Derniers Avis : Plaire, aimer et courir vite - Page 15
Plaire, aimer et courir vite
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so-far
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3,5
Publiée le 11 mai 2018
Étrange de voir comme l’amour et la passion entre ces deux personnages sonnaient parfois juste, parfois trop léger pour y croire : j’ai trouvé Vincent Lacoste convaincant dans son rôle d’amant attaché et attachant mais dommage de ne pas sentir le même jeu en face... à moins que ça provienne du scénario ? Les longueurs ne font pas de tort au film, elles le portent et nous portent mais pas forcément où l’on aimerait aller peut-être... car le film est cru, trash, sans sensibleries hormis quelques beaux mots et belles phrases.
1993. Jacques (Pierre Deladonchamps), un écrivain célèbre. Le Sida ne l'empêche pas de plaire, d'aimer - en revanche on ne le voit guère courir. Autour de lui gravitent plusieurs hommes. Mathieu (Denis Podalydès), son voisin journaliste, auquel le relie une vieille amitié. Marco (Thomas Gonzalez), dont il a été très amoureux et dont il l'est encore, qui se meurt à petit feu. Et aujourd'hui Arthur (Vincent Lacoste), un Breton d'une vingtaine d'années, qu'il rencontre à l'occasion d'un spectacle en province. Mais le temps est compté à ceux qui s'aiment. Jacques a le Sida et refuse la déchéance de la maladie.
Nous sommes entrés dans les années Sida au milieu des années 80. Pas sûr que nous en soyons déjà sortis. Le cinéma s'en est nourri. Jusqu'à plus soif. On ne compte plus les films qui en traitent. Souvent d'ailleurs avec une grande délicatesse. Mais au point parfois de donner l'impression d'une recette éculée, passeport pour les grands festivals et le succès critique. Tel est le cas du dernier film de Christophe Honoré en projection aujourd'hui à Cannes.
Comme dans les films qui les précèdent, depuis le fondateur "Les Nuits fauves", il y est question de sexe (homo) et de mort, le tout filmé avec un soin jaloux de la reconstitution (ah ! ces affiches prétentieuses de la Leçon de piano ou de l'Orlando de Huppert au Théâtre de l'Odéon ! ah ! ces Supercinq et ces Twingo qui repassent en boucle en arrière-plan histoire de créer l'illusion de l'époque ! ).
"Philadelphia" filmait le Sida mélodramatique ; "Jeanne et le Garçon formidable" avait le Sida musical ; "Mon frère" le Sida morbide ; "Les Témoins" le Sida collectif, "120 bpm" le Sida politique. Christophe Honoré a le Sida faussement badin à l'image de son héros, Pierre Deladonchamps, dont je n'ai pas aimé l'interprétation entre-deux-chaises : mi-grave, mi-léger, vivant l'amour à la fois comme un lutinage et comme une passion.
Le film, inutilement long, a deux focales. Non qu'il s'agisse de la richesse d'un scénario particulièrement subtil, mais au contraire de l'impossibilité du réalisateur d'arrêter son parti entre les deux options qui s'offraient à lui. Filmer l'histoire du point de vue de Jacques ou de celui d'Arthur. Dans le premier cas, c'est celui, tragique, d'un homme qui va mourir. Dans le second, c'est celui plus optimiste d'un roman de formation. Pierre Deladonchamps n'est pas assez sérieux pour nous faire croire à la gravité du premier - si ce n'est, j'en conviens, dans la scène finale qui arracherait des sanglots aux pierres. Vincent Lacoste - dont la silhouette dégingandée et la diction paresseuse restent irrémédiablement associées aux pitreries de ses premiers films - n'est pas assez romanesque pour nous faire croire au second. Reste Denis Podalydès, comme d'habitude parfait, incarnation vivante de la fidélité amicale quelles que soient les vicissitudes de la vie.
Peut-être que le cinéma peut nous faire respirer mieux, nous rendre la vie plus douce et nous consoler ! En tous cas, avec ce film merveilleux, je me sens plus apte à l'affronter la vie. Comme c'est doux, tendre, drôle, en un mot vivant !
Une très belle surprise comme sais nous le proposer le cinéma français. Les acteurs sont totalement sincère. La réalisation est parfaite. Le scénario est beau.
Après 120 battements par minute, voici plaire, aimer et courir vite. Pourquoi comparer les deux ? Tout simplement parce qu'il s'agit de productions françaises, avec des acteurs français et surtout sont (ont été) tous les deux présentés à Cannes ! Pour être honnête, j'ai largement moins aimé celui-ci, car il se donne un genre beaucoup trop élitiste, avec ses multiples références littéraires dont on se fiche royalement, un usage intempestif de la cigarette dans les 3/4 des scènes et des dialogues beaucoup trop récités, on se serait cru au théâtre. Pour ce qui est de la réalisation, je n'ai pas aimé le découpage du film, on en vient trop souvent à se poser la question : "on en est où dans le temps là ?", c'est dérangeant ! Seul chose à retenir, Vincent Lacoste qui crève l'écran. Sinon rien ! Aucun plaisir à le regarder !
Magnifique, touchant, une belle histoire sur fond de maladie qui va affecter ce bel idylle. Des jeux d’acteurs absolument extraordinaires qui nous font vivre la passion entre les deux acteurs principaux. Merci pour ce beau divertissement.