Un Goût de miel
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Plume231

4 406 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 août 2012
On est en plein dans le "Free Cinema", sorte de "Nouvelle Vague" anglaise dont le réalisateur Tony Richardson était un des plus célèbres représentants, avec cette oeuvre réaliste, pessimiste, qui se refuse à tout effet mélodramatique mais qui n'en est pas pour autant déprimante. Au contraire, si le fond est sombre la forme ne se refuse pas quelques petits éclairs de légèreté, et puis surtout le charme aussi étrange que pétillant de Rita Tushingham arrive à faire beaucoup mieux passer la pilule. Son interprétation sensible mais totalement dénué de mièvrerie mérite à elle seule qu'on s'y arrête ; et puis il est difficile de ne pas évoquer le nombre assez important de tabous pour l'époque abordés (l'homosexualité, les mères célibataires, les relations interraciales,... !!!). Deux bonnes raisons qui font que le miel mérite d'être goûté même s'il a un arrière-goût amer.
foch1800
foch1800

71 abonnés 132 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 mars 2011
un film qui revient sur la jeunesse britannique du début des années 60, partagée entre l'avenir qui semble prometteur mais confrontée avec le présent misérable. Le personnage est confonté à la solitude quotidienne à cause de l'indifférence qui lui est témoignée par sa mère, ne vas plus à l'école et vit dans un univers crasseux, et comble de tout tombe enceinte! autre tabou pour l'époque, et librement abordé dans ce film est l'homosexualité. Un film important et non dénoué d'humour.
soulman
soulman

140 abonnés 1 401 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 octobre 2017
Un des fleurons de la nouvelle vague britannique, sensible et non dénué d'extravagance. On a du mal à saisir, toutefois, les bouleversements en cours dans la société de cette époque, le personnage de Jo n'étant confronté qu'au jugement de ses intimes.
Pascal
Pascal

253 abonnés 2 399 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 septembre 2021
Film fondateur du "free cinéma " nouvelle vague britannique. Ce mouvement, injustement oublié aujourd'hui, donnera naissance au cinéma social de Loach, Leigh, Clarke, voire de celui de Frears, de Bill Douglas ou même de Terence Davies. "Un goût de miel" permettra à ses deux acteurs principaux d'obtenir le prix d'interprétation ( féminin et masculin ) à Cannes en 1961 lorsqu'il fût présenté. Il s'agit de l'histoire d'une jeune fille, élevée seule par sa mère. Elle tombe enceinte d'un marin noir. Elle rencontre un homosexuel dont elle devient l'ami. Le film aborde des thèmes sociétaux ( racisme et homosexualité) nous montre la solitude et la dureté de la vie, mais ses joies aussi. Au-delà de la foultitude des thèmes abordés, "un goût de miel" est surtout magnifiquement réalisé, photographié. Le seul bémol que je relèverai est la fin du film peut-être expédiée un peu trop rapidement. C'est un très bon film moins connu que "la solitude du coureur de fond" du même réalisateur, mais pourtant comparable dans le plaisir qu'il donne au spectateur. A ne pas manquer.
Serve Philippe
Serve Philippe

1 abonné 15 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 juin 2025
Réalisé par Tony Richardson en 1961, A TASTE OF HONEY (Un Goût de Miel en VF) est une adaptation de la pièce de théâtre éponyme écrite en 1957 par Shelagh Delaney, jeune auteure dramatique anglaise de 19 ans, et aussitôt couronnée de succès. Son adaptation au grand écran — assurée par Shelagh Delaney elle-même avec l’aide du réalisateur Tony Richardson — devient emblématique et est régulièrement citée comme un exemple marquant du courant littéraire des Jeunes Gens en Colère, du mouvement cinématographique du Free Cinema cher à Lindsay Anderson, Karel Reisz ou Tony Richardson, et dont sortiront des cinéastes tels que Ken Loach ou Mike Leigh , et du réalisme social qui a émergé dans le cinéma britannique de la fin des années 50 et début 60. Le terme générique appliqué à toutes ces œuvres, qu’elles relèvent du théâtre, de la littérature, de la peinture, du cinéma, sans oublier la part importante des dramatiques télé du mercredi soir (sur ITV pour le nord du pays, puis nationalement avec la BBC) ? Celui de Kitchen Sink Realism, littéralement « Réalisme des éviers de cuisine ». La classe ouvrière, ses conditions de vie domestique dans des appartements délabrés souvent situés dans le nord de l’Angleterre (Liverpool, Manchester, Newcastle, etc.) — quand les personnages ont la « chance » de bénéficier d'un toit au-dessus de leur tête —, les heures passées à s’enivrer au pub du coin, les filles tombant enceinte hors mariage et cherchant à avorter, l’adultère, la violence, l’avenir bouché ouvrant la voie à toutes sortes de frustrations, voilà la toile de fond de ce mouvement qui tourne résolument le dos à la vision tranquillement conservatrice de l’époque… Un tableau rarement optimiste, faisant la part belle aux accents et argots régionaux (absents jusque-là dans les œuvres britanniques, tout comme la classe ouvrière d’ailleurs) et aux antihéros, dans une approche vue comme radicale, voire anarchiste.

