Cuban Network explore la duplicité des êtres – à la fois acteurs de la politique de leur temps et engagés dans une relation amoureuse – tout en composant une forme affranchie qui ne cesse de muer, affichant une liberté totale a contrario de ses personnages qui, eux, subissent l’incarcération, voient leur liberté restreinte, s’aiment au travers d’une vitre, derrière un parloir. Le film évite ainsi tout didactisme et impose un rythme, un ton, une couleur ; ou plutôt une série de variations rythmiques, tonales et picturales autour d’un même thème, conférant à l’ensemble une fraîcheur à chaque plan renouvelée et un charme certain. Les deux acteurs principaux dégagent une vitalité pleine de mystère et d’érotisme mêlés ; et Penelope Cruz, une fois encore, livre une prestation remarquable, le personnage d’Olga bénéficiant, grâce à elle, d’une épaisseur véritable, d’une complexité vécue à fleur de peau. De plus, Olivier Assayas semble s’amuser à réinvestir les codes du film d’espionnage ainsi que ceux, plus contemporains, du film de super-héros à la Marvel : voir Jose Basulto recruter les membres d’une équipe de pilotes fait aussitôt penser à ces figures de mentors ou ligueurs à la tête d’une société secrète soucieux de s’approprier les talents de chacun. Le réalisateur superpose des couches référentielles et construit son long métrage par strates successives ; la construction feuilletée du récit confère une vraie opacité et entoure les actions des protagonistes de zones d’ombre. Les retournements s’enchaînent à toute allure, comme les rouages d’un mécanisme plus vaste auquel nous n’aurions pas accès, faute de recul nécessaire. Constamment projeté dans l’urgence de l’action, le spectateur rassemble les pièces d’un puzzle aussi foisonnant que la vie et ludique qu’un jeu, puzzle doté d’une mise en scène très soignée – livrant au passage de très belles séquences aériennes. Cuban Network est une excellente surprise, une œuvre tendue et détendue à la fois où les êtres se rencontrent, s’aiment et se séparent, où les langues vivantes se multiplient – on parle anglais, espagnol, russe – ; une œuvre romanesque et documentaire, humaine en somme.
Olivier Assayas, né réalisé pas avec ce " cuban network" son meilleur film, loin de là. On est loin de " Carlos" qui était lui une réussite. Tiré de faits réels : l envoi aux états-unis d agents de la sécurité d Etat cubaine, chargés d infiltrer des groupes anticastristes. Ces derniers organisaient, depuis les usa, des actions de sabotage et de terrorisme à Cuba afin de faire tomber le régime. Peu connus en France, ces événements ont eu un fort retentissement à Cuba. Le point de départ, très intéressant, produit un film qui laisse sur sa faim. Le film manque de rythme et ne traite finalement que peu d éléments de cette histoire. On ne saura rien de la plupart des agents de ce groupe d agents Cubains. Le film traite essentiellement et partiellement du parcours aux usa, de trois d entre eux . C est quand même un peu maigre et c est dommage. Un film intéressant mais qui ne tient pas ses promesses. A voir tout de même pour le sujet, mais il faut bien reconnaître que le film est inabouti.
Olivier Assayas, cinéaste de la bourgeoisie, des secrets de famille et des émotions refoulées qui s’attaque à un sujet politique dans un film “à l’Américaine”, voilà qui méritait d’être vu. Sur le fond, ‘Cuban network’ s’avère tout à fait intéressant, puisqu’il explore une thématique rarement exploitée par le cinéma, y compris américain, celle des relations entre les Etats-unis et Cuba : plus précisément l’histoire d’un réseau d’espions cubains, arrivés sur le sol américain à la faveur des grandes vagues de réfugiés du début des années 90 et chargés d’infiltrer les milieux anti-castristes alors très actifs en Floride. Ces derniers avaient pour habitude de lancer des raids sur les installations hôtelières de l’île afin de couler le secteur touristique qui permettait à grand peine au régime castriste de garder la tête hors de l’eau. Si la qualité de la mise en scène n’a pas grand chose à envier à ce qu’aurait pu donner un film hollywoodien sur le même sujet, l’efficacité narrative reste assez relative : on sent que Assayas n’est pas vraiment rodé à ce genre de productions,, notamment en ce qui concerne les aller-retours chronologiques qui laissent une impression de confusion, et à une séquence qui sonne comme un aveu de faiblesse en recourant à la voix off pour expliciter la construction et les objectifs du réseau cubain.. D’ailleurs, ‘Cuban network’, malgré une obéissance de surface aux règles du genre (images d’archive, vignettes biographiques durant le générique de fin, etc...) n’est pas à proprement parler une oeuvre politique ou un Thriller d’espionnage, d’une part parce que le réalisateur privilégie souvent un retour à l’intime, en étudiant comment la mission patriotique et sa couverture contradictoire impactent la vie de famille ou la vie sentimentale des agents cubains ; d’autre part, parce que Olivier Assayas se contente de relater les faits de façon illustrative sans jamais chercher à proposer une ombre de point de vue personnel.
