J’ai été conquis par ce film ! Il faut dire, je suis rarement déçu de ce que nous proposent nos amis de l’autre côté de l’Atlantique. Ils ont une vision sociétale très juste. Cette fois-ci, ça sera le principe même de construire sa société sur l’argent qui sera attaquée. Tout sera symbolisé à travers le simple personnage joué par Alexandre Landry. C’est un surdoué qui clame à qui veut bien l’entendre, que si on est trop intelligent, on ne peut pas réussir dans la vie. Par contre, le jour où il trouve beaucoup d’argent, il met de côté ses valeurs et on verra la perversion que lui apporteront ses billets verts. Le combat intérieur de la moralité humaine contre la cupidité sociétale. L’acteur étant excellent, ça n’en est que meilleur. Le vice sera même poussé jusqu’à montrer la course des différents protagonistes, polices comprises, pour retrouver cet argent quel qu’en soient les moyens. Cela donnera une histoire passionnante. C’est d’autant plus prenant que ce n’est pas juste un jeu du chat et de la souris. On aura c’est vrai un côté un peu gangster avec un soupçon de violence. Ça rajoutera un peu de punch à certaines parties. Et de l’autre côté, on aura un déroulé autour du monde de la finance. Une exploration dans les travers de cet « Empire Américain ». J’ai trouvé celle-ci captivante. Les explications seront données avec clarté sans être trop complexe. On va donc se plonger encore plus dans l’histoire.
Excellente carambouille québécoise qui joue sur plusieurs niveaux et statuts. Drôle et vraiment grinçant, avec la magnétique Maripier Morin... Tabarnak !
Le butin d'un hold up qui tombe dans les mains d'un docteur en philosophie puis bénéficie de façon improbable à une bande hétéroclite permet une critique cynique mais réaliste du système banquier international au service de la fraude fiscale. Baroque mais pas ennuyeux.
Je suis allé voir le dernier film de Denis Arcand sans trop d’attente, et j’en suis sorti séduit. La chute de l’empire américain renoue avec la truculence de La maudite galette, une œuvre ancienne et presque oubliée. Le nouvel opus m’a rappelé les comédies sociales italiennes. À partir d’une histoire d’argent volé et trouvé, le réalisateur nous décrit une société de ploutocrates où le fric des riches disparaît dans des paradis fiscaux, où l’on pratique l’optimisation fiscale à fond la caisse, avant de réapparaître dans de respectables fiducies caritatives.
Un polar bien enlevé avec ce qu'il faut de scènes d'action, des dialogues savoureux, des personnages aux contours surprenants comme un docteur en philosophie devenu chauffeur-livreur ou plus convenus telle cette escort-girl qui tombe amoureuse. Avec en prime juste ce qui est nécessaire d'accent québécois pour la couleur locale. Il est question de beaucoup d'argent, de paradis fiscaux et de gangs sur fond de misère urbaine. Comme divertissement, ce film tient la route. Pour la critique sociale à laquelle il semble parfois prétendre, il faudra repasser. Bien que lecteur de Marc Aurèle, le héros ne semble pas avoir fait sienne la devise " sustine et abstine ". Vues ses fréquentations, on le comprend.
Un scénario intelligent, qui dénonce les excès du libéralisme en Amérique du Nord mais pas que seulement là-bas.. à travers un film policier où un "looser" intello devient malgré lui un voleur de l'argent de la mafia.. Le film dénonce, balance sur les hommes politiques, amuse, les personnages sont tantôt candides, tantôt manipulateurs. Le film est intelligent, balance sur le blanchiment et les paradis fiscaux sans saouler les gens avec de la technique financière, mais sans descendre au ras des pâquerettes non plus. Au final un très bon film qui devrait bénéficier d'une plus grande campagne marketing car bien construit, amusant et instructif, ce qui en fait un film rare..
original , un film social et policier. Parfois , difficile de comprendre le français Québécois à l'écran. Histoire pleine d'entrain , et un bon cliché de la société canadienne.
Cette "Chute" est une excellente comédie grinçante sur notre monde pourri par la finance. On ne sait plus où se trouve la vertu aujourd'hui; et ce film nous le raconte avec justesse, en nous mettant en empathie avec des personnages qui accèdent à l'épanouissement, par la possession illégale de sommes d'argent considérables. A travers cette ludique fiction policière, Denys Arcand peint très bien la chute morale de cet empire américain, dont nous faisons aussi partie en France.
Un bon film entrainant . Une intrigue pleine de rebondissement inattendus . Certains rouages de la finance internationale plus forte que jamais depuis 2008 sont bien étudiés . pas d'erreur de casting dans ce film . les acteurs pro sont très convaincants et le peuple des " itinérants" (l'appellation québécoise des S.D.F) dont Arcand fait voir avec justesse l'augmentation constante apparait dans toute sa misère et sa réalité . La langue parlée , est savoureuse a mes oreilles française bien qu'il faire évidemment quelques efforts pour en décrypter l'accent .
Un film formidablement construit, férocement drôle et terriblement réaliste. Hélas cette réalité la plus folle et la plus improbable de la finance et de la corruption ordinaire est bien celle dans laquelle nos sociétés baignent en permanence. Tout le cynisme du monde tient dans cette fable brillamment interprétée. Le petit couple à la Bonnie & Clyde est tout à fait charmant. Un film aussi divertissant que lucide, avant comme après Covid, ne rêvons pas, rien ne changera de la marche du monde. A l'opposé des nantis corrompus, irregardables de laideur, il y a les êtres ravagés par la pauvreté et le malheur, seuls visages humains, nobles, triomphant de l'indignité, que l'on pourrait contempler des heures.
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2,0
Publiée le 27 juin 2020
Denys Arcand avec de bonnes intentions, tente d'explorer la classe des cols bleus dans un contexte plus large de corruption politique et de répartition de l'économie. Parfois dans le film, il montre des sans-abri dans les rues avec des plans rapprochés du visage et il les affiche comme un groupe sans nom et sans voix. On peut admirer son dispositif artistique mais il se sent très condescendant. Ensuite un autre élément est que tous les personnages sont joués par des Canadiens blancs, seules quelques personnes de couleur dans la distribution de soutien jouent des personnages atypiques. Les réactions des acteurs aux situations sont à mon avis incroyables. Le personnage principal est dépeint comme un titulaire d'un doctorat de philosophie. Mais il n'agit pas vraiment de cette façon et à la fin de l'histoire ils laissent beaucoup de choses en suspens. En tant qu'histoire d'amour cela fonctionne brillamment mais en tant que film explorant des thèmes sociaux, La Chute de l’Empire américain devient très vite confus...
Très bon film qui se tient de bout en bout, bref un film soigné fait avec intelligence. C'est pourquoi j'ai été choqué par une grosse incohérence à la fin qui tient du détail certes mais qui fait tâche sur une toile immaculée. spoiler: L'accusation de l'avocat est bâclée, grotesque. A aucun moment la fille ne dit son âge, donc le pauvre ne peut pas savoir, en plus la fille l'entraîne, le pousse. Et pour couronner le tout le personnage qui joue "la mineure" n'a visiblement pas moins de 25 ans ! Enfin un avocat de cette trempe s'en serrait non seulement tiré mais aurait fait même un procès à la police pour coup monté et diffamation. Voilà cette scène ne tient pas du tout debout.
Mais c'est la seule donc je mets quand même 4 étoiles car le reste est bon.