Les Chatouilles
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Mathéo Feray
Mathéo Feray

18 abonnés 127 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 30 novembre 2018
Un rendu cafouilleux malgré quelques bonnes idées. Il est dommage que le film, en dépit d’un indéniable côté coup de poing, pâtisse de sa complète déconstruction, ce qui devait initialement être son atout. Les scènes s’enchaînent de manière totalement incertaine, ce qui a le don de paumer le spectateur. Si certains seront sensibles à ce désordre émotionnel, d’autres resteront indécis. Ce n’est pourtant pas la faute des acteurs, très investis… Outre Andréa Bescond, on peut compter sur la performance glaçante de Pierre Deladonchamps, l’innocence bafouée de la magnifique petite Cyrille Mairesse et l’impuissance péniblement expiée d’un émouvant Clovis Cornillac. Malgré tous ses défauts, le film a le don d’interroger le problème de la pédophilie sans sombrer dans le pathos. André Bescond, dans la peau d’Odette Le Nadant, traite de son expérience personnelle avec une certaine froideur. Le cynisme se mêle volontiers à un humour trompeur. L’ombre dévorante du monstre (un certain Gilbert Miguié) n’est jamais loin. Sans égaler ‘’ Mysterious Skin ‘’ (2004), véritable chef d’œuvre sur le sujet, ‘’ Les Chatouilles ‘’ parvient à se faire une petite place en voulant frapper les esprits. Malgré son déroulement laborieux, il mérite d’être vu du plus grand nombre. Qu’on ne s’y fasse pas prendre… Sous ses aspects enfantins, il ne laisse pas indifférent et le visionnage se révèle même assez perturbant.
L'AlsacienParisien

686 abonnés 1 431 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 novembre 2018
Présenté à Cannes et primé à Deauville, "Les Chatouilles" est une adaptation d'une pièce de théâtre écrite et jouée par Andréa Bescond et mise en scène par Eric Métayer, les deux réalisateurs du film. C'est un film choc qui traite un sujet sensible avec légèreté : la pédophilie. Récemment, "Un amour impossible" a aussi mis le sujet sur le tapis. Le résultat est le même : bouleversant.
On rencontre Odette, une danseuse professionnelle au caractère fougueux qui fonce dans la vie tête baissée. Un jour, elle ressent le besoin de se libérer d'un poids auprès d'une inconnue, une psychologue près de chez qui fera très bien l'affaire ! Elle a été abusé sexuellement étant enfant et ce secret, qui a été profondément enfoui en elle pendant des années, ressurgit telle une bombe à retardement. Difficile de se contenter de la danse comme moyen d'expression, il va falloir que ça sorte, et par les mots, en se remémorant ses souvenirs lointains.
"Les Chatouilles" est une vraie révélation, un coup de poing enlacé d'un gros coup de coeur ! Le premier film de ce duo de réalisateurs dit la vérité, une vérité enfouie, cachée, secrète et douloureuse avec une légèreté étonnante. Via des souvenirs d'enfance violents et répétitifs, Odette se souvient de la violence à laquelle elle a été confrontée. Violence qui se traduit d'abord par une corporalité agitée, soudaine, qui voit en la danse une échappatoire libératrice. Mais ce vecteur d'émotions ne suffit plus et cette violence doit se traduire autrement, par les mots, la résilience et le courage de se confronter à son traumatisme refoulé. "Les chatouilles" va donc nous transporter des scènes du présent à celles du passé, alternant entre humour et confession à vif. Le récit, d'ailleurs, assez décousu à l'image de souvenirs qui remontent à la surface, apporte un décalage singulier et rythmé. En effet, le cadre spatio-temporel est totalement azimuté, confondant les personnages, les lieux et les temporalités au bon gré d'Odette et de son impulsivité incontrôlable. Les transitions sont justes et originales et ne font jamais perdre de force à la véracité du propos qui dégage une violence sourde et insupportable pour le spectateur qui assiste à une perversité de l'âme aussi simplement décrite.
Outre la mise en scène, qui laisse entrevoir les origines théâtrales du projet, ce sont les acteurs qui nous font parvenir cette bourrasque d'émotion et de sincérité. Andréa Bescond, réalisatrice et actrice principale du film, interprète avec subtilités un personnage complexe dont les séquelles sont très marquées dans son comportement parfois incompréhensible d'un oeil extérieur. Elle fait face aux prouesses de jeu d'une Karin Viard très dure et d'un Pierre Deladonchamps innocent jusqu'à preuve du contraire. L'une interroge sur tous ses non-dits, sur ses silences et sa colère envers sa fille unique et l'autre déstabilise par sa douceur et son impeccable contre-emploi bien loin de tous clichés sur ce qu'est un pédophile. Heureusement, les seconds rôles de Clovis Cornillac, Carole Franck, Grégory Montel et Ariane Ascaride donnent de l'air suite à l'étouffement émotionnel de certaines scènes.
Ce qui rend le film si beau et touchant, c'est son manque de fatalité et de négativisme. Odette s'est reconstruit malgré sa colère. Il y a une volonté de vivre, d'exister en tant que femme, de renaissance. Le film ne triche pas et, par ses scènes imaginaires, donne une perspective d'espoir à ceux qui restent dans le silence, par peur ou par choix. La dernière scène où Odette se parle à elle-même plus jeune reflète toute la bienveillance pacifiste et constructive du film. J'ai rarement senti une émotion aussi palpable dans la salle et "Les chatouilles" a réussi à nous sentir tous concernés...
titicaca120

