La Belle et la Meute
Note moyenne
4,0
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67 critiques spectateurs

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Thierry Raoult
Thierry Raoult

19 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 mai 2026
Film prenant de bout en bout, sujet sensible. Film nécessaire, très bien réalisé. Bravo à l'équipe et félicitations aux actrices et acteurs.
Nadia T
Nadia T

7 abonnés 507 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 mars 2026
Excellent film très prenant l'actrice principale est top on se rend compte de la situation injuste ou elle se trouve et on se demande même si elle va s'en sortir
Cadreum
Cadreum

62 abonnés 804 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 décembre 2025
Qui est le film ?
La Belle et la meute est un film qui tient ensemble, de façon tendue et volontairement inconfortable, deux ambitions : rendre compte d’un fait réel et transformer ce compte rendu en expérience. Son intérêt n’est pas seulement de raconter ce qui arrive à une femme après une agression sexuelle ; c’est d’obliger le spectateur à percevoir, corps et esprit, la machine sociale (hôpitaux, commissariats, tribunaux) qui, souvent, double, annule ou redouble la violence initiale.

Par quels moyens ?
Ben Hania abandonne la structure classique de l’avant et de l’après. Elle choisit une unité de temps : la nuit. Une nuit parcourue à travers les lieux qui devraient protéger. L’hôpital, le commissariat, la gendarmerie, le cabinet médical : autant d’espaces qui imposent leur propre dramaturgie. À chaque segment, un obstacle : un formulaire, une porte, un officier sceptique, un protocole, une meute trop rigide pour accueillir son récit. Cette fragmentation fait sentir que la prise en charge se transforme en parcours d’obstacles. Le dispositif devient une thèse incarnée : ce qui détruit, parfois, c'est autant l’acte initial que le chemin pour le faire reconnaître.

La caméra suit l’héroïne au plus près, souvent portée, parfois tremblée. Les cadrages serrés, la profondeur de champ réduite, l’enfermement de l’image produisent une sensation physique d’étouffement. Pas de lyrisme ici, pas de beauté salvatrice. Les sons hospitaliers, les pas précipités dans les couloirs, les voix administratives scandées comme des menaces, les cris des policiers qui frappent les formulaires : tout compose un paysage acoustique où la violence bureaucratique est plus audible que visible.

Comme toujours avec Ben Hania, le film avance dans une zone hybride. Ce n’est ni le documentaire pur ni la fiction dramatique. Ce choix pose une question éthique : peut-on styliser un événement traumatique ? La cinéaste répond en déplaçant son regard. Elle ne filme pas le viol mais ses conséquences administratives. Elle détourne la mise en scène de la violence pour la reporter sur l’appareil institutionnel qui la réplique. La fiction permet alors d’exposer ce que l’enquête journalistique seule ne pourrait montrer.

La Belle et la meute montre la parole dans tous ses états : fragmentée, haletante, répétée, contredite. La victime parle pour exister, mais chaque institution lui demande de parler autrement : preuve, date, heure, détail, récit stabilisé. Le film rend sensible le décalage entre la parole subjective, encore tremblée par la peur, et la parole administrative qui exige une version maîtrisée, cohérente. Au fil des scènes, on comprend que la vérité n’existe aux yeux des institutions qu’une fois traduite dans leur langue.

Ben Hania filme son héroïne comme un corps exposé malgré lui. La caméra s’attarde sur les gestes médicaux, les examens, les manipulations. Le spectateur voit un paradoxe : ce qui devrait soigner envahit parfois le corps comme une intrusion supplémentaire. La performance de l’actrice porte ce double mouvement : fragilité et résistance. Elle veut tenir debout, dire, raconter, affronter. Mais sa présence physique révèle la fatigue, la douleur, l’humiliation, sans jamais en faire une image de victimisation attendue. Son corps est la page sur laquelle s’écrit tout le film.

Où me situer ?
Le film se maintient à hauteur de regard, parfois même à hauteur de souffle, et c’est là que je mesure la justesse de son geste. J’admire la précision du dispositif, l’exigence de la mise en scène, cette capacité à faire naître la pensée depuis les images plutôt qu’à plaquer une démonstration préexistante. Mais il arrive aussi que cette rigueur se referme sur elle-même : le radicalisme du dispositif peut tourner au corset, et la dramatisation de ce fait divers interroge.

