Ce premier long-métrage d'animation du studio skydance, nous présente une histoire à laquelle on pourra tous s'identifier, celle d'envier la chance des autres, de se sentir tel un intrus, un chat perdu, plein de maladresse et de stress, porteur de la poisse incarnée où tout semble se retourner contre nous, même dans les choses simples du quotidien.
L'animation prend une autre tournure lorsqu'elle nous plonge dans un monde bien pensé qui saura émerveiller par l'inventivité et la créativité du décor ou de son fonctionnement.
L'entre-deux est une belle trouvaille pour parler de la chance, de la malchance, et du hasard, que l'on voudrait isoler et séparer, mais qui sont plutôt connectés, liés par une dualité et complémentarité indissociables, à la fois symbolique et métaphorique pour représenter les enjeux et les conflits intérieurs de l'héroïne, où toutes les créatures deviennent les projections de son esprit qui l'invite à faire cohabiter, équilibrer ces deux aspects opposés, afin de trouver son identité, sa liberté, et d'apprendre à voler de ses propres ailes.
C'est aussi un film de socialisation et de sensibilisation sur les orphelins, sur leur difficulté à se faire adopter, aimer, et plaçant la bonne fortune et l'espoir dans une dernière pièce de promesse, comme deux faces et deux phases relationnelle et temporelle d'une seule et même personne.
Néanmoins, malgré l'originalité et la technicité pour rendre ce voyage amusant et trépidant, ça tourne un peu en rond par instants, avec une galerie de personnages et de créatures peu intéressants, des enjeux qui peinent à créer de la tension et des sentiments, et comme souvent dans les œuvres modernes, il n'y a pas de méchant.
Bien que traité de manière empathique et sympathique, c'est un peu trop classique, on ne sera ni marqué ni imprégné par le contenu, avec cette sensation de déjà-vu, et même ce nouveau lieu qui fait office de bureau et de prémices au monde du travail manque de clarté, de véracité et ne parvient jamais à s'ancrer totalement dans sa propre réalité.
Il y a de bonnes idées comme cette naïveté prononcée, mais d'autres pas assez poussées, préférant amuser le spectateur et la sécurité d'un récit ultra-référencé à l'univers Pixar et DreamWorks, avec l'héroïne attachante, pleine de vie comme celle de Monstres contre Aliens, la dragonne tout droit sortie de Monstre Academy, ou encore l'univers qui fait penser à Vice-Versa, Soul et En avant.
Peut-être qu'il faut voir dans ce Luck, une mise en abyme de la situation de John Lasseter, lui-même béni pour avoir une seconde chance après son malheur, créant un nouveau studio en maître, et faisant de sa première production la force étendard de ceux qui ont été rejetés ou maudits, un orphelin qui doit alors prouver et retrouver sa valeur, sa place, en ne pouvant laisser derrière lui le thème de l'enfance, qu'il vient rechercher, et adopter pour trouver à nouveau le bonheur.
Intéressé pour trébucher et partager sur le malheur des films et des séries, afin de trouver sa propre chance ? Alors n'hésitez pas à suivre le premier chat noir pour trouver le monde fantastique d'illusionsperdues99@-g-mail-com