432 abonnés 2 179 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 novembre 2018
quand on pense en voyant le générique de fin que 1 enfant sur 5 est victime
de violences sexuelles on ne peut que s'indigner et crier vengeance.
le film évite les mauvaises scènes mais reste sans concession.
la mise en scène est soignée et les acteurs magistraux.
Karin Viard en mère éloignée de sa fille est exceptionnelle.
Chris58640
Chris58640

259 abonnés 830 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 novembre 2018
Difficile de sortir indemne d’un film comme « Les Chatouilles », c’est une évidence… En mettant en scène son propre récit, celui de sa propre enfance, Andrea Bescond va au bout de sa démarche de résilience. J’imagine mal la dose de courage qu’il lui a fallu pour filmer le traumatisme qui a été le sien, et avant même de parler des qualités et des défauts du film, il faut le souligner, ce film est plus qu’un film de cinéma, pour elle d’abord, mais aussi pour le spectateur que nous sommes. Pour déminer un tout petit peu la lourdeur de son sujet, Andrea Bescond et Eric Metayer ont choisi de déstructurer un maximum leur récit : mélangeant la passé et le présent, le rêve et la réalité, filmant les souvenirs comme des scènes de théâtre que la patiente met en scène elle-même. C’est un peu déroutant au début, c’est même carrément bizarre et au premier abord, on ne comprend pas bien cette démarche : insuffler du surréalisme, voire de la poésie, et même de l’humour dans la mise en scène d’un film comme celui-là peut paraitre incongru. Sauf qu’à bien y réfléchir, c’est ça qui rend le film supportable à regarder. Parce que lorsque Bescond doit montrer les attouchements, les viols, elle a beau y mettre toute la pudeur et la retenue du monde, les scènes sont abominables. Si l’acte lui-même est seulement suggéré, la pression psychologique, la honte de la petite Odette, la perversité de Gilbert sont belle et bien montrées, sans fard, sans allégories, sans faux semblants. Alors, pour pouvoir supporter ces quelques scènes il faut que le reste du film soit différent, sinon on sort de la salle… Le montage nerveux, l’enchevêtrement des scènes, le télescopage entre la psychanalyse d’Odette, ses souvenirs et son présent chaotique rendent le film techniquement très intéressant, maîtrisé et cohérent. J’imagine que cette forme originale, assez rare au cinéma, va dérouter quelques spectateurs mais elle sert, encore une fois, à rendre le sujet intelligible : les sujets graves doivent aussi, parfois, se traiter avec une certaine légèreté, ça n’est pas manquer de respect à quoi que ce soit, c’est une façon de montrer le contraste entre la normalité et la monstruosité. On peut juste trouver que, à deux ou trois occasions, la réalisation abuse un peu et que le film est a deux doigts de se perdre en route, de devenir confus et même abscons. Le surréalisme c’est bien, en abuser c’est dangereux ! Bescond a choisi de jouer son propre rôle, c’est courageux, et on ne peut que s’incliner devant la force, l’énergie, la puissance de son jeu. Son Odette est une boule d’énergie, une pile électrique qui ne s’arrête jamais, car si elle s’arrête, elle sombre. Son personnage adulte n’est pas follement attachant, il est même parfois exaspérant mais nous, spectateur, nous savons pourquoi, ce qui