La Belle et la Meute
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67 critiques spectateurs

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dejihem
dejihem

155 abonnés 710 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 novembre 2017
Ce film est un véritable acte de bravoure. Un énorme choc. En huit plans séquences, la pression ne retombe pas, la caméra garde sa fluidité pour nous faire ressentir celle de l’événement. En plus de la pression ressentie et de la tension permanente, réussir à placer dans ce film des symboles très forts rend cette œuvre cinématographique encore plus intense et encore plus importante.
Laurent C.
Laurent C.

295 abonnés 1 133 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 octobre 2017
Elle est belle, certes. Elle se prépare à la danse, telle Cendrillon, dans une petite robe bleue qui enchante son corps. Mais le bal ne sera pas long. La jeune-fille se retrouve aux prises d'une voiture de police, dont on comprend qu'elle vient de subir un viol. "La belle et la meute" est un titre énigmatique, mais absolument adapté. Il s'agit bien de cela : la livraison d'une jeune-femme aux mains monstrueuses d'une meute d'hommes, a fortiori policiers, certains de leur masculinité, de leur pouvoir, et de leur puissance. Le film se passe en Tunisie, dans les années 2014, bien après le fameux printemps arabe qui pourtant, était synonyme d'espoir et de liberté. D'un point de vue technique, "La belle et la meute" ne paye pas de mine. La photographie est bleutée, la lumière est rare, les décors sont rudimentaires. Pourtant, le film est d'une formidable efficacité. Construit en chapitres, il retrace le parcours de combattant de cette jeune-fille qui doit faire gagner la justice sur l'accablement du machisme. Le stress monte scènes après scènes. Le film est dérangeant, étouffant, et sa réussite vient du fait que le spectateur ne peut s'empêcher de penser à l'actualité du moment. "La belle et la meute" est un hymne à la féminité, une féminité de la lutte, une féminité de l'honneur. Les hommes sont répugnants, violents, sans limite. Finalement, l'exotisme de la Tunisie pourrait laisser penser que le sujet ne concerne pas le spectateur français. Au contraire, le réalisateur dresse un portrait totalement universel d'une humanité qui faillit à son devoir de respect et de vérité.
Gérard Delteil
Gérard Delteil

257 abonnés 2 078 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 octobre 2017
Un film coup de poing qui ne peut laisser indifférent au moment où les violences et crimes commis contre les femmes sont dénoncés. Le calvaire de cette jeune étudiante violée par des policiers est parfaitement réaliste et traité avec un grand respect de la victime sans aucun voyeurisme. Car si une victime de viol rencontre beaucoup d'obstacles pour faire condamner son ou ses agresseurs, quand ceux-ci sont des policiers, cela devient quasiment impossible, comme on le voit en France avec l'affaire Théo. Seule la séquence finale est peu crédible car on imagine mal un policier, même humain et courageux, s'opposer de front à sa hiérarchie et à ses collègues dans un tel contexte. Il risquerait non seulement la perte de son emploi mais sa vie, dans la mesure où ces voyous en uniforme se comportent comme un gang. Cet aspect mis à part, ce sujet délicat est maîtrisé de bout en bout. Bouleversant.
velocio

1 543 abonnés 3 519 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 octobre 2017
C'est un film vers lequel j'allais sur la pointe des pieds, "Le challat de Tunis", le film précédent de la jeune réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania, ne m'ayant que partiellement convaincu. Mais là, j'ai vite compris que les progrès réalisés en matière de maîtrise dans la mise en scène étaient énormes. Basé sur l'histoire vraie d'une jeune femme violée par des policiers quelques mois après la révolution de Jasmin et qui s'est battue pour faire condamner ses violeurs, "La belle et la meute" est même une véritable leçon de cinéma, avec des comédiens totalement investis, des plans séquences le plus souvent très longs et extraordinaires de pertinence et avec une caméra d'une grande fluidité qui arrive à nous persuader qu'on est avec Mariam et qu'on partage sa rage et ses angoisses. Un film qu'il faut voir absolument, un film dont on ne sort pas totalement indemne et dont, forcément, on gardera le souvenir très longtemps.
Padami N.
Padami N.

