Enfin du cinéma iranien, fait par un iranien, pour des iraniens....pas pour un pseudo public de bobos occidentaux (suivez mon regard)...le résultat est d'autant plus intéressant, qu'il nous montre la société iranienne, sous un angle où naviguent vérité et réalisme social. qu'il nous dévoile sans faire trop de psychologie les embrouilles d'un homme intègre avec des gens trop sophistiqués ou peu recommandables.....C'est un peu un homme seul dans la ville, amis un homme droit sans être brillant , un homme ordinaire.....La technique du film est très honorable, lumière, cadrages, paysages, intérieurs, et le jeu d'acteurs séduisant, avec des visages authentiques et tannés, des répliques qui font réfléchir, et un scénario bien diversifié et tonique, Je recommande ce vent amer venu d'Orient....
Un film iranien extrêmement fort, à la mise en scène subtile, qui arrive à nous tenir en haleine de bout en bout tout en montrant les travers de la société iranienne, la corruption, ses interdits. On pourrait aussi le voir comme un film féministe tant la place de la femme y ait prépondérante, elle n'est pas vue ici comme une victime mais comme une combattante, un personnage fort et essentiel. Et j'ai rarement vu un film réussissant à influer une telle sensualité, un tel trouble entre deux personnages, sans jamais rien montrer explicitement. Le casting y est aussi pour beaucoup, tous les acteurs étant au diapason. Un grand film à voir absolument.
Quelque part entre "Léviathan", d'Andreï Zwiaguintsev, pour l'exposé de l'écrasement méthodique d'un homme par un système corrompu, et "Un prophète" de Jacques Audiard, car ici aussi on assiste à la formation d'un super caïd, sauf que celui-ci n'y était pas prédisposé comme l'était le petit voyou d'Un prophète, puis qu'il s'agit, ici, d'un homme "intègre"... Âpre et beau, le film est émaillé de fulgurances visuelles qui impressionnent, au sens littéral du terme, qui s'impriment sur la rétine pour ne plus sortir de votre mémoire cinéphilique, Comme quoi on peut faire du vrai cinéma, raconter une histoire de telle façon qu'on ne peut pas l'imaginer mieux racontée que par les moyens du cinéma, des images et du son, même avec un récit aux connotations politiques et sociales. Se réveiller aux sons d'une attaque de corbeaux. Rentrer chez soi en voiture la nuit tombée, sur une petite route de terre, et croiser plusieurs grappes de motards qui n'ont a priori rien à faire là et qui, par ce fait même, font monter une tension qui culminera devant un spectacle à la fois horrible et de toute beauté... Sitôt vu, sitôt rangé dans mes tops 10 de l'année, car je sais que j'en verrai peu, des films aussi riches dans la forme que dans le contenu, aussi nourrissants pour mon imaginaire !