n’est pas le cas de tous ceux qui la côtoient, qui l’aiment. Si elle accorde à ses seconds rôles des personnages truculents (et assez drôles), comme celui d’Ariane Ascaride, Eric Metayer ou encore Carole Franck, c’est sur le trio formé par Clovis Cornillac Karin Viard et Pierre Deladonchamps qu’il faut se pencher. Clovis Cornillac d’abord, très juste en père aimant mais maladroit, qui refuse de voir quoi que ce soit (même quand on attire son attention) parce que lui, en père normal, en type bien, il n’imagine tout simplement pas qu’on puisse faire des choses comme celles-là, c’est hors de son schéma de pensée. Karin Viard, de son propre aveu, a incarné un rôle sans le comprendre. Elle donne corps à une mère sèche, cassante, dont on sent bien qu’elle a des comptes à régler mais on ne sait ni quoi, ni avec qui. Sa cécité, on peut l’admettre, mais sa réaction lorsque la vérité éclate est incompréhensible, sans aller jusqu’à être dans le déni (encore que…), elle minimise, sa colère se tourne plus vers sa fille que vers le coupable. Il y a surement quelque chose à comprendre de son attitude, c’est effleuré dans sa dernière scène mais le film ne livre pas la clef et du coup, cette femme nous apparait comme à la limite de la maltraitance. De point de vue de la psychologie, c’est un des rôles les plus complexes que je lui ai vu incarner, et ce personnage fascine autant qu’il déboussole le spectateur. Il y aurait presque de quoi faire un second film rien que sur ce personnage ! Pierre Deladonchamps a accepté le rôle de l’agresseur, et j’imagine qu’il lui a fallu un sacré courage pour jouer les quelques scènes (particulièrement celle de la voiture) où il abuse d’une gamine de 8 ans. Parfaitement normal dans ses relations avec les autres, il use de toute la palette de pervers lorsqu’il est avec Odette, il fait pression sur elle, lui fait du chantage psychologique et/ou affectif, et il ira jusqu’à nier son non-consentement, bien entendu, comme le font les pervers lorsqu’ils sont acculés par la justice. On a envie de coller une balle entre les deux yeux de son personnage au bout de 10 minutes de film, c’est dire s’il a réussi son coup et si sa performance d’acteur fonctionne. Je souligne aussi la performance de la petite Cyrille Mairesse, dans un rôle difficile qui j’espère, ne lui aura pas donné trop de cauchemars ! Le scénario du film peut s’interpréter comme une longue séance de thérapie, mettre des mots sur le traumatisme pour commencer, puis lentement comprendre qu’il n’y aura pas d’issue sans que la vérité n’éclate. Odette va repousser indéfiniment cette issue parce qu’elle sait que l’onde de choc va briser ses parents mais le déclic se fera un jour, en un seul regard, en une seconde. Le dernier quart d’heure, qui consiste à régler les comptes devant les parents, la police puis la justice, sont vécues par Odette (comme par le spectateur) comme une sorte de délivrance, presque dans le sens obstétrique du terme ! Au final, et malgré ce qu’on aurait pu craindre, il y a dans « les Chatouilles » un vrai souffle de vie, une énergie, une vraie puissance qui est tout le contraire de mortifère. C’est une mise en image de ce que la psychiatrie appelle, je crois, la résilience : une démarche courageuse, forte, douloureuse mais qui pousse puissamment vers l’avant.
PLR
PLR

