Manuel est baraqué pour ses 18 ans et adore le foot. Maintenant qu’il est majeur, il va devoir quitter le Foyer éducatif, près de Rome, où il a été placé depuis que sa mère est en prison. Sa sortie tombe bien, parce qu’il étouffe. Mais sa liberté d’homme l’inquiète aussi, car s’il veut se porter garant de sa Mama chérie, pour qu’elle sorte plus tôt que prévu sous le régime de l’assignation à résidence, il lui faut devenir un adulte responsable. Tout se joue entre espoir d’une vie nouvelle et devoir d’être à la hauteur. Donner des gages aux magistrats, convaincre les services sociaux, multiplier les démarches administratives, trouver un boulot stable, remettre en état l’appartement familial… Cela fait beaucoup pour un jeune homme qui n’a que sa bonne volonté à offrir. Car, ce qu’on lui demande, au fond, revient à renoncer à ses plaisirs d’ado. Et à sacrifier sa propre liberté pour favoriser celle de l’être aimé… Au-delà de la prise de conscience, c’est cet abandon d’une zone de confort que filme Dario Albertini. Comme un passage à l’âge adulte. Centré, quasi-exclusivement autour du personnage de Manuel, le scénario d’Il Figlio n’est pas d’une grande audace. Et du point de vue formel, quelques plans un peu étirés parasitent parfois le récit. Mais dans ce film, beaucoup se joue sur la sensibilité avec laquelle Andrea Lattanzi incarne le héros. Avec un entêtement discret et une émotion contenue. A lui seul, le jeune acteur parvient à faire partager ses angoisses et à provoquer « ce moment magique ou fiction et réalité se confondent », comme le souhaitait le réalisateur.
Découvert ce petit bijou du cinéma italien hier. Un étonnant portrait d'un adolescent responsable, interprété avec maestria par Andrea Lattanzi. Un film fort, tenu, profond, rare.
Le film est pas mal du tout. Belle histoire qui tourne autour du jeune Manuel et de sa mère. Intéressant à regarder et belle langue italienne à écouter
magnifique film sur un rapport inverse mère fils et surtout grande découverte d’un jeune metteur en scène italien! cela fait plaisir de voiir un cinéaste neo realiste émouvant et juste
Photographe à l’origine, 43 ans au compteur, le romain Dario Albertini est entré par le documentaire dans la réalisation cinématographique. "Il figlio Manuel" est son premier long métrage de fiction. Il a obtenu 3 prix lors du Festival du cinéma méditerranéen de Montpellier 2017, dont deux prix majeurs : l’Antigone d’or, décerné par le Jury, et le Prix de la critique. Arrivé à l’âge de 18 ans, Manuel doit quitter le centre éducatif dans lequel il avait été placé quand, lui étant mineur, sa mère avait été incarcérée : en Italie, l’aide économique permettant à des jeunes de rester dans de telles institutions s’arrête lorsqu’ils atteignent leur majorité. Cette mère, il ne cessait d’y penser durant son séjour dans l’institution et il avait en tête de faire coïncider dans le temps leur retour à la liberté, à elle et à lui. Pour cela, pour que sa mère puisse être assignée à résidence, en liberté surveillée auprès de lui, il doit arriver à prouver, à sa sortie de l’institution, qu’il est apte à s’en porter garant. Avec l’histoire de Manuel, Dario Albertini prouve qu’on peut réaliser un film passionnant centré sur un grand adolescent arrivant à l’âge adulte avec un comportement que l’on pourra qualifier, selon sa philosophie personnelle, de raisonnable ou de timoré. Film passionnant car les scénaristes ont fait en sorte que la vie de Manuel ne soit pas un long fleuve tranquille à sa sortie de l’institution : entre cette sortie et le rêve qu’il a en tête, on sent que Manuel est balloté au gré de ses rencontres, dont celle d’un ancien ami venu le visiter pour lui proposer un poste important en Croatie et dont tout laisse à penser qu’il n’est pas très « clean ». Pour le spectateur cela se traduit par un questionnement presque permanent : que va-t-il finalement décider, va-t-il réussir à aller au bout de ce qu’il avait en tête ? Dans ce contexte et sans rien « divulgâcher », on conseillera aux spectateurs de bien regarder la destination d’un autocar pris par Manuel vers la toute fin du film : l’image est fugace, mais, si ce détail vous échappe (et c’est le cas chez une bonne moitié des spectateurs non prévenus), c’est le sens profond du film qui, également, vous aura échappé ! Même si cela fait des années que le cinéma italien est considéré par certains comme étant en état de mort clinique, il ne se passe pas une année sans qu’apparaisse au minimum un nouveau réalisateur prometteur originaire de ce pays qui nous est si proche. Au tour, cette fois-ci, de Dario Albertini. Il vient du monde du documentaire et on n’est donc pas surpris de trouver chez lui des affinités avec le néoréalisme italien, un néoréalisme toutefois modernisé par son croisement avec le cinéma des frères Dardenne et celui de Ken Loach.
Vu au Festival de Venise 2017 (si mes souvenirs sont bons), c'est un très bon film sur l'adolescence et les premières amours... A recommander à tous les amateurs de cinéma italien !
Manuel est majeur et peut enfin quitter le foyer dans lequel il a grandi depuis l’incarcération de sa mère. Mais comment faire pour devenir un adulte responsable quand on a pas appris à grandir ? Surtout que le jeune homme va devoir redoubler d’efforts pour prouver aux autorités qu’il peut veiller sur sa mère lorsqu’elle sortira de prison. Il Figlio, Manuel est une histoire somme toute simple, qui s’attache surtout à suivre les premiers pas du protagoniste vers la liberté. Ses rencontres sont passagères et éphémères et donnent ce sentiment troublant d’engrenage dans la difficile réalité de la vie. Aussi, le film donne l’impression d’avancer à reculons, sans trop savoir où aller. Loin de respirer l’optimisme, ce premier long-métrage de Dario Albertini s’inspire de son documentaire sur la création d’un refuge dédié aux orphelins et s’inscrit plutôt dans la chronique que dans une prenante fiction. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com