Once Upon a Time… in Hollywood
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Moorhuhn
Moorhuhn

167 abonnés 579 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 août 2019
C'était l'une des sensations survenues après la première annonce de la sélection du Festival de Cannes 2019, le retour de Quentin Tarantino sur la Croisette. Dix ans après son dernier passage en sélection officielle avec Inglorious Basterds, l'un des cinéastes les plus appréciés à la fois du grand public et d'une audience cinéphile plus avertie revient avec un projet très intrigant sur le papier, annoncé initialement comme étant un film traitant de la "famille" de Charles Manson et de l’assassinat de Sharon Tate. L'idée de voir Tarantino connu pour son style référencé et décalé s'attaquer à un sujet aussi sérieux avait de quoi interroger dans un premier temps, qui plus est après un The Hateful Eight aux allures de film-somme. Était-ce là l'occasion pour Quentin Tarantino de s'essayer à un exercice nouveau après avoir mûri son style si particulier?

Beaucoup de critiques s'accordent sur ce point depuis sa présentation à Cannes, Once upon a time in... Hollywood est certainement le film le plus personnel de son auteur. Tarantino retourne notamment à un cadre familier, celui de ses premiers films : Los Angeles. Et cette fois-ci ce n'est pas une histoire de malfrats qui nous sera proposée mais bien une fresque avec pour décor l'industrie hollywoodienne de la fin des années 60, un contexte intéressant à plus d'un titre. Cinématographiquement d'abord puisque 1969 c'est l'envol du Nouvel Hollywood, c'est l'essor de plus en plus grand de la télévision, c'est un cinéma européen (notamment italien) qui s'est installé et a profité de l'agonie de la machine hollywoodienne durant la décennie écoulée. Et d'un point de vue sociétal c'est un conflit vietnamien qui s'enlise, c'est une jeunesse aux aspirations bien différentes de celles de leurs aînés et c'est une communauté hippie discrète qui s'installe dans un ancien ranch de cinéma avec de bien funestes desseins en tête. Et une destinée traverse ce décor comme une ombre, celle de Sharon Tate, épouse alors d'un cinéaste montant de l'époque : Roman Polanski.

Petite précision tout d'abord : connaître la fin tragique de l'actrice et les agissements de la "Famille" de Manson est un prérequis essentiel pour l'appréciation du film qui va, tout au long de sa durée, naviguer dans des eaux troubles entre réalité et fiction. Si Tarantino a déjà questionné le réel avec une réécriture de l'Histoire dans Inglorious Basterds ou à moindre mesure dans Django Unchained, force est de constater que la liberté avec laquelle le réalisateur interroge le réel ici prend une toute autre dimension. La fresque qui a fait l'objet d'une reconstitution soignée prend alors par instants des allures de fable, teintée de nostalgie mais aussi de mélancolie. Le nouveau Tarantino ne ressemble ainsi à aucune autre de ses oeuvres précédentes et montre à quel point il peut surprendre en conservant malgré tout son style unique et ses fameux gimmicks reconnaissables entre mille (fétichisme des pieds assumé, références explicites, longs dialogues, etc.).

Le sentiment de mélancolie qui traverse le long-métrage sera principalement véhiculé à travers deux personnages principaux : Rick Dalton (Leonardo DiCaprio) dans le rôle d'un acteur sur le déclin et Cliff Booth (Brad Pitt) son cascadeur attitré et habitué à vivre dans l'ombre de la star. Ces deux personnages (purement fictifs) voient la transformation d'une industrie qu'ils ne reconnaissent plus et où les stars du passé auront le choix entre se réinventer ou tout simplement disparaître. La rencontre entre Rick et le producteur Marvin Schwarz (Al Pacino) donnera la ton d'entrée de jeu : dans le cinéma des années 60, mieux vaut se refaire la cerise en Italie plutôt que de camper un bad-guy aux USA. Ce sera la genèse des doutes qui animeront l'acteur qui se verra confronté à une concurrence plus rude et à des méthodes de jeu qui évoluent. Place à l'improvisation et à l'implication dans l'interprétation d'un personnage, matérialisées par la jeune Trudi Fraser (Jullia Butters) avec qui s'opérera comme une transmission de flambeau qui symbolisera la transition entre deux ères cinématographiques de l'industrie hollywoodienne.