556 abonnés 1 770 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 novembre 2018
Un scénario coup de poing. Très vite on entre dans le vif du sujet, sans détours, son fioritures. Evidemment, être témoin passif comme l’est nécessairement le spectateur met mal à l’aise. La mise en scène est originale, alternant présent, passé, narration, quelque peu onirique ou allégorique de temps en temps avec le recours à de belles chorégraphies très expressives. Au final, après avoir digéré tout ça, certains spectateurs applaudissent. Non pas de plaisir d’avoir vu racontée une telle histoire mais de satisfaction qu’elle ait pu être ainsi portée à l’écran de manière aussi sobre et démonstrative, très efficace pour témoigner. Un film qui restera dans les annales.
Guiciné
Guiciné

206 abonnés 1 338 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 novembre 2018
Un film superbement mise en scène et d’une grande inspiration, le scénario est bien pensé malgré parfois quelques longueurs et l’interprétation très engagée. Du cinéma fort à voir.
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 novembre 2018
Il y a des films dont, lorsqu'ils se terminent, on se dit que le quasi chef d'œuvre n'était pas loin. Il faut même avouer que, pour certains, cette réticence n'existe pas : pour ces personnes, "Les chatouilles", présenté à Un Certain Regard de Cannes 2018, est quasiment un chef d'œuvre. En tout cas, tout le monde peut s'accorder pour reconnaître que son thème en fait un film important. Ce thème, c'est celui des agressions sexuelles subies par des enfants et qui les marquent à vie. L'histoire d'Odette, une fillette de 8 ans, abusée, violée par le meilleur ami de ses parents mais qui, sur le moment, ne dit rien de ce qu'elle subit. Ce n'est que plus de 20 ans plus tard que les mots vont sortir, face une psy.
L'histoire racontée a été vécue par Andréa Bescond et elle a d'abord fait l'objet d'un livre puis d'une pièce, "les chatouilles ou la danse de la colère", mise en scène par Eric Métayer, son compagnon. C'est donc ensuite devenu un film, leur premier, réalisé par Andréa Bescond et Eric Métayer. Et si, maintenant, on parlait des réticences ressenties par certains et pas par d'autres ! Il s'agit du comportement, proche de l'hystérie, adopté parfois par Odette. Trop exagéré pour être vraiment convaincant pour les uns. Tout à fait normal de la part de quelqu'un qui a vécu de telles agressions pour les autres. On aurait tendance à conclure par : à vous de voir ! En effet, de toute façon, le film, bien mis en scène, bien interprété, mérite d'être vu.
zorro50
zorro50

128 abonnés 254 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 novembre 2018
C’est très courageux d’écrire un roman autobiographique sur ce sujet, roman qui est devenu un « one woman show » au théâtre et puis maintenant ce film, et j’espère que cela va faire avancer les choses en matière de justice en alourdissant les peines qui sont vraiment trop légères jusqu’ici. Par contre, c’est un premier film assez maladroit, et pour ma part, malgré les éloges unanimes et sans réserves, je considère que ce n’est qu’un pétard mouillé. Si le film démarre bien comme on s’y attendait, il se perd ensuite en démonstrations diverses pour décrire le traumatisme de la victime et tous ses débordements qu’elle justifie comme une sorte de vengeance légitime. J’aurais préféré que l’on s’attarde davantage sur l’attitude complaisante des parents et proches de la victime et de son prédateur, qui, selon moi, n’ont aucune excuse de n’avoir rien remarqué, et plus encore, d’avoir même encouragé vivement cette situation. Par contre, les 10 excellentes minutes de la fin rattrape le reste. En conclusion, même si je ne suis pas fan, je recommande ce film qui me semble incontournable.
QuelquesFilms.fr

