Les Oiseaux de passage
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Bernard D.
Bernard D.

130 abonnés 613 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 avril 2019
« Les oiseaux de passage » de Ciro Guerra et Cristina Gallego, tous deux Colombiens, est un film surprenant puisqu’il traite du développement des cartels de l’« herbe pour les Gringos » (les beatniks au début) et de son impact sur la vie de 2 familles Wayuu ancestrales ayant refusé d’être intégrées par les Espagnols, et conservant leurs coutumes tout à fait surprenantes et leurs codes d’honneur et de parole via les « messagers ».
Ces 2 familles vont à travers 5 épisodes ou « chants » (l’Herbe sauvage en 1968 ; les tombes en 1971 ; la prospérité en 1979 ; la guerre en 1980 et les limbes) s’allier puis se détester et in fine s’auto-détruire … en écrivant une sorte de tragédie grecque des temps modernes se terminant par un chant lugubre et nostalgique très poignant.
Le film est magnifiquement réalisé et interprété, et – malgré le sujet et le nombre de morts dans le 2 clans – il est baigné de poésie via une mère matrone qui voit ses rêves, lit l’avenir devant la présence de tel ou tel animal, et est la détentrice du talisman qui protège le clan … et tempère la fougue des jeunes attirés par l’argent facile.
Ce film, une espèce de western/mafia ethnographique, très prenant bien que durant un peu plus de 2 h, doit assurément être vu !
montecristo59
montecristo59

41 abonnés 288 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 mai 2019
Cino Guerra et Cristina Gallego nous chantent la triste dégradation des traditions tribales, agraires et pastorales colombiennes, laminées, le temps de deux ou trois générations, par l'argent-roi des gringos. Les années soixante furent peut-être un eden pour les "peace-and-love", mais leurs paradis artificiels ne furent qu'une aubaine éphémère pour des tribus comme les bergers Wayuu du littoral, ou leurs pendants montagnards, qui se spécialisèrent dans la culture et le négoce de la marijuana, jusqu'à sacrifier leur âme sur l'autel du dollar. Les cinéastes construisent leur poignant constat en plusieurs tableaux dont l'un des premiers s'appelle "l'herbe du bonheur", et le dernier "la guerre". Entre ces extrêmes se place "la prospérité", mais celle-ci ne dure pas et les images bling-bling qu'elle nous donne à voir sont un piètre succédané à la dignité qui régit les coutumes ancestrales des bergers. Bien sûr, au bout du chemin la mort fait son office, prévisible, et nous laisse K.O. Mais qu'avons-nous fait du vieux monde ? Si les plus beaux chants sont les plus désespérés, celui-ci atteint des sommets...
GéDéon
GéDéon

140 abonnés 731 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 décembre 2021
En 2018, les réalisateurs colombiens Ciro Guerra et Cristina Gallego nous plongent dans l’univers amérindien avec un film qui mélange subtilement les genres (documentaire ethnologique et thriller sanglant). L’histoire, qui se déroule dans les années 1970, montre la naissance des cartels de drogue à travers le prisme de cultures ancestrales. On découvre comment les traditions de ces tribus ont façonné des rivalités destructrices. La sobriété du jeu des acteurs associée à une belle photographie rend cette guerre entre familles rurales absolument étonnante. Bref, une tragédie humaine de grande qualité.
Peter Franckson
Peter Franckson

81 abonnés 1 362 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 septembre 2019
L’histoire (inspirée de faits réels) se déroule dans le département colombien de la Guajira, péninsule la plus septentrionale du pays et en partie désertique. Il est principalement habité par les amérindiens Wayuu. Le film est divisé en 5 chapitres :
I. L’état sauvage – 1968, II. Les tombes – 1971, III. La prospérité – 1979, IV. La guerre – 1980 et V. Les limbes.
Cela raconte l’évolution de deux familles amérindiennes confrontées au développement de la production et de la vente de marijuana et au sein desquelles certains se laissent emportés par la soif de richesse et de pouvoir (l’hubris n’est pas loin) tandis que d’autres mettent en avant l’importance des traditions. Le premier thème n’est pas très original et a été traité maintes fois au cinéma tandis que le second relèverait plus du documentaire ethnologique. C’est d’ailleurs par cet aspect que débute le film, avec les cérémonies de passage à l’âge adulte des femmes (isolement pendant 1 an avec confection d’un tissu et danses), la tradition de la dot (constitué de bétail) et le mariage. Puis au cours du film, cérémonies funèbres (juste après la mort du défunt et un an après, avec enlèvement de ses os). Malheureusement, il est difficile de s’intéresser à des gens violents, qui n’hésitent pas à tuer tous ceux qui les entravent sur leur chemin (y compris ceux de leur clan) et donc de « rentrer » dans le film, ayant en tête tous les films traitant des sociétés mafieuses. Il s’agit bien d’une tragédie et la fin est écrite d’avance. Rien de bien nouveau sous le soleil et l’insertion de scènes oniriques ou visionnaires n’apportent pas grand-chose au film voire même le rendent plus confus. Une déception.
Stéphane R
Stéphane R

30 abonnés 503 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 mai 2019
Confrontation de la tradition, de sa logique de l'honneur et du capitalisme sauvage. Très belle illustration de ce mélange cataclysmique.
un peu déçu toutefois, sans trop pouvoir l'expliquer.
Dois-Je Le voir ?

