Une création, un endroit qui surprend, un environnement différent des autres, pas un plus ni un mieux, un Autre.
Voilà ce que propose Bill Watterson avec Dave Made a Maze. Une autre vision, un autre ailleurs, le sien…
Car c'est bien de ça qu'il s'agit : un artiste qui construit. Pas pour être meilleur, pas pour dépasser, juste pour faire exister quelque chose. Dave érige un fort en carton dans son salon. Geste dérisoire en apparence, acte fondateur en vérité. Et le labyrinthe pousse, déborde, jusqu'à l'avaler lui-même.
Il devient prisonnier non pas d'un dédale de carton, mais de lui-même.
De son propre imaginaire, trop grand pour les murs qui l'entourent.
Watterson construit avec peu, carton, papier crêpon, confettis, et c'est là que réside sa force.
À l'intérieur, pourtant, tout s'agrandit. Comme si l'imagination, une fois lâchée, refusait de rentrer dans ses cases.
Ce qui reste après le générique, c'est cette sensation d'avoir traversé quelque chose de profondément intime.
Un univers qui n'appartient qu'à son créateur, et que le spectateur visite en invité, presque en intrus.
Dave Made a Maze ne ressemble à rien d'autre parce qu'il ne cherche pas à ressembler.
Aussi modeste qu'ambitieux.
Aussi artisanal que sincère.