Si on peut déplorer que le film soit d'un anti-communisme primaire à l'image du personnage lâche et sans scrupule très bien interprété par Richard Kiley, ce film noir est tout de même un bijou du genre. En effet, le noir et blanc est sublime, le rythme impeccable, les scènes chocs s'enchainent rapidement, les rebondissements de l'intrigue sont redoutablement efficaces tout comme les scènes de bagarres brutales et violentes. Décidément Samuel Fuller était un grand cinéaste. Quand à Richard Widmark, il est excellent comme à son habitude, Jean Peters et Thelma Ritter trouvent dans ce film un de leurs plus grands rôles. Véritablement brillant.
Un polar surpuissant, violent. Mais le film n'était fait pour être une histoire de drogue ou la formule était sur un microfilm qui fut volé par un pickpocket. Ce film racontait l'histoire de traitres bolcheviques et sur le microfilm, il était sencé y avoir des photos à ce qui paraît. Ce qui est interressant, c'est de mettre le film en version française sous-titrée français et vous vous apercevrez de la différence des deux scénarios.
Hypocritement rebaptisé Le Port de la Drogue pour la version française, Pickup on South Street est un film d'une puissance rare. Tout commence par cette scène d'anthologie dans le métro : le vol du microfilm par Richard Widmack, magnifique en pickpocket dont le talent n'a d'égal que l'élégance. Dans cet espace publique où les corps se frôlent dans l'indifférence la plus totale, son regard croise celui de Jean Peters... Intimité violée dans la délicatesse. Samuel Fuller filme ce délit comme une scène d'amour, il découpe cette séquence de manière pratiquement orgasmique. Bref, cette introduction mythique justifie à elle seule le visionnage. Pour ce qui est du reste du film, c'est tout aussi délicieux : une mise en scène simple et discrète, d'une efficacité à couper le souffle et des personnages traités avec beaucoup de finesse. Fuller s'intéresse aux petites gens, aux sentiments qui les tiraillent : il ne s'agit en aucun cas d'un film politique, ou du moins pas d'une oeuvre de propagande destinée à servir la chasse aux sorcières. Ceux qui appréhendent Pickup on South Street comme tel ne peuvent que passer à côté de son véritable sujet : la complexité et la violence des rapports humains. On se souvient d'ailleurs de la fulgurante apparition du cinéaste dans le Pierrot le Fou de Godard, de celui qui définissait le cinéma en un seul mot : l'émotion. Si Pickup on South Street est un film exemplaire, c'est parce qu'il privilégie l'intimité et les tourments intérieurs de ses personnages à leurs convictions politiques ( la figure incarnée par Jean Peters en est la preuve incontestable ). Oui, il s'agit bien d'un chef d'oeuvre du septième Art : un classique incontournable.
Sam Fuller nous montre une fois de plus son génie de mise en scéne avec "le port de la drogue" histoire au rebondissements rocambolesques et aux multiples personnages à la psychologie interessante.En quelques plans et des acteurs bien dirigés,Fuller arrive à impliquer le spectateur directement dans l'histoire,on regrettera à ce film un léger manque de noirceur.
Magnifique film noir. Un film lyrique, charnel, sensuel, violent, intense tourné pour l'essentiel en décors naturels. Tout y est superbe (photo, mise en scène, acteurs, musique) y compris son sujet et son ton, la polémique sur son prétendu anticommunisme étant particulièrement stupide , le film témoigne au contraire parfaitement de son époque et a pour "héros" des sans grades luttant pour leur survie et pris en tenaille entre la police et les espions.
Une très belle surprise pour ce film classique qui retrouve le style des films de gangsters des années 30 mélangé à la modernité des films noirs et de femmes fatales des années 50. Le Port de la drogue marque véritablement le retour des films de gangsters durant les années 40-50, en mettant en scène des personnages plus profond, bien plus travaillés psychologiquement et en imposant les problèmes sociaux de l'Amérique post Seconde Guerre Mondiale (notamment le rejet des marginaux et la montée en puissance de la mafia et de la criminalité...). Ce film noir reflète parfaitement la société contemporaine de l'époque. Samuel Fuller renouvelle le genre à sa manière, avec des procédures stylistiques magnifiques (les plans, les regards des personnages, la lumière, la profondeur de champs, les décors, les métaphores, les oppositions et comparaisons, etc...). L'histoire est très accrocheuse, très bien ficelée, les personnages sont des clichés mais ils sont tous très intéressants car leur personnalité, leurs sentiments sont confiés sans retenue au spectateur et on vacille constamment entre scènes sentimentales, tristes, d'action, de séduction, d'amour et de suspense. Enfin les deux acteurs principaux (Skip et Candy) et les acteurs secondaires (Moe, Joey, les policiers) font vraiment tous preuve d'un talent visiblement inné et extraordinaire. Mention spéciale à Thelma Ritter qui est bouleversante et Jean Peters qui était indiscutablement une magnifique femme. A voir et à revoir.
Aaaah... Un bon film noir comme ça ca fait du bien de temps en temps ! Ici, nous avons un pur polar des années 50, avec le heros pickpocket classieux (Richard Widmark, plus classe que lui, tu meurs), la jolie fille qui sert de bouc emissaire a un espion communiste, chargé de faire passer un microfilm contenant une importante nouvelle formule. Evidemment, tout cela ne se passera pas sans coups de feu, cigarettes, bourres-pifs et scènes de seductions ! Bref, le Best-Of du genre est réuni dans ce film, qui est doté d'une mise en scène efficace et stylée (On sent bien que Frank Miller ou Robert Rodriguez a pu s'en inspirer pour leur "Sin City"). Un bon polar qui meritrait d'être plus connu !