412 abonnés 1 862 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 mars 2020
J’ai trouvé ce film fascinant. On a tellement l’habitude de voir les trafics de drogue abordés sous le même angle, que l’aborder de cette manière est intéressant. Déjà, le contexte est bien posé car on voit un peu comment fonctionne cette tribu. Les rites et tradition sont expliqués afin qu’on puisse se plonger dedans. Cela donnera lieu à de superbes séquences. La réalisation permet aussi une totale immersion en découpant par chapitre. C’est un choix très judicieux car il va permettre d’observer les différentes étapes de l’évolution des Wayuu au fur et à mesure que leur implication dans le trafic de drogue grandit. On va voir à quel point l’avidité de l’homme va prendre le dessus sur les traditions ancestrales. L’argent va faire oublier des siècles d’histoire, ce qui n’est pas une bonne chose dans ce cas-là. J’ai été totalement pris dans ce récit. Le film a beau durée un tout petit peu plus de deux heures, c’est assez rythmé pour ne pas s’ennuyer. Il faut dire que les acteurs sont assez bons. J’ai surtout aimé José Acosta et Jhon Narváez, ce dernier est le symbole de la perdition qui guette ce peuple. Même si la majorité du film va être tranquille niveau action, et qu’on va surtout se baser sur le dérouler scénaristique, la fin est corsée niveau violence. On va voir tout le déchainement de haine dont sont capables ces nouveaux cartels. Un très beau mélange des genres, entre le drame, le film de gangsters et le western.
janus72
janus72

53 abonnés 287 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 mai 2019
"L'argent ne fait toujours pas le bonheur" ou quand l'anthropologie influe sur la vie tumultueuse des cartels ... des tribus.
Un choc des mondes qui sera totalement désastreux !
Images léchées - scénario assez étonnant et en plus une mise en place solide, ce film me semble avoir beaucoup de qualités, même si pour moi, ça frise juste les 4****
Hervé L
Hervé L

92 abonnés 717 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 avril 2019
Un film magnifique très bien filmé une photographie superbe et des personnages intéressants qui mettent en scène la mise en place des premiers cartels de la drogue en Colombie
La cupidité la bêtise et l alcool auront raison de cette culture amérindienne basée sur l orgueil du clan qui les conduiront dans une vendetta stupide ou tous périront
Revo67
Revo67

17 abonnés 175 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 avril 2019
Un très beau film sur les débuts du trafic de drogue , le déchirement des tribus et comment on peut arriver à des guerres.L'escalade de la vengeance, l'argent et le pouvoir.Les images sont magnifiques ,c'est instructif et captivant.
AZZZO

364 abonnés 1 018 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 avril 2019
De la drogue en Colombie ?... Ca sent le déjà vu : On devine déjà Pablo Escobar, de l'action, du stress, des revolvers et vingt plans à la minutes. Loin de tout cela, ici, on est chez les Wayuu, peuple indien du nord de la Colombie qui continue à entretenir ses coutumes ancestrales jusqu'au jour où la communauté a besoin de la marijuana, cette drogue qui va susciter l'avidité et doucement détruire la communauté. Ce film est éblouissant. La lenteur sert la narration, l'intrigue est simple mais intelligente et la photographie est juste sublime. Fascinant.
Ceiner M
Ceiner M

54 abonnés 256 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 avril 2019
Après Sibel, j'avais peur de retourner voir un poncif. Les oiseaux de passage m'ont complétement embarquée dans ce voyage quasi chamanique sur comment un peuple perd tout - son âme compris- par avidité. Une fable sur le capitalisme ? sur la vengeance ou l'ironie du destin? très bien interprété, et filmé...c'est un peu aride comme le paysage général mais j'ai beaucoup aimé. C'est pas faux d'y voir comme une sorte de tragédie grecque, les personnages sont archétypaux sans portraits psychologiques mais je m'y suis malgré tout attachée.
William Dardeau
William Dardeau

36 abonnés 176 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 avril 2019
Contrairement à ce qu'exposent certaines critiques, ce film colombien est tout de même assez éloigné du Scarface de De Palma, au moins dans la forme. Celui qui a cité Levi Strauss est par contre dans le vrai. Le réalisateur entend montrer comment le trafic de drogue (marijuana) a totalement transformé la société des indiens de Colombie, et donné naissance aux fameux cartels. Il décrit avec un brio certain et nombre d'ellipses (qui peuvent déconcerter) comment des "tribus" a priori pacifiques vont en quelques années devenir des gangs armés jusqu'aux dents particulièrement violents. L'argent de la drogue (et des gringos) est passé par là. Les traditions censées préserver la paix, vont conduire à des bains de sang. Le réalisateur délaisse les scènes violentes (pas de ralentis, pas de gunfights spectaculaires, on n'est pas chez Peckinpah, ni chez De Palma ) au profit d'une étude ethnologique. Tout à fait passionnant.
Ykarpathakis157

