu la mer mangent des pétoncles au son des violons ! ridicule
FaRem

10 570 abonnés 11 443 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 10 août 2025
Après la découverte d'une étable brûlée et de volailles subtilisées, des villageois accusent directement trois étrangers, dont deux hommes qui sont mis au pilori à la vue de tous pendant sept jours. C'est durant cette période que s'étale ce film qui se déroule à une époque et dans un lieu indéterminés. Une absence de précision qui peut avoir son importance, car il s'agit d'un village confronté à des menaces diverses. C'est parfois simplement la modernité qui menace de détruire leur mode vie de simple. Est-ce que leur décision est la bonne ? Tout le monde n'est pas convaincu. S'il s'en tenait au changement social, au climat xénophobe et aux premiers dégâts du capitalisme, "Harvest" aurait pu fonctionner, mais tout le film est raconté bizarrement. J'ai détesté le style narratif apathique, l'expérience visuelle qui n'est ni convaincante ni authentique tandis que les personnages sont exaspérants. Un film folklorique tellement ennuyeux que j'ai eu l'impression d'être puni avec ces deux hommes...
selenie

7 444 abonnés 6 650 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 avril 2025
Un film historique donc mais la productrice-scénariste et sa réalisatrice n'ont pas été obnubilés par les caractéristiques d'époque, surtout sur deux paramètres, d'abord avec des dialogues qui restent plutôt modernes et d'aujourd'hui, puis ensuite sur le style en empruntant au thriller psychologique et surtout au western contemplatif. On se situe environ vers 1600, mais les costumes mêlent époque et contemporain, alors que les décors pourraient très bien être un sorte de lieu de nos jours pour une communauté survivaliste ou du style "retour à la terre". Les sujets plus ou moins abordés renvoient frontalement à notre actualité du, comme les conflits sociaux, l'immigration et la peur de l'autre, la place de la femme... etc... mais le rapport époque-thématiques-enjeux ne convainc pas franchement, soit parce que les sujets ne sont qu'effleurés, soit que le décalage "historique" n'est pas utiles. Par contre les acteurs sont investis et inspirés, la mélancolie se mêle au danger, le malaise à l'angoisse, grâce à un travail impeccable sur la photographie. Le style appuie le côté organique et sensoriel qui donne une image entre naturalisme et fable assez singulière.
Site :
islander29

1 027 abonnés 2 661 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 avril 2025
Bon, allociné parle d’un western, ce mot ne veut donc plus rien dire, ce n’est pas un western, ce film est la vie d’un village au 18ème siècle et aurait pu se passer en Bretagne, même personnages ou en écosse..Pas de cowboys, pas d’indiens, pas de shérifs, mais des paysans que querelle un « noble » nanti et bourré d’orgueil….C’est un film surprenant à vrai dire, inqualifiable, où les gens sont maudits, incultes et qu’un cartographe va mettre en danger...la première heure m’a fait penser à Terrence Mallick ( cadrages, musiques, travellings) puis avec l’arrivée du cousin la magie s’arrête, le mystère, pour nous offrir un scénario plus rationnel, le méchant contre les gentils pauvres….Il y a des élégances dans la mise en scène, il y a des banalités de téléfilm, ce qui fait fait qu’on est pris entre deux feux, mais qu’au fond l’histoire laisse un empreinte lumineuse et touchante. Je conseille, c’est surprenant….
capirex
capirex

186 abonnés 791 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 avril 2025
Adapté du Roman éponyme de de Jim Crace , sorti en 2013 , ce film de la réalisatrice Athina Rachel Tsangari est plastiquement stupéfiant et déploie son récit comme un tableau !
C'est un film , se déroulant au XVIIe Siècle et satire du Monde présent , Politique et poétique sur une Epoque révolue et capte le moment de bascule dans une forme de Capitalisme rural .
Corinne76100
Corinne76100

