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Cadreum
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2,5
Publiée le 24 novembre 2024
Huis clos conversationnel où un taxi devient théâtre d'une rencontre fortuite, véhicule à la fois physique et métaphorique d’un dialogue introspectif. À travers un trajet partagé, le film s’articule autour d’une mécanique scénaristique simple : l’échange entre deux âmes que tout oppose. L’idée, séduisante, repose entièrement sur l’alchimie du duo central et la vivacité du verbe, dessinant un récit où chaque mot est un pas vers la révélation intérieure.
Cependant, le dispositif montre ses limites. Sean Penn et Dakota Johnson, bien qu’investis, se laissent parfois emporter par un jeu trop démonstratif. La psychologie des personnages, en particulier le rapport mentor/protégée, s’enlise dans des schémas convenus et/ou passés alourdissant une narration déjà répétitive. La mise en scène, contrainte par cet espace exigu, peine à transcender cette dynamique. Mais là réside aussi l’audace : une parole libérée, crue, où chaque échange, même maladroit, devient l’écho d’une humanité cherchant à se comprendre.
Vu en avant première. Concept interessant mais le lien entre les personnages au début du film n'est pas assez prenant pour etre crédible, et parvienne à créer un attachement sur leur relation et tous les enjeux qui en découle.
Dakota Johnson et Sean Penn, c'est évidemment plus glamour que Line Renaud et Dany Boon mais Daddio et Une belle course partagent un point de départ voisin et force est de constater que le long métrage français est plus animé que l'américain, quoiqu'il soit difficile de prétendre que l'un est meilleur que l'autre. Reconnaissons tout de même à la réalisatrice de Daddio, Christy Hall, de ne jamais déroger à son concept originel, avec une conversation à bâtons rompus, sans sortir de l'habitacle, entre un chauffeur, forcément vieux et moralisateur, et sa passagère, sans surprise jeune, jolie et quelque peu perdue. Et tournent le compteur et les révélations de quelques secrets des deux protagonistes, que l'on confie plus aisément à un inconnu, pour un effet libératoire immédiat. C'est un tantinet répétitif, y compris dans l'interprétation, avec une psychologie un peu sommaire du plus âgé à l'encontre de la plus jeune, et la mise en scène ne peut pas faire de folies, dès lors qu'elle ne cadre que deux personnages. En revanche, la parole est libérée. Il est même chaud le taxi, comme si le film devait absolument verser dans une verdeur et crudité de langage, pour ne pas paraître trop mièvre. Pour des trajets en taxi bien plus palpitants, il est permis de se tourner vers Téhéran ou Sofia, par exemple, pour ne citer que des films relativement récents.
La forme impressionne, le fond questionne, et même si cela est un peu long, il faut avouer que l'œuvre de HALL offre un moment de cinéma prenant et touchant, mais également très justement interprété
Il va pas partout, mais il dit tout... Le trajet en taxi le plus long de notre vie, qui mise beaucoup sur le pari osé de faire un huis-clos dont les prises de vues reviennent souvent (la tête de Dakota cadrée par la fenêtre intérieure, une lucarne sur la vie de l'autre, sur ce qui peut se jouer sur la banquette arrière et sur quoi le conducteur ne peut influer qu'avec ses mots), et sur le jeu assez balourd de Sean Penn et Dakota Johnson (ils en font des caisses, mais au moins on comprend les messages). Pourtant, on est dans le public-cible pour ce genre de films qui se base sur la rencontre de deux personnages qui se font mutuellement grandir, pourtant on adore l'audace de la réalisatrice avec ce film "uniquement en taxi", pourtant on est sensible aux histoires à hauteur de femme. Mais voilà : les échanges se veulent monter crescendo dans les révélations (ils tiennent un compte des "points marqués" quand ils tapent dans le mille d'une pénible vérité sur l'autre), mais les paliers ne sont pas très hauts, surtout si l'on a capté le "dernier point" de la partie dès l'ouverture du film (les messages sont trop explicites, spoiler: trop hargneux, on est aux États-Unis donc la pilule est chère et non remboursée, on insiste trop sur les enfants... Bref : on a grillé la raison de ce voyage à mi-film, ce qui