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Bernard D.
130 abonnés
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4,5
Publiée le 3 mai 2018
« La révolution silencieuse » de Lars Kraume sera pour moi à coup sûr le film « choc » de cette année ! Il est tiré du livre de Dietricht Garstka qui est un livre autobiographique car il s’agit d’une histoire qui s’est réellement déroulée en RDA en Octobre-Novembre 1956 à la suite de la révolte de Budapest spoiler: sévèrement réprimée par les Russes avec pas moins de 2 500 morts . Des élèves d’une classe de terminale à Stalinstad (sic) décident de faire une minute de silence en hommage au mouvement hongrois … mais malgré le souhait d’apaisement du Proviseur, un ancien ouvrier promu à ce poste par le parti, ce geste va être qualifié de « rébellion » par la Conseillère Politique Scolaire qui va faire remonter l’histoire jusqu’au Ministre de l’Education. Il s’ensuit toute une série d’interrogatoires mélangeant l’idéologie spoiler: (les fascistes de l’Ouest avec leurs fausses informations délivrées par la radio ouest-allemande RIAS et l’aura des Russes garant de la fin du nazisme et de l’essor du socialisme) , les histoires familiales de certains élèves en revenant sur la conduite de leurs parents pendant la guerre spoiler: (étaient-ils des nazis ou des héros ?) , et bien sûr le mensonge et les fausses promesses. Malgré la solidarité de la classe, la sanction sera très lourde puisque tous les élèves de cette classe seront chassés et surtout interdits de passer le l’Abitur (le bac) … qui étaient pour eux la seule chance d’accéder à la Faculté et à des postes importants. Le film est fort bien fait car il nous montre bien sûr les hésitations des lycéens à se marquer ou non politiquement puis à dénoncer ou non les leaders, ainsi que la pression des familles spoiler: (le père de Théo par exemple travaille dans l’aciérie de la ville et ne veut pas que son fils qui est le premier de la famille à pouvoir faire des études, gâche ainsi sa vie et celle de ses 2 petits frères d’autant que le père a lui-même commis une « faute » en 1953 ; le père de Kurt est responsable politique de la ville et il s’avère très dur envers son fils dans la ligne du parti alors que …et le mutisme de la mère est d’ailleurs très éloquent ; le père d’Erick mort dans un camps de concentration apprendra dans une superbe scène la vérité …) . Le réalisateur traduit parfaitement l’intrication qui existait en Allemagne de l’Est entre la ligne politique et le poids de la période nazie. Cet acte de rébellion – une bravade estudiantine au départ- s’est déroulé en 1956 donc 4 ans avant l’édification du mur de Berlin ce qui a permis à bon nombre des lycéens bannis et voués à travailler en usine, de pouvoir … mais je n’en dis pas plus. Ce film a été tourné dans une petite ville – Eisenhüttenstadt – qui est une ville de la RDA qui est restée dans son jus depuis les années 1950 ce qui nous vaut des images puissantes. La photo est très belle et le rythme du film nous tient vraiment en haleine jusqu’au bout ! Un très grand film qui sélectionné pour le Festival de Berlin, va à coup sûr rafler bon nombre de prix !
Ce film est intéressant car il va nous montrer le regard que porte une jeunesse toujours en quête de plus de liberté, sur l’Allemagne de l’Est encore sous le contrôle soviétique. Cette recherche d’un épanouissement personnel qui va logiquement les attirer vers le côté Ouest. On voit d’ailleurs l’affrontement des outils de propagandes diverses. On ne sait jamais vraiment qui dit vrai et qui dit faux. J’ai trouvé cependant que le film partait dans des travers en caricaturant les positions de chacun. On avait d’un côté les partisans de l’Ouest qui sont vue comme des gentils pourvoyeurs des droits individuels, et de l’autre, les méchants camarades de l’Est qui sont montré comme des salauds sans cœur. La réalité géopolitique est un peu plus complexe que le bien contre le mal, le blanc ou le noir. Dans un thème délicat comme celui-ci, il aurait fallu une nuance qui est malheureusement absentes. Cependant, le combat des jeunes pour faire entendre leur voix est vraiment bien retranscrit. On vit avec eux cette tension et les risques qu’ils prennent. De plus, le duo Tom Gramenz & Leonard Scheicher fonctionne plutôt bien. LA RÉVOLUTION SILENCIEUSE nous montre véritablement à quel point notre liberté d’expression est sacrée et qu’il faut se battre pour la conserver.
"La Révolution silencieuse" est basée sur des faits réels, les conséquences d'une simple minute de silence observée par une classe de lycéens allemands à la mémoire des victimes de l'insurrection hongroise de 1956 . Nous nous rendons bien compte du climat oppressant et anti-libertaire qui régnait en RDA à cette période. Par contraste, leur capacité à rester spoiler: solidaire n'en est que plus admirable,notamment lors de la séquence de l'exclusion, copie conforme de la scène finale du Cercle des Poètes Disparus . Comme souvent dans le cinéma allemand, cela pêche cependant par une forme très académique et didactique mais qui ne doit en rien faire oublier le fond.
