Que dire ! Que dire ? C'est une vraie question ! Sincèrement, je ne sais pas vraiment si je pourrais y répondre, tellement ce que j'ai eu sous les yeux pendant une heure et demie ressemble plus à du cinéma expérimental qu'autre chose. Après tout, personne ne crie au navet quand un réalisateur un peu fou sort un film tout aussi fou, justifié par le fait que c'est expérimental. Et bien, ici c'est encore mieux puisque la réalisatrice, Arielle Dombasle, explique que ce n'est même pas un film intello mais une série B ou Z (ou les deux à la fois) complètement assumée. Et je dois dire que le résultat me laisse perplexe puisque je n'ai pas adoré, loin de là, mais je n'ai pas détesté non plus. Ce genre de film complètement barré, ça fait du bien de temps en temps. Ça change des gros blockbusters américains, des comédies françaises ratées et des drames intellos (je ne résume pas le cinéma qu'à ces trois genres-là, rassurez-vous), et la réalisatrice nous présente quelque chose de complètement loufoque qui propose au spectateur ce qu'il a envie d'y voir (même la réalisatrice et le scénariste, Nicolas Ker, ont avoués n'avoir pas très bien compris ce qu'ils étaient en train de fabriquer). C'est donc, en gros (parce-que sinon, on en a pour un moment), l'histoire d'une secte qui veut réunir deux êtres un peu excentriques, dont l'un est la descendante d'une princesse égyptienne (ou un truc dans ce goût-là) afin de créer un être androgyne. Ne me demandez pas, je n'ai pas non plus très bien compris tous les tenants et aboutissants du film, si tant est qu'il y ait un sens à tout ce foutoir d'ailleurs. On peut par ailleurs voir le film comme un espèce de fourre-tout dans lequel Dombasle y aurait mis ce qu'elle aime bien voir au cinéma, c'est-à-dire des couleurs issus du giallo (et les meurtres accessoirement mais c'est une sous-intrigue dont tout le monde se fout), des personnages loufoques, du sexe, de la série Z etc. Mais est-ce que tout cela à un sens ou un but ? Et bien pas tellement, enfin je ne l'ai pas trouvé en tout cas mais néanmoins, j'ai trouvé le tout assez intéressant ! Intéressant dans le sens où Dombasle ne s'impose aucune limite, elle propose son truc, si ça nous plait pas, tant pis. Nous avons mêmes des idées intéressantes, même si j'avoue m'être lassé petit à petit de l'ensemble. En ce qui concerne la mise en scène, où est passé l’étalonnage ? C'est très dommage car la photographie est très moche et le tout fait très amateur mais certains plans sont pourtant réussis, beaux et intéressants. Et puis bon bah, comme dans tout bon nanar, c'est drôle quoi, on passe un bon moment si on se laisse perdre par le film ! En ce qui concerne le jeu d'acteur, c'est catastrophique, entre Nicolas Ker et Michel Fau qui sont en constant surjeu et les autres qui se demandent ce qu'ils foutent là, seule Arielle Dombasle semble s'en sortir (mais c'est surtout parce-que son côté un peu perché fonctionne bien dans cet univers). "Alien Crystal Palace" est donc un film que l'on peu qualifier de tout ce que l'on veut mais qui, en tout cas, ne laisse pas indifférent.