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Marc L.
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4,0
Publiée le 24 septembre 2018
A première vue, le monde agricole ne semble pas idéalement taillé pour le cinéma, à l’exception du documentaire et de quelques apparitions dans des comédies de bas étage qui réduisent cette catégorie socio-professionnelle à un ramassis de ploucs arriérés. J’exagère : il y a aussi quelques drames qui parlent des difficultés des paysans d’aujourd’hui à faire face au manque d’attraits du métier, aux pièges du libéralisme, aux contraintes économiques et à des normes d’hygiène de plus en plus drastiques, j’en ai regardé un spécimen canadien il n’y a pas si longtemps, mais il faut bien dire ce qui est : ces films sont généralement aussi ennuyeux à suivre qu’un match de cricket.?- C’est donc avec un certain étonnement qu’on parvient à se passionner pour ‘Petit paysan’ qui, pourtant, ne traite pas d’autre chose : le drame d’un éleveur qui, confronté à un cas d’épizootie dans son petit cheptel, va tout faire pour éviter l’abattage collectif, tant la perte du troupeau serait une catastrophe pour lui. Le film est loin de glorifier l’illégalité : au contraire, il insiste sur le fait que les mécanismes d’indemnisation existent pour les éleveurs touchés par ces drames, mais il dépeint aussi un éleveur pour moitié nourri de fausses croyances sincères et d’intox web, pour moitié dans une telle relation de proximité avec son troupeau que leur possible abattage est vécu comme un drame personnel au point que le sentiment d’échec et d’incompétence qui en découlerait le conduirait à une totale remise en question. Bien sûr, si vous vous intéressez au minimum à l’agriculture moderne de dimension humaine, la précision et le réalisme avec laquelle Charuel, lui-même fils d’agriculteurs, dépeint cet univers vaut le détour non seulement au niveau des actes professionnels, que l’acteur Swann Arlaud, a visiblement appris à maîtriser de manière crédible mais également dans plusieurs dimensions périphériques, comme la solitude affective et le rapport à la rumeur, tous deux conséquences d’un manque de temps à consacrer à autre chose qu’au travail agricole. Mais c’est surtout dans sa nature de “micro-thriller campagnard� et dans sa représentation sans clichés d’un monde entré en agonie que ‘Petit paysan’ s’impose comme une de ces bonnes surprises que le cinéma français réserve parfois, hors des sentiers battus et de grosses productions généralement décevantes.
Un thriller rural poignant, d’un grand réalisme, où l’on est transporté dans les angoisses d’un jeune fermier confronté à la maladie de son troupeau, interprété magistralement par un Swann Arlaud, habité par son personnage.
Un très beau film sur le milieu paysan à la limite du documentaire. A noter la prestation exceptionnelle de Swan Arlaud que je ne connaissais pas. Sara Giraudeau est très convaincante également. Une histoire simple, poignante qui nous touche au coeur.
« Petit paysan » est auréolé d’un quasi consensus critique de la part de la presse comme de celle des spectateurs au point d’avoir remporté pas moins de 3 césars. Mais, après avoir enfin rattrapé mon retard en visionnant le film, je dois dire que je le trouve tout de même assez surestimé. Effectivement, « Petit paysan » est un bon film qui aborde un sujet aussi intéressant qu’important de manière originale sur le papier en plus d’être solidement interprété. Après avoir constaté cela, je remarque tout de même que le métrage manque cruellement d’audace, tant au niveau de la forme que du fond. Je sais que c’est le premier film d’Hubert Charuel mais je m’attendais tout de même à une réalisation plus osée, le cinéaste français se montrant très sage si bien que le film a du mal à s’imposer comme le « thriller rural » qu’il voudrait être. Certains partis pris d’écriture m’ont également dérangé, notamment la composition du personnage principal que j’ai trouvé insupportable et pour lequel je n’ai donc pas pu ressentir d’empathie. Que le personnage central soit aussi détestable pose un réel souci dans un film tel que celui-ci et je pense que cela vient également du problème auquel est confronté le personnage. En effet, le fait que Pierre doive faire face à une épidémie au sein de son troupeau de vache le pousse à agir de manière inconsciente et égoïste ce qui ne m’incite pas à l’apprécier d’avantage. Je comprends évidemment pourquoi le personnage réagit de la sorte et ce que le film veut dénoncer mais, je pense qu’il aurait été beaucoup plus efficace de nous montrer un paysan en difficulté économique à cause, par exemple, du prix d’achat de ces produits ou de la concurrence étrangère. Les intentions du long-métrage sont nobles mais c’est leur application que je questionne et trouve maladroite même si, comme je l’ai dis, « Petit paysan » reste globalement un film.