Tarantino use comme à son habitude d'un sens du dialogue aiguisé avec cette qualité d'écriture qui le caractérise mais cette fois-ci de manière plus introspective, au service des états d'âme de ses protagonistes. En ce sens le personnage de Rick Dalton apparaît comme étant particulièrement dramatique, avec des faiblesses et des doutes exprimés de façon explicite et touchante. Jamais un personnage de Tarantino n'aura paru aussi sincère et aussi fragile, contrastant fortement avec de précédents personnages de l'univers du cinéaste qui ne s’embarrassaient guère des sentiments. Once upon a time in... Hollywood apparaît ainsi comme étant différent de ses aînés, à mi-chemin entre continuité stylistique et renouvellement thématique.

Plus terre-à-terre, bien moins porté sur l'hémoglobine et le second degré, le film fait également preuve d'une liberté narrative qui épure le scénario au profit d'une atmosphère dépeinte avec soin et d'une ambiance qui envoûtera ceux qui sauront se laisser porter par l'aspect aigre-doux du métrage. Le film donne ainsi cette sensation de fonctionner tout seul sans être obligé de développer outre mesure un arc narratif principal avec de multiples périples et rebondissements. Les éventuelles surprises proviennent de cette balade dans un univers semi-réel/semi-fantasmé très vivant, animé au rythme des rencontres faites par les différents protagonistes qui révéleront tour à tour différentes facettes de leurs personnalités. Et tout ça sans oublier une chose, le thème qui tient le plus à coeur à Quentin Tarantino dans ce film, parler de cinéma.

Véritable déclaration d'amour portée au cinéma (et à tous les cinémas), Once upon a time in... Hollywood est un pur film de cinéphile. Très référencé, auto-référencé même (les connaisseurs ne manqueront pas de sourire à l'idée de voir Kurt Russel en chef des cascadeurs), le film ne manque pas non plus de mettre en valeur les femmes et hommes de l'ombre, les petites mains, les techniciens sans qui l'usine à rêves ne tournerait pas. Cet hommage subtil se ressent surtout dans la relation atypique entre Rick et Cliff, ce dernier étant tour-à-tour homme à tout faire, cascadeur attitré et meilleur ami de la star déclinante. Le personnage au passé (très) trouble est à la fois le parfait alter ego mais aussi la pièce essentielle pour maintenir l'équilibre de Rick Dalton, l'un ne pouvant pas faire sans l'autre, l'homme sous les projecteurs ne pouvant pas faire sans celui qui reste dans l'ombre et inversement.

Sans rentrer dans un niveau de détail qui ôterait le plaisir de découvrir l'intrigue imaginée (avec brio) par Quentin Tarantino, le film développe également toute une réflexion autour du cinéma. Il y a dans ce film un côté réconfortant, comme une bulle déconnectée du réel, qui vient apaiser le spectateur qui monte peu à peu en tension à l'approche d'un événement que les plus renseignés savent particulièrement tragique et inéluctable. La violence, habituellement excessive et décomplexée chez le réalisateur, ne sera que très épisodique et utilisée de façon décalée. Elle sera ainsi presque récréative, comme une violence de série B qui viendrait palier à la violence du monde réel, la vraie violence, celle qui tape bien plus fort qu'une simple oeuvre de fiction. La fin a d'ailleurs de quoi interroger sur le côté moral de l'histoire mais rien n'est gratuit derrière tout ça, il y a un sous-texte particulièrement garni et développé pendant plus de 2 heures qui justifie cette approche adoptée par Tarantino sur un sujet aussi sensible et dramatique. Après que ça plaise ou pas, chacun est juge, mais on ne peut définitivement pas nier toute la réflexion qu'il y a derrière tout ça et l'intelligence de la démarche, surtout sur la base d'un fait-divers aussi glaçant.