6 214 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 juillet 2020
Ce merveilleux film se déroule en Colombie dans la péninsule de la Guajirain une région peu peuplée et aride. Il est principalement joué avec les autochtones Wayuu. Cet univers intemporel se caractérise par un communautarisme assez prononcé chaque village mettant en avant ses différences avec les environs tandis que l'origine de ces différences reste comme souvent inexpliquée et obscure. Néanmoins ils partagent des traditions ancestrales, le folklore et des valeurs telles que l'honneur et les liens familiaux. Ainsi pendant les 30 premières minutes on ne sait pas vraiment quand le film se déroule jusqu'à l'apparition informative et surprenante des voitures. Ainsi nous pouvons deviner que nous sommes dans les années 60/70. Une proposition de mariage entre un homme et une femme de deux tribus voisines sera par une étrange combinaison de circonstances liées à une dot exorbitante et l'occasion d'intégrer le trafic de marijuana qui est un univers très lucratif qui déforme lentement les personnalités. Comme dans une tragédie grecque ces familles subiront inéluctablement une descente aux enfers via la philosophie classique œil pour œil, dent pour dent. Les Oiseaux de passage est visuellement sobre et simple mais d'une esthétisme exacerbé avec un soin inhabituel pour les détails y compris les oiseaux. De plus les acteurs sont excellents surtout les deux principaux : José Acosta (Rapayet) et Carmiña Martínez (Úrsula). Nous sommes face à l'un des meilleurs films auxquels le cinéma colombien a donné naissance. Il devrait être nommé au Patrimoine culturel de l'humanité...
PL06
PL06

15 abonnés 153 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 avril 2019
Dans les années 1970, en Colombie, une famille d'indiens Wayuu se trouve impliquée dans la vente de marijuana à la jeunesse américaine. Dans un contexte où l'honneur des familles est une valeur suprême, l’avidité des acheteurs va conduire à une guerre de clans, inspirée de la vraie histoire des cartels de la drogue et de leur terrible violence dans les années 80.
C’est en quelque sorte un western colombien. Mais ici les héros sont trafiquants, impitoyables cela va de soi. La toile de fond est une famille indienne élargie, avec des règles de vie strictes, des codes de valeurs à respecter impérativement, des croyances à ne pas oublier, toutes choses qui permettent au réalisateur de donner un cadre onirique. Les décors puisent dans le genre western, très sobres et symboliques, comme par exemple le désert qui entoure le clan Wayuu. La musique souvent grinçante porte la tension des violences à venir. Le film montre la violence entre les clans, on ne compte ni les assassinats en direct, ni les cadavres et leur sang.
L’humanité, s’il y en a, est bien éloignée de nos références. On se rassure par moments avec la sagesse et l’amitié d’un vieux sage du clan, et avec le héros principal de l’affaire, son épouse et ses enfants… un peu d’humanité qui sera à l’origine de sa perte.
Le scénario est vigoureux avec des rebondissements assez rapides, les principaux acteurs excellents dans leurs rôles de chefs de clan ou de parrains…
On aimerait moins de violence ? Mais le propos du film est de faire connaître cette terrible réalité historique des cartels de la drogue et des règlements de compte, et il atteint son but, il nous fait toucher à quel point c’était insoutenable. Nous en avons bien sûr entendu parler ici en Europe… mais n’en savions pratiquement rien. Et encore il ne nous révèle qu’une partie de la réalité : il ne s’agissait pas seulement d’un petit clan familial mais d’organisations comptant des milliers de membres, par ailleurs la population civile a également été largement touchée, le pouvoir politique colombien a été gangréné, la corruption généralisée.
Ce film était donc nécessaire, mais ce n’est donc qu’un début, pour dénoncer une criminalité qui a fait près de 300 000 morts en Colombie, qui reste toujours active au Mexique (23 000 morts en 2016 !), et aussi pour commencer à rendre justice aux nombreuses victimes. Mais c’est dur à voir, nous voilà avertis.
Didier M.
Didier M.

14 abonnés 90 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 avril 2019
Cinq chapitres sur la naissance du cartel de la marijuana en Colombie, une naissance qui sonne la mort de cultures ancestrales et de familles.
Je ne qualifierai pas ce film de "violent". Enfin, ce n'est pas ce que j'en retiendrai. Par contre j'ai beaucoup apprécié le code d'honneur, la fierté et la virilité de ces peuples.
C'est très bien interprété et les paysages sont somptueux.
Je recommande.
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