L’histoire de A TASTE OF HONEY suit Jo, jeune lycéenne de dix-sept ans, interprétée par Rita Tushingham — dont c’était la première apparition à l’écran —, qui vit dans un quartier populaire de Manchester avec sa mère, Helen (Dora Bryan), laquelle passe d’homme en homme tout en buvant abondamment. Leur relation tumultueuse est marquée par le désespoir et l’absence d’affection. spoiler: Après que sa mère ait décidé de se remarier et de quitter leur domicile, Jo se retrouve seule et enceinte d’un marin noir. Préjugés raciaux et défi d’une maternité non souhaitée se posent alors dans une Angleterre encore très conservatrice.

Jo accueille chez elle Geoffrey (Murray Melvin), un homosexuel légèrement plus âgé qu'elle et qui devient son ami, son confident et son soutien. Ensemble, ils naviguent comme ils peuvent, avec pour moteur l’angoisse du futur et la recherche d’identité dans un monde hostile.

A TASTE OF HONEY aborde des thèmes complexes tels que la sexualité, le genre — la libération sexuelle n’est pas encore à l’ordre du jour, et l’homosexualité ne sera décriminalisée en Grande-Bretagne qu’en 1967 —, le racisme, la maternité, la quête d’amour, la tolérance. Comme dit précédemment, le film se distingue de la production habituelle par son réalisme et ses dialogues percutants qui, entre des répliques cinglantes pleines d’un humour typique des classes populaires anglaises, offrent un aperçu poignant de celles-ci. La performance de Rita Tushingham fut à juste titre particulièrement saluée, lui valant une reconnaissance internationale et le prix de la meilleure actrice au Festival de Cannes, tandis que Murray Melvin remportait celui du meilleur acteur.

Le style visuel du film, avec ses décors authentiques de Manchester et son utilisation de la lumière naturelle, contribue à créer une atmosphère intime et immersive. Tony Richardson, en tant que réalisateur, parvient à capturer l’essence de la jeunesse désenchantée et des relations humaines compliquées.

A TASTE OF HONEY eut un impact significatif sur le cinéma britannique et provoqua des débats sur les questions sociales et culturelles. Le film fut acclamé par la critique et remporta plusieurs prix (1), consolidant la réputation de Tony Richardson, cinéaste Angry Young Man innovant après ses deux réussites initiales : Look Back In Anger (Les Corps Sauvages, adapté de la pièce de John Osborne, 1957, avec Richard Burton) et The Entertainer (Le Cabotin, scénario d’Osborne, 1960, avec Laurence Olivier). Il enchaînera après A Taste Of Honey avec un nouveau succès, toujours lié au mouvement des Jeunes gens en colère et au Kitchen Sink Realism, l’adaptation de la nouvelle d’Alan Sillitoe The Loneliness Of The Long-Distance Runner (La Solitude du coureur de fond, 1962, avec Tom Courtenay).

A TASTE OF HONEY est encore aujourd’hui considéré comme un classique du cinéma britannique, apprécié pour sa représentation honnête de la vie moderne que représentait l’Angleterre à la veille de ses mythiques Sixties, et son exploration des relations humaines. Il n’a cessé d’inspirer de nouvelles générations de cinéastes et de spectateurs, témoignant par là même de l’importance de raconter des histoires pertinentes et ancrées dans le réel.

(1) Outre les deux prix d’interprétations cannois, A TASTE OF HONEY remporta six BAFTA Awards (meilleur film, réalisateur, scénario, actrice, espoir féminin, espoir masculin).
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