Cette frontière floue entre réalité, fantasme et fiction constitue le moteur d'un film qui, comme évoqué précédemment, semble avancer tout seul, nous offrant un voyage de 2h40 dans une époque révolue. Une séquence marque particulièrement concernant le fantôme de Sharon Tate qui parcoure cet univers, celle où Margot Robbie qui campe l'actrice se retrouve dans un cinéma projetant un film mettant en scène la réelle Sharon Tate : Matt Helm règle son comte. Les spectateurs que nous sommes assistent alors à ce curieux spectacle qui ne manque pas de nous interroger sur le rapport au réel et à la fiction. Margot Robbie campe un personnage, une illusion qui ne pourra jamais redonner réellement vie à l'actrice mais qui néanmoins va perpétuer son existence à travers nos écrans de cinéma. Elle réapparaît ainsi le temps d'un film au travers d'une actrice qui représente alors un personnage qui s'amuse, profite, rit, vit, le tout dans une pure et belle insouciance. Est-ce là une belle façon de représenter au cinéma une personne qui a réellement existé et qui est malheureusement associée systématiquement à sa mort? A mon humble avis, oui, vraiment.

Le nouveau Tarantino avec ses allures de fable cinéphile se déguste comme un plaisir sans faim pour peu que l'on se laisse embarquer dans cet univers et que l'on fasse attention au sous-texte subtilement dissimulé. Le film prend son temps et parvient à offrir plusieurs moments d'anthologie même si le dernier quart d'heure sera certainement le plus marquant du fait notamment de sa brutale rupture de ton. Outre cette (magnifique) scène de Sharon Tate au cinéma, difficile de passer à côté de la séquence très tendue dans le ranch Spahn qui ne manque pas de procurer certaines sueurs froides, montrant toute l'intensité du côté terre-à-terre que Tarantino a développé jusque là. Jamais un de ses films n'a semblé aussi réaliste qu'à cet instant, d'où la tension qui opère avec maestria. Il est d'ailleurs amusant de constater que les séquences les plus "tarantinesques" dans l'esprit seront des séquences de fiction dans la fiction, révélant une épatante cohabitation des styles et des genres. C'est tout un monde de cinéma qui vit dans ce film, entre sérieux, dérision et mélancolie.

On pourra toujours épiloguer 3000 ans sur les autres qualités du film avec un casting de haute volée, mêlant grandes figures et/ou acteurs récurrents de la filmographie du cinéaste. Brad Pitt et Leonardo DiCaprio en tête, qui excellent du début à la fin, ce dernier étant particulièrement touchant. On pourra bien sûr épiloguer sur les qualités formelles avec une mise en scène au cordeau et une photographie éclatante, signée par l'habituel Robert Richardson qui sublime Los Angeles comme personne. On pourra toujours contrer les polémiques futiles sur le racisme de Tarantino, sur le nombre de répliques de Margot Robbie et le supposé sexisme du film mais on se contentera de rappeler l'existence de Django Unchained pour le premier reproche et de Death Proof, Kill Bill et Jackie Brown pour les suivants.

Mais à mon sens, ce n'est pas là le plus important. Le plus important réside dans tout ce que Once upon a time in... Hollywood a à raconter sur le cinéma, son évolution et sur l'époque représentée dans ce film. Et si certains films du réalisateur pouvaient donner l'impression d'un plaisir immédiat et ludique, celui-ci a une saveur particulière qui décante encore dans l'esprit après le visionnage. Parce que c'est un film qui s'empare de manière étonnante d'un sujet délicat traité en filigrane, parce que c'est un film d'une richesse insoupçonnée dès que l'on gratte un peu à la surface, parce que c'est un film qui ose interroger et bousculer quelque part, ce Tarantino est définitivement à classer dans le haut du panier de sa filmographie. Que c'était bon !
Rainfall_Shadow
Rainfall_Shadow

47 abonnés 393 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 août 2019
Sans doute pas le meilleur Tarantino mais pour autant du grand art, bien écrit et bien rythmé qui nous entraîne dans les bas fonds du Hollywood cinéma des Années 70...mention spéciale à Brad Pitt qui tient sans doute un de ses meilleurs rôles sous Tarantino.
Xavier D
Xavier D

