Peu de films se sont intéressés à la difficulté de ces agriculteurs dont l'exploitation animale est décimée par une maladie. Le film réussi islandais l'avait fait en 2015 avec "béliers" et Hubert Charuel nous frappe au cœur avec son "petit paysan". Le spectateur en totale empathie avec Pierre, joué finement par Swann Arlaud, dont la vie est totalement dévouée à son élevage bovin voit sa vie bouleversée avec une maladie foudroyante qui s'attaque à son troupeau. Qui n' a pas vu ou entendu les ravages entrainés par la maladie de la vache folle?... Combien d'exploitations en faillite, de famille brisée, de suicides d'agriculteurs?... Au plus près de ce drame, filmé de façon quasi documentaire, le réalisateur plonge le spectateur en immersion dans cette exploitation laitière comme il en existe tant. Un film fort, dense et réussi à ne pas manquer.
Il y avait la matière d'un film puissant. La détresse, mais aussi les contrastes du monde paysan représentent un sujet brûlant, un bout de la lorgnette important à choisir pour comprendre la société française de 2017. Et quand on a la chance d'avoir devant sa caméra un gars comme Swann Arlaud, d'une vérité, d'une crédibilité rare, on ne badine pas avec le scénario. Il fallait s'en tenir à l'ordinaire, effacer l'anecdotique. Quel paysan élève un veau dans son salon ? Quel paysan peut faire monter seul 25 vaches dans une semi-remorque flambant neuve pour les emmener en Belgique ? Il y a peut-être eu de ces hurluberlus, mais ce n'est pas ceux-là qu'incarne S. Arlaud. Lui, Il est dans la peau d'un paysan ordinaire : vieux garçon pas aigri dans une vieille ferme héritée de ses parents un peu envahissants. C'est dommage d'avoir donné cette confiture aux vaches.
La vision bobo du monde de la ferme, le tout servi par un jeu d'acteurs sortis du théâtre municipal local. Du coup, en évoquant le thème des vaches le film évacue difficilement, et au bout d'une longue heure et demi, une bouse bien moulée. Les petits cercles parisiens n'ont pu que s'extasier devant tant de clichés (avec ces tous vilains gendarmes qui se font corrompre en échange de 5 faux filets et trois bavettes). L'idée était bonne mais rien n'est achevé. La boulangère ne sert à rien (et ne nous roule pas dans la farine), les parents ne servent à rien (du coup on les envoie en Corse), le road trip en Poids Lourd ne sert à rien (du coup Oui-Oui revient à la ferme), les amis ne servent à rien (du coup ce sont de débiles chasseurs alcooliques), les démangeaisons dans le dos ne servent à rien (du coup j'ai revendu mon stock de biafine en prévision d'une épidémie de fièvre bovine).
Ce film est brillamment interprété. Plus proche d'un documentaire que d'un film, il est le reflet d'une magnifique et indispensable profession, celle d'agriculteur. C'est un chef d'oeuvre d'émotion. Une atmosphère parfois insoutenable mais un regard réel sur le monde agricole. Swann Arlaud et Sara Giraudeau sont exceptionnels. À voir absolument mais pas un jour de cafard.
Le scénario reflète bien la vie des agriculteurs(pour ce que j'en connais), divers aspects sont évoqués, à divers degrés (l'absence de vie sociale, le métier dur et épuisant, la vie amoureuse, la transmission de l'exploitation et le regard de tes parents, la maladie des vaches, etc). Bien encré dans notre présent, entre drame agricole et épidémie animale. Moi, j'ai aimé, après, on pourra lui trouver des défauts (la réaction de cet agriculteur, qui s'enfonce dans les mensonges et les mauvaises décisions) mais c'est pas mal joué, et c'est un sujet tellement sous médiatisé, que ça mérite de s'y pencher!
Un joli film sur la vie d'un jeune paysan confronté une maladie incurable pour son troupeau et qui va tout faire pour s'en sortir et sauver ses bêtes. L'interprétation de Swann Arleau est tout à fait remarquable, l'interprétation générale très bonne pour l'ensemble des acteurs d'ailleurs. Un film très réaliste sur la condition paysanne, ses difficultés et son difficile mode de vie. Beaucoup de crédibilité et sincérité dans cet émouvant long métrage. Du bon cinéma français.....
Un très beau petit film passé inaperçu à la fin de l'été 2017 sur nos grands écrans. Il s'agit du premier film de son réalisateur qui était lui-même fils de paysans. C'est tendre, léger, mais aussi d'un grand réalisme et d'une grande maîtrise. Ça se regarde facilement et rapidement. Néanmoins, il ne s'agit pas d'une comédie mais d'un drame et certaines scènes sont assez fortes émotionnellement. La fin est plutôt délicate à voir et à accepter. On sent que cet éleveur, Pierre joué de manière impeccable par Swann Arlaud, aime ses bêtes, qu'il en est très proche, que c'est sa vie, et c'est beau à voir. "Petit Paysan" montre la dure réalité de ce difficile mais fabuleux métier. J'ai vraiment passé un très bon moment devant ce film qui vient s'inscrire parmi les petites perles du cinéma français de 2017.
Costaud. Les affres de Pierre, jeune éleveur, face à une épidémie qui atteint deux de ses vaches.
Bien joué, bien filmé, très crédible. En fait H. Charuel sait parfaitement de quoi il parle : fils d’agriculteur, il a failli reprendre la ferme de son père, qui joue du reste dans le film le rôle du père de Pierre.
