Margaux I (Agathe Bonitzer) a vingt-cinq ans, vit à Paris et ne sait pas trop que faire de sa vie. Margaux II (Sandrine Kiberlain) en a vingt de plus, habite Lyon et monte à Paris enterrer une vieille amie. Margaux I et Margaux II ne forment en fait qu'une seule et même personne. L'aînée est le produit des choix de la cadette. La cadette a devant elle l'infinie des possibles entre lesquels la vie a obligé l'aînée à arbitrer.
Diplômée, comme Noémie Lvovsky ou la regrettée Solveig Anspach, de la toute première promotion de la Femis, Sophie Fillières est une réalisatrice et une scénariste dont les films et les scénarios élégants ("Gentille", "Ouf", "Week-ends", "Arrête ou je continue") interrogent avec humour le mal-être de nos contemporains. Sa dernière réalisation ne déroge pas à la règle qui est bâtie sur un postulat fantastique : que ferions-nous si nous nous rencontrions âgé de vingt ans de plus et que nous découvrions ce que nous avons fait de notre vie ?
Sans doute céderions-nous au désespoir. Notre ambition était si grande, nos rêves si immenses et l'horizon des possibles si large... On comprend que Margaux II trouve Margaux I horripilante - même si elle porte fièrement sa quarantaine bien frappée - qui est devenue lyonnaise et prof d'histoire-géo (poke ma belle-sœur). Mais bizarrement, ce n'est pas cette veine qui est utilisée, pas plus que celle, comique, qui aurait consisté pour Margaux II à prévenir Margaux I des événements sur le point de survenir dans sa vie.
"La Belle et la belle" après une mise en bouche appétissante s'affadit dans un trio amoureux dépourvu d'intérêt. Tandis que Margaux II renoue avec son ex (Melvil Poupaud), Margaux I en fait la connaissance. Logiquement, une longue histoire d'amour - dont on sait hélas l'issue inéluctable - est en train de commencer entre Margaux I et le bellâtre, histoire qui, logiquement encore ( à supposer que la logique ait sa place dans ses boucles temporelles vite absurdes), doit empêcher Margaux II de renouer avec son ex. L'histoire se termine avec une belle élégance, manière de montrer que nos vies ne sont pas jouées d'avance, quel que soit son âge. Mais cet épilogue, aussi intelligent soit-il, ne suffit pas à sauver le film.
Elles ont le même prénom. Elles ont vingt d’écart. En réalité, ce sont les deux mêmes personnes qui se rencontrent concomitamment à une soirée mais pour la plus âgée des deux, elle a déjà vécu ce que la plus jeune s’apprête à vivre. Dit comme cela, on peut penser à un objet cinématographique sans queue ni tête. Mais curieusement, on y croit un peu. Le récit est même habilement mené jusqu’au dénouement final qui, pour le coup, plombe une sauce qui commençait à prendre.
Le film est tout entier habité par une Sandrine Kiberlain resplendissante, tout autant que son pendant, Agathe Bonitzer est désagréable et boudeuse. Il y a là un hiatus assez incongru que de vouloir mettre en scène deux personnages qui ont été les mêmes à 20 ans de décalage, et de les voir aussi différentes. A commencer par les yeux. La plus âgée les a bleus, la plus jeune les as dans les marrons. Cette petite erreur de casting ne cesse plus de hanter tout le récit. Sauf à penser que finalement, ces deux personnages sont bien différents, ce qui évidemment casse tout l’intérêt du scénario.
« La Belle et la Belle » s’épuise dans une série de clichés narratifs, à commencer par le personnage de Melvil Poupaud, absolument élégant, qui donne à la masculinité une image des plus piètres. Mais Lyons où se passe cette histoire est une belle ville. Et on a plaisir de déambuler avec les acteurs dans le centre bobo de la capitale de la région Rhône Alpes, d’un restaurant à l’autre, ou d’une ruelle pavée à l’autre. Pour le reste, regarder les acteurs skier dans leurs accoutrements rutilants, laisse le spectateur pantois devant un tel étalage d’argent et de désinvolture. Dès lors, il devient très difficile de s’identifier aux personnages, sauf à penser que nous habitons tous une grande ville, dans des appartements luxueux, et passons nos vacances d’hiver dans des stations cossues des Alpes.
Bref, « La Belle et la Belle » n’a pas beaucoup d’intérêt, sinon peut-être de retrouver sur les écrans Kiberlain qu’on ne se lasse pas de regarder depuis son rôle de juge incroyable dans « 9 mois fermes ».
Malgré l'admiration que je porte à Sandrine Kiberlain, elle ne pouvait à elle seule sauver ce film sans relief. On s'y ennuie ferme et il est déconseillé d'y chercher de la cohérence ! Surtout ne pas essayer de comprendre. La fin n'apporte rien ! Ni solution, ni surprise !
Scénario et jeu des acteurs d'une grande justesse. Drôle et émouvant, La belle et la belle nous plonge avec douceur dans deux vie sur parallèles et confondues où se mêlent réalité et fantasmes! À voir sans hésiter!!