82 abonnés 1 146 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 août 2019
Ça y est on a remis la couverture chaude celui qu'on met quand on a froid c'est celui de Tarantino. Une déclaration d'amour au cinéma pour le cinéma dont la durée de film équivaut à une étoile filante. On a constamment le sourire, on rit, on s'étonne et au finale on est complètement dans le film même après en être sortie. Toujours autant de guest dans un casting de haute volé dont l'interprétation est de rigueur enclin à l'humour noir pur et dure dont la longue ligne des films de cinéaste qui ne fait pas de cameo cette fois ci. Le scénario simple dans la vie donc d'un comédien, en perte de vitesse et de sa doublure à Hollywood se déroulant en deux partie l'un montrant l'envers du décors des studios et l'autre une sorte de vengeance d'où le violence qu'on attendait arrive enfin et aussi énorme comme fait Quentin dans tous ces films. Une comédie satirique avec le cadre de l'époque, la musique, les décors, de lumière. Une sorte de démonstration de la passion de cinéma que Quentin à eu dans sa carrière. Brillant !
DominArsen
DominArsen

14 abonnés 194 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 octobre 2019
Une simple histoire d'Hollywood retranscrite comme elle aurait pu être à l'époque c'est magique. Trantino Bravo. Un casting renversant avec un + pour Brad Pitt
AMADEUS 48
AMADEUS 48

6 abonnés 5 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 14 août 2019
De très loin le plus mauvais film de Tarantino. D'un ennui... Beau jeu des acteurs mais pour du vide. Vous qui aimez Tarantino évitez ce film et revoyez les autres avec plaisir. Ce n'est pas grave, un cinéaste peut rater un film mais ce n'est pas une raison pour suivre l'avis de certains critiques sans aucun sens critique qui ne veulent surtout pas toucher à ce qu'ils ont aimé dans les autres films. Vous n'êtes vraiment pas obliger de supporter 2h41 de vide scénaristique, d'une mise en scène médiocre sans parler de la vision débile de l'histoire Sharon Tate. Comme il le dit indirectement lui-même : un film inutile. Attendons le prochain film en espérant que ces films ne seront pas en trop. Après tout, il nous a déjà donné beaucoup de bonheur. Je viens d'apprendre que c'est déjà son plus gros succès au États-Unis. Comme quoi dans l'Amérique de Trump, tout fout le camp...
Victor L
Victor L

12 abonnés 14 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 août 2019
Un neuvième film pleinement réussi pour Tarantino qui affiche ici une complicité étonnante entre Brad Pitt et Di Caprio. Ces deux là portent le film avec une amitié authentique entre un acteur riche et célèbre mais en perte de vitesse et un cascadeur hors du commun. C'est d'ailleurs pour moi un des meilleurs rôles de Brad Pitt tant il est attachant. Il est bourré de références aux années 60 notamment aux Western, et visuellement impeccables avec une bande son vraiment à la hauteur. Certains pourront taxer le film de longueurs et d'un scénario qui ne sait pas où il va, mais c'est pour moi tout le charme du film que de suivre les aventures de ces deux amis que rien ne semble pouvoir séparer. Et que dire de la scène finale ! Bref, sans faire de jeux de mots douteux sur l'addiction de Tarantino, on prend son pied !
bioton m
bioton m

8 abonnés 9 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 août 2019
C'est très long mais la fin en vaut la peine. Le ballet de références au cinema d'en temps fait sourire, le comique utilisé avec les affiches des films de Rick Dalton est hilarant et la musique est très bien choisie, on aperçoit la peine que Quentin Tarantino s'est donné pour réalisé ce film en tant qu'hommage à ce cinéma qu'il apprécie particulièrement. Malgré cela, il n'est pas destiné au grand public amateur de film d'action.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 14 août 2019
Je suis très déçu , le film est extrêmement long on s'ennuie énormément il y'a pas beaucoup de scènes d'actions. Malgré l'excellente performance des acteurs et quelques répliques drôles, l'histoire du film tourne en rond. C'est plus un reportage sur la vie des acteurs de western leur vie à Hollywood et les coulisses de comment on tourne un western qu'un film d'action.
Les autres Tarantino sont biens mais celui-là est décevant. Je déconseille de le voir. Si vous tenez à le voir aller au grand Rex pour profiter de la salle grand large et de son écran géant elle est magnifique
lhomme-grenouille