354 abonnés 1 759 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 juin 2020
Film à teneur autobiographique, centré sur l'évocation d'abus sexuels, sur le récit d'une enfance brisée et du chaos qui a suivi. L'ensemble est porté par une énergie douloureuse, cathartique, salvatrice. Le style est très personnel, très inventif en termes de narration notamment, avec des jeux sur différents niveaux de réalité, de temporalité, qui offrent une "navigation" étonnante dans l'histoire et la psyché de l'héroïne. Original et fort.
Léa B
Léa B

17 abonnés 6 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 21 novembre 2018
Je n'ai pas aimé. C'est surtout la forme qui m'a dérangée. Première raison: Andréa Bescond que je trouve tout simplement insupportable (j'en soufflais!). La caricature de la fille qui se veut cool et cash genre "ouais je suis vulgaire et alors?" bref pathétique... Et la seconde raison c'est le procédé de retour en arrière/ souvenirs parfois arrangés à sa sauce, ça se voulait original mais je n'ai pas accroché. Et tous ces moments de danse qui auraient pu être sympa mais pareil, vraiment pas adhéré. Bon en gros je pense que j'ai surtout un problème avec le personnage/l'actrice. C'est dommage car j'en oublie le sujet pourtant pas anodin.
Krebs
Krebs

37 abonnés 66 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 novembre 2018
Le meilleur film français vu depuis plusieurs mois en ce qui me concerne et sans aucun doute le plus marquant - à ne manquer sous aucun prétexte. C’est, bien entendu, un film bouleversant sur le sujet de la pédophilie, les dégâts considérables qu’ils provoquent de façon durable sur les victimes, et l’aveuglement des proches qui ne voient pas / ne veulent pas voir ce qui se passe. C’est aussi un film qui montre la capacité à se sortir d’un tel traumatisme - l’analyse bien sûr mais aussi l’aide et la compréhension des autres ou le travail. On est de tout cœur avec cette Odette, dont on partage la souffrance et la volonté de s’en sortir....
Au-delà, ce film est un bijou de mise en scène, qui met en œuvre une confusion bienvenue entre la réalité, les images du passé, les scènes de psychanalyse et les désirs.... confusion qui amène à surprendre le spectateur à de nombreuses reprises.
Le jeu des acteurs est exceptionnel - une mention spéciale à Karin Viard en mère étriquée et sans écoute, et à Clovis Cornillac, qui joue un magnifique rôle de composition. Et bien sûr à Andréa Bescond.
Enfin, ce film est d’une grande intelligence émotionnelle, d’une grande finesse psychologique : toutes les situations sont parfaitement crédibles, les personnages semblent vrais, on croit les connaître.
Revo67
Revo67

17 abonnés 175 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 novembre 2018
Bouleversant ,ce film traite ce sujet délicat avec une grande émotion, c’est violent et ça fait mal de voir l’innocence d’une enfant bafouée par un adulte. La mise en scène est très originale et les acteurs excellents.
Laurent C.
Laurent C.

294 abonnés 1 133 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 25 novembre 2018
L’agression sexuelle sur enfant est un sujet grave. Si grave qu’il mérite un traitement cinématographique sérieux. C’est hélas le contraire de ce film qui choisit la légèreté à travers le récit d’une thérapie psychanalytique d’une danseuse de hip-hop au caractère trempé. Il y a quelque chose dans cette histoire qui fait penser aux excès de cinéma d’un certain Cyril Collard qui mettait en scène la chronique de sa disparition dans des outrages et des cris à la limite de l’hystérie.

