Ava
Note moyenne
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poet75
poet75

299 abonnés 703 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 juin 2017
Que peut-il se passer dans la tête et dans le cœur d'une adolescente de 13 ans le jour où un ophtalmologue lui fait savoir qu'elle est atteinte d'une maladie qui la menace de cécité ? Déjà son champ de vision s'est rétréci et, bientôt, elle ne pourra plus rien distinguer quand la lumière sera trop faible. A terme, elle risque de perdre totalement la vue. Tel est le diagnostic auquel doit se confronter Ava (Noée Abita, formidable révélation de ce film). Or, contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, ce ne sont ni l'accablement ni la peur qui la submergent mais plutôt un grand élan de vivre, de découvrir, de profiter de ce qui lui reste de lumière sans trop songer au lendemain.
Ava n'est pas pour autant une écervelée : ses craintes, elle les apprivoise, d'une certaine façon, en peignant des cadres noirs qui semblent figurer le champ de sa vision qui s'amenuise. Elle les rend également dociles, suggère le film, en adoptant le grand chien noir qui, dès la première scène, fend la foule des estivants s'ébattant sur une plage pour venir se repaître de la portion de frites qu'elle avait posée sur son ventre. Un animal qu'elle ira jusqu'à kidnapper, faisant de lui le guide imprévisible qui l'accompagne et la conduit de l'enfance à une vie plus adulte.
Pour accomplir ce passage, il faut qu'Ava se risque à extérioriser ses sentiments, quitte à se montrer, par moments, maladroite. La richesse de sa vie intérieure est attestée par les notes rédigées sur les pages de son journal intime, mais il lui est nécessaire de mettre de la distance entre sa mère (Laure Calamy) et elle. Une mère intrusive, « libérée », étouffante, excessive, qui, cherchant à la « décoincer », risque de provoquer l'effet contraire.
Son épanouissement, Ava le trouve finalement davantage au contact de celui à qui appartient le chien noir qu'elle a essayé de dérober, Juan (Juan Cano), un gitan obligé de vivre à l'écart de sa propre communauté. L'adolescente se rapproche de plus en plus de lui, découvrant à cette occasion un autre rétrécissement de champ de vision, social et politique celui-là, se fondant sur les préjugés et les traitements humiliants réservés aux gitans et autres gens du voyage.
Avec habileté, tout en accompagnant les transformations physique et mentale d'Ava, la réalisatrice ne craint pas de passer d'un genre à un autre au fil du récit, partant d'une approche quasi naturaliste pour parvenir jusqu'à des scènes d'action dans le camp des gitans en passant par des séquences oniriques et ludiques, et même parfois surréalistes. Le lien entre ces genres se fait tout naturellement, grâce à la jeune actrice Noée Abita : sa performance est époustouflante. Malgré son sujet empreint de gravité, le film déborde d'énergie et de vitalité presque du début à la fin : qu'elle se baigne, soigne Juan qui s'est blessé, joue avec lui à détrousser des nudistes (!), se mette à danser ou s'introduise dans le camp des gitans, Ava, tout en se libérant de ses angoisses, se donne sans compter et insuffle partout son appétit de vivre, de réenchanter un monde qu'elle apprend à appréhender non plus grâce à la vue mais au moyen de ses autres sens.
Plein de superbes idées de mise en scène, ce premier film de Léa Mysius passionne et séduit irrésistiblement. 8,5/10
Christoblog

934 abonnés 1 829 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 juin 2017
Tout ce qui est noir attire Ava. Un chien errant, les cheveux d'un beau gitan, l'intérieur d'un blockhaus, une cécité annoncée.

Ava va être aveugle, mais elle semble s'en moquer : elle veut vivre, et dire la vérité. Sa franchise va donc parfois sembler cruelle, son comportement bien peu raisonnable et très égocentrique : Ava obtient ce qu'elle veut, elle dérobe ce qu'elle désire.