63 abonnés 514 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 octobre 2017
le propos du film este actualité :viol et harcèlement de la femme. et son traitement est ici assez dur mais sobre pas de démonstration ,des propos et beaucoup d'émotions siccitées suffisent pour dépeindre les conséquences et regards de la société " tunisienne" sur le viol . des scènes semble être du théâtre fllmė ou trop théâtrales ce qui m à rendu le film un peu faux..
cortomanu
cortomanu

85 abonnés 448 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 octobre 2017
Inspiré de faits réels ce film prend une dimension encore plus importante en octobre 2016 après H.Weinstein et ce qu'il a déclenché.
Et c'est aussi un film émouvant, brillamment joué et réalisé. Il rappelle qu'il ne faut jamais renoncer à se battre pour que justice soit faite. Et de quelle manière.
Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 octobre 2017
On sort de la projection de « La Belle et la Meute » complètement sonné et épuisé par plus d’une heure et demie d’humiliation, d’injustice et d’aberration. Si l’histoire qui nous est contée n’était pas inspirée d’un fait réel ayant eu lieu en 2014, on se dirait que c’est tiré par les cheveux. Mais non. C’est ce qui s’appelle un film coup de poing dans tous les sens du terme bien que l’acte central de cette histoire (un viol) ne soit même pas montré et cela évite à raison toute velléité de voyeurisme. Cet acte monstrueux et la volonté de déposer plainte pour la victime va entraîner une série de conséquences moralement abominables le temps d’une nuit. La réalisatrice, dont le film est ouvertement féministe, tire à boulets rouges sur la Tunisie et ses administrations encore rongées par la corruption et les inégalités en dépit du Printemps arabe. Ce film est donc aussi une œuvre courageuse à vocation de faire changer les choses dans le pays, c’est un véritable pamphlet politique et social autant qu’un cri de colère.

Si, au début, on est plutôt dans le drame, enchaînement des séquences fait petit à petit basculer le film dans le thriller voire dans le film de traque. L’émotion que l’on ressent pour la victime se double de plus en plus de stress tant la façon de filmer de Kaouther Ben Ania rend le film oppressant et nous colle à notre siège. Elle parvient à faire ressentir le calvaire de la victime à travers l’écran au point de nous rendre exsangue. L’effet est garanti et imprévisible tandis que le suspense est total. Rares sont les films à réussir cela, on se souvient pour les plus marquants de « Martyrs » ou, dans le mauvais sens du terme, d’« Irréversible » et son intolérable complaisance dans la violence. Pourtant, ici, elle est uniquement psychologique. C’est donc très fort. Grâce à ses longs plans-séquence parfaitement orchestrés, la cinéaste rend compte avec force de la nuit vécue par cette jeune femme. L’absence de musique ainsi que le choix d’une lumière bleutée puis d’un blanc immaculé et éblouissant donnent un aspect étrange à « La Belle et la Meute ».

