Pendant 90min, le réalisateur nous emmène à la rencontre de 4 individus coupés du monde (en isolement total et sans interférence avec le monde extérieur). Ces hommes travaillent dans des conditions extrêmes ou à la limite du supportable, dans des temples d’acier et de béton où ils répètent chaque jour, inlassablement, le même cérémonial.
Le film lève le voile sur notre mode de (sur)consommation à travers 4 chapitres, 4 portraits, 4 hommes, dans 4 lieux différents. "Petroleum" (pétrole) dans une exploitation pétrolifère, "Cargo" (cargo) sur un porte-conteneurs, "Measure" (mesure) dans une chambre anéchoïde (aussi appelée "chambre sourde") et "Ashes" (cendres) dans un thermovalorisateur (un incinérateur).
A travers leurs portraits, le réalisateur a souhaité mettre en lumière notre mode de vie boulimique où l’on produit pour mieux détruire (création, transport, marketing & destruction, soit l’équivalent d’un cycle au complet). Produisant toujours plus de pétrole pour nous transporter ou pour le transformer en plastique (en objets du quotidien), transportant aux quatre coin du globe ce que nos usines produisent, mesurant les ondes sonores ou électromagnétiques des produits que l’on fabrique et enfin, incinérant nos déchets et autres rebuts de la société.
Beautiful Things (2017) est un film somptueux qui se passe de tout commentaire, il est contemplatif et méditatif à la fois, on est subjugué par les images et le message qu’il nous renvoie, difficile de ne pas y rester insensible.