Je me demandais vraiment ce que j'allais en penser de « Bécassine », les critiques étant pour le moins divisées sur le sujet. Et bien presque à ma grande surprise, je rejoins le club des « fans » (même si le mot est clairement trop fort). Bruno Podalydès a su créer un véritable univers, à la fois cohérent et charmant, désuet sans être vieillot. Le scénario, sans être exceptionnel, montre un certain potentiel tout en faisant la part belle aux personnages, premiers comme seconds rôles, vivifié par une belle galerie de comédiens ayant tous quelque chose à jouer sans éclipser les autres (avec un petit faible pour Karin Viard me concernant). Couleurs, décors, costumes : tout participe au charme de ce joyeux divertissement, ayant l'intelligence d'être accessible à tous, touchant éloge à l'invention et à l'imaginaire, comme en témoigne quelques très jolies scènes spoiler: (notamment ce ravissant théâtre parisien miniature : touchant) . Cela faiblit un peu par moments, on peut trouver cette gentillesse de ton parfois excessive et Émeline Bayart est une Bécassine convenable sans être exceptionnelle, mais si l'on prend le tout, il y a vraiment de quoi sortir le sourire aux lèvres, certaines répliques plus piquantes et une certaine « liberté de mœurs » étant également à observer... Un très joli spectacle pour un gros échec totalement immérité au box-office : à (re)découvrir au plus vite.
Mais où as-tu retrouvé mon personnage : dans une vieille valise de livres de ta grand-mère ou de ton arrière-grand-mère ? Moi je suis née en 1905 et j’étais déjà à cette époque bonne à tout faire.
Quand j’ai appris que tu allais faire un film sur moi, je me suis dit « ouille ouille ouille !». J’étais quand même assez satisfaite d’être tranquillement un peu oubliée. Dans les dictionnaires, à Bécassine on trouve Femme stupide ou ridicule et dans le Larousse Jeune fille sotte ou naïve et un peu niaise…. J’ai même été choisie autrefois par le bébête-show pour incarner Jean-Marie le Pen ! la honte ! On me regarde toujours comme une caricature humiliante de la bretonne, comme le nègre d’une vieille boite de Banania.
Alors j’ai regardé tes films et ça m’a un peu rassurée : je t’avais vu au Rencontres des Cinéma d’Europe à Aubenas en Ardèche où tu présentais Comme un avion. Je me suis dit que si c’était toi qui jouais mon rôle ce serait chouette car le personnage de l’aventurier en kayak me ressemble un peu.
Faire un film sur moi ! Tu allais ressusciter le mépris, voire la haine, que les bretons ont pour mon personnage ; ah ça, pour eux, je ne suis pas leur cousine ! je suis soit disant un océan de stupidité, l’anti MLF, la conne de caricature se laissant exploiter par la bourgeoisie parisienne… et j’en passe et des meilleures. De la Bretagne dans ton film, il n’en est pas question : pas de biniou ou bombarde, pas de coiffe, pas de far ou de crêpes… même pas d’accent plouc comme dans un film à la Pagnol. Tu m’as débretonisée… et c’est bien
Alors, maintenant que j’ai vu le film : merci Bruno. Car en vrai, je suis comme dans ton film : mes idées sont farfelues mais pleine d’évidences, tu as montré mes qualités : je suis tendre, rêveuse, enthousiaste, efficace. J’ai du bon sens paysan mais nettement moins conne que la marquise qui toute guindée se laisse plumer comme une bécasse.
Avec toi j’ai de la chance. Comme Tintin en a eu avec Spielberg (mais si j’aurais bien aimé remplacer le texte sous images par des bulles qui n’existaient pas en 1905, je n’aurais pas trop apprécié être en relief 3D) ; j’ai eu avec toi plus de bol que mon alter-égo masculin Gaston Lagaffe : quelle sinistrose le film dont il est affublé ! C’est un copain et il n’est pas content du tout.
J’aurais aimé que tu me réserves plus de regard vers la caméra : j’aurais voulu mieux voir les sourires et le bonheur sur les visages des spectateurs, voire sortir de l’écran pour aller dans la salle comme dans La rose pourpre du Caire de Woody Allen. Je suis sûre que c’est un truc que je peux faire.
Je t’embrasse. Si tu reviens à Aubenas pour des futures Rencontres je reviendrai te voir.
Bécassine PS : Ce que tu as dit dans une interview au Figaro m’a bien fait plaisir, enfin quelqu’un qui me comprend, depuis 1905 il était temps : « Bécassine n'est pas la fille un peu niaise et stupide que l'on croit. Elle est naïve, certes, et candide, mais aussi curieuse et inventive. Elle a une âme d'enfant dans un corps d'adulte. Dans ce film, je voudrais montrer Bécassine telle qu'elle est: fidèle, sincère, spontanée, innocente, tendre, rêveuse, enthousiaste », Le Figaro 6 septembre 2017.
