Le réalisateur et scénariste Hafsteinn Gunnar Sigurðsson et le coscénariste Huldar Breiðfjörð ont commencé à discuter d'Under the Tree vers 2008, fascinés par les querelles de voisinage. "Ce qui m’a initialement emballé à propos de cette idée est que de tels conflits peuvent se révéler ridiculement drôles parce qu’ils s’articulent très souvent autour d’incidents mineurs et, tout aussi souvent, prennent des proportions démesurées. Ces différends peuvent parfois prendre un tournant acharné et violent dans lesquels des personnes normales et respectables perdent leur dignité et leur sang-froid", explique Sigurðsson.
Les disputes entre voisins pour des arbres sont en réalité assez notoires en Islande. Le scénario brode une fiction à partir de ce point de départ réel. Le réalisateur précise par ailleurs que "l’on ne croise pas beaucoup d’arbres en Islande, donc lorsque vous avez un vieil et bel arbre planté dans votre jardin, il est très peu probable que vous vouliez vous en séparer".
Le réalisateur se nourrit de ce qui relève du banal pour ses films. Une matière qui peut sembler peu exaltante et qui pourtant est selon lui une source excellente car "nos vies sont la plupart du temps faites de choses sans intérêt, c’est ce que nous connaissons le mieux et je crois que c’est l’un des éléments communs à toute l’humanité. J’ai trouvé que c’était un immense défi de créer un drame aux allures de thriller sur quelque chose d’aussi innocent qu’un bel arbre, de faire un film où le domicile est un champ de bataille".
S'il ne nie pas que plusieurs réalisateurs l'ont influencé lors du processus créatif, Hafsteinn Gunnar Sigurðsson a fait en sorte que ces références ne soient pas trop évidentes. Avec la directrice de la photographie d'Under the Tree, Monika Lenczewska, les noms de Michael Haneke, Joachim Trier, Ruben Östlund, David Lynch, Lynne Ramsay et Derek Cianfrance, entre autres, ont été évoqués. Le cinéaste explique : "Ce que nous avons fait a été d’utiliser leur travail pour trouver des points communs dans notre conversation à mesure que nous définissions notre vision concernant le scénario".
Pour la musique d'Under the Tree, le réalisateur a fait appel à Daniel Bjarnason, un ami de longue date avec lequel il n'avait jamais eu l'occasion de travailler. C'est grâce à la bande-originale que le film bascule vers un ton plus sombre : "J’ai toujours su que je voulais approcher une partie de l’histoire comme un thriller. Ce n’est peut-être pas si évident lorsque vous lisez le scénario, donc associer la musique à la cinématographie a été un outil important pour créer ce sentiment de malaise et d’inquiétude".
Lors du développement du scénario, le réalisateur a tenté d'ouvrir la narration, de faire en sorte que ses idées puissent être interprétées à plusieurs niveaux. À ses yeux, le film est une fable sur la vie en communauté : "vous pouvez aussi lire Under the Tree comme une histoire sur deux nations, groupes ethniques ou religieux différents qui sont en conflit. Je pense que ces histoires partagent des similitudes avec les problèmes que nous rencontrons avec nos voisins".