Même bon scénariste n'aurait pas imaginé une histoire (vraie) pareille). Très bien joué. Penelope Cruz plus vraie que nature en travailleuse et mère de famille cubaine.
Vu sur mubi. S’attaquer à un tel sujet sans éviter les poncifs et les écueils est un challenge difficile.Le réalisateur n’a pas réussi. Malgré les brochettes d’acteurs et d’actrices formidables, c’est un film sans valeur.
film insipide malgré un casting d'acteurs de premiers plans ! Ces mêmes acteurs qui semblent assez perdus car mal dirigés ! On a connu Wagner Moura en meilleur forme !
l'histoire va plaire à ceux qui voient dans les Etats Uns le méchant loup ! Le parti pris d'Assayas est assez incompréhensible !
Intéressant et bien mené. Des acteurs au top ( mention spéciale à Penelope Cruz !).Moi qui ne suis pas fan d'Assayas, j'avoue avoir été agréablement surpris.
Intéressant, je n'ai pas de mémoire suffisante pour me rappeler les faits à l'époque mais ce film parle à la fois d'espoir pour un peuple (il y a 30 ans, L'URSS disparaît, les Régimes Communistes Européens tombent, les anti-castristes voient cela comme l'opportunité de "libérer" Cuba) et la réalité géopolitique (à grands renforts d'espionnage / contre-espionnage, de FBI, de manipulations, de trahison, de traffics plus ou moins légaux pour financer la lutte plus ou moins armée...) Mais la matière globale étant dense, la fluidité narrative se trouve lésée. Il y a alors des introductions plus ou moins maladroites de nouveaux protagonistes, des bouts d'histoires romanesques un peu inutiles (je ne vais pas bouder mon plaisir de voir Ana de Arnas dans sa belle robe blanche mais la scène de mariage paraît presque longue) mais raccourcir certaines situations pour mieux en exposer d'autres plus essentielles ou nécessitant une meilleure lisibilité, ça aurait donner plus d'épaisseur à l'ensemble car au final certains twists sont amené avec des gros sabots. Et on finit par s'y perdre un peu plus avec des timings ou flashbacks plus ou moins bien exposés. Ce petit côté brouillon est dommage car le film met en lumière les manipulations qui existent derrière de beaux combats pour la Liberté. Mais merci au réalisateur d'avoir choisi des comédien-ne-s issus de la communauté hispanique européenne ou sud-américaine, ça apporte une crédibilité "d'indépendance" de traitement comme une partie des événements se passe en Floride (la censure américaine aurait transformer le film !)
Au début des années 90, des Cubains installés à Miami mettent en place un réseau d’espionnage afin d’infilter les groupuscules anti-castristes Un bon film d’espionnage quasiment à l’ancienne, avec un scénario travaillé et , pour une fois, des héros qui ne sont pas américain
Bien que très fan du réalisateur, du sujet et des différents acteurs, j'ai une impression très mitigée à propos du rythme, qui m'a semblé assez irrégulier.
Je plains toutes ces personnes qui n'ont pas compris ce film. C'est l'histoire du monde. Allez sur Wikipedia vous apprendrez peut être quelque chose. En attendant moi qui ai suivi les évènements de ces moments troublent à Cuba, je trouve ce film formidable. Le sujet est très bien relaté, bien construit. Évidemment comme toujours les problèmes viennent des États-Unis et ils auront mis 15 ans pour libérer des hommes innocents.