Un film très simple mais très fort qui montre, sans parti pris, les ravages que peut faire le handicap d'une jeune-fille de 20 ans sur son entourage familial. On commence par juger les membres de la fratrie et, à l'instar de la jeune soeur, on révise petit à petit ses positions. C'est un film dur mais plein d'amour. Pas d'effets de mise-en-scène. Juste cette courte scène dans la voiture où tout est dit sans prononcer un mot, l'unique passage musical hors-diégèse sur "Bodysnatchers" de Radiohead. C'est beau à en pleurer. Diane Rouxel et Jeanne Cohendy sont fantastiques.
Pour son premier long-métrage, Margaux Bonhomme met en scène deux actrices époustouflantes et ce film leur permettra d’être éligible au César du Meilleur Espoir Féminin. Diane Rouxel est dans « Marche ou crève », une adolescente de 17 ans partagée entre son apprentissage, ses amis et sa sœur. Sa sœur, jouée par Jeanne Cohendy, est handicapée. Elle a besoin de beaucoup d’attention et sa sœur et son père font de leur mieux. Cédric Kahn qui joue le père, a des idées bien arrêtées sur les centres spécialisés. La mère est quant à elle partie souffler. Dans notre siège, nous assistons à ces journées bien peu évidentes. « Marche ou crève » est un film éreintant. On subit autant que cette famille, le douloureux labeur de gérer la vie quotidienne de cette jeune fille handicapée. On n’a pas le temps de souffler. On salue la douce énergie de cette sœur qui garde sans cesse son calme, alors qu'on aurait parfois envie de crier Stop. Alors forcément quand le générique arrive, la tension retombe, les larmes aussi. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Ce film dramatique français est très bien. C'est dommage qu'il soit peu distribué en salles et que du coup, peu de personnes le verront. C'est une histoire sobrement traitée, sensible et intelligente. Le sujet est un peu difficile mais l'actrice principale est parfaite.
Élisa est à l'âge de tous les commencements. Elle est sur le point de quitter la maison familiale, une ferme perdue dans les montagnes du Vercors, pour poursuivre ses études à Montpellier en colocation avec sa meilleure amie. Mais Élisa a une sœur aînée, Manon, lourdement handicapée. Et quand leur mère abandonne le foyer, Élisa se sent obligée de seconder son père dans l'attention de chaque instant que Manon exige.
"Marche ou crève" filme une réalité rarement dite : celle de ces milliers de parents asservis au handicap de leur enfant, condamnés à la répétition harassante, sans espoir de rémission, des mêmes gestes, des mêmes soins, celle de ces parents dont l'amour infini et inconditionnel qu'ils portent à leur enfant est lentement érodé par la fatigue et la colère, celle du choix impossible entre une "vraie" vie libérée de cette contrainte, qu'on aurait aimé choisir, et celle toute d'altruisme et de désintéressement que le destin leur a imposée et dont ils ne peuvent s'affranchir sauf à passer aux yeux des autres et à leurs propres yeux pour le pire des monstres.
"Marche ou crève" est un film dont on peine à se remettre, qu'on ait soi-même vécu pareille situation ou qu'on l'imagine. Il le fait sans voyeurisme ni sentimentalisme en trouvant le ton juste pour traiter un sujet propice à tous les dérapages.
Car ses personnages ne sont jamais manichéens. Manon, la sœur handicapée, n'est ni adorable ni détestable : elle est simplement une jeune femme lourdement dépendante qui nécessite une présence permanente. Le père, interprété par Cédric Kahn, aussi bon devant que derrière la caméra, est aussi admirable par le dévouement qu'il manifeste à sa fille que critiquable pour avoir transformé sa vie en sacerdoce masochiste.
Celle qui résume le mieux ces contradictions est Élisa, la sœur cadette. Diane Rouxel l'interprète dont le visage hyperboréen (cheveux blonds presque blancs, yeux bleus pâles un peu bridés) mangeait déjà l'affiche de "Volontaire" où elle jouait le rôle d'un vaillant petit soldat. La jeune fille déborde d'amour pour sa sœur et vit comme une culpabilité l'urgence du désir de voler de ses propres ailes, de découvrir d'autres lieux, d'autres gens... "Marche ou crève" est l'histoire de son accomplissement, un "coming of age movie" sans mièvrerie.
Diane Rouxel est magnifique de tendresse et de retenue. Même quand elle craque c'est momentané car son amour fraternel se régénère sans cesse. En revanche les gémissements pendant 1h30 de la soeur auraient pu être atténués. Il ne faut pas être dépressif au visionnage du film...