Comment les lycéens est-allemands vivent-il le communisme, son silence, sa censure à la parole? Comment leurs destins familiaux, si différents soient-ils, peuvent-ils se croiser interférer ? C'est toute l'éthique de cette merveille qui défile sous nos yeux. On est tenté de penser au " Cercle des poètes disparus " , pour son droit à la parole estudiantine d'une part et , surtout, pour la richesse philosophique confondue avec les rudiments des régimes. Cette ambiance est retrouvée dans ce film avec ouvriers, ministres, collabos ou pouvoir enseignant. D'une justesse permanente , assez saisissante, cette reconstitution d'un fait réel est une bouffée d'oxygène au milieu d'un gaz carbonique. Des acteurs d'un réalisme confondant, un thème musical au piano qui nous submerge, sans omettre une extraordinaire séquence qui rappelle le final du film de Weir où la solidarité triomphe de l'anarchie. A recommander vivement cette perle digne de " La vie des autres " !
superbe reconstitution historique : climat , tension , propagande .... la RDA des années 50.... un petit acte de protestation qui va prendre une ampleur incroyable .. pour au final un beau moment de cinéma ...surtout quand on sait qu'il s'agit de faits réels.... tension et émotion sont au rendez vous de ce film insuffisamment distribué et c'est bien dommage déjà auteur de l'excellent "Fritz Bauer un héros allemand" Lars Kraume récidive avec ce film qui n'est pas sans évoquer "le cercle des poètes disparus" A voir absolument!
très bon film touchant et bouleversant. c'est une histoire vraie d'avant mur de Berlin en ex RDA. comportement humain difficile, politique socialiste et communiste mise en place dans cette partie de l'Allemagne.
un beau film historique qui nous entraîne dans une histoire poignante. Des acteurs au top. On aimerait en savoir plus....mais je ne veux rien dévoiler.
Voici un grand film . Ok est pris dès le départ . J’ai envie d’aller le revoir . Montre bien l’ambiance en RDA . Il y a trop peu de films sur le communisme je trouve .
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4,0
Publiée le 10 novembre 2020
La Révolution silencieuse explore pourquoi les gens prennent les positions qu'ils prennent. Les thèmes sont universels l'ancienne génération porte le bagage de la Seconde Guerre mondiale l'héritage du fascisme tandis que la jeune génération des lycéens sont idéalistes et dans une certaine mesure naïf et facilement manipulable. Nous comprenons pourquoi le gouvernement est-allemand juge impératif d'éradiquer les activités contre-révolutionnaires. Les personnages sont bien arrondis et pas seulement des découpes en carton maléfiques. Les responsables de l'école sont pris et compromis par un système politique. L'ironie est qu'en travaillant ensemble et en maintenant la solidarité les élèves montrent précisément les qualités que le régime socialiste de la RDA était censé représenter. La musique intrusive était la seule chose qui me faisait peur et parfois le film se transformait en mélodrame. Mais dans l'ensemble c'était divertissant et stimulant avec une attention prodigieuse aux détails d'époque...
Excellent film ! Pas une seconde d'ennui, impossible de penser à autre chose en salle, je faisais limite partie de cette classe et ressentais toute la tension au fil des minutes. Que de frissons.. une belle et émouvante histoire vraie qui nous plonge dans cette période froide d'après-guerre. De très bons acteurs, coup de cœur pour Leonard Scheicher (Theo).
superbe. rien à dire. les gamins jouent à merveille. le film est tellement bien monté que pas une seconde on relâche notre attention. bravo d’avoir écrit sur ce sujet
Un intérêt historique indéniable, des acteurs géniaux, et une tension palpable tout au long du film. Vraiment très bien. Certes ce n'est pas très drôle, mais ça rappelle combien la liberté est précieuse, et que même quand la guerre est terminée, celle psychologique, elle, ne l'est pas de si tôt.
Depuis quelques années l'Allemagne se saisit de son passé sous une autre forme que celle de l'Allemagne nazie avec tout ce que cela a coûté au monde et à l'Allemagne. En effet, certains films évoquent celles et ceux qui ont dit non au point d'en sacrifier leur liberté et/ou leur vie. Ainsi, avec Sophie Scholl on nous rappelle qu'il y a eu des résistants en Allemagne nazie, avec la vie des autres on nous montre la mécanique d'une société mise sous la pression de la surveillance, de la délation, des petits arrangements etc...La révolution silencieuse fait partie de ces films. En 1956, une classe devant passer le bac décide de faire 2 minutes de silence pour soutenir le soulèvement du peuple hongrois face à l'occupation soviétique. Dans cette classe, selon la doctrine socialiste pas de distinction de classe : fils et filles d'ouvriers, de fonctionnaires, de politiques locaux etc... se mélangent, s'aiment. Or, les 2 minutes de silence vont mettre en lumière une RDA qui elle-même pratique une conception de classe de la société, qui oppresse ses citoyens, qui manipule, ment etc...La révolution silencieuse raconte un épisode inconnu (du moins pour l'ouest) de cette résistance non-dite, d'une société civile que rien n'a pu effacer. C'est un très bon scénario. Il est loin d'un Goodbye Lénine qui joue sur l'ostalgie minimisant la répression en RDA, c'est aussi loin de la vie des autres qui transcrit très bien le drame de la RDA, une RDA jusque boutisme. La révolution silencieuse est dans la même veine que sophie scholl mais avec plus de subtilités. Outre une envie de liberté et d'être des jeunes de leur époque que l'on essaie d'étouffer, c'est aussi l'histoire de certains parents sous forme de non-dits, de silences et de culpabilité qui fonde le scénario. C'est en cela que la révolution silencieuse est intéressante.En revanche, j'ai moins apprécié (mais ce n'est pas unique à ce film) ce côté rachat de l'Allemagne en présentant des héros du quotidien ultra positifs dans le malheur. La réalisation reste sage. Ma reconstitution des décors manque de réalisme. C'est succinct.
J’ai adoré! Acteurs fantastiques, scénario superbe qui fait vraiment réfléchir. Il y a plein de choses dans ce film: la force du silence, de l’engagement collectif, de l’endoctrinement par les médias... a voir absolument