Les Oiseaux de passage
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Xavier d
Xavier d

12 abonnés 266 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 avril 2019
Film étonnant : une réalisation exceptionnelle des acteurs remarquables. Tout est somptueusement mené, on frise le documentaire sur un sujet qui généralement ne donne pas dans la finesse : le trafic de drogue. Un scénario très bien construit qui montre les dégâts causés par le trafic de la drogue dans des populations quasi indigènes. La vengeance, l'honneur, l'orgueil : tous les ingrédients de l'excellent thriller sont réunis. Sauf la vitesse, la précipitation et les actions spectaculaires abrutissantes. Là, au contraire, le réalisateur prend son temps et se permet des ellipses qui amplifient encore la tension dramatique. Une sorte de Scarface à la sauce Terence Malick. Remarquable !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 12 mars 2019
On pourrait concevoir Les oiseaux de passage comme une chanson de romance, une légende locale récitée par les jongleurs les plus vieux de l'endroit qui sera transmise de génération en génération. Ces oiseaux ne sont que deux grandes familles qui ont été effacées de la surface de la Terre, défaites par leur propre mesquinerie. Un empire fugace et oublié, comme les oiseaux qui règnent le ciel pour quelques jours et qui ne survoleront plus jamais La Guajira. Un autre colombien, García Márquez, l'avait déjà annoncé "les lignes condamnées à cents ans de solitude ont enfin et pour toujours une deuxième chance sur la terre". Les personnages de Gallego et Guerra ne feront pas l'exception.

Les wayuu c'est un peuple qui habite la frontière entre la Colombie et le Venezuela. Ils suivent fidèlement leurs traditions et ils refusent toute intégration des descendants des envahisseurs espagnols. Le film débute en pleines années 70, où la seule fille d'une grande famille sera mariée avec un étranger : Rapayet, un citadin qui parle l'espagnol. Au même temps, des hippies nord-américains s'installent à La Guajira. La forte demande de drogues poussera aux paysans locaux à cultiver de la marijuana et de la cocaïne. Voici la première pierre de l'empire des narcos. Rapayet fera le lien, alors, entre ces deux mondes si séparés, et pourtant, si proches.

Le film ouvre avec un rituel : le passage de l'enfance à l'age adulte d'une fille. La caméra suit une dance hypnotique, les images mélangent les couleurs avec les lumières pendant que cette femme ronde en cercles et déplie son voile comme un oiseaux qui vole bas. Cette façon si impressionnante de nous introduire dans le folklore d'une tribu inconnue nous fait penser au maître Paradjanov. C'est du cinéma qui mélange les mœurs avec la mythologie, la réalité avec les légendes, les dilemmes du présents avec le poids du passé.

Par contre, la vraie force de Les oiseaux de passage c'est l'évolution de la réalisation suivant les faits du film. Selon la tribu adopte une économie capitaliste à travers le cartel, le film devient plus nord-américain, plus hollywoodien. On passe du portrait tribal à la tension des confrontations. De l'anthropologie au divertissement. Du regard documentariste au western. De Paradjanov à John Ford. D'un génie à l'autre, on traverse le globe et l'histoire du cinéma.

spoiler: Non seulement Gallego et Guerra arrivent à assimiler ces deux référents à la perfection, en plus, le passage d'un style à l'autre se fait en toute douceur, sans qu'on s'y rende compte. Un plan ouvert d'une mansion kitsch bombardée au milieu de nulle part nous fera penser à La prisonnière du désert ou des autres films tournés en scope par Ford. On comprendra à ce moment l'évolution de la mise en scène suivant la trahison des personnages à leurs principes. On comprend alors que ces tambours qui résonnent entre les épisodes du film ne sont que des prophéties qui annoncent la chute des deux clans.


Hypnotique. Fascinant. Beau. Trépidant.

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Maria75
Maria75

8 abonnés 64 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 mai 2019
Bonne surprise pour ma part. Ayant passé une semaine chez les Indiens de Panama, les Kunas Yala j’ai retrouvé dans ce film les mêmes problématiques que les Kunas affrontent aujourd’hui: les jeunes qui ne respectent plus les lois des anciens, le trafic de la drogue par la voie maritime depuis la Colombie (hic), le mode de vie de plus en plus occidentale de ceux qui travaillent sur le continent au détriment des traditions.

