Jean-Paul Rouve a coécrit Lola et ses frères avec le romancier David Foenkinos. Pas étonnant de retrouver dans cette histoire de fratrie le ton doux-amer des Souvenirs, le précédent long-métrage de l'acteur-réalisateur. Pas de grande ambition formelle dans ce nouveau film mais une tentative en partie réussie de raconter la vie autour d'événements, heureux ou pas, qui en font le sel (mariage, divorce, chômage, grossesse, adoption ...). Ce sont trois existences en réalité qui nous sont détaillées, se rejoignant de façon un peu artificielle autour de la tombe des parents, une fois par mois. Lola et ses frères donne à la fois l'impression d'être trop écrit et pas assez, dans le sens où la mécanique est bien huilée, entre fantaisie et humour, d'une part, et émotion et tendresse d'autre part mais où, en même temps, les personnages sont assez peu fouillés, identifiés psychologiquement dès le départ, notamment par leurs failles, qui n'ont rien de dramatiques mais empêchent une communication sereine entre frères et soeur. Le film se développe sur un mode récurrent : "on s'engueule mais on s'aime, même si on a du mal à l'exprimer." Globalement sans grande surprise dans son cheminement narratif, mais sympathique par sa modestie intrinsèque, l'ouvrage distille une morale positive qui évacue peu à peu tout élément de noirceur. La plus grande qualité de Lola et ses frères réside en définitive dans son interprétation. En particulier celles de José Garcia, dans un registre sensible, et de Ludivine Sagnier, qui semble enfin avoir acquis la maturité nécessaire pour abandonner les rôles de femmes-enfants impudiques dans lesquels elle semblait enfermée.