rend cette balade en taxi vraiment très longue, le temps d'escalader les mini-révélations qui mènent péniblement jusqu'au "twist" de fin assez prévisible). Évidemment, cela n'enlève rien à la tragédie dudit dernier point, on compatit avec la jeune femme, on se sent désolé pour le conducteur qui doit gérer la détresse humaine de l'autre côté de la vitre sans aucun contact physique (l'autre grand tour de force de ce scénario : tout ne passe que par les mots), et on aime bien le final spoiler: quand les portières s'ouvrent enfin (idem, pas d'effusions cuculs, ils respectent encore cette vitre invisible qui les a séparés, et continuent de se donner des conseils pour la suite de leur vie). Et, on ne l'a pas avoué jusque-là, mais on a adoré détester viscéralement l'homme derrière l'écran de téléphone, en à peine quelques sextos et "dickpicks" (les photos de son engin, et à voir l'effet inverse que cela produit sur la jeune femme, on a rêvé de débouler avec un sécateur). Tout n'est pas à jeter dans ce Daddio qui mise énormément sur la puissance des mots, sur son binôme d'acteurs, sur son dispositif de décor restreint, et dont l'audace nous a vraiment plu, à défaut de son histoire qu'on pensait plus intense et moins prévisible. Embarquez quand même dans ce taxi, ce n'est pas tous les jours qu'on croise un chauffeur qui ne parle pas que de circulation.
Vu au 50ème Festival du Film Américain de Deauville : magnifique : 14ème et dernier film en compétition. Les acteurs sont vraiment excellents et criants de vérité. Tiré d’une pièce non montée de la réalisatrice new-yorkaise et qu’il faudra probablement suivre de près. TAPIERO Éric
Que se passerait-il si de parfaits inconnus rivés à leurs téléphones se déconnectaient un moment pour échanger ? Après la période du Covid, Daddio, comédie grinçante à l’humour décalé, nous incite à renouer le lien humain avec le dialogue. Premier long-métrage de Christy Hall, le film expose qu’une rencontre hasardeuse peut venir bouleverser le cours de notre existence.
Un huit-clos se déroulant dans un taxi, entre une passagère et un chauffeur de taxi. Pendant tout le film, nous suivons l'échange de ces deux personnes, qui commence doucement et qui se révèle de plus en plus intime, comme une sorte de thérapie entre elles. J'ai eu un peu de mal à me mettre dedans durant la première partie du film, mais la seconde partie est un peu plus intéressante et touchante. Pas de coup de cœur, mais non désagréable.
Mémorable, remarquable, digne d'awards. Une histoire somme toute simple, presque banale, entre un chauffeur de taxi et une cliente. Mais les dialogues sont réels, forts, subtiles, intelligents. Les jeux d'acteur sont époustouflants. La musique et la construction de l’image donnent une identité authentique et non copiable, et un rythme propre à la vie, avec ses cadeaux et ses murs. Tout simplement inoubliable. Pour ceux qui aiment les émotions humaines et la psychologie dans les films : à avoir dans sa vidéothèque.
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3,0
Publiée le 31 juillet 2024
Une femme sort de l'aéroport JFK et entre dans le taxi d'un homme pour sa dernière course de la soirée. Alors qu'elle pense à la réponse qu'elle doit donner à un message qu'elle a reçu, Clark entame la conversation... Des banalités pour commencer avant des discussions plus personnelles sur leur vie respective. Quand on fait un film aussi minimaliste, il ne faut pas se tromper sur le casting et Christy Hall ne fait pas d'erreur avec Dakota Johnson et Sean Penn. Les deux ont une superbe alchimie en plus d'être convaincants et très attachants. On passe du bon temps avec eux à les voir se confier l'un à l'autre avec parfois des échanges dignes d'une séance chez le psychologue avec Clark qui fait le vieux sage à donner des conseils, parfois datés, sur la vie basés sur sa propre expérience. Le personnage de Sean Penn est amusant en étant rentre-dedans, mais il se montre également lourd sur certains sujets. Cependant, ce sont leurs différences qui rendent ces échanges intéressants. Tout ne l'est pas avec une écriture parfois brouillonne et un impact émotionnel pas toujours au rendez-vous, mais le trajet est toujours agréable. Au final, "Daddio" est un film charmant porté par deux super acteurs.