Le film est très esthétique, la violence y est montrée d’une façon pudique mais marquante.
Chris Marou
Chris Marou

9 abonnés 199 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 avril 2019
très bons acteurs, ce film nous fait découvrir l 'origine des cartels de la drogue.
écoutez la chanson de Renaud :Adios zapata et vive marijuana .Sa chanson illustre très bien ce film.
Severine R.
Severine R.

3 abonnés 49 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 avril 2019
Un magnifique conte servit par des acteurs charismatiques, des paysages à couper le souffle et une musique enivrante.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 13 avril 2019
Subjugué par cet opus au charme incroyable. Un décor inédit, des personnages bien campés, la richesse, la violence puis la guerre totale entre deux clans. Un moment très fort de cinéma ! Bravo.
joevebulle
joevebulle

4 abonnés 535 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 novembre 2025
Superbe film, visuellement magnifique. La naissance des cartels de drogue en Colombie. Entre traditions et le besoin d'argent amené par la nouvelle société, la vie d'une famille indigène de Colombie qui se lance dans le trafic de drogue. Guerre des clans, appât du gain, mais aussi pour certains respect des traditions et des paroles.
Un film différent à voir rapidement si ce n'est fait.
Wayne H
Wayne H

3 abonnés 16 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 avril 2019
Super film ! La réal est top, Jusqu’à la dernière scène qui clos le film (et de quelle manière!) on est pris aux tripes
Ted M
Ted M

2 abonnés 30 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 avril 2019
Un film franchement réussi même si le jeu de certains seconds rôles laisse à désirer. Une narration et une réalisation très lointaines des productions américaines qui sont très rafraîchissantes et nous plongent dans un monde où le poids des traditions véhicule le meilleur mais aussi le pire. A voir absolument.
Rod C.
Rod C.

3 abonnés 60 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 mai 2019
Un film étonnant qui laisse longtemps après une sensation d étrange, d énigmatique. Un scénario nouveau, une façon de filmer autre, une musique omniprésente et lancinante qui vous emporte, des personnages dignes, hieratiques et authentiques
TheMadCat
TheMadCat

3 abonnés 16 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 novembre 2020
Western, tragédie grecque, fresque familiale, fable moderne ou œuvre anthropologique, inscrire "Les Oiseaux de passage" dans un genre précis n'est pas aisé. Mais quel que soit le domaine dans lequel joue le réalisateurs Ciro Guerra, déjà connu point son mystique « L’Étreinte du serpent », difficile de nier l'extraordinaire puissance d'un film unique et pénétrant, qui frôle le chef d'œuvre.
Puissant, le film l'est d'abord par ses airs de tragédie grecque. Le spectateur verra en effet se succéder, deux heures durant, trois "chants". Trois actes qui se déploient magistralement dans une tension presque insoutenable, trois actes qui rythment la lente descente aux enfers annoncée dès les premières secondes. Trois chants qui empruntent aux épopées homériques la sublime violence des affrontements guerriers et le thème des querelles de clans, mais font également partie d'un dispositif qui rappelle fortement celui de la tragédie classique. Car dès les premiers instants (la danse d'une jeune fille avec son prétendant Rapayet), c'est une implacable et funeste mécanique qui se met en place. Et face à la force obstinée de la fatalité, aucun personnage ne peut lutter. La chute est inévitable, et le film sera le récit magnifique d'une catabase éprouvante et mystique.
Mais « Les Oiseaux de passage » doit aussi sa puissance à son esthétisme certain. Devant les yeux d'un spectateur plongé sans ménagement dans une infernale spirale de violence, se succèdent des images au caractère pictural marqué, des scènes qui rappellent par leur troublante étrangeté les univers de Dalí, des plans magnifiques sur cette maison moderne perdue dans l'aridité du désert colombien ou des instants d’onirisme et de mystère quand il s’agit d’interpréter les rêves des personnages, à l’aube du dernier acte. Le travail sur les couleurs et l'ambiance sonore mériterait d'être dignement salué; on se contentera de dire qu'il ne fait que servir la beauté du récit et la force de l'immersion qui nous est proposée (ou imposée?) durant ce récit tragique.
Le film, enfin, marque par son intelligence.
Intelligence dans le traitement de son sujet : la naissance des cartels de la drogue dans la Colombie des années 1970. Car plutôt que de se concentrer sur une opposition stérile entre innocentes tribus indiennes et vilains capitalistes, le film évite tout manichéisme en donnant à voir, en plus de la cupidité des vendeurs de marijuana, les conséquences tragiques du respect aveugle des traditions tribales.
Intelligence également dans la manière dont est filmée l’ethnie Wayuu, entre respect des traditions, mysticisme et anthropologie.

