Les Hirondelles de Kaboul
Note moyenne
3,9
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163 critiques spectateurs

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Chris58640
Chris58640

259 abonnés 831 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 septembre 2019
Il ne dure que 80 minutes, le film d’animation de Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec, mais c’est 80 minutes en enfer ! Si chacun à son enfer personnel, alors Kaboul sous les Talibans est assez proche du mien : pas de livres, pas de cinéma, pas de musique, pas de libre-arbitre, pas d’instruction, des femmes emprisonnées sous un morceau de tissu, des hommes terrorisés par la police religieuse, où tout espoir d'un lendemain meilleur est chimérique. 80 minutes dans cet enfer là, c’est déjà beaucoup mais le déplacement vaut amplement le coup. Voilà un film d’animation original déjà dans sa forme. Breitman et Gobbé-Mévellec ont fait le choix étonnant de l’aquarelle et je crois que c’est la première fois que je vous un film d’animation à l’aquarelle. Il ne faut pas longtemps avant de comprendre que c’est la toute première bonne idée du film, le rendu est un peu irréel, comme si on était un peu dans un rêve, ou plutôt un cauchemar. Ca pourrait être un choix artistique anecdotique, or je pense que ça ne l’est pas du tout. Du numérique ou des dessins types « mangas » à la place n’auraient pas apporté la force qu’apportent ces formes ouatés, sans lignes claires, où les touches de couleurs suffisent à créer une ambiance. C’est un film d’animation esthétiquement très beau, il faut commencer par dire cela. Il y a un petit peu de musique, parfois une musique qui sort des autoradios ou des magnétophones mais c’est rare puisque la musique est interdite. Le film passe très bien car il n’est pas très bavard, pas grandiloquent, pas pontifiant. Pas besoin d’en faire des tonnes pour faire passer l’horreur à l’écran, des gamins qui balancent des ballons dans des buts où pendent des potences et tout est dit. Il y a au début du film une scène de lapidation évidemment insupportable, heureusement filmée de la manière la plus pudique possible. Mais a part cette scène de début et la scène de fin dans le stade, peu de violence physique à l’écran. Par contre, que de violences psychologiques dans les propos et les attitudes ! Le travail des acteurs qui donnent leur voix aux personnages est remarquable, de Simon Abkarian, à Zita Hanrot (dans tous les bons coups du moment, Zita !), de Swann Arlaud à Pascal Elbé. L’intensité de leur interprétation couplée à la magie des aquarelles fonctionnent parfaitement. Le film est l’adaptation du roman éponyme de Yasmina Khadra, je ne l’ai pas lu alors je ne vais pas évoquer la qualité et la fidélité de l’adaptation. Quand on ne connait pas l’intrigue au départ, on met un certain temps à comprendre où l’histoire va nous emmener. On croit que le personnage du jeune mari Mohsen, qui veut redevenir professeur d’Histoire dans une école secrète, va être au centre de l’intrigue. Mais vers le milieu du film, son destin bascule et l’on comprend assez vite vers quelle fin on se dirige. C’est une fin magnifique, je dois dire, une fin d’autant plus belle que le contexte est laid. Le film est une ode à l’espoir, à la rédemption, au sacrifice aussi. C’est difficile de ne pas avoir les larmes aux yeux lors des scènes finales, qui sont autant belles sur le fond que sobres dans leur forme. « Les Hirondelles de Kaboul », ces oiseaux omniprésents dans le ciel afghan, ce sont aussi ces femmes en burka, interchangeables, à qui on dénie la liberté primaire d’avoir une identité. Les imbéciles qui les emprisonnent les jugent, les condamnent, les répudient ou les lapident ne peuvent finalement pas emprisonner, juger, condamner, répudier ou lapider leur âmes, ils disposent de leur vie, de leur corps, de leur mort mais pas de ce qu’elles sont au fond d’elles, dans leur cerveaux, dans leur rêves, sur ça ils n’ont aucune prise et j’imagine que ça les rends fous ! Dans le film, comme dans le roman j’imagine, ces imbéciles là sont dupés par leurs propres bêtises, c’est ironique, c’est une lueur d’espoir aussi : l’intelligence l’emporte toujours, les idiots ne l’emportent jamais. « Les Hirondelles de Kaboul » est un film magnifique dans la forme comme sur le fond, une histoire (d’amour) toute simple mais sublime, qui en dit plus long sur le régime des Talibans et sur l’Afghanistan que tous les discours. Allez-y, recommandez-le, conseillez-le, les séances de cinéma de cette qualité sont aussi rares que précieuses.
bouddha5962
bouddha5962