Par une sombre alchimie, Ava, promise à ne plus voir, nous donne une leçon de clairvoyance solaire. Il faut jouir et il faut danser : cette scène incroyablement osée où un personnage danse sur une musique extra-diégétique qu'il n'entend pas - et en plus il s'agit d'un morceau d'Amadou et Mariam, musiciens aveugles !

La mise en scène de Léa Mysius, même si elle comprend parfois quelques maladresses, fait souffler dans le film un vent de liberté ennivrant : rêves bizarroïdes et effets spéciaux très voyants, direction d'acteur sur le fil et frénésie gitane.

Ava s'impose comme un nouveau "premier film français qui révèle une jeune réalisatrice", après Grave et avant Jeune femme. On a envie que ce cela ne s'arrête jamais.
SansCrierArt
SansCrierArt

60 abonnés 436 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 juin 2017
Ava est atteinte de rétinite pigmentaire, son champs visuel se rétrécit peu à peu et finira par se fermer totalement. Dans les Landes, au bord de l'océan, sa mère lui promet de lui offrir les plus belles vacances de leur vie.

Léa Mysius offre, avec Ava, une vraie proposition artistique, riche de ses références cinématographiques et de son propre univers. Une richesse qui peut, sur certains aspects, s'avèrer surabondante. Ainsi, le scénario, très ou trop riche - récompensé par le prix de la SACD à La Semaine de la Critique - nous égare un peu dans la multitude des messages qu'il porte. Tout comme la diversité des tonalités adoptées par la réalisatrice pour donner corps à son récit. Que ce soit celle de la comédie, du drame, du western, du road movie ou du surréalisme, elle brouille un peu plus le propos. 

Mais Ava marque.
Par la beauté de sa photographie et de sa mise en scène. Par les belles et créatives idées dont regorge son récit. Et par ses deux comédiennes, Noée Abita et Laura Calamy, toutes deux magnifiques.
Un premier film au final plutôt bluffant.
Pauline_R
Pauline_R

195 abonnés 398 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 juillet 2017
Un excellent premier film, très libre et qui offre une vision de l'adolescence à la fois originale, fine, qui ne tombe jamais dans la caricature. Prenant par son scénario assez bien ficelé, toujours lumineux, Ava révèle surtout un bel espoir, Noée Abita, qui peut faire penser à Adele Exarchopoulos, et confirme toujours plus le talent de l'incroyable Laure Calamy.
velocio

1 577 abonnés 3 564 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 juin 2017
Diplômée de la Femis, section scénario, en 2014, Léa Mysius a présenté "Ava", son premier long métrage en tant que réalisatrice (et scénariste !), à la Semaine de la Critique du dernier Festival de Cannes et ce film s’y est vu attribuer le Prix SACD. Auparavant, Léa Mysius s’était fait connaître par la réalisation de 3 court-métrages, tous primés dans divers festivals, et par sa participation à l’écriture du scénario de "Les fantômes d’Ismaël" d’Arnaud Desplechin.

13 ans, les vacances d’été au bord de la mer dans les Landes, la plage, une lumière éclatante, une mère très libre, très compréhensive mais également très envahissante et irresponsable : presque tout semble réuni pour que ce mois d’août représente une période de bonheur intense pour la jeune Ava. Sauf qu’Ava souffre d’une maladie dégénérative, la rétinite pigmentaire, et qu’un médecin vient de lui apprendre qu’elle allait perdre la vue plus vite que prévu. Comment vivre ce qui sera peut-être, sans doute même, son dernier été de lumière, comment affronter ce problème de la perte prochaine d’un sens essentiel, comment renforcer ses autres sens, alors même qu’elle est à l’âge où s’annonce la perte de l’adolescence, à l’âge où elle doit construire son corps d’adulte, à l’âge où se manifestent pour elle les premiers appels de la sexualité ? Il y aurait vraiment matière pour elle à sombrer dans une noirceur absolue qui ne serait pas seulement celle vers laquelle ses yeux vont la conduire si ne survenaient pas la rencontre d’un grand chien noir et celle de Juan, un jeune et beau gitan que tourmente la police locale.