Il est difficile de rejeter en bloc un tel film. En effet, on ne peut pas nier que certaines scènes sont particulièrement touchantes, particulièrement quand il s’agit de prendre le point de vue de la jeune victime ou celui des parents, qui hésitent entre rejet, déni, compassion et colère. La palette des troubles réactionnels face à de telles monstruosités est plutôt bien racontée. Mais dès que la réalisatrice cède à la caricature d’elle-même dans un personnage excessif et vulgaire, le récit s’enfonce dans une série de scènes agaçantes, voire dérangeantes.

Pour autant, « Les chatouilles » démontrent un talent de réalisateur certain. Adaptée d’une pièce de théâtre, la mise en scène ne parvient pas à dépasser le caractère démonstratif du récit. On se demande même si l’écriture des dialogues ne vient pas à l’encontre du genre cinématographique. Toutefois, on saluera la performance des comédiens, et particulièrement celle de Karin Viard qui, pour une fois, n’interprète pas un personnage vulgaire et réducteur. En conclusion, si le talent est perceptible, on attend avec impatience le second film.
traversay1

4 481 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 novembre 2018
Tout le monde s'accordera à dire que Les chatouilles est un film nécessaire, qui présente un témoignage sincère sur la pédophilie et sur la difficulté de remonter la pente après une enfance saccagée comme celle d'Andréa Bescond, coréalisatrice et actrice principale du film tiré de sa propre pièce de théâtre. La question sous-jacente est ; que valent ces Chatouilles du point de vue cinématographique ? Eh bien, on est franchement épaté par l'énergie de sa mise en scène avec sa narration pourtant en perpétuel déséquilibre entre différents temps -celui de l'enfance et celui de l'âge adulte- et son alternance de tons, du réalisme cru à la fantaisie la plus débridée. Bien sûr, tout n'est pas maîtrisé dans ce premier film et les mises en situation des séances chez la psychanalyste, par exemple, ont tendance à tirer un peu toujours sur la même corde surréaliste. Mais ce ne sont que vétilles dans un ensemble impressionnant où l'ancienne fillette abusée tente de danser ses souffrances pour les exorciser, dans une vie qui ne peut qu'être chaotique, et là dessus Andréa Bescond ne cherche pas d'échappatoire. Il y a de la délicatesse et de la pudeur, c'est bien le moins que l'on attendait mais l'on est autant remué par le travail de résilience, avec ses moments dépressifs, qui se poursuit bien des années après. Et aussi par la relation mère/fille qui est tout sauf mièvre et montre là également une volonté de ne pas chercher de faux fuyants ou de sonner politiquement correct. Outre la performance d'Andréa Bescond, on est sidéré par l'interprétation de Karin Viard qui sait jouer autre chose que le registre comique. Quant à Pierre Deladonchamps, son courage égale son talent, dans un rôle d'immonde salaud avec son jeu qui ne cherche pas à excuser un comportement infâme mais à montrer toutes les subtiles variations d'un tel prédateur sexuel.
vinae
vinae

7 abonnés 151 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 19 novembre 2018
certain(e)s penseront que c'est un film courageux, moi je n'aime pas trop cette psychothérapie par le cinéma que pratique andréa bescond en filmant comme un règlement de compte son histoire avec un max de pathos. ça manque de subtilité à mon goût et ces allers- retours entre passé/ présent, réalité /fantaisie alternant sans cesse, finissent par être assez lourds. par contre les acteurs assurent (surtout viard et deladonchamps, les "méchants" du film). quant à andréa bescond, personnage principal bien sûr , (elle avait déjà exhibé son traumatisme au théâtre-pas vu-) cela m'aura permis de connaître son parcours artistique...survolté.
la pédophilie, un film aussi démonstratif est-il nécessaire pour l'enrayer?
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