Sur le papier, "Les Oiseaux de passage" est décrit comme un long-métrage retraçant l'émergence des cartels de la drogue en Colombie. En réalité, cette description n’est pas à même de rendre compte de l'ampleur de l'oeuvre. Car « Les Oiseaux de passage » est un film virtuose et magistral, tragique et puissant, intelligent et esthétique, une sublime catabase qui ne laissera personne indemne.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 10 mai 2019
Les coutumes et les traditions d'une communauté indienne en Colombie face à la mise en place d'un trafic de drogue en direction des Etats-Unis. Cette oeuvre lyrique donne à voir les dégâts annexes de la libération des années 1960.
Nico 66
Nico 66

3 abonnés 19 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 avril 2020
Positif : Rares ont été les films nous renseignant sur un peuple méconnu : tout y passe : enterrements, mariages, rites, lignes à ne pas franchir, etc.

Pour une fois, enfin, le trafic de drogue n'est pas glorifié, et est encore moins le centre du film (même s'il est la cause de tous les maux qui arriveront dans le film). C'est donc une question humaine, qui est posée dans le film, montrée du point de vue de la communauté des Wayuu (peuple semi colombien-venezuélien).

Tiré d'une histoire vraie mélangé à la fiction, le film dénonce notamment l'emprise capitaliste sur les traditions et le moral de ce peuple autochtone, dans les années 70. On suit l'ascension d'une famille du clan (et notamment le personnage principal), qui s'enrichit grâce au trafic de drogue, mais au prix de certaines traditions Wayuu. La descente aux enfers interviendra à cause du fils, victime du capitalisme.

Mais ça ne s'arrête pas là, car ce qui détruit aussi le clan, c'est l'obstination, l'autoritarisme et l'égoïsme de la grand-mère, qui enlève les enfants et la femme du père, ce qui les conduit à leur perte. Personnage complexe, la grand-mère est très respectée, mais a aussi cette part d'ombre.

Négatif : Une fin un peu floue, qui ne nous laisse pas de perspective sur le destin des personnages et du peuple Wayuu.

Personnage principal du père, qui aurait pu être construit un peu plus. On a du mal à être empathique pour lui, et il manque de charisme ou de révolte.

Le système de compensation (argent, armes, voitures, animaux...) peut lasser vers la fin, car il est un peu trop récurrent.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 15 avril 2019
Film très instructif pour ma part sur l'histoire de ces cartels de drogues nés à la période hippies.
Film fort, âpre, épuré, violent, intense, qui possède le ton d'une tragédie antique. On assiste à une destruction fatale en quelques décennies de valeurs ancestrales; le film va à l'essentiel, sans manichéisme, les faits sont montrés bruts, la forme est belle, les acteurs sont puissants (sans exception), la bande son est parfaite , la beauté naturelle des paysages amplifie le contraste avec cette tragédie; pas de temps morts, pas de pathos, Le film est parlé dans la langue traditionnel de cette tribu, les chants sont prenants et très émouvants , j'ai savouré cette sobriété.... juste wouahou!
Patator7
Patator7

1 abonné 13 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 20 mai 2019
Scenario prévisible et assez conventionnel bien que basé sur des faits réels.
Critique des dérives du capitalisme et des travers qu’il fait subir à une population aux mœurs ancestrales.
Certains personnages sont un peu caricaturaux.
Les paysages colombiens entre aridité et faune luxuriante rendent plutôt bien.
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