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Aulanius
227 abonnés
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3,0
Publiée le 13 janvier 2018
J'avais qu'une hâte, le voir. J'ai revu plusieurs fois la bande annonce pour me faire patienter et tout me donner vraiment envie dans ses deux petites minutes. Un sujet assez tabou, un milieu pas facile (enfin pas toujours), des personnages souvent attachants et à la fois écorchés vifs. Tous les ingrédients étaient présents pour faire d'un long métrage un peu méconnu, un véritable séisme. Mon verdict est que ce n'est finalement pas aussi impressionnant que je l'imaginais. Les acteurs sont vraiment très bons, les deux principaux jouent vraiment à la perfection. Déception ceci dit de Lanners qui surjoue et j'irai même plus loin, il ne colle pas du tout au personnage. Des images assez dures parfois mais nécessaires, une ambiance oppressante, pas de langue bois, pas de temps morts, on s'y croirait. Petit bémol, ça manque de "fraîcheur", de bande originale et de plans/photographie qui nous donnerait encore plus envie de s'immerger. C'est pas esthétique mais en même temps, est-ce que c'est ce qu'on cherche là ? Je ne pense pas. Un peu déçu également de la chute car au final, pas de surprise même si je n'en demandais pas tant mais au moins qu'il y ait quelque chose qui nous tienne en haleine. Après, il faut avouer que côté réalisme, c'est vraiment très fort et on oublie aussi peut-être un point : les bêtes. C'est beau, simple, naturel, attirant, touchant. Enfin pour conclure, un meli-mélo de plusieurs choses qui font que "Mon Petit Paysan" est une bonne réalisation à découvrir mais qui pour moi ne dépassera pas mes espérance. 12/20.
Tout en assurant une crédibilité maximale (l'interprétation, les décors, les personnages), "Petit paysan" distille un suspens constant, de belles séquences d'émotion, et même quelques touches d'humour dans sa première partie. Pour un premier film, c'est très fort.
Un thriller agricole ? Pourquoi pas. Une étiquette un peu réductrice car le film utilise un univers réaliste et y injecte une intrigue à suspense elle aussi réaliste. Bonne idée car la singularité du sujet fait tout l'intérêt du film. Une lutte pour exister et survivre dans un monde paysan exsangue. La tension pèche parfois par manque d'intensité mais on ne va pas chipoter: ce film-là est une réussite.
Drame agricole pas commun qui montre toutes les difficultés d’un monde méconnu mais aussi toute la passion d’un métier et d’une vie. S.Arlaud éblouit l’écran par son émotivité. Un premier film poignant et maîtrisé, un projet fort et original qui donne une autre vision du cinéma rural.
En une heure et demie, on découvre un environnement sensible, éprouvant et difficile à travers l'illustration scénarisée de ce que la résolution d'un problème d'ordre public peut causer à un particulier. Et c'est réussi. Les interprétations sont excellentes, c'est émouvant. Seule la fin peut laisser un léger goût d'inachevé. Tout est tellement intéressant sur les causes et les conséquences d'un fait qu'on a envie d'aller encore plus loin. Un autre soucis m'a un peu fait rigoler car je les côtoies dans une DDPP : je n'ai jamais vu un agent des services vétérinaires se pointer à la ferme en costume, quand bien même avec une blouse ! Mais je n'en tiens pas rigueur.
Bien adapté au petit écran. Mélodrame socio-psychologique plus que film militant. La relation viscérale entre le paysan et ses animaux. Lequel sous la pression des règles sanitaires, d'une mère possessive, de la sœur véto, va progressivement péter un plomb. L'univers social est restreint et les virées avec les rares copains du village d'un glauque déprimant ne peuvent lui être d'aucun secours. Un beau portrait. Césars mérités. TV1 - janvier 2020
Cinéaste prometteur, personnel et attachant, Hubert Charuel nous livre un film assez troublant et prenant dans ses meilleurs moments, parfois creux dans ses passages faibles. Original, le parti pris du réalisateur de tourner son film dans la ferme de sa famille dont certains membres participent au film dans des rôles secondaires et assez étonnant les goûts de Charuel en matière de cinéphilie. Fan du cinéma de genre américain dont Cronenberg et Ridley Scott, il fait des références dans le film à ces cinéastes : mécanisme de la contagion (ici la maladie des vaches), grammaire filmique pour Alien (voir la façon dont il pose sa caméra en gros plan sur la têtes des vaches bavantes). Des réelles qualités de mise en scène baignent Le petit paysan donc ainsi que dans la façon de filmer les lieux et de générer une certaine angoisse (telle la scène du rêve en incipit du film). Le problème du Petit Paysan vient de la faiblesse d'un scénario parfois assez creux, pas assez travaillé. Ainsi, autant les scène web avec Bouli Lanners sont très originales, autant la rencontre physique entre les deux hommes tombent à plat. De même, la scène de l'interrogatoire avec les keufs est ratée et frise le ridicule. Le scénariste est le même que celui des Combattants dont les défauts étaient les mêmes. Le films reste assez bon et bien interprété par le prometteur et habité Swann Arlaud qui vit vraiment avec les bovins.
une belle histoire sur la vie quotidienne d'un jeune paysan qui reprend la ferme de ses parents, il est confronté à l'épidémie de la vache folle qui se bat à fond pour faire sauver toutes ses vaches. un film social avec un petit melange de thriller qui met un peu de suspense car il ne manque pas quelques longueurs. belle interprétation de" swann arlaud"et "sara girardeau". il se laisse très bien voir une fois.