Les deux acteurs principaux -mis à part les vaches- sont excellents, Swann Arlaud et Sara Giraudeau font une très belle paire de frère passionné et de sœur plus réfléchie (elle est vétérinaire) mais complice de son frère.
Certains trouvent ce film caricatural ; c’est clair, c’est du cinéma et Petit paysan ne représente pas -fort heureusement !!- la vie quotidienne de n’importe quel éleveur. Ceci dit, on pense en le voyant aux trop nombreux suicides de paysans, mais aussi à Jérôme Laronze (cf Un-paysan-a-ete-tue-par-les-gendarmes sur le site ''reporterre.net'').
J'avais qu'une hâte, le voir. J'ai revu plusieurs fois la bande annonce pour me faire patienter et tout me donner vraiment envie dans ses deux petites minutes. Un sujet assez tabou, un milieu pas facile (enfin pas toujours), des personnages souvent attachants et à la fois écorchés vifs. Tous les ingrédients étaient présents pour faire d'un long métrage un peu méconnu, un véritable séisme. Mon verdict est que ce n'est finalement pas aussi impressionnant que je l'imaginais. Les acteurs sont vraiment très bons, les deux principaux jouent vraiment à la perfection. Déception ceci dit de Lanners qui surjoue et j'irai même plus loin, il ne colle pas du tout au personnage. Des images assez dures parfois mais nécessaires, une ambiance oppressante, pas de langue bois, pas de temps morts, on s'y croirait. Petit bémol, ça manque de "fraîcheur", de bande originale et de plans/photographie qui nous donnerait encore plus envie de s'immerger. C'est pas esthétique mais en même temps, est-ce que c'est ce qu'on cherche là ? Je ne pense pas. Un peu déçu également de la chute car au final, pas de surprise même si je n'en demandais pas tant mais au moins qu'il y ait quelque chose qui nous tienne en haleine. Après, il faut avouer que côté réalisme, c'est vraiment très fort et on oublie aussi peut-être un point : les bêtes. C'est beau, simple, naturel, attirant, touchant. Enfin pour conclure, un meli-mélo de plusieurs choses qui font que "Mon Petit Paysan" est une bonne réalisation à découvrir mais qui pour moi ne dépassera pas mes espérance. 12/20.
Un trentenaire éleveur de vaches laitières dissimule la maladie de ses vaches pour éviter de perdre tout le troupeau. Bien vite, la vérité le rattrape. Un film qui ferait presque office de documentaire sur les difficultés liées au métier de paysan : Les normes, les maladies, les relations familiales, amoureuses et les amitiés, tout est passé en revue, y compris l'accouchement des animaux et le relations d'entraide, de voisinages et avec les autorités. Un bon film qui mériterait d'aller plus loin même s'il en montre déjà beaucoup sur la détresse paysanne.
La première force de « Petit paysan » est d’avoir été réalisé par un jeune homme qui a grandi dans l’univers et signe donc un film constamment juste. Et puis, plutôt que de faire un film social misérabiliste comme le cinéma français nous abreuve beaucoup trop, Hubert Charuel choisit et réussit de créer une vraie tension et un vrai suspense. Son héros, aveuglé par le coup dur qu’il doit affronter se comporte comme un Don Quichotte moderne qui ne fait plus la part du bon sens et de la légalité dans son combat quotidien. Le jeune acteur Swann Arlaud, révélation du film, apporte à son personnage toute cette contradiction entre humanisme, survie et aveuglement. A ses côtés, dans la rôle de la sœur vétérinaire, elle aussi confrontée entre l’affection pour son frère et le sens de ses responsabilités, Sara Giraudeau est convaincante dans son premier rôle majeur et adulte au cinéma. Trio gagnant donc pour un film au budget modeste qui mérite d’être vu.
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3,0
Publiée le 9 janvier 2018
Pour son premier film, Hubert Charuel a décidé d'aborder un sujet qu'il connaît bien puisqu'il a lui-même grandi dans une ferme et il aurait d'ailleurs pu prendre la relève s'il n'avait pas décidé de travailler dans le milieu du cinéma. Ce film qui est tourné dans la ferme de ses parents raconte un peu l'histoire qu'il aurait pu avoir, mais façonnée d'une façon à avoir un produit fait pour le cinéma. "Petit paysan" n'est pas un simple drame sur le monde agricole même si le début est réaliste et proche de celui d'un documentaire, mais c'est un film qui peu à peu évolue vers le thriller psychologique avec la paranoïa de Pierre qui ne fait que croître. Les difficultés du métier, l'isolement et les nombreux sacrifices, le réalisateur dresse le portrait d'un homme qui a peur pour ses bêtes ainsi que d'une profession difficile. On assiste à une vraie descente aux enfers, une spirale infernale ponctuée par des mensonges et des manigances qui ne font qu'empirer la situation. Pour un premier film, c'est plutôt réussi. C'est volontairement froid, mais l'histoire est prenante et les acteurs très bons. Le concept aurait pu être poussé plus loin, mais ça aurait enlevé de la crédibilité à l'histoire alors que là, le réalisateur a trouvé le juste-milieu entre drame et thriller.
Un très beau film sur le milieu paysan à la limite du documentaire. A noter la prestation exceptionnelle de Swan Arlaud que je ne connaissais pas. Sara Giraudeau est très convaincante également. Une histoire simple, poignante qui nous touche au coeur. A voir
Film que j'ai trouvé touchant. Il permet de comprendre la détresse de nos éleveurs dans cette situation. Très bien joué et beau style dans la réalisation.