Inutile d’avoir lu la bande dessinée éponyme (scénario de Jacqueline Rivière et dessins d’Emile-Joseph-Porphyre Pinchon) qui parut en 1905 dans « La semaine de Suzette ») et qui fera l’objet, à partir de 1913, de 25 aventures [de « L’enfance de Bécassine » (1913) à « Bécassine en roulotte » (1939)], scénarisées par Caumery pour apprécier (ou pas !) le film. Bruno Podalydès en fait une synthèse, à partir de l’enfance de Bécassine (de son vrai nom Annaïk Labornez), où elle lit les contes de Perrault, son voyage pour Paris, très vite écourté (il lui restait encore 473 km à parcourir !) car embauchée par la marquise de Grand-Air (Karin VIARD), pour être la nourrice de Charlotte dite Loulotte, bébé qu’elle a adopté. Bécassine (excellente Emeline BAYART) fait preuve de beaucoup d’imagination, d’inventivité et de générosité pour faciliter son travail et celui des autres domestiques de la marquise (biberon automatique, appareil à pâtisserie, etc.). La vie au château est égayée par la venue de Rastaquoueros (Bruno PODALYDES), escroc (réminiscence du Rastapopoulos d’Hergé ?) et marionnettiste. Le film a beaucoup de charme et Bruno Podalydès a su recréer un monde qui n’existe plus (métaphore de l’enfance ?), d’avant la modernité mais sans être, ni passéiste, ni nostalgique (spoiler: découverte par Bécassine de l’eau courante, de l’électricité et du téléphone ) et y introduire des grains de folie avec ses personnages fantasques tels que Monsieur Proey-Minan (sic) (Denis Podalydès) qui se bat avec Rastaquoueros [dont le nom est déformé au cours du film, tel celui du capitaine Haddock par Bianca Castafiore dans « Les bijoux de la Castafiore » (1963) d’Hergé] à coups de tapettes à mouches, Mademoiselle Châtaigne (Josiane BALASKO, prolixe en métaphores et défaitiste). .
Une très mauvaise farce, avec des gags vraiment nuls : les parents de Bécassine s'endorment dans leur bol de soupe... le petit chien de la marquise lâche une énorme crotte dégoutante... personne ne rit dans la salle. Tout au long du spectacle, et jusque dans le générique de fin, les lustres du château de la marquise perdent leurs pendeloques en verre... du "comique de répétition" très bas de gamme. Chaque enfant qui a suivi l'école jusqu'à la 4ème sait que le comique de répétition, cher à Molière, ne provoque le rire que s'il met en scène les défauts des êtres humains ; pas des objets qui tombent. La plupart des acteurs ne sont pas crédibles, y compris ceux qui jouent les premiers rôles ; des personnages de dessins animés sont souvent plus expressifs ! Seuls Karine Viard, en marquise déjantée, et son ami Denis Podalydès s'en sortent convenablement. Le pire est peut-être d'avoir utilisé une valse de Chopin pour rehausser le niveau. Il y a quand même une scène assez réussie (la fausse fête), mais qui ne suffit pas pour sauver le film. Cher Mr Bruno Podalydès, nous avons adoré vos premiers films, mais, comme disent les enseignants : un sérieux effort s'impose, nous comptons sur vous !
Bécassine (Emeline Bayart) est née dans un foyer modeste. Son oncle Corentin (Michel Vuillermoz) tente sans y parvenir à la guérir de son indécrottable naïveté. Bécassine n'a qu'un rêve : quitter sa Bretagne natale et découvrir la capitale. Mais, en chemin, elle est recrutée par la marquise de Grand-air (Karin Viard) et par M. Proey-Minans (Denis Podalydès) qui viennent d'adopter la fille de leur jardinier. Bécassine va se révéler une nourrice aimante et une domestique pleine de ressources tandis que ses maîtres ont maille à partir avec un marionnettiste grec peu scrupuleux (Bruno Podalydès).
Gaston Lagaffe, Lucky Lucke, Astérix, Spirou, les Bidochon, les Schtroumpfs... il n'est quasiment aucun héros de bande dessinée française (et belge) qui n'ait donné lieu, avec un succès variable, à son adaptation cinématographique. La recette est paresseuse qui consiste à parier sur leur popularité pour espérer attirer les foules. C'est exactement le même principe qu'Avengers et ses avatars suivent d'ailleurs aux Etats-Unis.
Sans doute le même soupçon d'opportunisme peut-il peser contre le dernier film de Bruno Podalydès. Sauf que le réalisateur de "Versailles Rive gauche", "Liberté-Oléron" et "Adieu Berthe" n'est pas le premier venu, qui a tissé depuis plus de vingt ans, une œuvre d'une grande cohérence caractérisée par son humour décalé et sa grande tendresse. Aussi, qu'on lui ait confié le soin de porter à l'écran cette icône de la culture populaire n'est-il pas sans pertinence.
Témoignage de la collision de deux mondes, de deux classes, le bon sens de la paysannerie d'un côté, la sophistication de la bourgeoisie urbaine en plein essor qui découvre avec ravissement le confort de la modernité (l'automobile, l'électricité, l'eau courante...), Bécassine née en 1905 de la plume de Jacqueline Rivière et de Joseph Pinchon est un personnage de son temps, cette Belle-Epoque que Bruno Podalydès avait déjà filmée en adaptant l'œuvre de Gaston Leroux ("Le Mystère de la chambre jaune", "Le Parfum de la dame en noir"). Mais c'est aussi un personnage intemporel qui, comme Tintin, séduit les petits et les grands à travers les âges.