Je me suis laissé prendre par ce film que j'ai adoré malgré un sujet qui n'a aucun intérêt pour moi, bon parisien que je suis. Les acteurs sont simple et frais, l'histoire dramatique donne de la compassion pour eux. une bonne surprise. 4/5. ----Septembre 2019----
Petit Paysan est un film français sans grandes prétentions, mais émouvant. Le film touche par sa sincérité et par la justesse avec laquelle il décrit une réalité souvent ignorée.
Voilà un bon petit film qui fait froid dans le dos et qui nous plonge dans l'univers des petites exploitations d'élevage avec son lot de solitude et de peur que tout s'effondre, de la fragilité de ce "moyen" de subsistance d'une ingratitude terrible. Acteurs au top, scénario plausible et sans dérives. Attention ceci dit, le tout est assez glauque (malheureusement à l'image du thème tellement vraisemblable). A ne pas regarder en ayant le cafard. je recommande tout de même.
Rare sont les fictions ayant pour cadre le milieu rural et « Petit paysan » est un thriller psychologique très bien écrit empruntant aux codes du genre pour dépeindre la pression et la solitude que peuvent vivre les paysans.
Un trentenaire éleveur de vaches laitières dissimule la maladie de ses vaches pour éviter de perdre tout le troupeau. Bien vite, la vérité le rattrape. Un film qui ferait presque office de documentaire sur les difficultés liées au métier de paysan : Les normes, les maladies, les relations familiales, amoureuses et les amitiés, tout est passé en revue, y compris l'accouchement des animaux et le relations d'entraide, de voisinages et avec les autorités. Un bon film qui mériterait d'aller plus loin même s'il en montre déjà beaucoup sur la détresse paysanne.
Rares sont les films qui auscultent notre patrimoine agricole et paysan. Encore plus rares sont ceux qui le font avec autant d’acuité, de réalisme, de bienveillance et d’empathie pour les personnages. « Petit paysan » est de ceux-là. Il nous plonge dans la vie d’un petit fermier, le petit paysan en question, qui donne sa vie pour son métier et ses vaches. Alors lorsque plane l’ombre d’une maladie sur son bétail, tout bascule. Le film se place à la lisière du documentaire dans certaines séquences qui nous montre le quotidien de ce petit paysan (comme celle de la mise à bas d’une vache aussi intense que celle de « Une hirondelle a fait le printemps ») et rejoins la fiction dès lors qu’il lui tisse une histoire propre. On sent cependant fortement le côté autobiographique de la chose ou vécu par le réalisateur Hubert Charuel qui fait preuve d’une incroyable maîtrise pour un premier film, justement récompensé de plusieurs prix à Cannes et Angoulème.
On comprend l’ampleur de la relation qui peut se nouer entre cet homme et ses bêtes, une relation quasi fusionnelle qui pourrait lui faire franchir la ligne jaune lorsque celles-ci sont menacées d’être abattues par principe de précaution. Ce lien pourrait être le même avec des chevaux, des arbres (comme dans « L’Olivier ») ou des moutons (comme vu récemment avec un film jumeau, l’islandais et très réussi « Béliers »). L’homme et sa terre, l’homme et ses bêtes, c’est très justement décrit et on comprend l’ampleur du désarroi d’un agriculteur lorsque son quotidien et son gagne-pain de toujours sont mis en danger. « Petit paysan » est donc un film terriblement d’actualité à l’heure où ce fameux principe de précaution mais aussi des lois européennes agricoles drastiques et de nouvelles maladies alimentent régulièrement les informations et la vie du monde et agricole. On sent poindre une critique envers ces institutions bureaucratiques qui décident en lieu et place du savoir-faire paysan.
Les seconds rôles sont savoureux et bien campés, notamment Isabelle Candelier et ce vieux paysan qui joue son propre rôle, et permettent quelques passages plutôt drôles qui viennent aérer le long-métrage. Swann Arlaud est également parfait à tel point qu’on le croirait paysan depuis toujours. L’émotion n’est pas en reste, rendue par la relation tissée avec la sœur vétérinaire impeccablement campée par Sara Giradeau mais surtout par ces rapports si particuliers que l’homme entretient avec ses bêtes. La dernière partie se traîne un peu plus en longueur et le passage vers le suspense par petites touches, s’il n’est pas raté, est un peu moins passionnant (la partie avec Bouli Lanners est moins convaincante). Il n’empêche le mélange des genres est probant et « Petit paysan », sans être exceptionnel, s’avère un film du terroir juste et précieux que sa rareté rend encore plus indispensable.