Pour la réalisation de ce premier long métrage, Léa Mysius a décidé de tenter un pari audacieux : le mélange des genres. En effet, elle a fait commencer son film par un épisode naturaliste racontant l’histoire d’une adolescente qui a le sentiment de ne pas trouver sa place dans la société, qui a l’impression que personne ne la voit, et elle le fait progressivement glisser vers un monde de fantasme flirtant parfois avec le fantastique, avec, en particulier, une magnifique scène de cauchemar dans laquelle se télescopent de façon très crue des visions liées à la sexualité et les rapports qu’Ava entretient avec sa jeune sœur. Le résultat est plutôt bluffant et le mélange de sensualité et d’énergie qui en découle place, sans l’ombre d’un doute, la jeune réalisatrice parmi les grands espoirs du cinéma français.

C’est toujours avec plaisir qu’on découvre les premiers pas réussis, dans l’exercice de la réalisation d’un long métrage de fiction, d’un ou d’une jeune cinéaste. Léa Mysius semble vouloir continuer à pratiquer les deux voies qu’elle s’est ouvertes depuis sa sortie de la Fémis : d’un côté, l’écriture de scénarios pour des films qu’elle ne réalise pas elle-même, de l’autre, l’écriture de scénarios pour des films qu’elle réalisera dans la foulée. En tout cas, concernant ces derniers, c’est avec une certaine impatience qu’on va attendre le prochain.
Cinéphiles 44

1 711 abonnés 4 731 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 septembre 2023
Tourné en 35mm, Ava est le premier long-métrage de Léa Mysius qui a aussi co-scénarisé Les Fantômes d’Ismaël, film d’ouverture à Cannes 2017. Le film s’ouvre sur une plage où tout le monde s’amuse. Pourtant la musique intrigue et est accentuée par l’arrivée d’un chien noir qui passe de plagiste en plagiste. Il repère alors une barquette de frites sur le ventre d’une adolescente et s’en approche pour en déguster le met. La jeune fille c’est Ava. Venue en vacances quinze jours avec sa mère, l’adolescente normale apprend qu’elle va devenir aveugle au cours d’une visite chez l’ophtalmo. Le chien noir va alors l’obséder, tout comme son maître au regard perçant. Elle ne fait que penser à ça et lutte contre ses cauchemars effrayants. Sa mère compte bien lui faire oublier cette triste nouvelle, mais elle aussi s’obsède pour un homme noir avec qui elle va passer d’érotiques vacances. Mis en musique avec une excellente bande originale, Ava est un film percutant sur le désir et les sens. Entre enivrement et doutes, le film de Léa Mysius nous offre également des moments très drôles, comme le dytique de braquages baignés d’argile sur une plage nudiste ou encore le chien et le couple sur la moto.
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anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 22 juillet 2017
Alors que l’intrigue semble user librement de cordes à tirer des larmes, le film, à notre plus grande surprise, se démarque par sa fraîcheur et son naturel.
En effet, les personnages y sont authentiques (exit la femme, qui, pour paraître forte, doit se doter d’un caractère de garçon manqué)....Un casting sauvage, laissant la voie libre à des acteurs tous aussi justes les uns que les autres dans leur jeu...Un montage très directif, qui rend la narration fluide, avec des transitions originales...Des détails de mise en scène audacieux…
Et comme si cela ne suffisait pas, le film est multigenres. De quoi contenter le moindre spectateur réticent.
Nous n’en dirons pas plus, afin que vous puissiez le voir dans le même état d’esprit que nous : en ne sachant rien sur ce film.
Benjamin : Un film qui traite de façon concrète des problèmes humains et non de façon abstraite des problèmes sociaux.
Lilian : La réalisatrice, Léa Mysius a su prendre des risques, pour nous offrir un petit bijou…à voir !
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 28 mai 2017
excellent premier film !

Pour l'avoir découvert en avant première mondiale, Ava est un hymne à la joie, une synthèse de genres, une volonté de poésie cinématographique.
Noée Agira est formidable, Laure Calamy rayonnante.
Un film sur l'apprentissage, sur l'illusion désirée d'une jeune adolescente, sur sa passion émergente !
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