Les situations complètement kafkaïennes présentées ici ont cependant leur limite. Elles sont poussées à l’extrême et on a souvent l’impression que la démonstration est trop lourde, la charge excessive et le constat trop manichéen au point d’être parfois dubitatif devant les faits présentés. On nous présente des institutions corrompues où la justice n’existe pas, où il n’y a aucune empathie pour la victime et où la misogynie est reine. Tout cela glace le sang mais paraît parfois un peu poussif tant il n’y a quasiment pas de nuances. De plus, il y a quelques incongruités dans la réaction de certains personnages, des ellipses brutales et des questions qui restent sans réponse. C’est dommageable et donne parfois un sentiment étrange comme s’il l’on assistait à un cauchemar et qu’on allait se réveiller, ce qui renforce le sentiment de malaise d’un film qui vous glace le sang. « La Belle et la Meute » est néanmoins bouleversant et éreintant pour les nerfs. C’est un film nécessaire et comme on en voit peu doté d’un véritable message de revendication derrière. Et surtout il est dominé par l’incroyable prestation de la jeune Mariam Al Ferjani qui à elle seule vaut le coup d’œil !
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 20 octobre 2017
Tout en restant sobre, le film nous plonge, avec brio, dans l'angoisse et la panique que ressens la victime. Va-t-elle ceder aux pression? Va-t-elle s'écrouler de fatigue? Va-t-elle obtenir gain de cause? Et à quel prix?
C'est aussi tout une mentalité que l'on observe changeante. De la femme brisée et honteuse d'avoir été victime de viol, elle devient, à la force de son courage, fière de son agression; elle se fait porte-parole de toutes les victimes. Fière de son agression? Non, fière de se battre pour la justice!
WutheringHeights
WutheringHeights

131 abonnés 930 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 octobre 2017
En neuf plans-séquence incroyablement maîtrisés, la cinéaste plonge le spectateur dans le cauchemar vécu par Mariam. Magistralement mis en scène et tristement d’actualité.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 20 octobre 2017
Le belle et la meute relate l'histoire vraie de l'horreur d'un viol collectif, où la victime se retrouve face à des institutions machistes dans une société religieuse patriarcale qui écrase les femmes victimes à tous les niveaux possibles. Où la sexualité est tabou et la dénonciation des violences sexuelles se doit d'être passé sous silence.

Bien des victimes s'y retrouveront même si le contexte français n'a rien à voir avec l'extrême hostilité envers les femmes du contexte tunisien.

Toute ma compassion pour cette jeune battante.
islander29

1 036 abonnés 2 687 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 octobre 2017
je dirais volontiers que le fond du film est essentiel, et que la réalisation a su affirmer un point de vue politique qui ne peut que faire bouger les "choses". en Tunisie et pas seulement. Beaucoup d'autres pays se sentiront concerner. J'ai même pensé un moment qu'on pouvait en faire une pièce de théâtre, écrit par Sartre pourquoi pas. ou un descendant ??? Chapeau la mise en scène habilement découpée en épisodes, à l'atmosphère oppressante, aux acteurs et à ;l'actrice principale, à ;la présence de dialogues justes et émouvants, aux intentions politiques de la fin, avec un twist qui au fond est très important. Mon petit regret , qui n'en est pas un, puisque on ne peut détourner un tel film par un esthétisme incongru ou déviant est le discours technique presque sans intérêt, sans musique, sans qualité photographique, mais on peut en effet se demander si s'attarder sur la technique n'aurait pas été une erreur......Film éprouvant s'il en est, mais bourrés de qualités "politiques", film indispensable d'une certaine manière, je conseille.
Pierre Andre E
Pierre Andre E

16 abonnés 109 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 octobre 2017
Une jeune fille se fait violer en Tunisie à la sortie d'une boîte, alors qu'elle accompagne un jeune homme qu'elle y a rencontré : début du film. La suite est un cauchemar d'une heure trente, réaliste, hard et sans concession sur comment déposer plainte, faire face et faire valoir ses droits quand on est une jeune femme dans un pays gangréné et à la dérive. Je suis sorti du film très mal à l'aise ( il vaut mieux avoir le moral si vous allez le voir car c'est très dur ), mais conscient d'avoir vécu une immense expérience de cinéma.
Ufuk K

620 abonnés 1 740 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 octobre 2017
"la belle et la meute " sélectionné au dernier festival de cannes dans la section un certain regard est un film choc sur la Tunisie. En effet l'histoire vraie relate le viol d'une jeune tunisienne par des policiers prend au trips et indigne. C'est dommage que certains passages sonne creux car c'est un film de qualité.
traversay1

