Pas un chef d'oeuvre, pas un grand western, pas un grand Wyler souffrant trop d'un rythme inégal et de fréquentes ruptures de ton trop brusques, mais incontestablement un film du genre atypique qui mérite un très gros détour. Pas de scènes d'action en vue, mise à part une séquence d'incendie assez spectaculaire, mais le duel de deux monstres sacrés absolument mémorable. Wyler a été un des meilleurs pour mettre en scène les tensions entre des personnages et les relations ambiguës, mélées de mensonges, de haine et parfois pourtant d'affection véritable entre le personnage de Gary Cooper et celui de Walter Brennan en sont un des exemples les plus remarquables de sa carrière. Les deux acteurs sont immenses, le mot n'est pas du tout trop fort. On notera aussi au casting la présence de Dana Andrews dans un petit rôle et de Doris Davenport, belle actrice, très convaincante ici, qui a un petit air de Donna Reed et dont la carrière éphémère sera hélàs brisée par les conséquences d'un accident grave. Un western peut-être pas aussi grandiose qu'il aurait pu l'être faute d'une mise en scène vraiment fluide et énergique mais franchement quel duel d'acteurs...
Le Cavalier du désert est l'un des premiers westerns importants, sorti un an après La Chevauchée fantastique de John Ford. Il établie pour toujours l'image de Gary Cooper en cavalier solitaire, peu bavard et même s'exprimant avec quelques difficultés (les scènes où il doit inventer un mensonge énorme sont excellentes). Sa haute stature et son regard tranquille lui donnent une présence étonnante tout au long du film, et face à lui, seul Walter Brennan arrive à s'imposer, avec son timbre de voix inimitable et ses mimiques d'alcoolique qui lui valurent tant de nominations aux oscars. William Wyler ressort la légende du bon vieux juge Roy Bean, partial et professant une justice bien personnelle, mais toujours aussi attachant. On le retrouvera dans la bande dessinée Lucky Luke de Goscinny, qui puisait largement ses idées dans les westerns américains. Dans un ton plus comique que The Westerner, John Huston donnera le rôle à Paul Newman dans son film où le juge est le personnage central. Ici, il s'agit pour Wyler de présenter des personnages totalement convaincants bien que surhumains de caractère, dans un affrontement mémorable (type de situation que l'on retrouve maints fois chez Wyler), et ainsi de nous faire rentrer pleinement dans la légende, ce qui est, comme le dira John Ford, le propre du western.
Pour ceux qui connaissent les annales du Far-West, il en est une qui conte l'histoire réelle du juge Roy Bean, personnage excentrique remarquablement interprété par Walter Brennan. William Wyler lui a adjoint un Gary Cooper dans une composition plutôt inhabituelle, celle d'un aventurier insolite qui fait croire au juge qu'il a bien connu la célèbre Lily Langtry, dont Roy Bean est un admirateur follement passionné. En toile de fond, le réalisateur a introduit une lutte entre fermiers et éleveurs, au sein de laquelle nos deux compères vont jouer les arbitres et s'affronter avec une délicieuse malice. En dehors de cette cocasse confrontation, le scénario a parfois du mal à décoller et me laisse une impression mitigée. Le film tient d'ailleurs plus du comique que du pur western. Néanmoins, les deux stars sauvent le film du désastre par leur panache incontestable.
Oublions le stupide titre français (de quel désert peut-il bien s’agir, de celui où l’on cultive d’immenses parcelles de maïs, ou de celui dans lequel pâturent d’énormes troupeaux de bovins ?), néanmoins, le ton est donné. Il est vrai que le juge Roy BEAN a sévi au Texas, à l’ouest du Pecos, dans la région de Chihuahuan laquelle est désertique, mais ne convenait probablement pas à M.WYLER ou à son producteur, l’illustre Samuel GOLDWYN. Exit le désert, voici les verts pâturages ! Ce n’est pas une raison suffisante pour le peindre en ivrogne infantile et fondamentalement malhonnête. Il semble que l’original faisait souvent preuve d’humour, la copie s’en montre incapable. On préférera donc se souvenir de Walter BRENNAN en vieil adjoint râleur et boiteux, même avec des dents en moins et un nombre respectable de kilos en plus, dans l’inoubliable trio de shérifs de Rio Bravo, aux côtés de Dean Martin et John WAYNE. Mais n’est pas Howard HAWKS qui veut… Avec un scénario infantile, des dialogues frisant la débilité, une photographie rappelant le magazine L’Illustration au début du XXème siècle (par chance, on a échappé au Technicolor, le résultat eût été encore bien plus grotesque) et un ton général débordant de niaiserie, on est là devant l’un des pires westerns produits par Hollywood. Reste une énigme, qu’allait faire le grand Gary COOPER dans ce pitoyable navet ?
Superbe film ou l'on peut voir une des plus célèbres légendes de l'ouest "le juge Roy Bean" "la loi à l'ouest du pecos"... En effet le juge Roy Bean est un ancien hors-la-loi qui a fui dans l'ouest et s'est installé en se faisant passé pour un juge, c'est ainsi que la légende naquit. C'était à la fois le juge mais aussi le patron du bar, c'est pour cela que ses jugements étaient donnés dans son saloon, d'ailleurs sur la devanture du saloon était indiqué "justice et bière fraiche"... Notre héros Gary Cooper est injustement accusé de vol de chevaux, arrivant à prouver son innocence, il se fait engager comme shérif adjoint dans la grande ville la plus proche et est décidé à ramener la paix entre tous les habitants, pour cela il faudra affronter le juge...4/5
Que dire? Si ce n'est un des meilleurs westerns qu'Hollywood a produits. Wyler nous embarque dans une histoire captivante et originale, loin des poncifs du genre, même si le titre en V.F. (le cavalier du desert) pourrait, en vue de nos attentes, nous dissuader. Un juge corrompu mais sympathique, un étranger ambivalent, une fermière amoureuse et courageuse, des paysages envoutants...Et surtout aucun temps mort, un rythme haletant jusqu' à la fin.
Je suis plutôt bon public pour ce cinéma de divertissement mais là j'ai eu l'impression de voir une parodie de western reprenant tous les poncifs du genre. Bud Spencer et Terence Hill en aurait tiré mieux. Gary Cooper semble ne pas savoir s'il s'agit ou non d'une comédie et est carrément mauvais. Une déception.