86 abonnés 632 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 7 mai 2025
Film très bizarre, presque hors du temps avec une ambiance médiévale. Les images sont superbes, l'histoire est longuette. Durée du film excessive
Christian RZ
Christian RZ

87 abonnés 265 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 avril 2025
Un film singulier, histoire de paysan ou plutôt serfs en mal d’autonomie ou de liberté dans un pays sauvage aux mœurs etranges qui semble coupé du monde et de l Histoire
Cadreum
Cadreum

59 abonnés 777 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 septembre 2025
Qui est le film ?
Avec Harvest, Athina Rachel Tsangari, figure de la « nouvelle vague grecque » aux côtés de Yórgos Lánthimos, quitte les espaces urbains et contemporains de Attenberg ou Chevalier pour se confronter à un récit rural. Adapté du roman de Jim Crace, le film prend place dans un village d'Écosse indistinct du XVIe siècle en pleine mutation, au moment où l’essor de l’enclosure bouleverse l’organisation villageoise. À première vue, le récit semble appartenir à la folk horror, cette tradition où un monde rural se confronte à l’étrange. Mais ici, l’horreur ne vient pas des rites ou de la nature, elle surgit de la rationalisation brutale du territoire par le pouvoir. En surface, Harvest raconte la fin d’un village, englouti par l’histoire.

Que cherche-t-il à dire ?
Le projet de Tsangari n’est pas de reconstruire un Moyen Âge pittoresque mais d’interroger la naissance d’un ordre moderne fondé sur la propriété, le quadrillage et la rentabilité. Le film place le spectateur face à un paradoxe : contempler la beauté d’un monde en train de disparaître tout en éprouvant la cruauté de sa destruction. La tension centrale se loge là : comment filmer une communauté dans sa cohésion et, simultanément, dans sa dislocation ?

Par quels moyens ?
La voix off de Walter Thirsk, interprété par Caleb Landry Jones, oriente le récit depuis une marge. Ni tout à fait intégré, ni pleinement extérieur, il observe la dissolution sans jamais la contrer. Ce choix déplace le film de la fresque collective vers une chronique de l’impuissance. Le spectateur est ainsi placé dans une position inconfortable : voir et comprendre, mais trop tard.

Chaque plan semble emprunté aux maîtres flamands, notamment à Brueghel : les couleurs saturées et froides, les gestes communautaires, l’abondance des détails. Mais cette harmonie picturale est minée par de petites dissonances, des ombres, des regards qui annoncent la fragilité de ce monde. La beauté n’est jamais pure, elle est hantée par son effondrement imminent. Le choix du 16 mm, confié au chef opérateur Sean Price Williams, donne au film une densité tactile. La granulation est un rappel constant de la rugosité du monde : mains calleuses, outils, poussière. Cette matérialité empêche toute idéalisation et inscrit la violence dans la texture même du cadre.

La mise en scène oppose les espaces ouverts du village, bruissants de sons et de vie, aux intérieurs glacés du manoir. Cette fracture visuelle incarne l’affrontement de deux régimes : un mode de vie organique et collectif face à une logique de domination individuelle. La nature elle-même se décolore à mesure que l’emprise du pouvoir s’affirme.

Les personnages sont traités comme des figures abstraites plutôt que comme des psychologies individuelles fouillées. Caleb Landry Jones (Walter), Harry Melling (le maître Kent) et les autres deviennent des opérateurs symboliques d’un mouvement collectif : on lit en eux les résistances, les complicités et les désirs de domination. Tsangari ne cherche pas à rendre chaque conscience transparente ; au contraire, elle préfère montrer comment les subjectivités se configu­rent à partir d’un espace commun
(la place, le champ, la grange) et comment elles s’alignent parfois contre un « autre » pour éviter de questionner le pacte social. Cette distance vers les personnages peut agacer mais elle est cohérente avec l’intention du film.

