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Un visiteur
5,0
Publiée le 3 septembre 2017
Un film original et sincère, terriblement émouvant et non dénué d'humour. Les acteurs sont tous d'une grande justesse Swann Arlaud et Sara Giraudeau en tête. J'y suis allé un peu par hasard, le sujet ne m'attirait pas particulièrement, mais j'ai été surpris à quel point je suis rentré dedans
Un bon documentaire concernant les paysans d’aujourd’hui qui passent beaucoup de temps devant l’ordinateur et vont au bowling mais dont la vie sentimentale est bien maigre sous la bonne volonté étouffante de la famille. Pour un amateur des témoignages authentiques et forts autour d’une toile cirée type "La terre des paysans" de Depardon, connaissant par ailleurs les barbelés, les veaux nourris au seau, les manœuvres au tracteur, le fumier et les cours encombrées, l’ambition dramatique m’a parue empruntée. Les rêves avec les holsteins envahissant la chambre du jeune agriculteur confronté à une crise sanitaire dans son troupeau sont forts et explicites, mais le versant thriller avec le bruit de la machine à traire qui constitue pourtant un fond sonore excellent, est moins convaincant. Pourquoi avoir transfiguré la maladie de la vache folle? Le déni du jeune agriculteur, ses doutes destructeurs étaient des moteurs suffisamment puissants pour faire naître la tension. Le voyage en camion jusqu’en Belgique est bien inutile comme les cloques solidaires dans le dos du jeune homme ou le veau sur canapé. Pour ce qui est de filmer des vaches « Bovines » d'Emmanuel Gras me semble indépassable. En ce qui concerne les fuites contemporaines face à l’adversité, à la mort, qu’essayent d’amortir les principes de précaution, la sœur vétérinaire met heureusement son véto aux délires du petit frère. Elle le sauve, lui investi dans son travail, pathétique, malade de sa conscience professionnelle qui n’est plus une réponse à la complexité du monde qu’on appelle parfois « folie du monde » quand on ne peut rien, alors que tant de jeunes « partent en vrille ».
Les vaches occupent toute la vie de Pierre, et pas seulement économique, puisqu'elles viennent même hanter ses rêves. Le premier film de Hubert Charuel, tout frais sorti de la FEMIS qu'il remercie d'ailleurs dans son générique, aurait pu, à prime abord, faire penser à un vulgaire téléfilm sur la condition paysanne en France. En réalité, "Petit Paysan" est filmé à la manière thriller mais dans un contexte bucolique. Dès les premières séquences, la tension dramatique est posée. Celle d'un agriculteur laitier plutôt chanceux et attaché à une qualité de production, qui voit une de ses vaches succomber à une fièvre mortifère. Le jeune-homme, désemparé, fait alors tout pour échapper à la destruction de son troupeau. Le réalisateur dresse un récit qui ne tombe jamais dans le manichéisme. Au contraire, il dresse une histoire qui dépeint la complexité des sentiments, la difficulté à exercer le métier de paysan pour les jeunes générations, la solitude contrainte par le travail. Plus gravement, le réalisateur montre avec effroi et force, les ravages de la pression européenne sur la production laitière avec en filigrane, la question sensible du suicide des agriculteurs. La mise en scène évite la facilité grâce aussi à des acteurs tout à fait prodigieux, à commencer par Sara Giraudeau, qui habite son rôle avec dignité et grâce, et évidemment Swan Arlaud qui joue avec subtilité ce petit paysan tout aussi désespéré qu'attachant. Voilà donc une première œuvre délicate et terrible à la fois qui échappe enfin au parisianisme ambiant, aux coquetteries des bobos, pour s'attarder sur la France laborieuse, secrète. En ces temps troublés politiquement, "Petit Paysan" est un film utile et sensible.
Un bon petit film. Pas le film de l'année mais un scénario original avec quelques invraisemblances . On découvre un monde qui inspire peu les réalisateurs d'habitude. De bons acteurs, Swan Arlaud est très convaincant en Prince des Vaches introverti. Sara Giraudeau fait aussi une bonne prestation, c'est fascinant ce qu'elle ressemble à son regretté père.
De Hubert CHARUEL (2017); Un film profondément humain et sociétal sur une réalité du monde paysans . D'emblée on voit bien le vécu du réalisateur qui dans sa jeunesse a vécu dans une ferme. Tout sonne juste, la vie au jour le jour, la somme de travail à accomplir dans la journée . Filmé en décor plus vrai que nature puique dans une vraie ferme. Le film s'inspirant de plus sur les crises les plus graves de l'élevage en France et Europe. Humainement fort et très bien porté à l'écran par Swann ARLAUD et Sara GIRAUDEAU,
Film qui montre la dure vie de paysan dans les campagnes françaises et belges. Les images sont Belles, les plans intéressants mais l'histoire traîne ... on s'attendrait à ce qu'il se batte contre les autorités mais non... il essaye juste de retarder l'échéance
Un film authentique sur le métier d'éleveur, sur la passion nécessaire pour le faire et la solitude qui va nécessairement avec. Le ton est juste, ni larmoyant ni élogieux, et l'histoire nous montre l'engrenage d"un éleveur face à un phénomène, la maladie de son élevage, qui le dépasse. L'acteur principal est super mais un petit bémol néanmoins: une fin un peu bâclée.