3 615 abonnés 3 170 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 août 2019
Ah mais il m’agace ! Oui, Quentin Tarantino m’agace, surtout quand il fait des films comme ça. Et je me doute bien que je ne vais pas mettre tout le monde d’accord avec ce que je m’apprête à dire (mais bon, on est aussi là pour exprimer des points de vue hein !), mais moi je ne peux pas m’empêcher de considérer qu’il existe deux catégories de films chez Quentin Tarantino. Il y a d’un côté les films-pionniers où sa volonté première est de mettre en place un univers nouveau, cohérent et animé par une rythmique et une intrigue savamment réfléchies (je mettrais là-dedans « Reservoir Dogs », « Pulp Fiction », « Jackie Brown », « Kill Bill volume 1 », « Django Unchained » et éventuellement « Les huit salopards »), et puis il y a les films plus récréatifs où j’ai l’impression que l’ami Quentin s’amuse et se relâche davantage ; où il combine les références voire les autoréférences dans un enchaînement de scènes certes souvent savoureuses mais qui peinent malgré tout à constituer un ensemble cohérent et fluide. Et dans cette catégorie on retrouverait pour moi « Kill Bill volume 2 », « Inglorious Basterds », « Boulevard de la mort » et donc – vous l’aurez compris – ce « Once Upon A Time In … Hollywood ». Parce qu’oui, pour moi il n’y a pas meilleure manière pour résumer ce neuvième long-métrage de Quentin Tarantino que d’en dire ça : ce film un enchaînement confus de scènes savoureuses. Et des moments savoureux il y en a ! Ce n’est clairement pas moi qui vais vous dire le contraire ! ( spoiler: De la bagarre entre Cliff et Bruce Lee aux moments anthologiques passés par Rick sur les plateaux de tournage, c’est un festin !
) Et à chaque fois, la raison de ce festin est toujours la même : il y a à chaque scène-clef un sens du dialogue et de la rythmique qui relève de l’orfèvrerie et qui offre aux acteurs un cadre idéal pour s’exprimer. A ce petit jeu là d’ailleurs, Leonardo Di Caprio et Brad Pitt livrent encore une fois de remarquables prestations. On les sent à l’aise, amusés. Ils se régalent et c’est plus que communicatif. Et rien que pour cela, j’avoue que je n’ai aucune hésitation à considérer ce « Once Upon A Time… » comme étant l’un de mes très bons moments de 2019… Mais bon… Malheureusement il faut qu’autour de tous ces bons moments le film soit gorgé de boursouflures. Autant de scories qui s’expliquent par l’envie de Quentin Tarantino de nous en foutre plein la vue. Combien de plans ne sont là que pour rappeler que l’ami Quentin sait filmer ? (Voir Brad Pitt sous toutes les coutures quand il conduit, ça va une fois mais au bout d’un moment ça me gonfle clairement ! Ton sujet c’est ton film Quentin, pas toi.) Idem, combien de plans – voire de scènes entières ! – ne sont là que pour caser des références ? Références musicales. Références filmiques. Et parfois même des références à lui-même ! Ça dégueule de partout. Il y a un trip égotique qui souille régulièrement ce film : des plans qui ne sont là que pour rappeler que – oui – on regarde bien un film de Quentin Tarantino et que c’est la classe. Peut-être que ça émoustille la fan-base, mais pour moi c’est trop : j’en suis venu à ne plus supporter la vue d’un minishort ou d’une paire de pieds nus à l’écran, c’est dire ! Alors vous allez me rétorquer que je chipote et que ce n’est que du détail. Sauf que – désolé – mais le rythme et la structure du film pâtissent clairement de toutes ces boursouflures. A bien tout prendre, on se rendra notamment compte que tout l’arc Sharon Tate est clairement un arc mort. Toutes les scènes qui le composent ne sont là que pour montrer des décors, des références et le joli petit corps de Margot Robbie qui défile en habits (légers) d’époque. Au-delà