78 abonnés 799 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 septembre 2019
Cette histoire est bouleversante. Dans Kaboul envahit par les talibans et la barbarie où l'oppression des femmes est constante un jeune couple rêve encore de liberté. Difficile d'y croire dans ce pays (l'Afghanistan) ravagé par la guerre et l'obscurantisme. Un film captivant.
Gfa Cro
Gfa Cro

59 abonnés 576 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 septembre 2019
Vu et avis le 20190906

Histoire bien menée, au final peut sembler un peu attendue, facile, mais je ne pense pas qu on puisse la deviner rapidement.

Le film évolue avec le temps dans son message. Il commence par le quotidien de la vie, que la vie est pesante. Environ à partir du moment de la visite chez le médecin, le film s intéressé de plus près aux gens, à leurs petits mensonges et compromission.
Francis S.
Francis S.

26 abonnés 113 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 septembre 2019
On devrait trainer toutes les dindes et les bachées qui nous bassinent avec leur hijab et leur burkini voir ce film amer.

Le scénario un peu ténu ne dissipe pas le sentiment intense d'oppression, d'injustice et d'absurdité qui ressort d'images bien faites et de dialogues d'une sobriété tranchante.

L'animation - très simple - est magnifiée par un aquarellage touchant et juste. Elle n'empêche pas de caractériser les personnages avec acuité.

A plusieurs moment, le parallèle avec le poignant Timbuktu d'Abderahman Sissako s'impose, par la beauté des femmes, par la puissance des paysages desséchés et par le scandale de l'oppression des gens par une idéologie islamiste mortifère, inique et absurde.

Un manifeste bouleversant contre l'obscurantisme islamiste.
Didier J
Didier J

8 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 septembre 2019
splendide et très sobre, d'une grande précision ce film peint une histoire très explicite du delire afghan
valvie75
valvie75

9 abonnés 17 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 septembre 2019
Une belle histoire, et un très beau graphisme. On en sort avec le froid dans le dos. A voir absolument
traversay1

4 482 abonnés 5 353 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 septembre 2019
En général, deux critères prévalent pour juger un film d'animation : sa qualité graphique et son sens narratif. On peut éventuellement y ajouter la prestation vocale des comédiens et c'est un aspect que l'on peut retenir dans Les hirondelles de Kaboul avec le trio Simon Abkarian, Zita Hanrot et Hiam Abbass, tous remarquables. Le film est-il moins crédible parce que les personnages s'expriment en français et non en Dari ? L'argument n'est pas recevable. Sur le plan de l'animation, les avis peuvent en revanche diverger, la douceur d'aquarelle du film et sa joliesse contrastent assez fortement avec le propos, mais cela peut-être aussi considéré comme un contrepoint intelligent. Sur le fond, impossible de ne pas adhérer à cette évocation du régime des talibans, notamment dans son oppression atroce des femmes. Il est quand même possible d'émettre des réserves sur la narration en tant que telle qui prend beaucoup de temps lors de la partie d'introduction avant de s'animer, c'est le cas de le dire, dans la deuxième moitié du film. Deux personnages sont privilégiés par le récit : l'héroïne, symbole de la liberté martyrisée et le gardien de prison qui représente l'homme digne et doué de raison. Les seconds rôles, si l'on ose dire, sont moins bien lotis, pas loin d'être caricaturaux, en tous cas sans nuances, dans le camp du mal. Pas de quoi accuser Zabou Breitman et eléa Gobbé-Mévellec de manichéisme mais il manque de la profondeur dans le caractère des différents protagonistes. Il est vrai que l'essentiel est ailleurs, dans cette histoire simple et universelle qui bien qu'ancrée dans le passé rappelle que nombreuses sont encore de nos jours les sociétés dictatoriales où le droit de penser et de s'habiller librement n'est pas préservé.
PLR
PLR

