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Un visiteur
4,5
Publiée le 20 juin 2019
Subtile, élégant. Réaliste, on sent le feu sous les rigidités de l époque, du régime, du ballet. Les interprètes sont splendides. Oleg est intense et très crédible. Je ne connaissais de Rudolf Noureev que la rock star et ses dernières œuvres à Paris. Ralph Fiennes nous fait ressentir qui il est, ce jeune homme intense, avide de réussir, d apprendre tout. Avec une économie de moyens qui ajoute au charme. Depuis j ai passé des heures à voir Rudi danser. Magnifique.
Personnalité charismatique, Noureev a été parfois considéré comme la première "pop star" de la danse classique (il a mêmhe participé à un épisode du Muppet Show dans les années 70, c'est dire si sa popularité dépassait le petit cercle des passionnés de ballets classiques). Cette forte personnalité, et une vie hautement romanesque (de la naissance dans un train à son passage spectaculaire à l'Ouest, à l'aéroport du Bourget) devaient bien un jour inspirer un biopic. C'est Ralph Fiennes qui s'y met avec ce beau film. Le film décrit bien les conditions dans lesquelles les artistes soviétiques devaient exercer leur art, et réussit la scène décisive , celle de la défection du danseur. En fait, tout le film est axé sur cet événement, le scénario y entremêlant, entre les scènes du séjour parisien de 1961, des flashbacks sur l'enfance et la jeunesse de Noureev. C'est une bonne idée, mais qui rend parfois le film, sinon confus, du moins un peu brouillon. On se rattrape avec des scènes de danse (sur scène ou en répétition) vraiment excellentes : il faut dire que Fiennes (qui interprète -en russe- le rôle du professeur de danse) a choisi pour le rôle titre un danseur , dont c'est le premier rôle à l'écran. Il s'en sort vraiment bien, et les quelques petites maladresses d'interprétation renforcent au contraire le côté parfois un peu "brut" de Noureev. On pourra par contre reprocher au film de ne rien approfondir (y compris sir l'approche de la danse et la volonté de renouvellement en restant fidèle aux codes du ballet classique- de Noureev), même si j'ai apprécié le fait de ne pas s'attarder sur sa vie privée, se concentrant sur ses activités de danseur,mais le portrait reste convaincant. On notera un excellent usage des langues : entre russe, anglais et même parfois français. Un très bon point .
Superbe film plein de force et de sensibilité, qui prend le temps de nous laisser ressentir l'émotion de ce danseur incroyable, et aussi de nous entraîner dans ses excès et sa colère.
Film prenant par l'histoire et le contexte de l'époque, intéressant par l'étude du personnage à la personnalité à la fois complexe et attachante. Une vie romanesque bien rendue par la réalisation et les multiples flashbacks. La scène finale de la défection et du passage à l'Ouest à Orly est d'une grande intensité dramatique, digne d'un film d'espionnage. Belle prestation de l'acteur principal.
Malheureusement j'ai visionné ce film dans un avion et les conditions ne sont évidemment pas optimales. Mais j'ai beaucoup apprécié cet instant, étalé sur deux semaines, où la vie de Noureev bascule. Des détails, rien que des détails vont le pousser à quitter l'Union Soviétique qui en avait fait sa bannière. Il était né dans un train et les rails de l'histoire le feront dérailler avec une mort trop précoce, fruit de ses excès et inconséquences. On y croit, le film est bien monté , l'atmosphère Parisienne de ces années soixante est formidablement recomposée.
Pour ceux qui ne connaissent pas la vie de Noureev ce film peut sembler une grande fantaisie. Pour ceux qui ont connu le danseur, le personnage semblera loin de la vérité. Ralf Fiennes est un excellent acteur,il devrait laisser la réalisation au professionnels. Sinon dans l'ensemble le film à une belle photographie. Chacun doit se faire ça propre idée.