Personnage liminal, le cartographe dessine une carte qui ne vise pas la beauté mais la capture. Son geste transforme le paysage en surface quadrillée. Ce basculement visuel (du cercle organique aux lignes droites) condense la violence historique : un territoire devient un diagramme, les habitants des points. L’art se retourne en instrument de pouvoir.

La narration épouse d’abord le cycle de la moisson, scandé par des fêtes et des sacrements. Mais ces rythmes circulaires sont brisés par l’arrivée du seigneur Jordan. Le film bascule alors dans une temporalité linéaire, orientée vers la dépossession et l’exil. Ce passage du cyclique à l’irréversible exprime le traumatisme de la modernité.

Sur l’adaptation : transposer Jim Crace implique de choisir entre la langue-malaise du roman (où la narration fait sentir la lente construction morale) et la puissance de l’image. Tsangari tranche en faveur de l’image-épreuve. Elle conserve la structure rituelle du livre mais traduit la parole en texture. Cependant le film ne « traduit » pas le roman mot à mot, il le convertit en expérience perceptive. Ce choix produit des gains (intensité sensorielle, immédiateté) et des pertes (perception parfois éclatée de la causalité, distance émotionnelle pour des spectateurs attachés à la psychologie).

Walter, toujours filmé en bordure, incarne la fragilité des existences prises dans la tourmente. Ses gestes (manger de l’écorce, se baigner dans une eau glacée) traduisent une animalité résiduelle, comme s’il cherchait à fusionner avec une nature déjà perdue. Le corps devient un archiveur de sensations menacées.

Le travail sur le son, souvent étouffé ou couvert de silences, oppose les chants et cris villageois au mutisme des espaces de pouvoir. Lorsque la voix de Walter se superpose à ces textures, elle se fait non pas un commentaire objectif, mais une plainte, une parole de survivance.

Où me situer ?
Mon admiration va à cette capacité de Tsangari à éviter l’illustration historique pour construire une fable politique qui résonne avec notre présent. J’admire la palette esthétique du film et ses affiliations avec la renaissance flamande. Mais je reste réservé sur la dernière partie du film, qui tend vers une abstraction peut-être trop insistante : l’errance de Walter, si belle soit-elle, finit par atténuer la puissance concrète de la critique.

Quelle lecture en tirer ?
Harvest est un miroir tendu à nos sociétés contemporaines. En montrant comment une communauté est détruite par une logique de possession et de rendement, le film interroge les racines profondes d’une crise toujours actuelle écologique, sociale, économique. On y voit ce qui continue à structurer nos vies : quadriller, comptabiliser, rentabiliser. En cela, Tsangari nous invite à penser ce que nous perdons lorsque nous cédons à cette logique, et à éprouver la mélancolie d’un monde commun qui s’éteint.
Guillaume LR
Guillaume LR

43 abonnés 157 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 avril 2025
Vu au festival du film politique de Carcassonne.
Harvest est un film un peu étrange, western classique teinté pourtant de science-fiction… le thème de l’acceptation de l’étranger dans une communauté refermée sur elle-même a déjà été traitée maintes fois, et ici cette métaphore de la société devient une satire politico-sociale un peu pessimiste… Quelques longueurs toutefois alourdissent un peu l’ensemble.
Nathalie C.
Nathalie C.

3 abonnés 19 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 mai 2025
Un film rare par sa mise en scène qui évoque Bruegel pour sa description du monde paysan moyenâgeux et Terence Malick pour son ode à la nature. Les thèmes évoqués résonnent avec les préoccupations d’aujourd’hui : migrants bannis, paysans exploités puis mis au chômage par un propriétaire terrien avide de rentabilité, exode rural, … Une réussite.
Jean Louis V.
Jean Louis V.

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2,0
Publiée le 21 avril 2025
D’une lenteur ! D’une confusion ! De belles images ne suffisent pas pour faire un film. Il y faut un propos, une dramaturgie, un e direction d’acteurs, tout cela faisant cruellement défaut. Ennui garanti.
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