Le personnage a deux volets. À première vue, c'est une cruche, une bécasse. Quelques bretons régionalistes bas du front s'y sont arrêtés pour critiquer sans l'avoir vu ce film, invoquant une scandaleuse atteinte à leur identité picrocholine. Mais si Bécassine est naïve, elle est plus que cela. Sa naïveté révèle la pureté de son cœur. Son absence de malice ne fait pas d'elle une idiote ou une simple. Car Bécassine a du bon sens, de l'énergie et de l'amour à revendre.
Le personnage, donc, est attachant, sans même qu'il soit besoin d'évoquer sa robe verte blanche et rouge. Mais le problème est qu'un personnage ne suffit pas à faire un film. Il faut le mettre en action, lui faire jouer une histoire. Hélas, "Bécassine !" en est cruellement dépourvu. Sans doute est-il construit autour du couple que la domestique zélée joue avec la petite Loulotte. Les mésaventures de la frivole marquise de Bel-Air viennent étoffer le récit. Mais, la succession de saynètes, empruntées en désordre à la trentaine d'albums que compte la série, ne suffit pas à construire un récit. "Bécassine !" dure une heure et quarante deux minutes. Il aurait pu en durer vingt de plus ou de moins, avoir une suite... ou pas.
Comme d'habitude, mais cette fois-ci de façon un peu différente, Bruno Podalydès nous emmène dans son univers doux et poétique en adaptant à sa manière si particulière la BD "Bécassine". Le résultat est savoureux, tendre et drôle. Un très joli film, à voir absolument.
De Bruno Podalydès (2018). Parce que réalisé par M Podalydès de la comédie française , il faudrait sans sourciller tout apprécier. Et bien non ou presque ! Son film sur l'une des icones de la Bretagne est simplement gentillet avec des moments de tendresse et de poésie. Mais il reste gentillet voire à certains moments un peu ennuyeux. Ce malgré la qualité des comédiens ! Avec Emeline Bayart, Karin Viard, Denis Podalydès.
Un petit bijou qui sent bon l’herbe, la campagne et le début du siècle. Une jolie Bécassine dont les rires, les émois et le cœur d’or m’ont vraiment touchée. J’ai emmené une amie qui hésitait à me suivre et a été conquise. Merci monsieur Podalydès!
Un agréable moment décalé, simplicité, naïveté, genèse de l'émotion. Ce film retraduit bien l'ambiance des albums. Une expérience ciné qui change des standard actuels. Ne pas confondre simplicité et pauvreté... Je vous encourage à réveiller le petit enfant qui est en vous !
Je suis allée le voir avec ma fille de 7 ans. C est drôle sans jamais être lourdingue, émouvant, attachant. Les acteurs sont parfaits. J ai adoré et je le recommande.
Seconde adaptation de la bande dessinée de Jacqueline Rivière et Émile-Joseph-Porphyre Pinchon (la première datant de 1940 et étant signée par Pierre Caron avec Paulette Dubost dans le rôle-titre), le Bécassine ! de Bruno Podalydès est une jolie histoire pleine de fraicheur qui bénéficie d’une réalisation très appliquée (les couleurs sont parfaitement exploitées) et d’un casting constitué d’acteurs nous faisant partager leur plaisir apparent (Émeline Bayart dans le rôle de Bécassine, Karin Viard, Denis Podalydès, Bruno Podalydès, Michel Vuillermoz, Josiane Balasko, Claude Perron et la petite Maya Compagnie). Malgré un léger essoufflement du scénario dans la dernière partie, le film de Bruno Podalydès est donc un petit moment de plaisir rafraîchissant qu’il serait idiot de se refuser (et surtout de boycotter comme le voudrait un mouvement indépendantiste breton qui, bien sûr, n’a pas vu le résultat).
Une belle appropriation du personnage de Bécassine par Bruno Podalydès, qui en fait un joyeux conte poétique. Bien que le film ne nous tienne pas en haleine, on se laisse vite porter par les différents personnages, tous plus attachants les uns que les autres. Je recommande pour les petits, comme pour les grands !
J'ai hésité avant d' y aller et je suis très surprise d' avoir été séduite à ce point .... poésie , beauté , légèreté , humour ! Cela fait du bien de voir un tel film ! Les comédiens sont magnifiques . Très émue et légère en sortant de la salle .
très déçue par ce film ; je n'ai pas retrouvé la bécassine de mon enfance ( qui faisait tant de bêtises !)manque d'originalité , des longueurs; malgré la performance des acteurs ( que je salue ), le film est ennuyeux et manque d'entrain et de vivacité.
Le thème pourrait sembler gne gne, il n'en est rien. Ce film est un petit bijou de drôlerie et de tendresse. Les acteurs sont excellents. Pour petits et grands, et c'est ça qui est bien aussi, les enfants vont beaucoup aimer. Un film qui sait être réellement familiale, ce n'est pas si courant.