de ça, cet arc est totalement vide. Idem, à vouloir cabotiner formellement autour de certaines scènes, comme celle dans le camp de hippies par exemple, Quentin Tarantino créé des séquences très longues qui en deviendraient presque des films à part entière. En procédant ainsi, ces longues scènes finissent par phagocyter l’intérêt au point que la transition vers un autre personnage entraine inévitablement une brisure dans le rythme. Du coup, ce « Once Upon A Time… » peine a exister en tant qu’entité pleine et entière et se transforme vite en une sorte de film à sketchs dont on a du mal à suivre la finalité. D’ailleurs, les raccords entre ces scènes sont souvent maladroits : c’est par exemple le cas de tout ce qui concerne la séquence spoiler: « Rick et Cliff en Italie »
. Et même si l’ami Quentin semble assumer totalement cette rupture notamment en basculant vers un type de narration différente, je trouve que ça participe malgré tout à un hachage du rythme et de l’intrigue. Personnellement, je trouve vraiment que la dernière grosse séquence ( spoiler: celle où Manson vient pour accomplir son carnage
) ressemble plus à un rajout qu’à un final. En termes de tension et d’attention, moi, ça m’a vraiment pénalisé. En cela, ce « Once Upon A Time » ressemble vraiment à la démarche d’un « Inglorious Basterds » : au fond les scènes prévalent sur l’histoire et n’existent que pour être au service des acteurs plus qu’elles sont au service d’une intrigue ou d’une dynamique globale. On peut aimer. Mais moi ça me pèse. Ça me pèse parce qu’au fond j’ai suivi tout ça sans vraiment savoir où j’allais. Et à raison puisqu’au final on va un peu nulle part. Parce que si on s’interroge un peu sur la finalité de ce film on se rendra vite compte qu’il y a un os. C’était quoi l’objectif ? Montrer deux visages d’Hollywood entre d’un côté l’acteur qui explore tout le côté factice d’Hollywood et de l’autre le cascadeur, celui qui aborde le vrai quartier qui existe derrière les studios ? On sent à un moment qu’il y a un peu de ça, mais ça s’égare vite sur le dernier tiers, et surtout c’est totalement pollué par l’arc Sharon Tate. Est-ce que le but était au contraire de faire une sorte de panégyrique d’Hollywood en offrant une image de ce monde volontairement fantasmé car – par définition – il s’agit d’un monde qui fonctionne comme une usine à fantasmes ? Oui, c’est en tout cas ce que suggérerait la fin : poussant le fantasme jusqu’à spoiler: réécrire l’Histoire. Car après tout Hollywood c’est aussi ça : créer les histoires et le monde qu’on veut. Là encore on est dans une démarche très proche de celle de « Inglorious Basterds ».
Bref, oui, il y a plein de trucs intéressants dans ce film. Ça en dégorge de partout. Seulement voilà, au lieu de faire l’effort de sélectionner, d’élaguer et de travailler la cohérence de son film, pour ce coup-ci Quentin a préféré faire des choix plus égoïstes, égotiques, récréatifs, s’appuyant sur la liberté que les spectateurs lui concéderont de par son statut. Alors oui, ça peut plaire, mais donc moi, ça m’agace. Ça m’agace parce que « Once Upon A Time In… Hollywood » aurait pu être un grand chef d’œuvre. Tarantino pouvait le faire. Il savait comment le faire. Mais au lieu de ça il a préféré céder à ses tics, son égo et certaines autres facilités. Mais bon après tout c’est son droit. C’est lui l’auteur. Il fait ce qu’il veut. Et je suis d’ailleurs certains qu’ils seront beaucoup ceux qui, là-dedans, sauront s’y retrouver. Mais que voulez-vous, on ne se refait pas. Moi dans tout ça, je ne peux m’empêcher de voir le verre à moitié vide. Peut-être sera-t-il davantage rempli la prochaine fois. Qui vivra verra… Après, ça ne reste que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
joelle g
joelle g

