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Bicheyrejp
14 abonnés
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3,0
Publiée le 28 février 2019
Déjanté, loufoque et bien rythmé, ce sont les mots qui me viennent au sortir de la salle. Mais que c’est difficile de suivre cette histoire sans être agacé par une chronologie mal expliquée, des incohérences notoires et une fin fantastique qui dérange.
Sorry to Bother you est le premier film de Boots Riley, rappeur, scénariste, activiste. Un profil varié qui explique en partie le charme et l’originalité du film. On suit ici, le destin de Cassius Green, un jeune qui rentre dans un service téléphonique de vente. Symbole de cette économie uberisée, les travailleurs sont payés aux nombres de contrats de vente passés. Si Cassius éprouve des difficultés au début, il va rapidement adopter le secret de la réussite dans ce milieu, la « voix du blanc caucasien américain WASP». Sa facilité à prendre cette voix vont rapidement lui permettre de s'élever socialement et de monter littéralement les échelons de l’entreprise, mais cette rapide ascension a aussi un prix. Confronté à des questions éthiques, Cassius va devoir faire la part des choses s’il veut éviter que toute sa vie d’avant ne s’effondre… Que ça soit par sa forme ou son message, Sorry to bother you donne matière à réfléchir et s’inscrit dans cette nouvelle vague de satire politique. Cette satire est le centre du film, car elle est figurative et symbolique, elle nourrit aussi bien le message politique du film que son essence. Elle nourrit ses plans et le destin de ses personnages, qui sont dépassés ou ambivalents par le système qu’ils doivent combattre, tout en faisant partie. Mais ce procédé est à double-tranchant. Elle affaiblit parfois la structure même du film en privilégiant des mises en scènes qui peuvent être confuses ou des messages redondants (Ex : les boucles d’oreilles de la copine de Cassius avec des messages politiques). Le film s'attarde sur des points qui peuvent sembler insignifiant. Au-delà de la mise en scène, le film prend aussi le parti pris de suivre un personnage qui va volontairement s’emprisonner dans ce système qui le maltraite et le rend hypocrite. Ce qui rend le personnage parfois lassant .On a parfois l’impression que le film veut absolument rentrer dans un narrative moralisant où le personnage principal doit être puni de ses actions. Mais c’est aussi tout l’intérêt du film que de nous montrer ce qu’une personne est prête à faire et à subir pour monter les échelons, en dépit de ce que cela lui coûte d’un point de vue personnel. Dans ce sens, la scène où Cassius se met à rapper devant une bande de cadre blanc qui n’arrête pas de l’objectiver est juste magique.spoiler: Cette volonté d’ascension lui coûtera plus que sa vie d’avant, elle l'emprisonne à jamais dans le capitalisme, son stade d’aliénation finale est essentialisé dans cette créature mi-homme/ mi-cheval qui le dépourvoit de son libre-arbitre.
D’un point de vue général, je pense qu’on peut parler d’un film plutôt réussi et innovant. Mais, il reste limité sur certains points. Une mise en scène pas toujours subtile, des personnages pas forcément attachants voir juste chiants, une certaine longueur sur la fin, un dosage de l’humour pas toujours adapté. (*Le film est bien évidemment à regarder en VO, si vous voulez comprendre les subtilités linguistiques des dialogues.)
Desolant de voir toutes ces critiques qui parlent de ne pas avoir rient... Comedie ne veux pas dire comique. (tout est comédie.. Tragique, comique, satirique....) Non ce n'est pas le film le plus drôle du monde car ce n'etait sûrement pas son propos, mais bien une illustration qui s'attaque au capiya8et au racisme)
Si vous avez aimé Idiocracy vous aimerez Sorry to bother you. C'est absurde, original, innovant et drôle. Il y a quelques lenteurs, on peut par moment s'ennuyer, peut-être est-il trop long, c'est pour ça que je ne mets pas une meilleure note.
C'est peu de dire que les avis sont partagés sur ce film, entre les décrocheurs qui n'y ont pas senti pas l'intérêt et les enthousiastes. Que je rejoins. Alors, il est presque certain que Boots Riley ne convaincra pas les fanatiques du monde qui nous entoure et nous attend, mais son anticipation m'a paru tellement plausible (probable) et il traite cet avènement du pire avec un tel talent et de l’humour en plus... que j'ai envie d'encourager au moins un dubitatif d'aller y voir de plus près. Bien filmé, bien joué, plein d'idées, malin, satirique sans oublier une dose de tendresse, des images "susceptibles de heurter" bien loin de tellement de complaisances vues ailleurs, et une fin que je vous raconte pas mais qui nous offre une ultime pirouette... Ça fait pas mal d'arguments par rapport à 90% des films actuellement sur nos écrans, non ?
