Une histoire d'Âmis'maux. De nons dits en tuerie. Un sujet délicat de choix et de décisions. Hubert Charuel aborde les difficultés des exploitations touchées par des crises, le monde des paysans, la vie de celles et ceux qui nourrissent le pays.
Petit Paysan est un film français sans grandes prétentions, mais émouvant. Le film touche par sa sincérité et par la justesse avec laquelle il décrit une réalité souvent ignorée.
Un film qui décrit le quotidien difficile des agriculteurs et notamment des éleveurs contraint d’abattre leur troupeau pour raisons sanitaires. Une réalité encore d’actualité presque 10 après. Swann Arlaud incarne très bien son rôle.
Petit Paysan est un film d’une rare justesse, capable de transformer le quotidien d’un agriculteur en véritable thriller émotionnel. Hubert Charuel filme la détresse d’un éleveur confronté à une épidémie avec une proximité presque documentaire, sans jamais tomber dans le misérabilisme. Swann Arlaud livre une performance bouleversante : intense, fragile, totalement habitée. Le film brille par son réalisme brutal, sa tension permanente et son humanité profonde. Il montre la solitude des agriculteurs, le poids des normes sanitaires, et surtout l’amour viscéral qu’ils portent à leur troupeau. Une œuvre simple mais puissante, qui marque durablement.
Une œuvre déchirante d’1h30 qui passe à une vitesse folle. Dès l’introduction, j’ai compris que j’allais voir un super film. C’est l’histoire d’un agriculteur très impliqué dans son activité et très craintif à l’idée de perdre son troupeau si maladie il y a. J’ai trouvé génial d’étudier ce métier et ses difficultés de ce prisme là, dans une cruauté poétique et un cercle vicieux sans fin. Le duo de comédiens est magistral et Hubert Charuel est très intelligent dans cette mise en scène prenante et profonde. spoiler: J’adore le fait d’avoir inventé un virus très contagieux qui va tout détruire à petit feu et surtout, qu’il puisse se transmettre à l’être humain. Cela renforce magnifiquement le lien qu’il tisse avec ses bêtes. Un quasi’ chef d’œuvre pour ma part. 17/20
Rare sont les fictions ayant pour cadre le milieu rural et « Petit paysan » est un thriller psychologique très bien écrit empruntant aux codes du genre pour dépeindre la pression et la solitude que peuvent vivre les paysans.
Surprenant polar social, à la fois très ancré et virtuose dans sa mise en scène, un cinéaste à suivre, dont on attend le prochain opus très prochainement je crois.
Premier long-métrage de Hubert Charuel, "Petit paysan" aborde la détresse des agriculteurs confrontés à une crise sanitaire de type "vache folle" ou "grippe aviaire". Le film dresse un constat alarmant sur leur sort dans une ambiance proche du roman noir. Porté par une remarquable interprétation de Swann Arlaud, il s’agit sans doute d’un des meilleurs long-métrages sur le sujet. Un thriller rural honnête et souvent prenant.
Un film magnifiquement interprété, on dirait presque un documentaire. Mais c'est là sa limite. On assiste à une tranche de vie, qui aurait pu suffire à un documentaire, mais le scénario, un peu simple, ne suffit pas pour un film. Les personnages secondaires auraient pu être plus développés.
J’ai aimé ce film. Il nous apprend la dure vie d’un petit paysan frappé de plein fouet par la maladie de la vache folle. La lutte à mort pour sauvegarder à tout pris son troupeau de vache. Mais en vain, la maladie finira par décimer son troupeau. L’acteur me fait rappeler à Bruno Dambach. Mais que devient il ?
Petit Paysan est le mugissement d'agonie des éleveurs de petites exploitations, étouffés de toutes parts par les règles sanitaires drastiques en cas de foyer infectieux (ici, la fièvre hémorragique bovine, une maladie réelle vraiment impressionnante, "parfaite pour la caméra", si l'on peut dire), par les indemnités financières qui n'arrivent jamais, par un métier qui demande le sacrifice social le plus absolu. Petit Paysan, c'est aussi le vêlage de son acteur principal, Swann Arlaud, déchirant au possible dans ce rôle du fermier qui tente tout pour sauver ses bêtes, qui nous crève le cœur à chaque nouveau palier franchi vers sa fin inextricable et tragique : ici le bestiau épuisé qu'on pousse dans le couloir de la mort froid et métallique, direction le pistolet d'abattage, c'est ce pauvre paysan. On ne compte pas les scènes glaçantes, au silence lourd comme du plomb, au regard désespéré de Swann Arlaud et à sa main rougie à l'improviste qui nous fait lâcher un juron (le César qui a suivi n'était qu'une évidence), au désabusement jamais caché sur l'inutilité de tous ses efforts, à l'ambiance qui poisse et colle à la peau du spectateur comme cette blouse de travail ensanglantée qui mêle le sang de l'animal à celui de son maître... Tout est maîtrisé, virtuose dans la tension, jamais généraliste (on n'oublie évidemment pas les chiffres affolants d'un paysan qui se suicide tous les deux jours en France, mais le film a l'élégance de terminer sur une note moins nihiliste : spoiler: le paysan n'a plus rien, probablement aucun espoir à avoir quant aux indemnisations ou nouveau cheptel, il erre simplement en attendant de savoir s'il rejoint les statistiques, ou pas ), comme s'il voulait laisser entrevoir qu'il ne tient qu'au gouvernement (qui n'a aucune considération pour ce corps de métier en souffrance) et aux consommateurs (mangez local, et "plus artisanal", pour sauver l'agriculture raisonnée, actuellement bouffée entre deux pains à burger par les gros industriels et les lois européennes ultra restrictives) de changer les choses. Petit Paysan laisse la porte de l'enclos ouverte à toute interprétation finale (optimiste ou pessimiste, il n'y a pas de bonne ou mauvaise réponse), et Swann Arlaud s'en est échappé (la révélation du film) pour nous mettre le cœur au bord des lèvres et les mains moites (l'adorable petit veau, porté en Pièta, nous a achevé), avec une facilité déconcertante. Un portrait tristement réaliste, glaçant, stupéfiant, de la condition paysanne moderne, qui nous marque au fer rouge.