556 abonnés 1 770 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 septembre 2019
Un récit sombre qui, par sa violence (d’autant qu’elle est de source religieuse), met très mal à l’aise. En filigrane du scénario, les questions que se posent sous notre regard les victimes de ce drame : faut-il résister, faut-il fuir, faut-il se soumettre, voire accepter d'être peu ou prou complice, faut-il attendre passivement des jours meilleurs ? Accessoirement, comment en est-on arrivé là ? Des questionnements qui, même s'ils sont présents, ne sont guère développés (peut-être parce qu’ils n’ont pas de réponse, en tout cas de l’extérieur ?). C'est ce manque qui me fait réduire ma note. Le récit, assez lent, commence et se termine par de la barbarie. Le dessin atténue un peu cette violence. Filmé, ça aurait certainement été insupportable. Beaucoup de malaise. Aucune restriction ni avertissement pour les jeunes spectateurs mais ce sont des scènes qui demandent assurément un accompagnement.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 5 septembre 2019
Une esthétique admirable au service d'un cri poignant : vive la liberté, l'amour, l'humanité, l'éducation!!! Avant ce film, je n'avais jamais compris à quel point le régime des Talibans,au delà des barbaries, avait pu détruire toutes les relations sociales, à quel point la cruauté envers les femmes avait pu déstabiliser aussi les hommes, à quel point tous les Afghans avaient pu être des morts vivants, chacun mettant en place une dérisoire défense dictée par son instinct de survie, chacun à sa façon. Oui, un film à voir d'urgence pour réaliser la chance que l'on a de vivre libres et nos devoirs envers cette liberté.
Un immense merci à tous ceux qui ont contribué à faire entendre ce cri magnifique, touchant au but sans colère.
Lucie O.
Lucie O.

44 abonnés 191 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 septembre 2019
Très beaux dessins. Cependant je suis mitigée .. de confession musulmane j’étais déçue par ce que ce que les gens vont retenir de ce film c’est que l’islam est une religion fermée et que les femmes sont loin d’être libres .. Au delà de ça j’ai aimé le film et les personnages dessinés par rapport aux acteurs qui les doubles. Ça c’était cool. Je le conseille quand même cependant soyez ouvert d’esprits !
Yves 4.
Yves 4.

123 abonnés 642 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 septembre 2019
magnifique , sublime .
Dessins et bruits dans Kaboul , atmosphère pesante et sombre sous les talibans , la charia installé avec ses meurtres et violences.
Très glauque mais historique. A voir.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 5 septembre 2019
Un film touchant voir bouleversant. On est biensur envahi par de profonds sentiments d'incompréhension et d'injustice à la vue des scènes de violence envers les femmes et le peuple afghan en general. Le choix de mettre en scène des dessins m'a beaucoup plu. Sous cette apparente simplicité du dessin, les émotions ressenties sont réelles et puissantes. Pas d'effets fantastiques, pas de fioritures, ces dessins n'en ont pas besoin. Ils se suffisent à eux même pour faire passer une émotion à l'état pure tout simplement. A voir donc sans hésitez pour remercier les réalisatrices de leur engagement à travers ce film et pour combattre ce genre de traitements et d'actes barbares.
Mrik S.
Mrik S.