Si le propos ne manque pas de force, il faut reconnaître que le scénario pêche par son côté conventionnel et son absence de lyrisme. On est ici dans l'entre-deux, ni dans le docu à la Depardon, ni dans la fresque à la Loach et c'est là où le bât blesse : le cinéaste parsème le récit de pistes aussitôt abandonnées et de personnages secondaires réduits à des ombres, sans miser pour autant sur le minimum de vraisemblance requis (la virée en Belgique au volant d'un camion...). Les comédiens sont pourtant remarquables mais ils ne peuvent porter à bout de bras un projet aussi hésitant.
C'est une histoire dramatique, terrible, dure à regarder. Mais en même temps le film est vraiment très bien, réaliste, sobre, émouvant. Je me suis bien mise à la place de ce monsieur et j'aurais agi de la même façon. Cependant, j'aurais préféré spoiler: une autre fin que cette issue fatale et tragique .
Hubert Charuel, le réalisateur, est fils d’éleveurs et il a tourné ce film dans la ferme de ses parents. Il connaît parfaitement le sujet, il sait ce que c’est que d’élever des vaches laitières et il n’ignore rien du traumatisme que subissent les paysans dont une des bêtes est frappée par une maladie et qui assistent, impuissants, à l’abattage de tout leur cheptel. La crise de la vache folle reste dans tous les esprits. Dans le film, c’est Pierre (impeccablement joué par Swann Arlaud), qui se trouve confronté à un dilemme. Dès le début du film, une scène onirique le souligne, il ne vit que pour son troupeau, rien d’autre ne compte, pas même la boulangère avec qui ses parents le verraient bien se mettre en ménage. Et quand, à son désespoir, il découvre qu’une de ses vaches est malade, il est prêt à tout pour sauver le restant de ses bêtes, tous les stratagèmes sont bons, quitte à devoir mettre dans la complicité sa sœur vétérinaire (Sara Giraudeau). Le film oscille assez curieusement entre le drame social et le thriller psychologique et il penche parfois vers le stéréotype quand il fait intervenir un paysan dont tout le troupeau a été abattu et qui s’épanche sur Youtube. Le réalisateur n’a pas réussi à éviter totalement les clichés. Le film n’en est pas moins convaincant et, bien sûr, émouvant. 7/10
Petit Paysan est un grand film. Déjà il est rare de voir un thriller agricole, le monde ici décrit est parfaitement réaliste et documenté, le réalisateur aurait pu reprendre l'exploitation familiale lui aussi et çà se sent. Ensuite l'interprétation est parfaite, Swann Arlaud dont la filmographie est déjà longue est promis à un bel avenir. C'est un bel hommage à tous ces hommes qui se battent pour notre subsistance, Petit Paysan est un film franc et percutant sur un monde qui se désagrège devant nos yeux.
Un premier film maîtrisé, entre thriller agricole et émotion, une éclatante réussite qui place le jeune cinéaste dans les grands espoirs du cinéma français.
j ' ai lu des critiques très négatives mais elles sont émises par des personnes impliquées dans une lutte contre l ' exploitation intensive des animaux ou pour une nourriture végétarienne , une lutte estimable , mais pour moi , je me bornerai à une critique cinématographique , petit paysan est un film prenant , émouvant interprété magnifiquement par swann arland qui nous fait croire à son personnage et nous le rend attachant .
"Petit Paysan" nous fait entrer dans le quotidien d'un éleveur de bovins. Ses envies, ses exigences, ses peurs sont abordées simplement et nous comprenons rapidement les enjeux qui se cachent derrière tout ça. La peur de tout perdre domine et amène a faire des actes inespérés. L'histoire est bien ficelée se concentrant sur le nécessaire et évite très peu d'histoires secondaires sans intérêt. La réalisation, très sobre, colle au sujet. Les dialogues sont vraiment bons et les acteurs sont tous très justes. Un petit film qui reflète bien le mal-être des agriculteurs et qui va faire parler de lui.
Le principal intérêt du film c'est qu'on a un très bon aperçu de la vrai vie d'un petit agriculteur, avec des personnages bien ficelés : l'ami geek avec sa grande ferme, le vieux voisin chiant, la maman qui n'arrive pas à laisser la main, le YouTubeur belge militant... L'acteur principal est génial, l'ambiance du film très attachante. Dommage que la fin soit complètement ratée à mon gout : pourquoi ne pas avoir rajouté 20 minutes pour nous en dire un peu plus ?