Un film qui critique à la fois le racisme institutionnel américain et la manière dont il s'enchevêtre avec le capitalisme tardif actuellement dans la société américaine. Le film met en scène les systèmes de domination au sein du monde du travail américain et il fait également une satire acerbe de l'esclavage moderne, tel qu'il existe actuellement dans les prisons américaines (à majorité peuplées d'Afro-Américains qui constituent une main d'oeuvre modique pour des entreprises avides de profits). L'emploi de l'humour loufoque, parfois excessif, cherche à offrir des bouffées d'air pour le spectateur sinon écrasé par l'horreur des vérités que le film donne à voir. Des longueurs et un montage parfois maladroit, mais un propos politique RARE et PRECIEUX, qui nécessite cependant une connaissance de la société américaine pour en comprendre toutes les références et en voir toute la perspective politique.
Film bien barré avec de bonnes critiques sociales. Un plaisir pour les transitions sur les scènes telephoniques. Et la découverte de la cave est une surprise absolue. J'adore quand un film me surprends et que je ne vois pas venir un element clé.
J'ai vraiment beaucoup aimé ce film complètement délirant. Je peut comprendre qu'il ne plaise pas a tout le monde parce que il est pas vraiment politiquement correct il est plutot sarcastique alors pour quelqu'un qui aime bien le traditionnel ben ça plaît pas. Mais de mon côté je l'ai trouvé original, joyeux et extraordinaire j'ai beaucoup aimé :)
Cassius Green, jeune télémarketeur gravit les échelons que son poste lui permet d'acquérir, tandis que ses collègues initiaux se battent pour des droits salariaux plus importants. En plus de nous proposer une œuvre extrêmement contemporaine qui s'inscrit dans une actualité brûlante, la première réalisation du rappeur Boots Riley le fait de manière loufoque où se côtoient mise en scène étrange et jeux de lumières intéréssants. Sorry To Bother You puise son scénario dans une culture cinématographique importante où se mélangent le cinéma de Michel Gondry et celui de Spike Lee (Blackkklansman). Le premier film de Boots Riley joue sur un décalage évident entre le sujet épineux dont il fait l'objet et l'humour cocasse dont il est doté et qui rappelle à certains moments la série Netflix Unbreakable Kimmy Schmidt créée par Tina Fey (cf la vidéo de propagande de WorryFree). Le rapeur et jeune réalisateur de 47 ans avertit sur les dangers de la société qui amènent à une déshumanisation et à une construction identitaire établie de toute pièce par celle-ci, empêchant alors l'établissement d'une identité propre par chacun. De plus, Sorry To Bother You est un long métrage engagé dans ses moindres détails (cf : boucles d'oreilles de Détroit), qui ne plonge jamais dans l'excès et sait doser correctement avec des touches d'humour qui sont les bienvenues. En plus d'un mélange maitrisé des genres, Sorry To Bother You parvient à créer différents styles dans sa captation d'images notamment avec le stop motion présent à un certain moment du film, mais aussi lors de la vidéo d'explication de Steve Lift (Armie Hammer) filmée avec de la pâte à modeler. Deux mentions spéciales doivent être émises à l'encontre des actrices Tessa Thompson et Kate Berlant (qui n'apparait certes qu'à quatre occasions, mais dont les interventions ravissent) qui délivrent deux prestations magistrales. Boots Riley nous offre un long métrage anticapitaliste fort, puissant et extrêmement perturbant qui revient mettre en cause les genres cinématographiques déjà bien établis aujourd'hui.
Une réalisation et un scénario totalement décomplexés pour un discours incisif sur le capitalisme et le racisme. Lakeith Stanfield porte le film avec talent et il est très bien entouré. En prime, une performance artistique choc et déjanté. Et cerise sur le gâteau, The coup pour le générique final.
Franchement il y a de la bonne rigolade et en même temps une lucidité sur la précarité et la fragilité d'une certaine classe sociale.....ce ne sont pas des gilets jaunes mais il y a de la révolte,de l'engagement,de l'amour, et on aimerait que le libéralisme américain arrête de sniffer tout ce qui bouge!bonne séance mes lapins.