Quelle lecture en tirer ?
Au terme de cette nuit interminable, Ben Hania montre combien la « matérialité » exigée par la loi (certificats, expertises, preuves) peut devenir un instrument de disparition de la victime. La Belle et la meute politise l’attention en montrant que la justice dépend autant des protocoles que des personnes qui les incarnent. Son féminisme n’est pas déclaré ; il est agissant. Il montre comment l’incrédulité, le soupçon, la lenteur et les procédures deviennent des outils de domination. Il rappelle aussi que croire une femme est un geste de soin.
Renaud81
Renaud81

34 abonnés 88 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 novembre 2025
Passé relativement inaperçu en salle (cinquante mille entrées en cumulé), ce film de la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania vaut pourtant largement le détour. Cette réalisatrice, que je ne connaissais pas, montre avec maestria qu’elle sait filmer ! Ce film d’1h40 est constitué en tout et pour tout de 9 plans-séquences, chacun possédant une ambiance et des couleurs propres (la photographie est très soignée) et certains mettant en scène des décors très vastes et un grand nombre de figurants. Ce procédé permet un grand sentiment d’immersion et de réalisme. La caméra filme au plus près l’actrice principale, remarquable comme les autres comédiens. Tout cela est au service d’un scénario simple mais terriblement efficace : Mariam, lors d’une nuit de fête, a vécu le pire (cette scène n’est pas montrée, une excellente idée) et va lutter pour faire respecter ses droits et sa dignité. On suit alors son parcours du combattant, et ses rencontres avec spoiler: des interlocuteurs masculins tous plus froids et brutaux les uns que les autres.
Le titre est donc parfaitement adapté, et il faut préciser que le film est tiré d’une histoire vraie. En résulte un sentiment constant d’oppression, de malaise et d’empathie envers cette victime que personne ne veut reconnaître...Un film coup de poing, percutant et malaisant.
Uther Zendrest
Uther Zendrest

4 abonnés 321 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 avril 2025
Un sujet brûlant mais un peu gauche dans le jeu de l'actrice principale et dans la réalisation, avec des scenes qui parfois traînent en longueur.
Eyeswideopen
Eyeswideopen

5 abonnés 42 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 juin 2025
9 plans séquences vertigineux, dénonciation du patriarcat de la société tunisienne, découverte d’une réalisatrice et d’une actrice à suivre
Hotinhere

794 abonnés 5 495 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 janvier 2025
Récit éprouvant et édifiant (malgré quelques lourdeurs) de la nuit infernale d’une étudiante violée luttant pour obtenir la justice au sein d’une société tunisienne patriarcale. 3,25
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 088 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 septembre 2024
Dans ce film aux accents cauchemardesques, la réalisatrice Kaouther Ben Hania nous plonge toute une nuit aux côtés de Mariam, une jeune femme victime d’un viol et qui va errer dans les rues de Tunis, entre hôpitaux et commissariats de police, spoiler: où elle ne trouvera aucun soutien mais au contraire où elle se mettra encore plus en danger.
Portrait au vitriol d’une société tunisienne post Ben Ali, ce film réalisé en une dizaine de plans séquences prend la forme d’un réquisitoire implacable contre l’hypocrisie d’un pays rongé par la corruption à tous les étages. Sur la forme comme sur le fond, il n’est pas sans évoquer l’excellent La mort de Dante Lazarescu (2015) de Cristi Puiu. Inspirée d’une histoire vraie, une œuvre coup-de-poing salvatrice.
Roub E.

1 314 abonnés 5 393 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 juin 2024
Un film sur un sujet o combien d actualité qui donne la boule au ventre. La mise en scène est d une grande maestria tout au service de son sujet qui est l infériorisation des femmes jusque dans la loi et les règles et qui font qu au final la victime d un viol passe pour plus coupable que ses boureaux et qu il lui faut une volonté hors du commun pour arriver à faire reconnaître le crime qu elle a subit. Parfaitement maîtrisé de bout en bout sa démonstration en ressort implacable et limpide.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 26 mai 2020
Un film de bonnes intentions mais il manque de detailles, fini sur un cliffhanger sans followup ni pour le mec avec elle ni pour la journaliste. Avec la promesse d'une femme qui se battait pour ses droits le personnage est loin de là parce que elle était un peu trop écrasé et soumise qui à chaque fois aurai attendu qu'un homme lui dise quoi faire (youssef, si chedly..) et Parfois elle est conne (frapper la policiere/ seule femme en position de l'aider).
Ça reste engagent. Mais you don't get what you expect through the marketing of it
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 2 avril 2019
Insupportable ! La nuit de Mariam est un véritable cauchemar. C’est étouffant. « La belle et la meute » lorgne du côté du film d’horreur. Inspiré d’une histoire vraie, en plus ! Mariam est aux abois telle une proie. Blessée, elle trouve cependant la force de rester debout devant ses tortionnaires, hommes et femmes compris ! Quand je dis que la vie réelle écrit des scénarii bien plus convaincants que la fiction. Même si la « Belle et la meute » reste avant tout une fiction. Une Tunisie post révolution mise à mal. Le film est chapitré en 9 segments de 9 plans séquence comme pour mieux étouffer le spectateur. L’actrice, Mariam Al Ferjani réussit une très belle interprétation. Elle incarne parfaitement ce côté mi-gamine et mi-femme. Sa palette de jeu est remarquable. A suivre et à voir en V.O évidemment.
Marc L.
Marc L.

