Interdit aux moins de 16 ans et produit par J.J. Abrams, "Overlord" est une série B qui confond l'horreur de la seconde guerre mondiale avec celle du film de mort-vivants. Un concentré d'adrénaline vicieux à ne pas mettre sous tous les regards !
Un avion américain s'apprête à larguer ses parachutistes pour accomplir une mission en Normandie, bien avant le débarquement. Pris d'assaut par les forces ennemis, ils se retrouvent dans un village dominé par les nazis. Mais bien vite, ils vont découvrir que leur base n'est pas qu'un abris mais un laboratoire où de très étranges expériences sont réalisées...
Ce n'est pas la première fois que nazi rime avec zombie mais cette fois-ci, le résultat est assez probant pour les amateurs de genre ! "Overlord" joue sur plusieurs tableaux sans vouloir en choisir un, ce qui est à la fois sa force et sa faiblesse. En effet, c'est un très bon film de guerre immersif, si bien qu'on pourrait assimiler cette mission suicide à un jeu vidéo tant on est bousculé et surpris au même rythme que ses protagonistes. Le film ne se précipite pas et prend son temps à installer le décor, ce qui permet au spectateur de s'attacher aux personnages et à contempler les vices de la guerre (qui est déjà amplement suffisante) ainsi que la peur qui en découle. La scène d'ouverture est assez magistrale et réussit à nous plonger illico dans cette aventure horrifique et anxiogène. Par son réalisme inattendu, une véritable tension nait pour ces soldats en terre envahie. On stresse face aux dangers omniprésents, ce qui laisse entendre que la mise en scène est astucieusement au service de notre divertissement avant d'être un enchainement d'action et d'hémoglobine.
Le surnaturel n'arrive que bien tard et nous surprend d'autant plus. On sait de source sûre que les expériences faites par les nazis durant la seconde guerre étaient atroces et inhumaines. "Overlord" vient se servir de cette vérité afin d'en faire quelque chose d'encore plus monstrueux et en cela, la cohérence entre ces deux thèmes, apparement absurde, fonctionne plutôt bien. L'horreur est poussée dans ses retranchements les plus gores pour dénoncer la barbarie sans limites des nazis. Le laboratoire secret devient un lieu regorgeant de violence et de monstres et même si ce n'est pas un huis-clos, il est difficile de s'extirper du scénario qui ne laisse pas son public reprendre son souffle ! La musique amplifie les effets et participe à notre embrigadement forcé dans cette mission d'angoisse. Le cocktail est explosif, jouissif et spectaculaire.
Quand on regarde bien, le scénario n'est pas des plus originaux mais il réussit toujours à nous tenir en haleine. Notre attention est maintenue grâce aux acteurs (mention à Jovan Adepo et Pilou Asbaek, le vilain) et à l'atmosphère étouffante. La surenchère de certaines scènes ainsi que le côté "cul entre deux chaises" peut parfois déranger, mais les formes hybrides deviennent de plus en plus courantes, surtout lorsque le surnaturel pointe le bout de son nez. Cela permet justement de préserver la pureté de notre étonnement. Aussi, les personnages sont parfois un peu caricaturaux, notamment les nazis qui sont méchant-méchant. Ca aurait été intéressant d'avoir un personnage qui n'est pas tout blanc ou tout noir, avec plus de nuances mais c'est vrai que le côté trilingue (allemand-français-anglais) apporte une complexité non-négligeable, ou en tout cas dans la version originale.
En soit, ce film d'horreur plaira aux plus amateurs d'entre nous...