102 abonnés 945 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 28 août 2019
Quelle déception !
Avec Brad Pitt et DiCaprio sous la houlette de Tarentino je m´attendais au film de l’annee...vus en plus les critiques...
Quel ennui....plus de 2h30..à me demander ce que je faisais là, à attendre ....
Il y a bien toutes ces allusions au cinema hollywoodien des années 50 , a tous ces western que je regardais petite à la télé...mais ça nu suffisait pas pour capter mon attention....mon intérêt....
Car en fait , le pb était là: ce film est inintéressant...
Seule idée géniale : la présence de Sharon Tate..ressuscitée le temps de quelques heures....
SYLVIE B.
SYLVIE B.

31 abonnés 220 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 26 août 2019
Ben non Quentin, là tu t'es raté... pas un seul dialogue croustillant qui fera date ou référence, deux petites scènes sympas Tarantinesques avec Bruce Lee et dans le dernier quart d'heure.. Mais qu'est ce qu'"on s'ennuie à suivre Brad Pitt pendant des heures dans sa bagnole. Qu'est ce que c'est long toutes ces scènes de westernn avec Di caprio. Bon d'accord il y a plein de références à des films cultes. Et alors ? Non franchement, ce n'est pas un bon cru. J'ai failli sortir en cours de route. Et pourtant je suis une grande fan de QT
Did
Did

15 abonnés 70 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 août 2019
Le Tarantino qui va diviser !
Je ne suis pas loin de dire que c'est son meilleur ! ( Mon préféré étant Jackie Brown)
Un bel hommage au cinéma tout court ( même si il traite quasi essentiellement de la période westerns spaghetti italiens).
Di Caprio est une fois de plus exceptionnel, Brad Pitt crève l'écran et Margot Robie est magnifique dans le rôle de Sharon Tate.
La toute jeune actrice qui donne la réplique lors d'un tournage à Di Caprio est parfaite, elle fera date dans le cinéma.
A l'heure des fonds verts et du numérique, ça fait un bien fou de voir du cinéma tourné dans de vrais décors...
Beaucoup moins bavard que ses derniers films, on est en terrain conquis avec tout ce qui caractérise le cinéma de Tarantino, c'est parfois violent, drôle, décalé voir barré, le côté fetichiste des pieds (sales) du réalisateur est omniprésent , la bande son Rock'n roll et son montage efficace.
L'excellent et surprenant final que je vous tairai mérite à lui seul ces 2h48 de VRAI Cinema !
JulesTab
JulesTab

8 abonnés 27 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 août 2019
Once Upon a Time in Hollywood de Quentin Tarantino est un grand film ! Une œuvre d’une puissance folle profondément mélancolique, même onirique avec un Los Angeles de 1969 tout simplement sublime ! C’est un film magnifique où l’on retrouve les thèmes de la réalité et du pouvoir de la fiction. Brad Pitt, Léonardo DiCaprio et Margot Robbie sont juste exceptionnels, cette œuvre faisant partie de leurs plus grands rôles ! C’est un film que je n’oublierai pas ! Et la fin est tout simplement jouissive ! Tarantino l’a réalisé avec amour et qu’est-ce que c’est touchant
Hubert Guillaud
Hubert Guillaud

137 abonnés 126 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 10 décembre 2019
Tarantino n'a plus rien à dire, mais le dit fort. Tout est pathétique ici : jeu des acteurs, vide intersidéral des dialogues, scènes pour elles-mêmes... Fuyez !
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 3 septembre 2019
Je rédige cette critique plusieurs jours après avoir vu le film, c'est une précision importante car il ne me reste pas grand chose du dernier Tarantino, à part un certain goût amer. Je ne peux m'empêcher de penser à Polanski et j'aimerais entendre son avis et son ressenti. Si j'étais lui, voici ce que je dirais : "a-t-on le droit d'utiliser la réalité et son horreur pour surprendre les attentes du spectateur ? N'est-ce pas prétentieux de penser que le cinéma et ses cascadeurs ont le pouvoir de transformer la réalité, de tuer les monstres et de redonner vie aux disparus ?"
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