J'ai eu la chance de voir Noureev danser. Je n'avais que huit ans mais je n'ai jamais oublié ce moment. Ce film en a ravivé le souvenir, notamment grâce au jeu d'Oleg Ivenko, véritablement habité par son personnage, et qui m'a semblé restituer par son jeu l'intensité, la présence que dégageait son modèle sur scène. Le film se concentre sur les jeunes années de Noureev, de son enfance dans une ville perdue de l'Oural à sa spectaculaire demande d'asile à l'aéroport du Bourget. Certains critiques ont estimé que les scènes revenant sur l'enfance étaient inutiles, voire nuisaient au rythme du film. Elle me semble au contraire faire mieux comprendre le caractère solitaire et ombrageux du personnage, en montrant quelle vie difficile il avait eu, sans tomber dans le misérabilisme. Ces scènes sont assez poétiques et insistent sur le souvenir de la mère, et non sur certains aspects plus sordides que les biographies du danseur ont fait connaître, comme les moqueries de ses camarades de classe parce que la pauvreté l'obligeait à porter un manteau ayant appartenu à sa sœur aînée, ou sa difficile relation avec son père, personnage fruste et bourré de préjugés opposé à la carrière de "ballerine" de son fils. De même, le jeu d'Adèle Exarchopoulos dans le rôle de Clara Saint a été jugé inexpressif par certains. C'est un peu vrai, mais n'est-ce pas plutôt un contraste voulu entre la grande bourgeoisie, au style et aux manières impeccables mais qui ne sait pas quoi faire de sa vie, selon ses propres mots, et l'artiste vibrant, passionné, tendu vers son but, qui la fascine ? Cette fascination semble d'ailleurs gagner plus ou moins tous ceux qui approchent le danseur, de son professeur (joué par Ralf Fiennes) à l'agent du KGB chargé de le surveiller ! Des personnages secondaires plus marquants auraient peut-être nui à la concentration exclusive du regard sur "Rudi". Regard généralement sympathique, montrant la puissante sensibilité artistique, la curiosité insatiable du personnage, son charme, mais aussi son arrogance et son mauvais caractère qui font surtout sourire, en particulier quand les autorités répressives auxquelles le jeune homme fait face en font les frais. Il devient même parfois touchant, quand on assiste à son désespoir à l'idée d'être renvoyé dans sa ville natale (ce qui mettrait fin à ses espoirs de carrière), ou à sa panique face à ce qui le menace à l'aéroport du Bourget. Les scènes reconstituant l'épisode fameux de sa demande d'asile sont d'ailleurs parmi les plus réussies du film. On a beau savoir que tout va bien finir, on s'accroche à son fauteuil ! Bref, c'est pour moi un excellent film qui est à voir, ne serait-ce que pour son interprète principal, Oleg Ivenko, qui aura l'occasion, j'espère, de continuer sa carrière cinématographique pour prêter son intensité à d'autres personnages.
La vie de Noureev avant qu'il ne devienne ce grand danseur, les 15 jours à Paris qui ont changé le cours de sa vie et des flashbacks sur sa jeunesse. Excellent!!
Bon film qui nous fait bien vivre la vie de Noureev de sa prime enfance en Russie dans une famille modeste et un père absent jusqu'à son arrivée à Paris. Intéressant !
Je ne comprend pas toutes ces critiques acerbes concernant ce film.... Je connaissais le thème et je me souviens très bien de l'arrivée de Noureev en France, car je ne suis plus très jeune ! Pour moi excellent film, pas du tout ennuyeux, qui m'a donné l'envie de voir un spectacle de ballet à l'Opéra. Je recommande.
Magnifique ! Un film qui tisse un très beau lien entre les arts picturaux, l'architecture, la danse et le cinéma. Bravo ! Je ne connais pas assez la vie de Noureev pour juger le parti-pris biographique mais en tout cas j'ai beaucoup aimé et suis curieuse d'en apprendre plus sur ce danseur formidable !
Oleg Ivenko excellent danseur, donnant, grâce notamment à son regard, une certaine idée du génie Noureev, excellentes musique et scènes de ballet, reconstitution historique très réaliste (du comportement soviétique entre autres) malgré la difficulté de tourner en 2018 des scènes du Paris de 1961, pas un thriller mais la peinture d'un caractère, d'une époque et d'un moment exceptionnel (et médiatisé même à l'époque) d'un passage à l'ouest risqué mais réussi. Contrairement à moult critiques, Adèle Exarchopoulos restitue bien la situation très particulière que vivait alors Clara Saint.