Attention, cet avis contient des spoilers tels que : spoiler: Margot, Margaud ou Margaux ? Les pitchs les plus courts font parfois les films les meilleurs : la vie Margaux rappelle étonnamment à Margaux la sienne 25 ans plus tôt. C'est l'occasion pour la réal. de broder une trame faussement anodine ourlée d'une joyeuse étrangeté. Entre les mailles se tend assez vite un fil existentiel plus douloureux qui rappelle à chacun ses choix passés. On remerciera les 3 commédien-ne-s d'endosser leurs personnages tragiques tout en élégance et en légèreté. Moralité : en France, on n'a pas de pétrole mais on a des idées.
Si l'on excepte la toujours excellente Sandrine Kiberlain , pour le reste il n'y a rien dans ce film pas de dialogue une histoire à dormir debout 2 paires de seins à savoir la qu'elle à les mieux un portable à tout bout de champs une nana sensée être enceinte (dans le film ) et qui réclame une cigarette une Agathe Bonitzer très mollassonne on a envie de la secouer en permanence pour la faire réagir , le film ce résume à ça de qui se moque t'on , de la cinéphile que je suis en tout cas à par le plaisir de revoir un peu Lyon ville que j'adore je n'ai rien vu de bien
Un jour, Margaux, 20 ans, rencontre Margaux, 45 ans. Drôle de hasard, puisque la seconde incarne ce que la première deviendra et qu’elle ressemblait à la jeunette au même âge... Cette sorte de portrait dédoublé ne résout pas tout, car il ne dit pas si les deux Margaux sont une seule et même femme à deux moments de la vie, ou deux femmes distinctes qui joueraient un personnage unique. Et l’affaire se complique quand les fausses jumelles se laissent séduire par Marc qui se trouve entre les deux âges… Inutile de chercher les réponses que la réalisatrice ne donne pas elle-même. Elle préfère s’amuser de son ambiguïté et nous embrouiller avec son jeu de piste identitaire. Elle le fait avec fantaisie, légèreté et un certain modernisme dans le ton. Quitte à adopter un langage « d’jeune », avec des « meufs qui textotent », commencent leurs phrases par « genre… » et les finissent par « trop pas ! » ; parlent de « dualité flippante » et rêvent de « changer de life ». Tout cela est « très confusionnant ! » D’abord, on rit aux cocasseries de ces vies mélangées, échangées, décalées. Mais l’impossible postulat finit par s’avérer un artifice trop répétitif. Heureusement, Sandrine Kiberlain et Agathe Bonitzer sont épatantes. Plus drôles que Melvil Poupaud en morne étalon. Au final, Sophie Fillières signe une gentille comédie fantasmée et onirique, où le réel s’accommode du surnaturel. Comme à son habitude, elle jongle avec les phrases inabouties et les oxymores qu’elle adore. Cela ne masque pas le côté artificiel du propos, à l’image des bobos qui l’accompagnent dans sa ronde.
Pour moi c'est un film original et sympathique et amusant par moments. J'ai passé un bon moment même si je pensais que l'histoire allait être plus approfondie et percutante.
L'art du vide... film qui se regarde bien bien le nombril... qui a son dicton/instant philo : "dans la vie il ne faut pas louper son train"... mais quel plaisir peut-on tirer de cette expérience vertigineuse qui est de cotoyer le "rien"???... Rien c'est déjà beaucoup dirait Gainsbourg mais on est au cinéma : l'image, le son, la musique,les acteurs, le scénario, le décor... si on veut appuyer sur un de ces boutons et travailler un peu, c'est quand même pas difficile!!!... et quand on se montre aussi feignant et dénué de talent, il faut savoir arrêter de faire des films. On ne pourra pas garder grand chose du visionnage de ce film, on se fait voler 2 heures de notre temps. Fuyez si vous aimez le cinéma!!! Aucune émotion. Mais ceci dit, excellent film sur le néant.
Une bonne idée et puis plus grand chose malheureusement ! Une fois la rencontre entre les deux femmes posées, la réalisatrice se contente de faire revivre à la plus jeune ce que son aînée a vécu, mais en se limitant à quelques choix sommaires, sur fond de romance. Et ce qui aurait du finalement aboutir à une comédie vire finalement à l'ennui, la faute à un scénario assez faible (les situations ne sont pas très recherchées), aux dialogues moyens au ton monocorde et à un faux-rythme (à l'image de la passivité des 2 protagonistes) qui empêche le film de décoller. Dommage, le potentiel était là.
D'abord dire qu'on en a marre de ces parrainages lourdingues d'annonceurs - de multiples scènes tournées dans les trains et les gares, une répétition de scènes de fumeurs-ses qui se forcent pour faire plaisir aux vendeurs de cigarettes - qui ralentissent le film à chaque instant. Sur un sujet un peu casse-gueule, Hélène Fillières nous gratifie d'une comédie légère et pleine de grâce, avec des dialogues souvent percutants et quelques surprises de scénario qui dopent l'intérêt du spectateur quand il a parfois tendance à s'assoupir. Le film finit toutefois par ronronner et à tourner en rond, n'évitant pas l'écueil de la répétition. Kiberlain et Bonitzer en représentantes emblématiques (?) de deux générations de femmes contribuent fortement à donner du corps à cette description dans l'air du temps des femmes qui nous entourent, avec leurs bonheurs et ... leurs ratages.