C’est du cinéma naturaliste qui suit de manière très réaliste l’histoire simple de ce petit paysan dont la vie a été consacré à son travail et qui vit la peur de perdre tout ce pourquoi il a vécu (ou ce qui l’a empêché de vivre d’ailleurs). Franchement ce n’est pas du tout mon genre de film, mais la formidable interprétation de Swann Arlaud a réussie à m’embarquer. Je reconnais aussi de vraie qualité de mise en scène, mais comme je le disais ce n’est vraiment pas ce que je cherche au cinéma et cela ne me laissera donc pas un souvenir impérissable.
L’éleveur faisait plus qu’un métier. Il aimait ses vaches au point d’aller au suicide avec. Chercher des solutions était ce qui leur restait. Seul contre tous. Un film vraiment fort qui est en même temps un témoignage du métier d’éleveur.
Un film totalement bluffant de réalisme, grâce à des acteurs totalement habités par leur rôle, des scènes quotidiennes d’un élevage de vaches laitières plus vraies que nature ( on assisté même à un véritable vêlage ), bref, une descente à la ferme rendant un vibrant hommage à ces agriculteurs qui nous nourrissent et sont insuffisamment reconnus. Là dessus se greffe un scénario alimentant une forte tension : un jeune éleveur voit son bétail touché par la maladie de la vache folle (même s’il y a eu peu de cas en France par rapport à la Grande Bretagne). Au début, il essaie de cacher le problème en supprimant lui même coup sur coup deux vaches touchées, espérant que les autres ne soient pas contaminées. On ne dévoile pas la fin, le suspense est super rendu. Film très justement récompensé : vous ne boirez plus votre lait avec la même désinvolture.
Un film juste et très touchant sur les rapports humains et animaux , sur la violence de la société par rapport à la condition des paysans face à la maladie, sur les rapports humains . Bravo!
Un film coup de poing sur un jeune paysan pris au coeur d'une épidémie, et la fuite en avant dans laquelle il s'enferme. Un rythme de thriller pour un film au plus proche de la condition paysanne et ses injustices.
Film bourré de réalisme, grandiose, magistralement interprété par l acteur principal, on est pris aux tripes dès le début de cette dramatique histoire, on frôle le chef d'œuvre.
Le film ne m’a pas vraiment emballé, le scénario est un peu maigre et prévisible. Mais je reconnais que ce que le réalisateur en fait est assez fort, l’atmosphère de thriller fonctionnant plutôt bien. Les acteurs aussi sont impeccables. Malgré mes réserves, je pense que le film mérite son succès, ne serait-ce que parce qu’il explore un monde paysan qu’on voit trop peu dans le cinéma français et qui a pourtant des histoires à raconter.
Plus qu’un film sur la ruralité et la paysannerie, "Petit paysan" est un film sur la spirale du mensonge qui, une fois les engrenages en marche, ne peut mener qu’au drame. On sait très bien où les décisions de Pierre vont le mener, mais le film n’en est pas moins poignant.
Il est vrai qu'au premier abord, lorsqu'on fait le tour du propriétaire, Petit Paysan peut paraître austère, mais dès les premières minutes, la magie opère. Un agriculteur, éleveur de vaches un peu parano, constate que l'une de ses vaches est atteinte d'un mal méconnu et extrêmement contagieux. De peur que tout son élevage soit abattu, il va être amené à faire des choix contestables. On retient de Petit Paysan qu'elle est une œuvre tendue, dont la justesse du propos vient servir un suspens croissant et une magnifique mise en scène (certains plans, souvent quand ils lient l'Homme à la vache, sont vraiment superbes). Il est aussi utile de parler de la performance de Swann Arlaud, adulte semblant coincé dans un corps d'adolescent, qui porte le film par sa sensibilité et sa justesse.
Un film social à la française, rare et réussi, bien incarné et ancré dans un terrain témoin des difficultés de l'époque. Le suspens est attaché au devenir des personnages, y compris secondaire, qui nous parlent. Une réalisation efficace, réaliste.