4 502 abonnés 5 399 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 octobre 2017
Après le malicieux et irrévérencieux documenteur Le challat de Tunis, la cinéaste Kaouther Ben Hania frappe très fort avec La belle et la meute, fiction inspirée de faits réels. Un drame tourné entièrement en plan séquences, accablant et étouffant où l'on ne quitte pas Mariam d'une semelle, une femme victime ballotée, harcelée, méprisée, menacée. Son crime ? Elle est coupable d'avoir été violée et de vouloir porter plainte, ce qui pourrait jusqu'à ébranler la société tunisienne (dixit un policier). Sans jamais dévoiler la réalité atroce de l'acte, la réalisatrice tunisienne montre ses suites et le cauchemar que vit Mariam, dans un récit qui emprunte parfois aux codes du film d'horreur. La place de la femme dans une société régie par des lois masculines et des comportements machistes est au coeur de ce film sans concession (démonstratif diront certains, ce qui est contestable mais même si, pour une fois c'est une qualité) mais aussi plus largement les droits fondamentaux des citoyens bafoués par un système toujours archaïque, malgré le passage de la révolution. Une façon de dire aussi que le combat continue pour la liberté,l'égalité et le respect de l'être humain. Il y a du travail à faire et ce n'est évidemment pas valable uniquement en Tunisie.
poet75
poet75

298 abonnés 703 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 octobre 2017
Ce film, très impressionnant et remarquablement réalisé, se fonde sur un fait divers ayant défrayé la chronique en Tunisie en 2012 et ayant fortement contribué à une révision des lois de ce pays. L’histoire a été relatée par la victime elle-même (Meriem Ben Mohamed) dans un ouvrage intitulé « Coupable d’avoir été violée ».
Dans le film, Mariam, la jeune tunisienne, (Mariam Al Ferjani), revêt avec un peu d’hésitation une belle robe échancrée pour se rendre à une fête d’étudiants. Elle y rencontre Youssef, un jeune homme plein de charme, qu’elle décide d’accompagner sur une plage. Le plan suivant nous la montre en état de choc, titubant dans les rues, et toujours accompagnée par Youssef. Que s’est-il passé ? Rapidement se dessine la scène manquante, judicieusement non filmée par la réalisatrice (on n’en verra que quelques images furtives sur l’écran d’un téléphone portable) : Mariam et Youssef ont été interpellés par une patrouille de police et la jeune femme déclare avoir été violée par les agents dans leur voiture.
Le film relate la nuit de cauchemar vécue par Mariam. Soutenue par Youssef pendant une grande partie des événements, elle doit affronter les lourdeurs bureaucratiques de l’administration des hôpitaux puis de celle de la police elle-même. Avec son apparence de femme bien portante et sa robe sexy, certains ont vite fait de lui coller une étiquette d’aguicheuse, d’autres se contentent de faire la sourde oreille ou de se débarrasser d’elle en la renvoyant à un autre service. A l’hôpital, on lui rétorque qu’avant tout examen, il lui faut déposer une plainte à la police. Les agents de police, eux, on l’imagine, ne se montrent pas très réceptifs, c’est le moins qu’on puisse dire. Ils essaient tout ce qui est possible pour la décourager de porter plainte, et plus encore quand la jeune femme découvre la preuve que les coupables sont des agents du poste même dans lequel elle se trouve.
Les moments de peur succèdent à ceux du découragement, et pourtant la jeune femme puise la force de ne pas céder. Il faut dire que, même si la plupart de ses interlocuteurs lui sont hostiles, il en est aussi qui cherchent à l’encourager et à l’aider. Mais c’est en elle, dans ses propres réserves intérieures, qu’elle trouve une volonté qu’elle-même sans doute ne pensait pas avoir. Son personnage bouleverse et elle provoque une irrésistible empathie : si Mariam va au bout de son calvaire, si elle résiste aux intimidations, aux mensonges et aux pressions, c’est parce qu’elle sait que sa cause est juste. Sa dignité ne saurait lui être enlevée. 8/10
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