67 abonnés 27 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 septembre 2019
Une très belle animation, une musique qui vient souligner de façon harmonieuse le récit, une histoire d'amour superbe dans un film qui ose à la fois prendre son temps au début pour l'emporter ensuite dans le romanesque. A voir !
PaulGe G
PaulGe G

124 abonnés 607 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 septembre 2019
les magnifiques dessins, l'animation lente font de ce film un petit bijou . et les couleurs pastels atténuent la violence du sujet. nous avons eu l'inquisition au moyen âge , et aujourd'hui elle ressurgit dans l'orient . l'abominable condition féminine fait froid dans le dos. serait ça qu'on appelle un film d'horreur ?
Yves G.

1 846 abonnés 4 021 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 septembre 2019
Kaboul. 1998. Les talibans tiennent la ville et imposent leur loi d'airain.
Mohsen et Zunaira se sont rencontrés à l'université avant que Kaboul tombent aux mains des talibans. Il se destinait à enseigner l'histoire, elle le dessin. Mais l'ordre nouveau caparaçonne Zunaira derrière son tchadri opaque et étouffant et interdit à Mohsen d'enseigner l'histoire sans l'accommoder aux préceptes de l'islam.
Atiq et Mussarat forment un autre couple, plus âgé. Atiq est un ancien moudjahid qui a combattu l'URSS et qui est devenu gardien de prison. Sa femme se meurt d'un cancer.

Kaboul est donc la capitale de l'Afghanistan. Les talibans en ont été délogés en octobre 2001 pour avoir prêté main forte aux attentats du 11-septembre. Bizarrement, le cinéma a tardé à s'emparer de leur histoire, souvent en adaptant des romans sortis quelques ans plus tôt : "Les Cerfs-volants de Kaboul" (sorti en 2007 et adapté du best-seller de Khaled Hosseini), "Syngue Sabour" (sorti en 2012 et tiré du Goncourt 2008 de Atiq Rahimi), "Parvana" (sorti en 2018 et inspiré du roman pour la jeunesse de Deborah Ellis). Ce dernier, un dessin animé lui aussi, qui met en scène une enfant obligé de se travestir pour faire survivre sa famille dans les rues de Kaboul, n'est d'ailleurs pas sans ressemblance avec le film d'animation co-signé par Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec.

"Les Hirondelles de Kaboul" sont l'adaptation d'un roman de Yasmina Khadra sorti en 2002. Je l'avais lu en son temps et n'en avais pas gardé un souvenir impérissable. Les romans de Yasmina Khadra, bien qu'ils jouissent d'une grande popularité, ne m'ont jamais enthousiasmé : je les trouve excessifs, boursouflés de bons sentiments, frisant la démagogie à force de tire-larmisme.

Il a fallu plus de quinze ans pour le porter à l'écran. Zabou Breitman avait, au départ, l'idée d'en faire un film. Elle y a renoncé devant l'ampleur du projet (on imagine aisément que filmer une exécution capitale dans un stade de football ne doit pas être simple). Bien lui en prit ; car les aquarelles de Eléa Gobbé-Mévellec, qui avait déjà signé celles de Ernest et Célestine, font justice au texte. Mais elle a filmé les acteurs en costumes pour en tirer des cartons. On retrouve non seulement la voix de Swann Arlaud (Mohsen), de Zita Hanrot (Zunaira) de Simon Abkarian (Atiq) et de Hiam Abbass (Mussarat ) mais aussi leurs traits étonnamment fidèles.

L'histoire des "Hirondelles", réduite à son squelette, a l'épaisseur d'une longue nouvelle. Le film, qui dure 1h20 à peine, en a aussi la durée. Il en a aussi la puissance, même si on en devine un peu trop vite le ressort. Si on craint dans la première moitié du film l'ennui, l'émotion nous prend dans la seconde jusqu'à un épilogue, mélodramatique et inéluctable, que le dernier plan nimbe d'une lueur d'espoir.
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