Un synopsis à la "Sexe Intentions" mais avec une image plus "sale", plus grunge, une affiche Screamesque à la "Souviens-toi... l'été dernier", "The Faculty" etc., des acteurs de seconde zone qui gagnaient du terrain comme Normal Reedus, Kate Hudson, Joshua Jackson, James Marsden (mais c'est surtout pour sa plastique) ; on est clairement dans un film qui respire la fin des années 90 ! Toute une génération de nouveaux acteurs, souvent issus de la télévision comme Joshua Jackson, tentent de faire frissonner (dans tous les sens du terme) les adolescents dans des teen movies qui se déclinent de plus en plus : la comédie, la romcom, l'indé, le teenage horror, le thriller érotique ou le thriller tout court. Et c'est cette dernière option que nous propose le réalisateur, Davis Guggenheim, dont c'est d'ailleurs le premier long-métrage (et ça se voit car c'est une mise en scène qui répond avant tout aux codes de son époque mais on y reviendra), et le film est finalement moins bête qu'il n'en a l'air. Car oui, avec un affiche et un synopsis pareil, il y avait de quoi avoir peur !
Pour un devoir, des étudiants décident de propager une fausse rumeur afin d'observer la manière dont elle se répandra et se déformera de bouche en bouche. Et l'expérience ne fonctionne que trop bien... TIN TIN TIN ! Que va t-il se passer ? Eh bien finalement des choses assez graves car sous ses airs de comédie légère, le film prend le viol très au sérieux, ce qui est assez étonnant pour un teen movie des années 90. Mais plus important encore, il parvient toujours à mener le spectateur en bateau (ce qui donnera lieu à une fin abracadabrante qui est clairement la point faible du film mais, encore une fois, produit de son époque) avec cette fausse rumeur qui en cache une seconde puis une troisième etc. Des bruits de couloir que l'on doit, ou non, à l'instar des personnages, prendre au sérieux.
Le film est également intéressant concernant l'effet de Halo, un biais cognitif qui nous amène à davantage faire confiance à une personne considéré comme belle physiquement et paraissant intelligente. Bon, c'est évidemment un trope d'antagoniste de beaucoup de films mais c'est traité ici avec assez d'importance pour que ça ne passe pas inaperçu. Et puis outre ces sujets de société malgré tout intéressants (même si le film est évidemment une exagération de la réalité), j'adore l'ambiance !
Cette ambiance notamment apportée par cette mise en scène très codifiée donc. On a en effet ici toutes les caractéristiques du film un peu grunge des années 90/2000 : plan cassé, jeux avec les optiques, univers froid ; que l'on retrouve également dans les décors, notamment cet appartement tout en vitre, en couleur et en métal, et puis la chambre de Travis, clichée de l'espace de l'artistique moderne incompris (avec toutes ces télé là parce-qu'à l'époque, les télé c'étaient cool).
Bref, "Fausses rumeurs" n'est donc certainement pas un grand film. Mais en reste un pur produit de son époque qui me touche particulièrement et puis qui tente, maladroitement certes, de mettre en place des sujets intéressants mais surtout importants.