69 abonnés 1 828 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 janvier 2019
J’ai l’impression que le cinéma des pays arabes - du moins, celui qui parvient à franchir la Méditerranée, c’est à dire quelques films marocains, tunisiens, égyptiens ou libanais chaque année - a trop de choses à dénoncer pour se permettre de prendre le temps de s’adonner à la fiction. Une fois de plus, c’est un fait réel, révélateur des faillites des sociétés du Maghreb, qui sert de point de départ à ‘La belle et la meute’. A la sortie d’une soirée dansante, une jeune femme est violée par trois policiers, alors qu’elle est en compagnie d’un jeune homme rencontré quelques heures plus tôt. Désemparée et en état de choc, la jeune femme, secondée par son compagnon d’infortune, se rend à l’hôpital, où elle tente vainement de faire reconnaître médicalement le viol, puis au commissariat, où elle veut déposer une plainte. spoiler: Dans les deux cas, tous deux se heurtent à un mur du silence, à des règles administratives ubuesques et des interlocuteurs qui toisent une jeune femme moderne dont ils estiment tous sans le verbaliser qu’elle n’a eu que ce qu’elle méritait et deviennent subitement peu coopératifs dès qu’ils comprennent qu’ils se trouvent face à un cas potentiellement explosif. Il y a pire : dès lors que les faits sont établis et que les gardiens de la paix comprennent que le scandale pourrait éclabousser toute l’institution policière, le ton change instantanément.
C’est une campagne de sape, de manipulation plus ou moins ouverte et d’intimidation qui se déchaîne contre Maryam, qui va grandir d’un coup tout au long de la nuit, et comprendre que dans un pays comme la Tunisie, le droit au respect et à l’intégrité physique ne va pas de soi et qu’il faut lutter pied à pied, sans lâcher un pouce de terrain, pour les faire respecter par une société et des institutions qui n’ont pas évolué au même rythme que les lois et ne manifestent guère d’entrain à se mettre à la page. De la métamorphose par la force des choses d’une jeune femme en militante à la révélation d’un machisme institutionnellement enraciné, ‘La belle et la meute’ tire rageusement les squelettes hors du placard de la société tunisienne. Ce n’est pas la première fois que le cinéma nord-africain s’intéresse à la question : voici quelques années, ‘Les femmes du bus 671’, qui évoquait le phénomène des “frotteurs� dans les bus égyptiens, ne laissait comme seul choix aux victimes que de se faire justice à elles-mêmes. En comparaison, la Tunisie semble plutôt aller dans la bonne direction, le simple fait que les agresseurs aient fini par être condamnés et que ce film ait pu exister pour exposer l’affaire internationalement en sont les preuves la plus flagrantes.
LeMagduCiné
LeMagduCiné

71 abonnés 626 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 janvier 2019
Coup de poing dans la justice tunisienne avec La Belle et la meute. Le film entraîne et bouleverse dans une nuit interminable.
DarioFulci
DarioFulci

130 abonnés 1 412 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 novembre 2018
Le sujet du film est un vrai problème actuel: faire valoir ses droits quand on est une femme dans une société patriarcale. La question ne devrait pas se poser, mais quand la justice et ses représentants sont pourris, aveugles ou inconscients que faire ? L'Odyssée que vit l'héroïne pourrait être un récit d'anticipation, une fable qui imaginerait le pire. Mais non, c'est une réalité qui rend cette histoire d'autant plus crédible que les faits divers de cet acabit font désormais partie de notre quotidien.
Édifiant et révoltant, le film est en plus très bien mis en scène et interprété. Un bon gros coup de pied salvateur là où ça fait mal.
FaRem

10 595 abonnés 11 630 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 août 2018
Après s'être fait violer, Mariam pense que son cauchemar est terminé alors qu'il ne fait que commencer... Poussée par Youssef avec qui elle se trouvait lors de l'agression, elle décide de porter plainte seulement, cette décision va être lourde de conséquences et plus difficile à exécuter que ce qu'elle pouvait imaginer. Entre les médecins qui se renvoient la balle et les policiers qui font tout pour qu'elle abandonne les charges, Mariam va devoir faire preuve d'un grand courage et de beaucoup d'abnégation pour aller au bout de cette procédure. Cette histoire n'est pas que celle de Mariam, c'est celle de toutes ces personnes qui se sont battues pendant la révolution pour avoir des droits. Comme le rappel Youssef, c'est aussi pour ces gens qu'elle ne doit pas lâcher. Le film est partagé en plusieurs parties, 9 en l'occurrence qui sont réalisées en plan-séquence. Si le découpage n'apporte pas grand-chose, il est nécessaire pour garder cette réalisation en temps réel qui sans surprise apporte beaucoup de réalisme au film. La réalisatrice ne cherche pas à nuire à son pays, elle tente surtout de mettre en avant un système perverti. Le temps d'une nuit cauchemardesque, elle nous fait vivre une situation qui ne devrait plus exister de nos jours. "Aala Kaf Ifrit" est un film difficile et exigeant qui ne laisse vraiment pas indifférent. Et pourtant la réalisatrice n'en fait jamais trop ce qui n'est de toute façon pas nécessaire tant l'histoire est puissante et le récit captivant. La mise en scène est efficace et l'ensemble des acteurs convaincant. Bref, un très bon film qui est réussi autant sur le fond que sur la forme.
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