Du cinéma du lituanien Sharunas Bartas, on dit volontiers qu'il est exigeant pour ne pas avouer qu'il est le plus souvent ennuyeux à périr (en toute subjectivité, évidemment). De ce point de vue, Frost, malgré les multiples interrogations qui ne trouvent pas de réponse, est plutôt accessible, voire même fascinant par son abstraction, devenant même passionnant dans sa toute dernière partie, tournée au plus près de la zone de guerre du Donbass. L'odyssée d'un jeune lituanien et de sa compagne chargés d'une mission humanitaire a jusqu'alors une réalité assez flottante où le cinéaste alterne plans contemplatifs et longues conversations avec des journalistes dans un hôtel (Vanessa Paradis en guest star !) puis avec des militaires ukrainiens. Mais de la psychologie du personnage principal et de ses motivations à se rapprocher de plus en plus des combats, rien ne filtre, ou presque. Inconscience, curiosité malsaine, désir de participer, tendances suicidaires ? On se perd en conjectures. Malgré le peu de péripéties et l'atonie de l'ensemble (hormis dans son dénouement), on ne trouve pourtant pas autant le temps long que dans certains films de Bartas. Peut-être parce que nous aussi, le conflit en Ukraine, pays tampon entre l'Europe et la Russie, nous captive pour toutes sortes de bonnes et mauvaises raisons.
je Trouvais que le début du film patinait un peu parce que trop décalé était je voyais mal où l auteur voulait en venir. Heureusement le film prend réellement son envol dans sa deuxième partie à mon sens beaucoup plus maîtrisée avant de finir magistralement sur la conclusion énoncée plus tôt dans le film par l’un des soldats ukrainiens: on ne choisit pas sa réalité.
Tant du point de vue narratif que formel, Frost semble débuter le tracé d’une ligne de démarcation dans la filmographie de son auteur. Les futures réalisations de Sharunas Bartas viendront peut-être infirmer cette perception, mais toujours est-il que dans Frost, le cinéaste lituanien se détache pleinement de thèmes autobiographiques qui marquaient ses dernières réalisations. Dans ce film-documentaire présenté à la Quinzaine des réalisateurs du festival de Cannes 2017, c’est le conflit du Donbass qui est dans la lunette de visée. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com
On devrait pas faire une couverture avec Vanessa, Elle n'a qu'une scène,même si elle y joue divinement le film est pénible, c'est un film de guerre ; chiant, lent.
Références à "Pierrot le fou" pour Libé, à Antonioni pour les Cahiers, mais pour moi qu'un interminable pensum de 2 heures, bavard, filmé sans grâce... Seul le personnage féminin, par sa sincérité et sa sensibilité, parvient à nous toucher dans une ou deux séquences. Le dénouement invraisemblable n'apporte rien de plus à une oeuvre dont le seul mérite est de nous rappeler que la lutte des Ukrainiens dure depuis trop longtemps.
Je n'ai pas réussi à adhérer à ce récit de deux lituaniens qui partent dans un fourgon vers le front ukrainien pour livrer de l'aide humanitaire aux soldats. Trop approximatif. On a l'impression qu'ils ne savent pas où ils vont, Tout ne semble qu'errements. Déjà partir avec un seul fourgon, au lieu d'un convoi, ce n'est pas très crédible. On ne comprend pas si les gens qu'ils rencontrent sont là pour les guider ou juste par hasard. Un récit plutôt contemplatif si l'on peut dire. Et la fin ne m'a pas convaincu non plus avec ce soldat qui permet à Rokas de s'approcher de la ligne contact pour qu'il "voit" la guerre. Un soldat c'est précieux alors qu'il acquiesce ainsi à la demande d'un civil, ça paraît non seulement suicidaire, mais parfaitement incohérent. Rokas n'a pas une seule protection et même le soldat ne porte pas de casque. Un film à écouter davantage - quelques belles tirades notamment sur la fin avec les soldats ukrainiens - qu'à regarder.