Un beau film sur le handicap et les problèmes qu’il pose à son entourage. Les acteurs sont bouleversants de réalisme. Ce film mérite du succès car il traite un sujet grave sans complaisance mais c’est une formidable leçon de vie.
Encore une adaptation autobiographique qui semble desservir son auteure. Comme si cette dernière n'avait pas réussi à prendre suffisamment de recul sur son histoire, elle nous sert un film trop brut, manquant de perspective, voire même un peu facile. Le scénario ne prend pas le temps, manque de relief, tout reste en surface et on n'accroche jamais.
Cela raconte le passage à l'âge adulte. Mais la sœur d'Elisa ne deviendra jamais adulte, car elle est handicapée mentale. C'est pourtant un bouleversement pour tout son entourage. C'est quasiment un documentaire, une étude de cas et en même cela reste un drame très personnel. Jusqu'à la dernière séquence où Elisa rejoint sa sœur qui est retournée à la voiture pour rentrer chez elle...
Difficile de trouver un film au scénario original maintenant... Le pitch est bon, pas besoin d'en dévoiler plus... Stephen King est à la barre, on sait que la science de l'incrédulité, bref. Le casting est bon, et, je me répète, on se retrouve dans les films un peu indé, où le casting n'est pas trop connu et, le film est plutôt bon. Pas grand chose à dire ici, si vous êtes habitué au genre vous ne serez pas surpris par la fin, mais cela mérite son visionnage. La durée du film est bonne, le temps n'est pas perdu...
Ce film se regarde presque comme un documentaire sur le handicap ou le polyhandicap pour être plus précis. Bien sur, c'est très romancé mais la réalisatrice veut nous montrer avec respect et simplicité le combat quotidien pour s'occuper d'un enfant ou d'un adulte polyhandicapé. C'est une tâche constante, qui ne s'arrête jamais car cette personne est le centre d'attention puisqu'elle ne peut s'occuper d'elle même. Vient ensuite le moment où on se dit qu'il faut peut-être mieux placer la personne handicapée. Car cela prend tellement de temps, d'attention, que rien ne passe avant. Les conséquences peuvent être graves sur les autres personnes du foyer: clash, rupture, etc... Tout ça est très bien décrit dans le film et très bien interprété par les jeunes actrices Jeanne Cohendy et Diane Rouxel. A noter la présence de C. Khan qui joue le rôle du père avec beaucoup de passion et de sincérité. A voir car ce film mérite qu'on s'y intéresse.
Un film qui nous plonge avec justesse dans le tumulte de la vie d'une famille entièrement vouée au handicap de l'une de ses membres. C'est beau, poétique, et ça nous plonge dans une somme de sentiments contraires. C'est donc une réussite.
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4,5
Publiée le 7 août 2020
La réalisatrice est sobre dans son portrait d'une fille qui sacrifie ses études et son temps à sa sœur handicapée Manon. Son engagement est extraordinaire rappelant parfois l'admirable performance d'Anne Bancroft dans Miracle Worker. Elle met vraiment son cœur et son âme. Il en va de même pour le jeu de Jeanne Cohendy qui est tellement réaliste que j'ai pensé qu'ils avaient embauché une vraie personne handicapée : comme une marionnette disloquée, gémissant, pleurnichant, couinant tout au long du film. Sa performance est si intense que le spectateur a parfois envie de mettre son doigt dans ses oreilles. Il faut beaucoup de courage pour tenir une partie aussi ingrate. Bon soutien de Cédric Kahn en tant que père dévoué qui explique comment gérer la malheureuse Manon terne qui attache la pauvre fille à sa chaise. La mère par contre semble égoïste et ne semble plus s'en soucier : son meilleur souhait est de se débarrasser de cette vraie nuisance en la mettant dans un centre pour personnes handicapées. Les moments de bonheur sont rares, se baigner dans la rivière, le défilé où l'un des musiciens invite Manon à danser sur la musique. Tourné en montagne avec une grande économie de moyens Marche Ou Crève est un film déchirant...
j'y suis allée sans rien lire et je croyais qu'il s'agissait d'une vrai personne handicapée (quoique je me doutais des difficulté d'un tournage comme celui-ci dans ces conditions)... ça démarre doucement, ça manque d'un intrigue B, l'histoire avec le joli mec n'est pas développée, ni le personnage de la mère et du couple parental... à part ça, ça mérite de rester jusqu'au bout car le film pose des questions assez déchirantes et montre un problème que la société de consommation esquive par peur de la différence.